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17 août 2020 1 17 /08 /août /2020 20:53
Rallye en Volvestre
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Rallye en Volvestre

Rallye en Volvestre

 

 

Depuis quelques semaines Hugo et Loïc avaient programmé le rallye des tracteurs dans le Couserans. Ils avaient jeté leur dévolu sur une partie du Volvestre. C'était donc décidé pour le dimanche 19 juillet, en fait une grande première car il semble bien qu'une telle sortie n'ait jamais eu lieu si ce ne sont les randonnées chaque année pour la fête du Mas d'Azil fin avril.

Ceux de Lorp s'élançaient à 8h43 de la base secrète; 4 modèles et 3 couleurs; Renault R7013 piloté par Jean-Claude de Bergerat, le géant de Doncaster mené par Marcel, un David Brown 1200 curieusement peint en vert avec Damien (la troisième sortie de ce modèle depuis on entrée dans la confrérie) et le rutilant F137 D, un habitué des sorties avec Aurélien aux commandes. Tous les niveaux ont été vérifiés la veille et encore le matin. Le DB a été soigneusement dégraissé et lavé à l'eau chaude. Il en était transfiguré. A Meltham, sa patrie d'origine, ils devaient se dire, oh là là il y a du voyage dans l'air.

La “Citron” suivait sagement en serre file. Chaque véhicule avait son gyro phare. Tout se passe bien et la première étape est atteinte à Montesquieu -Avantès à 9h19 après 9km. C'est le premier groupe qui se gare sur la jolie place publique. Les moteurs sont éteints, il n'y a plus qu'a attendre les autres coéquipiers. Mme le maire, prévenue de l'évènement fait quelques photos. La mère de Loïc avait pris soin d'envoyer un mail d'information aux maires des communes concernées, question de bienséance et un petit coup de pub ne peut faire de mal. Il s'en sera du vu du monde par cette chaude journée!

Un lointain écho se fait entendre, c'est le poum- poum caractéristique du Vierzon de Hugo. Il a fait fort notre ami le mécanicien averti, spécialiste de Kubota. Il a acquis un très beau 401 qui fonctionne à la perfection. Il est suivi de qui? Devinez ? De Lou son fidèle coéquipier qui aujourd'hui n' a pas pris son 237 de compétition (cf le Rallye de Salles sur Garonne 8 juillet 2019) mais un AS 500 Vendeuvre. Ses pétarades particulières elles aussi, sont éclipsées par celles tonitruantes du gros Vierzon. Son moteur est un 10,360l de cylindrée, un véritable fort des halles.

Peu de temps après, Loïc tout sourire arrive juché sur son beau Deutz D15 suivi de son grand-père Roger sur son Massey-Ferguson 130. Eux aussi sont des habitués du célèbre défilé d'Autrefois le Couserans. Au loin l'écho d'un autre monocylindre gagne la place. C'est JB, s'écrient en cœur tous les comparses. En effet c'est bien lui qui déboule avec son 302 en parfait état de marche. Il a emmené une belle passagère, c'est Annaelle. Quelle troupe, nom de nom! C'est le moment de prendre qui un petit café qui une boisson fraîche.

Ce sont 9 tracteurs qui paradent. Leurs calandres si expressives semblent envoyer des messages, en tout cas elles sont le symbole de grandes histoires.

Deutz D25 de 1964, AS 500 de1959, 302 Vierzon , 401 Vierzon de 1950, 130 Massey-Ferguson de 1965, David Brown de 1967, B450 Mc-Cormick de 1964, F 137D de 1960 et Renault R 7013 de 1953 se côtoient dans la plus grande amitié.

Après les papotages de circonstance, Hugo et JB lancent leurs moteurs. Le départ est imminent, chacun a rejoint son siège. La cohorte s'élance à 10h55 en direction des Gavats par le hameau de Bardies. Devant, Régis et Christelle, les parents de Loïc ouvrent le bal. La colonne ondule comme une grande chenille. Le reporter, à l'arrière, disait à ses passagers, regardez cette chenille, elle me rappelle celle des manèges des fêtes foraines d'antan!

Les chauffeurs sont sages et prudents, rien ne presse ce jour. Seul le moment de détente compte. Le paysage est splendide. Beaucoup de bon foin va se rentrer aujourd'hui. Les prés sont soigneusement fauchés. La départementale D627 est suivie jusqu'à Matillot. Un gentil cycliste qui sort du chemin de Tucau demande si nous allons loin parce qu'il n' a pas envie d'être imprégné de fumée de nos vieux Diesels. Puis guilleret il dépasse tranquillement tout le monde.

De Matillot à Lasserre la côte est prononcée. Les tracteurs grimpent allègrement. L'AS 500 et le 137 s'époumonent en larguant quelques imbrûlés. Les deux temps de la SFMAIV ne sont pas en reste et préfèrent les montées aux descentes. Le 7013 souffre légèrement au démarrage en quatrième, son chauffeur tire un peu sur l'embrayage. Ceux de Montesquieu? Des bicyclettes. Le grand Farmall est un habitué des randonnées, Marcel le maîtrise parfaitement bien. Le DB, marque peu connue dans notre contrée, étonne et par sa couleur et par sa sveltesse. Quand à son refrain dans les reprises, inégalable. Damien a bien pigé le passage des gammes, plutôt compliqué. La durit inférieure laisse entrevoir un léger suintement mais se montrera d'un courage exemplaire pendant cette chaude journée. Où ce caoutchouc indispensable va-t-il pouvoir être déniché?

La compagnie du Couserans, pas celle du Midi, arrive à Poubil et stoppe quelques instants sur le chemin de la Crouzette. Fumée épaisse à bord du 302! Annaelle avait alerté JB; c'est curieux mon ami, ce n'est pas sur le visage et les jambes que j'ai le plus chaud mais sous moi. Que n'avez vous raison, l'aile gauche est en feu! Aussi l'intrépide mécanicien eut tôt fait d'enlever la sangle de frein  pourtant neuve mais sans doute trop ajustée. Nous aurons quand même 50% de freinage, mais grande prudence dans les descentes. La Vierzon avait failli partir en fumée se moquaient gentiment ses copains.

Le train repart, passage à la Crouzette, le bas de Lasserre, direction Joulia et Riberelens. Il est un peu plus de midi. De nombreux indigènes sont sur le pas de leur porte et font des signes amicaux. Sur les conseils de son moniteur Valentin envoie quelques petits coups de trompette. JB ralentit l'allure depuis quelques instants que son engin est devenu dextrogyre, ce n'est pas le moment de capoter dans une descente accentuée. Roger, dernier de la colonne, fait prendre le volant à Valentin. Sur ses bons conseils le conducteur néophyte s'en sort très bien.

Une fois la route de Fabas rejointe, le périple continue vers Barjac. Forte descente et grande montée alternent. Tous les équipages pérégrinent à vitesse modérée. Le Vendeuvre et le 137 sont devant. Ils donnent le là. A Barjac, salutation de Mr Mage, le pape des escargots. En sortant du village, que se passe-t-il? La manette de l'accélérateur du Massey-Ferguson ne répond plus. La rotule de la tringlerie sous le volant s'est déboîtée. Roger a tôt fait de remettre en place l'accessoire indiscipliné. Valentin commençait à se faire du souci. La colonne a attendu sur le plat que le retardataire pointe son museau pour repartir et atteindre la table d'orientation de Gajan d'en haut, but de l'étape du matin et lieu du repas.

Jérôme le père de Hugo était chargé de l'intendance. Outre les victuailles il a amené une grande table pliante. Au menu, melon, charcuterie, saucisse grillée, fromage, crêpes, vin, café. La troupe est ravie. Le maire de Lasserre, prévenu du passage des tractoristes vient faire un passage et se fait expliquer brièvement l'histoire des marques présentes. Il y aura un article dans la Pravda, demande l'élu? Les tracteurs sont sagement garés en épi au bord de la route, il ne pouvait y avoir mieux. Le trio des jeunes turlupins est fort gai et ravi de cette arrêt dans un si beau cadre. Quels bons moments!

A 15h56, les chauffeurs reprennent leurs volants (avec leurs montures!). Les boules chaudes démarrent à la première compression. Le hameau des Baudis est contourné et c'est celui de Grillou qui est approché. Tout à coup dans la légère descente vers chez Dupré, une Polo bleue qui arrive en sens inverse fait une embardée dans un nuage de poussière, bute sur le bas côté et et se couche dans un grand fracas presque sous les yeux de Christelle et Régis. Le conducteur indemne s'extirpe de son cockpit par la porte avant droite. Ma direction a cassé tempête-t-il! L'assemblée pensait tout fort, il a perdu la direction de sa guimbarde, nuance! Toute la troupe s'étant arrêtée, JB d'un coup vigoureux de son vaillant 302 remet la pauvre auto sur ses roues et aide son propriétaire à la sortir de sa fâcheuse position. Était-t-elle bien remise sur les rails? Après ce demi looping, les roues avant semblaient bien réagir aux injonctions du volant.

Cet intermède inattendu passé, les aventuriers du jour reprennent leur itinéraire et aux Gavats recoupent le trajet de ce matin. Ils s'attendaient à apercevoir l'ineffable Jeannot qui n'était sans doute pas chez lui. Sinon une halte s'eut imposée avec un brin d'histoire sur le machinisme. Tu pourrais venir avec nous Jeannot, la prochaine fois, hein?

A Montesquieu, ce sera 17h05 quand le point de départ du matin est rejoint. 29km auront été parcourus, distance tout à fait conforme aux prévisions de Hugo. Bon mécanicien est-il et aussi bon géographe. Encore un moment de détente pour se rafraîchir et évoquer les bons souvenirs de cette journée mémorable. Cybèle en profite pour s'amuser avec les enfants et se vautrer dans l'herbe confortable. Le soir elle est lessivée. Les équipages se dispersent à 18h15 pour rejoindre leurs bercails respectifs.

Le détachement de Lorp arrive à 18h50 après avoir parcouru 48km. Le fil du gyro du Perkins s'est sectionné au passage du capot et l'ampoule de celui du DB n'a plus daigné scintiller. Ceux des rouges sur le 137 devant et sur le B derrière envoyaient leur puissant flash rassurant. Après avoir garé le 7013 et le 137 , DB et B450 rejoignaient leurs pénates à la Coume.

Dites moi, messieurs les constructeurs d'antan naguère si concurrents, vous n'auriez jamais imaginé l'engouement suscité en 2020 chez tant de passionnés, non?

Bravo Hugo et Loïc pour l'organisation sans faille de cette journée lumineuse!

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6 août 2020 4 06 /08 /août /2020 06:08
Le joli Benjamin de la DMA, petit frère du D22.

Le joli Benjamin de la DMA, petit frère du D22.

                       Un jeudi après midi tout en orange, comme les Renault,

Autant le D22 avait été un tracteur très prisé notamment dans notre région de Midi-Pyrénées, autant le D16, son petit frère, tout mimi qu'il fut, avait eu beaucoup moins de succès.
A Engomer, il y avait eu celui de Mr Favié père, acheté d'occasion qui était maintenant au repos. Pendant son long service il avait faucheuse et charrue. Mr Favié fils avait fait savoir qu'il le mettait en vente vu qu'il ne désirait pas le garder. Alors ce jeudi 16 juillet, direction la vallée de Luzenac Engomer. Le trio inséparable, Benjamin, Marie et Valentin avait embarqué dans Berlinette. 
Pendant le trajet, Benjamin ne cessait de demander, tu sais où aller?
Non, lui répondait avec une assurance non feinte son moniteur. Je ne connais même pas le nom du bonhomme ni son adresse. Je connais sa physionomie, c'est tout.
Comment on va faire alors?
C'est très simple, l'inverse de la recherche d'une aiguille dans une botte de foin. Du bon sens, de l'intuition et puis un D16 dans une petite contrée, ça ne pullule pas!
Pour l'avoir vu souvent travaillé dans les champs vers Luzenac et Engomer il y a     quelques années, commençons par investiguer à Luzenac. Première maison, bon accueil mais pas de renseignement, bredouilles sont les enquêteurs. En continuant le petit chemin qui retombe sur la départementale au niveau de l'ancien charron, surprise, rencontre de Valérie et de sa sœur qui promènent leurs enfants. Là non plus, rien de probant.
Arrivons jusqu'à Engomer. On va le trouver ne cessait de clamer Benjamin. Evidemment, nous ne sommes pas égarés dans les faubourgs de Chicago où dans quelque steppe lointaine. Ici tout le monde se connaît à 30km à la ronde. Téléphonons à Francis au magasin pour lui demander le nom du propriétaire. Le renseignement est vite requis; à droite au pont d'Engomer, il y a une petite rue qui monte, c'est là. Vrai, mais la petite rue ne se voit pas du pont, aussi la “Citron” s'engage à gauche vers la mairie et la route d'Astien. Après tout, qu'importe, il fait bon, il n'y a pas urgence et c'est bien de voir un peu de pays. Après l'officine du bourgmestre, voici un heureux hasard.
Regardez les gars, le monsieur avec son Mc-cormick 633 4 roues motrices. Allons lui causer, il nous donnera toujours quelque renseignement.
Que vous avez là un beau 633, mais je vous connais, nous nous rencontrons au magasin. Cet outil, ne le larguez pas à vil prix, il fait partie de ceux qui sont très recherchés.
Oh, il est à mon cousin, mais j'ai un vieux Renault, venez le voir, j'ai perdu une roue avant.
Ah ah, les antennes se mettent aussitôt à frétiller.
Nom de nom, c'est un super 7 première génération.
Il est de 64 votre tracteur?
De 65 exactement, l'année de ma naissance. Mais il faut que je m'en débarrasse, il a beaucoup travaillé et il y a quelques fuites d'huile.
Mais la roue, il suffit de changer les roulements, la fusée n'est pas abîmée.
Regardez, elle est là, sous l'autre hangar.
La direction a du jeu?
Oui, un peu.
Et ce pneu qui s'ennuie, appuyé contre le cribs, c'est un 13,6x28. Je vous le prendrai si vous voulez le céder. Pouvez vous m'indiquer où se trouve Mr Favié?
Tout de suite après le pont en repartant vers Saint-Girons, vous tournez à gauche puis première rue à droite. Il y aura un grand portail, vous y êtes. Voilà mon N° pour le pneu.
En effet le repaire du petit tracteur est vite débusqué. Après les politesses d'usage l'examen commence. C'est bien le petit D16 mais sacrément mignon. Il ne lui manque pas grand chose, les catadioptres arrières, c'est à peu près tout. Phares au complet, pneus arrières en excellent état, un peu plus usés à l'avant, boules des leviers de vitesse, du relevage, du blocage de différentiel comme neuves, tableau de bord intact, pare choc présent, marche pied gauche fendu, très beau capot, juste usure de la peinture à l'endroit où le valeureux conducteur s'est appuyé de maintes fois pour grimper à bord, gyrophare en place ainsi que caisse à outil et crochet de remorquage. La jante arrière gauche a perdu de sa teinte d'origine. Le carter de la turbine de refroidissement est comme sorti d'usine. Le moteur est assez propre, non bloqué, il y aurait un problème de démarreur aux dires du propriétaire qui arrive. A voir avec une bonne batterie. Il ne faudrait pas que ce soit la couronne?
Je vais vous montrer la carte grise, il est de 1959.
Je vois qu'il y a le boîtier et l'arbre de commande de la faucheuse. Vous avez le manchon d'entraînement qui va sur la prise de force?
Quand j'ai vendu la maison, j'ai laissé le porte lame et la charrue. Je demanderai au nouvel occupant s'il a gardé ces pièces. J'ai les bras de relevage, ils sont à part. J'ai voulu le démarrer en le remorquant mais les roues ont patiné.
Vous avez mis en grande vitesse?
Non, en quatrième. 
Ne cherchez pas, vous le mettez en cinquième, il va démarrer à coup sûr. Bien, bien, s'il ne devait pas y avoir un problème majeur de démarreur, il pourrait m'intéresser. Je vous ferai une offre.
Merci de votre accueil, nous nous recontacterons.
La petite troupe reprend le chemin du retour en contournant le quartier par la petite rue. Surprise, dans un hangar à droite avant de retomber sur la route d'Alas un superbe Super 7 deuxième génération trône. Le conducteur de Berlinette est en extase. Faut-il aller le voir? Tout souriant dans ses songes, il ne cessait de dire à voix haute: je sais que je suis imprégné fortement des tracteurs rouges de la IH, mais les tracteurs oranges, ceux du losange ont toute mon affection eux aussi. L'inoubliable 7012 a été mon premier volant. Derrière, les jeunes passagers ne pipaient mot…..
Dites moi, Mr Dreyfus, vous qui aviez une prescience extraordinaire de l'avenir, aviez vous pensé que la passion des vieux tracteurs émerveillerait tant de monde?

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25 juin 2020 4 25 /06 /juin /2020 19:32

Dans les coulisses d'Autrefois le Couserans,

 

 

 

Autant le programme de la 27 ème édition était établi dans les grandes lignes depuis l'automne 2018, autant la logistique s'activait fortement dans le mois précédent la finale.

Tous les mois, les réunions du conseil d'administration travaillaient sur la trame et la coordination des différentes activités. Le système était bien rodé. Déjà côté mécanique et attelages, tout avait été sorti depuis au moins 3 semaines. Tracteurs, chars, charrettes, charretons, traîneaux prenaient l'air sur la grande esplanade de l'usine de Lorp, base principale de l'association.

Paul menait de main de maître les mécaniciens, les forgerons, les serruriers, les charrons, les dieselistes, les ébénistes. Il y a des moments où l'on avait l'impression, sur le site de la vénérable fabrique des papiers fins et soyeux désormais sauvée des eaux, de se trouver dans l'usine de la Société Française Vierzon! Mais pas que: depuis que le vestiaire flambant neuf avait été fabriqué dans l'ancienne salle des lessiveurs, les va et vient incessant des couturières, Laure, Huguette, Nanou, Chantal et de ceux qui venaient chercher des costumes pour le grand défilé, ne cessaient. Non seulement les habits avaient été recensés, mais encore ils avaient étaient remis en état, lavés et étiquetés. Du travail d'orfèvre.

Les permanences étaient les après midi 23, 25, 26 et 29 juillet. Le succès avait été éblouissant et plus de 500 vêtements avaient été prêtés. La renommée d'ALC ne cessait de s'amplifier. Il est dit souvent que l'habit ne fait pas le moine, mais quand même!

Côté tracteurs, il convenait de démarrer ceux qui ne sortent que le jour de gloire. D'autres sortent un peu plus souvent.

Michel, lui, avec ses assistants charrons peaufinait les réparations des charrettes pour les attelages qui n'étaient pas moins de 19 cette année. Quelle ville de France peut aligner un tel panel?

Les roues sont systématiquement passées en revue, les essieux soulevés et graissés, les timons changés ou réparés. Il avait même fabriqué un timon court de remorquage vu le souvenir cuisant de la manœuvre du bourdaou en 2017 où le timon avait craqué lors d'un braquage top prononcé. N'eut été le reflexe des hommes de main, le fameux bourdaou avait bien failli terminer sa course dans le Salat.

Les batteries, ah les batteries, quelle fanfare! Chaque année il fallait renouveler l'approvisionnement de quelques réservoirs à ampères usagés. Sinon adieu le démarrage de nos chers diesels. La généreuse maison Mazard pourvoyait à une partie des besoins avec des accus de récupération.

Nouveauté 2019: la préparation de l'engrangeur. Ce type d'engin, très courant dans nos campagnes dans les années 50, avant l'apparition des botteleuses avait failli tomber dans les oubliettes. Celui-ci avait atterri dans le patrimoine de l'association et bien remisé à l'abri, il attendait son tour. Paul avait proposé dans une réunion de le préparer, de l'amener à la route des foins le samedi et de le faire fonctionner. Banco! Il avait fabriqué un petit chassis pour poser le moteur CL Conord, aligné les poulies du moteur et du souffleur. L'affaire prenait tournure. Les intrépides Robien, Mathieu et Cyril s'étaient proposés de prendre le sujet en main. Le Gustin (fabrication à Charleville) était prêt. Ce serait le magnifique John Deere 920 qui l'amènerait sur une grande remorque à Saint-Girons et il aurait sa place au défilé.

L'assemblée générale du 12 juillet donnait les dernières touches. La salle de la mairie était comble. C'était de bon augure. Chaque responsable d'activité prenait la parole et déployait le programme.

Cette année, autre nouveauté; les mobylettes qui viendraient avec les vieilles voitures le samedi après midi, faire un petit tour de ville le soir et une escouade qui s'intègrerait dans le défilé le dimanche. Le tracteur gazogène Renault de Viella tant attendu était sur la rampe de lancement. Pour être toujours dans l'originalité, un hélicoptère Alouette III, s'invitait dans les rangs mais cette fois-ci, posé sagement sur une remorque et tout à fait en fin de défilé. Les incrédules étaient majoritaires!

Et la plaquette, l'inestimable plaquette était dans la salle. Tous les participants l'avaient en main. Encore un record avec plus de 180 annonceurs de publicité et pour loger tout ce monde, quatre pages en plus! Tirée à 10000 exemplaires, ce document remarquable extrêmement prisé par toutes les familles, s'expatriait de plus en plus aux quatre coins de la région.

Encore une réunion du conseil le 22 juillet et le compte à rebours était engagé. Cap canaveral, fin prêt?

A partir du 29 juillet la base de Lorp devenait une ruche. Un point parmi d'autres a régler, la répartition des remorqueurs avec leurs chauffeurs. Un étape plus compliquée qu'il n'y paraît et qui a donné parfois du fil à retordre....

La logistique lourde s'est mise en place. Les transports de véhicules à atteler ne sauraient subir une négligence. La programmation était à hauteur de la tâche. Toutefois le déferlement ne pouvait commencer avant le mercredi puisque le foirail n'était pas encore libéré des camions de forains garés là pour la fête de Saint-Girons. En moins de deux jours ce ne sont pas moins de 16 allers et retours avec le B110 et sa remorque, la voiture de Roland avec la remorque de l'association qui ont envoyé au foirail une véritable marée; les deux charrettes de foin, les deux de paille, le pressoir, le râteau, les deux trinque balles, la javeleuse, les faucheuses, le char avec le marbre et le bourdaou.

Vendredi matin à 6 heures, une équipe de commandos monte “la grange éphémère” au square Balagué à côté de l'agence immobilière. Le Gustin est amené à pied d'œuvre l'après midi par l'équipe de Robin. L'hélicoptère rejoint le foirail dans le même laps de temps. Précisons que les pales, par obligation légale, ont été retirées. Ce ne sont pas ces artifices, s'il l'eut fallu, qui auraient fait reculé les légionnaires d'ALC. Après tout un avion de 8 m avait bien été tracté dans Saint-Girons en 2017.

En fin d'après midi les gros moteurs de Longages débarquent. Deux camions remorques sont pleins de moteurs industriels à poste fixe dont le gros Diesel Industrie. La place des capots leur est réservée. Pour le déchargement, le manuscopic de Jérémie est requis. Jean-François a oublié de desserrer le frein à main. La place embaume l'odeur de métal chaud des garnitures métallo frittées. Les deux camions vidés de leur précieux contenu sont parqués au parking du lycée. Ghislain demande à Sebastien, peux tu ramener JEF et Monmon à Longages, ils n'ont pas de voiture? Pas de problème, j'avais prévu d'aller au concert mais ce sera pour une autre fois. Au retour il avait fallu faire un petit somme à Montsaunès. Les journées ont été longues ces derniers temps.

A la ferme à Suzon, l'équipe n'avait pas chômé non plus. Il fallait amener un paquet de palettes pour faire les enclos, de la terre, du buis, le puits, de la paille, des abreuvoirs et divers petits matériels. Le jeudi le groupe de la basse cour dînait dans la cour à Lorp devant la forge.

La moisson du samedi 20 juillet.

Le blé était particulièrement beau cette année. Le grain était prometteur. Deux machines avaient été mises sur la sellette; la lieuse Fahr et la javeleuse. Cette dernière tractée par les bœufs et la lieuse par le John Deere. Le champ ayant été soigneusement détouré les manœuvres n'en étaient que plus facilitées. Dans cette terre noire d'alluvions de type tchernoziom, la céréale si symbolique avait donné tout son talent. Deux beaux chars à quatre roues, une première, avaient été chargés de main de maître et soigneusement remisés à l'abri. Bien entendu, le repas traditionnel de la moisson préparé par les dames d'ALC avait fait suite à ce bel épisode.

Samedi 3 août.

Saint-Girons, la belle cité, était en liesse et bondée de partout. Le marché du champ de Mars était plein à craquer. Le quai du gravier, de même, puisqu'il y avait le vide grenier.

Francis Meric avait demandé à Cyrrhus, tu pourrais m'amener quelques foulards, tu dois bien être placé pour ça? Oh, il y en aura surement à l'office du tourisme, j'irai vous en chercher, quoi de plus facile de m'y rendre en bicyclette récemment dégotée chez Max. Il fallait toutefois faire très attention de ne pas heurter les piétons. Daniel de Lara hèle la jeune estafette et lui demande; tu m'as amené des affiches de Longages? Ah non, je repasserai en début d'après midi en allant au Champ de Mars. Ce sera chose faite, mais quel surmenage!

Au bi petit, ce n'est pas encore la cohue. L'inauguration officielle vient d'étre lancée, désormais rien ne pourrait arrêter l'énorme machinerie d'Autrefois le Couserans. Les taverniers sont en poste. Les réserves sont pleines à craquer. Il y a fort à parier que la fréquentation de ce lieu mythique sera colossale.

A 11 heures le gazo tant attendu depuis des années arrive à destination. Il est parti sur la remorque porte voitures depuis Viella dans le pays du Madiran quelques 2h30 plus tôt. Bernard et David sont accueillis, leur logis à la Maison Blanche leur est présenté, puis ils sont amenés place des capots à la rencontre de JEF.

Vers 11h30, coup de fil de Ghislain; il faut un tracteur place des Capots pour lancer les gros moteurs avec la roue spéciale sur le trois points!

Demande à Paul si on peut prendre celui de Philippe. Paul donne son accord pour foncer. A peine arrivés place des Capots Philippe annonce que l'embrayage est en mauvais état et qu'il ne faut surtout pas s'en servir. L'affaire a capoté! Que faire? Voyons du côté de Christophe au Bousquet. Coup de bol, ce serviable garçon se rend sur la place pour appréhender les lieux et va chercher son gros Renault qui y restera jusqu'au dimanche soir. Bravo Christophe.

Mobylettes et autos font bon ménage.

Enfin à 14h 30, après avoir pris un repas au calme, le costume d'Autrefois le Couserans est endossé sans oublier les bretelles ni le béret. Il fait chaud mais il faudra bien s'y faire. La bicyclette rouge (c'eut pu ête la bleue...) équipée de ses deux gros pneus demi-ballon B 650 est bien utile. Alors direction le Champ de Mars, place cruciale pour ce début d'après midi. Le marché se termine; les étalagistes replient leurs devantures, le camion balayeur de la ville est déjà en piste. Les vieilles voitures arrivent comme par magie et se faufilent silencieusement entre les platanes, telles des beaux clippers qui rejoignent leur quai à petite allure.

Il y en aura 23. Cette année, pas trop de relance pour les automobiles puisqu'il fallait accueillir en plus 50 mobylettes, les motos de Blagnac et les célèbres Solex. Les efforts dans les tenues auront été sensibles. Il y a beaucoup de monde autour des véhicules. C'est un moment de convivialité très sympathique. Les connaissances se retrouvent, le public s'intéresse beaucoup. Les enfants en tenue trouvent place à bord des sièges disponibles. Philippe donne les consignes, juché sur le banc public. Les conducteurs sont attentifs, les mobylettes partent en éclaireur et bloquent les carrefours de l'avenue d'Aulot, du square Balagué, du rond point de la place François Camel, de l'avenue Gallieni et à 15h35 c'est parti pour un tour. Les voitures restent groupées, pas une ne s'égare, aucune “étrangère” ne s'immiscera. La joyeuse cohorte rejoint le boulevard Noël Peyrevidal après le premier tour. Le second sera parfait et à 16h 5 , fin de cette belle étape. Rendez vous chez Faur, les amis, à partir de 20 heures pour le dîner, est il indiqué.

Là bas au foirail dans le même temps, Ghislain et Michel ne sont pas en reste. Ils mettent en place chars et charrettes pour le dimanche matin avec un tracteur. C'est à se demander si Michel n'est pas un fervent lecteur de mémoire d'un enfant du rail d'Henri Vincenot ou s'il n'était pas chef de manœuvre dans les trains dans une vie antérieure tellement il orchestre les allées et venues avec une maestria remarquable!

Le spectacle équestre de Rebecca Perroud.

Le parc du Tribunal est bondé. Le public est réjoui de la qualité du spectacle, de la beauté des chevaux qui évoluent en liberté et obéissent aux ordres de la belle Rebecca sans une fausse note pendant une bonne demi heure.

L'arrivée triomphale de la batteuse.

Pendant que le cortège des voitures et mobylettes se préparait, un convoi inédit arrivait par la place de la poste et gagnait la place Jean Ibanès. Un bel attelage d'un 401 SFV, d'une magnifique batteuse

Braud et de la presse jaune Carroy-Giraudon. L'équipe de Jean-François, Jérémie, Martial, André et Roger place tout ce beau matériel dans un magnifique alignement et procède aux essais après avoir mis les énormes courroies sur leurs poulies. Un coup d'essai est donné, tout ira bien pour demain après midi 16 heures. Le public était déjà massé dans les alentours, passionné par la manœuvre.

La route du foin.

Dans les annales de l'histoire, bien des routes avaient défrayé la chronique; celle de la soie, celle du rhum, celle du sel, celle de la glace (commémorée plusieurs fois à Autrefois le Couserans), celle du papier carbone( aux Papèteries Bergès) , celle du bois et Saint-Girons s'était dit: pourquoi ne pas faire celle du foin? Elle avait commencé deux ans auparavant et Paul avait dit, nous pourrions faire une démonstration avec l'engrangeur Gustin que nous avons dans nos réserves. Il n' y avait qu'un pas à franchir, tout était prêt.

A 17 heures, précédés d'un groupe folklorique les bœufs Salers et Suisses arrivent de leur pas lent et assuré. Au square Balagué, il n'y a pas un m² de libre. Les cavalières de la Maison blanche font un passage très applaudi. Les pur sang arabe sont de toute beauté. La jument espagnole est montée en Amazone. Qui pourrait croire qu'à Saint-Girons, on pourrait se permettre un tel luxe d'animations?

Gilbert B a pris le micro depuis un bon moment et donne force explications avec le concours du président Daniel pendant que les faneurs passent à l'action. Première étape, décharger le foin d'une charrette, faner à la main puis avec la faneuse tirée par un magnifique ardennais. Manque de chance le râteau tiré par la jument de Claude ne daigne pas s'abaisser. Qu'importe, les faneurs prennent le relais et confectionnent un andain. La manœuvre est éblouissante. La charrette est rechargée dans les règles de l'art par Jean. C'est un grand expert de cette discipline éteinte un peu avant les années 60. Vient enfin la mise en route de l'engrangeur. Les intrépides et très amis, Robin, Cyril, Maxime dit Pilou maîtrisent la manœuvre avec un brio inégalable.

Le Gustin est en face de la grange éphémère, le petit moteur CL Conord pétarade au premier coup de lanceur, Mathieu l'accélère et le foin est déversé dans la trémie. Il est recaché presque aussitôt en sortie de goulotte. Pilou et Cyril sont au “boucaillè”, le spectacle est inédit. L'assistance retient son souffle. Beaucoup d'anciens de dire; aujourd'hui, ça va, en plein air, pas de problème mais avant quand il fallait arranger le foin dans la grange avec la chaleur et la poussière envoyée par le ventilo, bonjour les dégâts! Le toit de la grange éphémère va-t-il résister? Oui, oui, il résistera, les compagnons charpentiers d'ALC ont bien consolidé avec les entretoises adéquates.

Pendant cette démonstration mémorable, un terrible coup de pied d'une vache sur une dame âgée aura semé l'inquiétude un long moment. Le lundi fort heureusement, les nouvelles étaient rassurantes.

Cette route du foin, cet extraordinaire fourrage aura sans doute laissé un souvenir impérissable. Oh, si, si, il y avait de quoi en faire du foin!

La soirée et ses animations.

Les “mobylettes” dînaient à l'Union et les “voitures” chez Faur. Après l'effort, le réconfort. Un bon moment de détente permettait au groupe d'évoquer ce bel après midi pendant un repas succulent. Coup de fil de Jonathan; Valentin peut-il prendre sa belle sœur et son enfant sur le char des bandas? Un véritable casse tête que de pouvoir loger les accompagnants sur les tracteurs. La nuit portera sans doute conseil. Les chanteurs du groupent...... entonnent leurs couplets. C'est parfait, rien ne manque, l'ambiance est au top.

Au moment du dessert, l'assistance crut entendre l'arrivée d'un gigantesque essaim d'abeilles; c'étaient les mobylettes qui conformément au programme ont fait deux tours de ville. Les jeunes conducteurs avaient revêtu des tenues de circonstance. L'ensemble était du plus bel effet.

Peu à peu, le monde circulait dans le centre ville regardant de ci de là les différentes animations, danses des groupes, les brûlots de Paul, le bi petit bondé (heureusement que les réserves l'étaient aussi). A 22h35 le feu d'artifice était lancé depuis le palais des Vicomtes. Le Champ de Mars et le Vieux Pont étaient pleins à craquer. Après cette apothéose, les rues se vidaient insensiblement, seul le bi petit connaissait une forte affluence jusque tard dans la nuit. Eprouvant pour les serveurs, bon pour la caisse.

Dimanche 4 août.

Pour les tractoristes dont le port d'attache était à Lorp, rendez vous à 6 heures. Le jour n'est pas encore levé que les premiers moteurs démarrent. Dans un boucan de champ de foire les matelots se hèlent, les chaînes grincent, les boîtes de vitesses craquent, les ordres et contre ordres fusent. Enfin tous les attelages sont prêts. Pour aller à Saint-Girons; il n'y a pas d'ordre établi. Le signal est donné à 7h10. La brigade motorisée de la gendarmerie escorte l'infernal convoi. Raymond est en tête et s'engage sous le hangar. Surtout il n' a pas fallu oublier d'amener le 137 de Benjamin, le benjamin des tractoristes de ce jour et son premier défilé avec son tracteur. Le gazogène Renault AFVH de 1942 et son pulvérisateur Vermorel est pris en remorque par le géant de Doncaster de Marcel. David allumera la chaudière une demi heure avant le départ.

Il y a plus de 30 tracteurs dont la plupart attelés qui s'étirent sur une immense colonne. Le premier est à Pourlande, le dernier sort de Lorp. Paul ferme le ban avec le B110. Une véritable armada entourée d'un nuage bleuté s'élance à la conquête de la cité couserannaise. La colonne est impressionnante. Une véritable croisade! Valentin ne maîtrise pas l'Hispano dont le maniement de la boîte est redoutable. Il restera plus longtemps qu'il ne l'aurait fallu en 3ème. L'agrément lui sera tout de même accordé mais révisions à effectuer. Une fois n'est pas coutume, le rond point Balagué est entièrement octroyé aux tapageurs matinaux voie de gauche, s'il vous plaît, s'agissant bien d'un convoi super exceptionnel. Le boulevard Frédéric Arnaud est envahi par l'immense déferlante à 7h50. Là viendront se greffer ceux de Lasserre, Alain de Sentaraille, ceux de Betchat, ceux de Labarthe, ceux d'Eycheil, ceux de Taurignan-Castet, l'équipe de Hugo de Montardit, la troupe de Salucie et ceux de Prat. Le Saurer est à Saint-Vallier; les autres se mettent à la queue leu leu, parfois en double. Le Boulevard si grand soit-il est entièrement occupé. Il suffit, de se projeter quelques décades en arrière pour se souvenir qu'il était le rendez vous des moutons ( Saint-Girons plus gros marché ovin de France ) et des bovins à Saint-Vallier.

Encore un imprévu; où est passé le conducteur du tracteur qui remorque l'hélicoptère? Paul est appelé pour déplacer cet attelage qui est sous le foirail et grâce au guidage de Gérard, le sort au millimètre près du hangar. La queue de l'aéronef a eu chaud en affleurant l'arche du bâtiment. Au même instant les chars de l'Hispano et du B450 étaient inversés à cause des crochets d'attelage qui n'étaient pas compatibles. Qui n'a pas vu les préparatifs au foirail, manque un épisode pittoresque.

Le petit déjeuner bat son plein à Tutti Frutti après que Paul ait donné les consignes d'usage et rappelé qu'il y a des ardoises disponibles ( qui servent d'affichettes à mettre sur les tracteurs...) pour ceux qui n'en ont pas et que le service des cotisations est ouvert pour encaisser; des sous, des sous!

Au foirail, l'agitation est à son comble. Nanou, Philippe et Daniel orchestrent les arrivées des différents intervenants et leur indiquent leur numéro de position tracé au sol. Le travail a bien été préparé en amont mais ne peut empêcher la fièvre du moment. Il n' y a pas moins de 97 thèmes dont 19 attelages de bovins, un record du genre en France. Entre les chevaux, les chiens, les oies, les chèvres, les vaches, ce qui pourrait être une cacophonie ne l'est pas. La discipline, le sens de l'intérêt général prédominent. Le moment fatidique approche.

Le fond du foirail est réservé a la préparation des attelages. Quelques meuglements des magnifiques bovins étonnés de se trouver là ponctuent l'atmosphère déjà très bruyante. Tous les grands ténors sont venus et vont montrer au public huit races différentes. Pour les chevaux, idem. Les jougs sont posés sur les beaux en cornements sous l'impulsion de l'auguste geste du bouvier, les longues lanières les fixent solidement, encore un coup d'étrille et en place pour l'attelage. Il n' y a aucun faux pas. Chaque char et charrette a une petite plaque en bois gravée au nom du bouvier par les bons soins de Michel. Philippe s'occupe des équins.

Il y a trois chars dits chars à thème remorqués par des tracteurs qui sont logés dans le défilé de “Nanou”: les couturières, la laine de la Bellongue, la caravane de la ferme à Suzon. Qui aurait pu croire une heure avant que cet impressionnant cortège puisse se former et prendre place avec solennité derrière la bruyante cohorte mécanique?

C'est parti!

A 10 heures précises, c'est un véritable séisme qui ébranle Saint-Girons. Avant l'instant crucial, le temps de quelques dixièmes de secondes rien ne bouge puis Paul donne le coup d'envoi. Le majestueux Saurer de Francis, maintenant un habitué, ouvre le bal. Il est suivi du 402 de Roger tout souriant et tous les autres, dans les 80(chut!) suivent pas à pas. Il leur faudra un moment avant de gagner le boulevard du Général de Gaulle. Claude est au micro au rond point et de ses commentaires avisés ouvre le 27 ème festival. Petit à petit l'immense cortège se forme et sort de la matrice du foirail. La foule est massée, partout. Au rond point de l'avenue Gallieni, deuxième poste de commentateur, tenu par Jean-Louis de Radio Couserans. C'est une grande première. Il y a en tout 6 points sonorisés. Du grand luxe. Ce chiffre a doublé en quelques années. C'est bien mérité, non?

Avant la déferlante, Paul arrive en mobylette et vient saluer le public au puissant micro. Richard, venu de Lasserre, fait quelques tours de piste avec sa belle moto Gnome et Rhône. Pau paul du Mas d'Azil est déjà à pied d'œuvre depuis un bon moment, le public est ravi de sa jovialité, c'est un boute en train inégalable!

Au monument aux morts, bien vivant ce jour là, le début de la division mécanique déboule à 10h20, à la même heure que l'année dernière. Le présentateur fait l'éloge vibrant du Saurer. Francis est tout sourire, il est heureux. Les tenues sont au top, les foulards neufs ont été livrés! Les tracteurs ne s'arrêtent pas ou très peu, il y a du taf derrière et il faut que le défilé soit le plus onctueux possible.

Quelques explications sont données sur les marques, un peu d'histoire du machinisme et sur les conducteurs. Presque tous sont du coin sauf deux venus de Belpech avec un rare Hanomag à roues fer de 1928 et un Renault 304 E de 1946. La grande surprise vient de cet incroyable petit Renault AFVH gazogène F.A.C.E.L.de 1942 déniché tout exprès de Viella dans le Gers et en fonctionnement gazogène tout le défilé, s'il vous plaît! Le temps suspend son vol et quelques uns subrepticement de murmurer; c'est une machine à vapeur? David le conducteur et son père Bernard assis sur la vieille Vermorel en remorque n'en reviennent pas. Bien qu'ayant procédé à de multiples essais c'est leur première sortie en grand public et avec un succès total. L'inquiétude s'est dissipée.

Joël de Betchat ne pouvait manquer d'attirer l'attention avec l'Hanomag R40 de son grand-père, le Lanz HR8 de 1937 et l'énorme SIFT TL40 , tous trois repeints à neuf.

Alain débarque avec son Latil et le grand trinqueballe et envoie quelques mots de remerciements au public.

Peu après 10 heures la deuxième partie du défilé fait suite à la mécanique.

Les incontournables Bethmalais ont un grand mérite habillés de leurs splendides costumes très chauds. Le groupe de cavalières de la Maison blanche arrive. La légende raconte que ces belles bourgeoises sont allées aux Etats Unis, y ont fait fortune et ont ramené un cheval pie et un cheval indien.

Tout ce qui suit relève du délire; 19 attelages de bovins sont intercalés entre les différents thèmes. Nina costumée en Bethmalaise mène une paire de gasconnes avec une charrette de foin, le jeune Rémy d'un air insouciant précède ses jeunes bœufs Aubrac. Pierre Nabos tout sourire mène le char du bloc de marbre avec ses rares béarnaises suivi de Daniel Hourquieg dont la paire de Béarnaises également remorque la fameuse javeleuse qui a servi à la moisson. Devant l'assistance ébahie, Francis Bazerque arrive avec les quatre Lourdais qui tirent le trinqueballe “Cazalé”. Quelle beauté, quelle majesté! Il se faisait un sang d'encre en se demandant s'il pourrait tourner dans la rue de la République et prendre le virage du Champ de Mars devant les arcades. Comme une lettre à la poste, ils sont passés!

Ah les femmes et les jeunes filles ont été mises à l'honneur. Voici la simulation d'un accouchement comme autrefois à la maison, plus loin les jeunes mères promènent leurs poupons dans les poussettes d'antan, les couturières sont très appliquées avec leurs machines à coudre Pfaf et Singer, les fileuses de laine de la Bellongue ne perdent pas le fil... Grand mérite encore à Suzon qui a conduit un petit troupeau d'oies. Elles ont bu plusieurs fois en cours de route, les braves palmipèdes. Ce n'étaient pas les oies du Capitole mais celles de Suzon porteuses de messages réconfortants. Arrive l'énorme bourdaou, fierté et symbole d'Autrefois le Couserans, tiré par les Gasconnes de Gérard Respaud. Un monument ce char. Il n'en est pas à sa première sortie. Qui est assise au milieu du Balcon? Renée Bagelet, la plus ancienne bouvière de France. Avec son langage fleuri elle a beaucoup fait rire tout son entourage et emballée de cette extraordinaire ambiance a dit: à l'année prochaine!

Et les chevaux, direz vous? Ils n'ont pas été en reste. La belle Rebecca apparaît avec son magnifique Hafflinger qui marche le pas l'amble et fait des courbettes. Magnifique! Merens et Castillonnais, les races locales incontournables à la robe noire et brun pangaré, montés par de belles écuyères, déclenchent les applaudissements. Un bel ardennais tirant une faneuse, marche de son pas rapide et puissant. L'attelage de Balsareny de 6 chevaux en ligne suscite toujours un grand émerveillement. Leur harnachement est de toute beauté, les meneuses, des princesses! Les mules sont impressionnantes de majesté, de puissance, d'obéissance. Têtu comme une mule est une légende qui ne se vérifie point aujourd'hui.

Calèches, roulotte, tilbury, jardinières ont rappelé la diversité des véhicules hippomobiles.

Les Majorets ne sont pas pas passés inaperçus. Avec leur sono surpuissante et leurs tenues délurées ils ont mené un train d'enfer pendant tout le trajet. L'après midi, rebelote, ils remettront ça dans différents endroits et auront beaucoup de succès.

Tradadou, cors de chasse, porteurs de foin soigneusement répartis par l'énorme travail de Nanou et de Philippe se succèdent. Pau paul en perdrait presque le nord mais c'est un habitué des animations. La fanfare des pompiers de Lavelanet, un spectacle là aussi. Pas une minute ils ne s'arrêteront de jouer au pas cadencé pendant le défilé. Une extraordinaire performance fort appréciée sous une si forte chaleur. Et l'après midi en piste à nouveau!

Leurs confrères suivent avec le Citroën U55 dans lequel a pris place René ex pompier célèbre de Saint-Girons, et le Berliet de 1954. Ghislain et Claude tirent la très vieille pompe à bras et arrosent les spectateurs de ci de là.

La fin s'approche et pour faire dans l'originalité, une fois de plus, se pointe un hélicoptère Alouette III de 1957 porté sur une remorque menée par un Porsche. Rien moins que ça. Il est 12h 40 lorsqu'il passe au Monument aux Morts. Peu à peu tous les groupes se rejoignent au Champ de Mars après avoir franchi le dernier détroit du square Balagué. Sous les vétérans platanes les attelages pourront déposer les jougs, les harnais et les bricoles. Les animaux y resteront à l'ombre jusqu'en fin d'après midi.

Avant le repas, rassemblement sur le perron de la mairie pour la photo de famille et entonner un retentissant Ariejo o moun païs.

C'est l'entracte. Dans les restaurants les fourneaux sont portés au rouge. Rien que pour les figurants du défilé ce ne sont pas moins de 1000 personnes pour lesquelles il faut prévoir les repas. Chaque groupe est affecté dans tel ou tel restaurant. L'organisation en revient à Laurent, un sujet qu'il domine particulièrement bien.

Le square Balagué, la rue Villefranche, le quai du gravier, le Champ de Mars, la place des capots, la place de la volaille regorgent de monde. Il y a fort à parier que même au temps des grandes foires il n' y en avait pas autant. Les groupes déambulent tranquillemant, les connaissances se retrouvent, c'est la décontraction et la joie.

Les tracteurs sont revenus se garer de part et d'autre de la rue Villefranche. Les chauffeurs se rendent à l'Ovallie. Quelques tracteurs se garent devant Gamm Vert après avoir franchi le barrage du pont fermé par un camion du Sictom. Sous le hangar une centaine de convives prennent place. Il est déjà 13h30. La halte va durer jusqu'à 15h30.

Post méridiem,

 

La fête n'est pas finie. Il y a les ateliers de l'après midi à animer. Salle de la mairie pour l'exposition du thème sur les femmes, salle de l'école Saint-Alary pour les ailes du Couserans, parc du tribunal pour le spectacle équestre, place Aristide Briant pour le ferrage et les expos motos, square Balagué pour la ferme à Suzon, place de Verdun les jeux pour enfants et enfin le traditionnel battage place Jean Ibanès.

Au Champ de Mars Claude et Josy ont la main sur les métiers gourmands. C'est une première pour eux. Un grand jour qui se passe très bien. L'affluence est énorme. Non loin de là au quai du gravier Jean-Michel et Yvette ont réussi à placer non sans mal la multitude de stands. Le succès est complet.

Même avec la puissante sono la voix de JB est dominée par l'incessant brouhaha.

De l'autre côté du Salat, le sifflement des gros moteurs de Jean-François en étonne plus d'un.

Tels des fourmis dans une gigantesque fourmilière, les passants déambulent allègrement dans tous les sens. Saint-Girons appartient aux piétons, au moins pour ces journées grandioses du début août, une habitude ancrée maintenant dans la coutume depuis 26 ans.

Au battage, Jérémie appelle au secours ; où sont les sacs? Enfer et damnation, personne ne les a pris ce matin en partant de Lorp. Que doit penser Cérès, la bienveillante déesse de la moisson? Une année ce furent les fils de fer qui avaient été oubliés, l'année dernière toujours une histoire de sacs, les dépiqueurs avaient eu peur de ne pas en avoir assez.

Frédéric, peux tu m'amener à Lorp, lui demande un membre de l'association?

Dame, oui, j'ai la voiture au lotissement du Parc, allons-y. Finalement, le paquet de sacs est amené discrètement à 16h10 par la rue Eugène Regagnon. La machine est déjà en route, personne n'a soupçonné un instant la tension du moment!

L'ensemble du battage est parfaitement aligné, il baigne dans “l'huile”. L'équipe de Roger, Benoît, Jérémie, Jean-François et Martial est rodée et bien synchronisée. La Braud engloutit la récolte sans indigestion, lancée à toute vapeur par le puissant 402 Vierzon. Derrière, la grosse presse à tête de cheval n' a plus qu'à obtempérer et les aiguilleurs, qui ne sont pas ceux du ciel ceux là, passent le fil dans les aiguilles d'un geste sûr mais prudent. Paille et grain coulent à flot, la récolte est belle et estompe la maigreur de celle de 2018.

L'après midi s'étiole. Quelques tracteurs dont le gazogène regagnent leurs pénates. Philippe appelle ses sbires pour aller charger la paille et les sacs. Ghislain amène la remorque bleue de son oncle et avec Thierry, Damien et Philippe ils embarquent les 12 sacs de blé. Tierry les charroie à Lorp. Ouf, la récolte 2019 est à l'abri.

Ceux de la batteuse détendent les courroies, nettoient la machine et la presse. Benoît dépoussière avec un souffleur de feuilles, il fallait y penser! L'énorme attirail va rejoindre le foirail.

C'est l'heure de la décrue. Les bovins et chevaux sont presque tous repartis dans les bétaillères. Place Guynemer, les charrettes attendront lundi matin pour rejoindre le port d'attache de Lorp. JEF a rechargé les gros moteurs sur les polybennes. A la ferme à Suzon, les animaux de basse cour repartent dans leurs domiciles respectifs. Les structures seront démontées le lendemain. Au quai du gravier le calme succède à la fébrilité des deux derniers jours écoulés. Le benjamin des tractoristes, Benjamin, cherchait désespérément son moniteur pour ramener son tracteur qui attendait sagement depuis 11h au boulevard Noël Peyrevidal. C'est chose faite, il est ramené Allée des Tilleuls, suivi d'un rare Hispano qui était le dernier garé rue Villefranche. Enfin c'est au tour de la remorque de la ferme à Suzon de rejoindre Lorp derrière le petit Farmall Mc-Cormick.

A 21h , dernière étape avec le repas dans la cour de l'école des jacobins. Dans les 90 personnes sont attablées et dégustent dans la joie les mets délicieux du traiteur de l'hôtel de la Tour. Quel soulagement aussi, après une rude journée que tout se soit très bien passé.

Il y avait un boute en train qui demandait de son air ingénu; mais expliquez moi cette histoire de date; il est dit que le premier défilé a eu lieu en 1993, nous sommes en 2019, cela fait 26ans et pourquoi dit-on alors que c'est la 27ème édition?

Son voisin non moins malicieux, lui rétorquait, mais mon brave Philémon, c'est l'histoire des intervalles, comme les piquets dans une clôture, un piquet de plus que d'intervalles!

Dans l'intervalle, la tablée n'en pouvait plus de rire. Par Toutatis, ces Couserannais, des incorrigibles!

 

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31 mai 2020 7 31 /05 /mai /2020 08:06
Dans le panneau!

 

Dans le panneau!

 

D'aucuns disaient, il n'avance pas ce garçon, jugez du peu, il possède ces emblèmes et logos depuis 1988, oui, oui, et il monte à peine 32 ans plus tard son fameux panneau. D'où lui était venue cette idée? Faut préciser que c'est un passionné des acronymes du monde des voitures, camions, tracteurs, sociétés industrielles. Il en a une liste impressionnante et fait des pieds et des mains pour trouver la signification de ceux qu'il ne connaît pas.

Alors un beau jour, il s'était dit, allons voir l'ami Mazard, le casse auto de Sentaraille et lui demander si c'était possible de récupérer ces fameux sigles sur les taxis qui gisaient dans le parc avant d'être refondus dans les hauts-fourneaux de Barcelone ou de Bilbao. Christian lui avait gentiment dit, fais comme chez toi, prends en assez au moins. Il ne se l'était pas fait dire deux fois. Il avait prévu son carton pour ranger soigneusement ses fleurons et avec les petites clés plates, pinces multiprises et tournevis avait oeuvré un bon moment. Le personnel qui guignait de ci de là se demandait mais que veut-il faire avec toutes ces inscriptions? Monter un garage multi marques peut-être?

Lui, tout sourire, n'en pensait pas moins. Il prenait un soin jaloux à récolter ce qui constituait pour lui des préciosités. Et puis l'affaire en était restée là. La germination avait-elle échouée, oh que non! Il se demandait, pourquoi ne pas faire une présentation sur un joli panneau de stratifié et l'exposer quelque part sur un mur?

Le temps passe, le panneau de stratifié est récupéré dans un emballage perdu au magasin et est soigneusement stocké. De temps en temps il jetait un coup d'oeil dans son carton fétiche voir si rien n'avait bougé. Il y a trois ans il avait remis sur le tapis son idée et réfléchissait sur la manière de fixer toutes ces lettres et ces logos sur ce panneau. Le projet est à nouveau ajourné. Il y a tellement de mécanique à faire sur les vieux tracteurs que ce n'est pas encore le moment, sans doute.

Si elles avaient pu parler, toutes ces petites particules de ferraille, elles auraient surement dit, nous avons échappé aux turpitudes de la fonderie, nous sommes à l'abri, mais ce serait bien que notre blason soit redoré.

Enfin la prise de décision finit par arriver. Le coup de foudre a retenti le vendredi 28 mars. Alors qu'une longue période de confinement obligatoire se préparait pour la majorité des citoyens, le stratifié et les inscriptions ont refait surface et cette fois-ci fut la bonne.

Sur la petite terrasse, ensoleillée et abritée, le matériel avait été préparé et incroyable mais vrai la première disposition fut la bonne. Placement au hasard ou préméditation, nul ne sait. Mais pour les fixer, ce n'est pas compliqué s'était dit le décorateur du jour; ceux qui n'ont pas d'accroche seront collés, pour ceux qui ont des vis il suffira de percer le support et de visser par derrière, pour ceux qui ont des pattes, hé bien des petits trous bien positionnés à la bonne largeur, un peu de colle par sécurité, une légère pression et le tour est joué.

Dimanche 29 mars.

Le panneau était resté deux jours en attente sur la table d'opération. Non, s'était-il dit, il ne faut rien changer. Il y a des doublons? Qu'importe, il y a surement une raison historique. En avant les beaux arts! Mais nom de nom, ce fut plus long que prévu. Oh dans une après midi, ce devrait être bâclé pensait le jeune ambitieux. Que nenni, plus de 6 heures il a fallu pour mener à bien la tâche. Mais quelle importance, hein? Après tout; il y a 32 ans que cette étrange histoire a commencé.

Et l'astuce pour faire les trous au même écartement que ceux des emblèmes? Oh pas compliqué, il a suffi de mettre un minuscule goutte de peinture sur les fixations, d'appliquer sur le panneau et de percer pile à l'endroit des tous petits points de peinture. Dans l'immense majorité des cas tout s'est bien passé. Sauf que, distrait comme de coutume, il avait oublié de mettre un intercalaire entre la table et son tableau, tant et si bien que la table subit l'outrage du premier perçage qui fit remonter quelques copeaux de plastique. Fort heureusement son joli minois n'a été qu'à peine érafflé. Le tir a été vite rectifié. Les alignements, à l'oeil sauf pour Hanomag où la règle a été requise ainsi que pour Deutz mais il y a eu une légère dérive. C'est Unic qui a été posé en dernier. Au moment de mettre le i, introuvable. C'est le hic! Si Georges Richard avait été là il aurait certainement fait passer cet amateur à la trape dans l'usine de Trappes. Comme par miracle le i est revenu, il s'était tout simplement posé sur le M d'Hanomag, sans doute pris d'une brusque envie d'aller faire un tour à Hanovre.

Le jeudi soir 2 avril le chef d'oeuvre est terminé, enfin!

Mais la suite n'était pas moins triste. Voilà que maintenant, notre décorateur, à peine son oeuvre achevée, se prenait à rêver et passait en revue chaque logo.

Daf par exemple, camion, direz vous? Oui mais pas que, dans les années 70 la marque hollandaise fabriquait des petites autos à variateur de vitesse par courroie, la Daffodil. Il y en eu au moins trois dans le Saint-Gironnais, Mr Pouech au Bout de la Serre, Jean-François Ferré à Saint-Lizier et Marielle à Lorp. Puis la fabrique était passée dans le giron de Volvo. Volvo, je roule, la voiture suédoise fabriquée en 1927 par Gustav Larson et Assar Gabrielson. De là, l'empire industriel connu de nos jours qui a réussi à croquer la division Poids Lourds de Renault. Louis Renault, tout un monde, d'abord les automobiles Renautl Frères, puis la Société Anonyme des Usines Renault après la grande guerre et la RNUR en 1945; voitures, utilitaires, moteurs d'avions et de trains, les chars FT17 et l'énorme division du matériel agricole. L'écusson de Renault ne pouvait pas être loin des chevrons “Citron” sis à Javel à l'époque et rappelait le duel sans merci livré par les deux protagonistes hors pair du monde de l'automobile. Très différents étaient -il par leur personnalité mais si proches géographiquement et habités tous les deux du même enthousiasme industriel effréné.

Peugeot, à l'est, plus sobre, plus discret était la grande maison d'Hérimoncourt et de Sochaux dont le grand sérieux faisait sa renommée auréolée de son lion emblématique. Les écussons de la 203, de la grande berline 504 trônent en bonne place. Peugeot qui, s'il l'avait voulu aurait pu être constructeur de tracteurs. Mais néanmoins il était rentré de plein pied dans le monde du machinisme agricole en motorisant le Pony, des moissonneuses batteuses Massey-Harris, les tracteurs Lecler, Van-Pouck, sans compter sa filiale Indénor qui fournissait bien du monde.

Et l'association Peugeot Renautl Volvo avec la création du célèbre V6 PRV construit à Douvrin en 1974, quels souvenirs!

A gauche, au milieu, le grand lettrage Berliet. Tout un univers, là aussi. Marius Berliet et son fils Paul, deux géants de l'histoire de l'automobile et du Poids Lourd. Paul qui se voit recevoir un coup de fil de Pierre Dreyfus en 1955 (PDG de la RNUR) lui demandant si Renault peut appeler celle qui allait devenir la Dauphine, Dauphine. Pas de problème lui répondit Berliet. Son modèle de la berline sorti en 1933 s'appelait déjà Dauphine et n'avait pas de successeur. Paul Berliet qui entre autres opérations talentueuses avait eu le génie de rapatrier un des 4 camions géants, le T100 du Sahara pour le restaurer et l'exposer à la fondation Berliet à Lyon. Mais pourquoi le logo sur les poids lourds Berliet est une locomotive à vapeur stylisée?

Tout en bas encore une marque célèbre qui fut en son temp un empire industriel, la Magirus Knolkner Humboldt Deutz avec les moteurs industriels, ceux des travaux publics, les tracteurs et les camions.

Ulm d'où était Anton Magirus a donné son emblème à la marque en schématisant le clocher de la cathédrale alors que Deutz est le nom d'un faubourg de Cologne d'où est partie la Deutz Mororen Fabrik. La division camions a ensuite migré dans le groupe Iveco comprenant FIAT, OM, Lancia et Unic. Unic pour unique bien sur, la firme automobile montée par Georges Richard qui arrêtera les voitures peu avant la deuxième guerre et se concentrera avec succès dans le camion pour être dans le trio de tête avec Berliet et Saviem. Au passage il avait été raflé par la puissante Simca de Nanterre et Poissy, propriétaire de Someca, des fonderies modernes de l'automobile de Bondy, de la Cofipa (compagnie fiancière de Paris), de la Sofora, de la Sacmo, de la SIDFA, de Ford SAF, le tout monté par un autre géant Théodore Henry Piggozzi. Simca, et l'aronde, elle vole comme un oiseau et elle a un appétit d'hirondelle! Géant de l'industrie jusqu'à sa reprise par Chrysler et son passage ensuite chez Peugeot qui devint un temps Peugeot Talbot. Talbot venait du rachat de Chrysler Europe par Peugeot et était une marque célèbre à Londres et à Paris qui avait été racheté par Simca en 1958. L'homme clé à partir de 1932 fut Antony Lago (très célèbre sur les circuits). Détail peu connu; en 1933/1934 était sortie une série de transition nommée Fulgur, ce nom qu'avait donné la Saviem aux moteurs “couchés” sur les camions Tancarville. Pour les camions Unic leur destinée sera d'être absorbés par Fiat dans le groupe Iveco et les tracteurs passeront dans le giron de Fiat dans les années 80.

L'écusson FIAT figure lui aussi et n'est pas sans rappeler le gigantisme de l'industriel chez nos voisins transalpins propriétaires à part entière du groupe Case New-Holland.* Toujours chez nos voisins, le petit logo Innocenti trône en bonne et due place. La petite mini fabriquée sous licence par Innocenti. Personne ne pariait un kopek en 1959 lorsque Alec Issigonis lance la toute petite voiture et pourtant quelle réussite sans compter les Cooper et leurs spectaculaires courses sur circuit ou en rallye.

Quelle est cette marque, en grosses lettres aluminium sous Unic, Hanomag? Encore un vieil empire industriel, la Hannover Maschinenbau, créatrice des locomotives et voies ferrées sous l'égide de Georges Egerstorff puis de Georges Strousberg au XIX ème. Au XX ème, tracteurs, camions, voitures et gros matériel d'armement s'invitent à la panoplie. Dans le Couserans l'Hanomag R 42 qui avait officié au battage chez le père Barthet dans les années 50 est revenu chez le petit fils du propriétaire par une chance inattendue. Avec les camions Henschel, grosse marque absorbée en 1970 par Mercedes, c'est aussi une page d'histoire qui s'est écrite notamment à Saint-Girons, jusqu'en 1987, dans les transports Meric*, fortement équipée des beaux camions fabriqués à Kassel.

L'étoile à trois branches, tout le monde connaît bien sur la Daimler Benz communément appelée Mercedes Benz avec la présence des moteurs sur terre, en mer et dans les airs. L'incursion dans le monde agricole est aussi très prononcée (Mb trac, unimog, motorisations Claas, Bourgoin, même Lanz!)

Tout en bas, à gauche, un sigle bien particulier. Celui de Skoda.. Mais que signifie-t-il donc? A Pragues, une famille qui avait une Skoda employait un serviteur Indien et a eu l'idée de reproduire sa coiffure comme logo de la voiture qui est devenu celui de la marque.

L'ovalle bleu de Ford, un monde à lui seul: les voitures, les camions, les tracteurs, l'armement pendant la seconde guerre, la collaboration fructueuse Ford Ferguson, puis la séparation très conflictuelle en 1947.

Et International? Probablement une inscription prélévée sur un capot d'un tracteur anglais type B250. Heureusement que cette marque flamboyante, désormais mythique, hélas disparue en 1983 a laissé une immense descendance qui fait la joie des collectionneurs. Sans compter les célèbres Farmall qui font scintiller les pupilles des chevalliers de la IH à leur évocation.

Opel, son ancêtre c'est Adam Opel qui fabriquait des machines à coudre.Le sigle à l'origine est le chas de l'aiguille qui a évolué au fil du temps pour signifier l'éclair de la blitzkrieg de la deuxième guerre mondiale dans laquelle se trouvait Opel pour ses camions.

A gauche, tout en haut, Dunlop. John Boy Dunlop célèbre pour ses pneus gonflés dont s'était inspiré Michelin. Que l'on ne s'y méprenne, il y a encore beaucoup d'engins à bandages pleins comme les charriots élévateurs par exemple.

Et Volkswagen? L'empire de Wolfsburg quasi premier constructeur mondial d'automobiles mais aussi propriétaire des camions MAN (motorisation de nos jours de certaines grosses machines agricoles) et Scania, célèbre pour sa Coccinelle a la carrière prestigieuse, et motoriste lui aussi en son temps de semoirs automoteurs Schmotzer, de moissonneuses batteuses Massey-Harris et Dechentreiter. Onze marques de véhicules dans son portefeuille, tout un palmarès.

La Bayerische Motoren Werke, BMW, construisait des avions pendant la grande guerre puis en 1923 s'est lancé dans les moteurs de motocyclette et en 1928 dans l'automobile. Le bleu et le blanc sont les couleurs des drapeaux de Bavière et aussi aux dires de pilotes de l'époque celles qu'ils apercevaient (le bleu et le blanc du ciel) à travers le tournoiement des hélices.

Ah, ah, soliloquait-il encore, quel est celui-là vers le milieu entre Ford, Opel et Hanomag? Allons un effort de mémoire! C'est celui de, Lada, les célèbres Lada sorties de l'usine Togliatti à 1000 km au sud est de Moscou. L'emblème, c'est celui du drakkar des Vikings qui avaient autrefois envahi la région. C'est aussi le nom donné aux petites embarcations qui naviguent sur la Volga.

Enfin, au bout de ses longues réflexions doucereuses, ce n'est pas le tout, réfléchissait-il. Il faudra le placer ce panneau, bien en hauteur au dessus de la porte de la succursale, le plus possible à l'abri du mauvais temps. Encore une acrobatie en perspective. Ce n'est pas qu'il soit lourd mais plutôt encombrant. Il ne s'agirait pas de réitérer l'histoire de Perrette et le pot au lait et que tout le monde se retrouve à terre plus vite que prévu.

Tout absorbé dans ses songes, son aimable voisin venait aux nouvelles et de lui demander;

mais Philémon que nous as tu sorti là avec toutes ces hiéroglyphes?

-Je “va” t'expliquer. Tu vois je viens de faire un tableau qui aujourd'hui n'a pas de valeur mais demain sera convoité!

-Et que vas tu en faire?

-Je vais l'exposer sur une muraille.

-Boudiou, Philémon tu dois te reposer, tu as beaucoup travaillé.

-Pas encore, pauvre, parce que toutes ces inscriptions, tu crois que c'est beaucoup, hé bé pas du tout, il y en a 42, il en faudrait au moins trois fois plus pour avoir un panorama assez complet.

-Tu peux toujours faire comme Pénélope, tisser ton panneau mais sans jamais défaire l'ouvrage de la veille!

-L'essentiel est de ne pas y tomber dedans!

 

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*cf l'ouvrage de William Dozza, tracteurs Fiat de 1917 à 1999

*cf l'article du 29 juin 2012, les Henschel ne répondent plus

 

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12 mai 2020 2 12 /05 /mai /2020 19:14
Barcelonne du Gers, 47 ème froire agricole en terre gasconne.
Barcelonne du Gers, 47 ème froire agricole en terre gasconne.
Barcelonne du Gers, 47 ème froire agricole en terre gasconne.
Barcelonne du Gers, 47 ème froire agricole en terre gasconne.
Barcelonne du Gers, 47 ème froire agricole en terre gasconne.
Barcelonne du Gers, 47 ème froire agricole en terre gasconne.
Barcelonne du Gers, 47 ème froire agricole en terre gasconne.

Barcelonne du Gers, 47 ème foire agricole en terre Gasconne.

 

Départ à 7h5 de Saint-Girons. La voiture est pleine; Jean-Claude, les 3 gamins, Benjamin, Marie, son frère Valentin et Cybèle la mascotte. Ils avaient insisté pour venir, les trois inséparables. Il avait fallu demander à Alain et c'était très gênant, s'il pouvait laisser sa place. Tout s'était très bien passé.

De tout le trajet, arrivée à 9h 20 après 184km, il n' y avait pas eu besoin de mettre la radio. Ils n'ont pas arrêté de piailler, de gesticuler, de crier parfois. Quelle aventure!

Il fait très beau ce dimanche. En arrivant à Barcelonne du Gers, il y a déjà beaucoup de voitures garées. Quelques places restent. Les passagers prennent leurs affaires et en avant pour le périple enjoué. Va pour la grande allée à droite au premier rond point. Arrêt au stand de Mr“polisseur” qui fait une démonstration de disques de polissage sur perceuse sur une rondelle d'olivier. Beau résultat. Tout à côté le marchand de pistolets en bois lanceur d'élastiques. Les trois lascars en achètent chacun un. Quelques instants après, las de ce jouet futile, le revendent au fournisseur qui accepte de leur reprendre sans décote, un comble! Seraient ils animés d'un sens commercial inné?

Visite obligée au marchand Mr Patrick Gruel de Martel, du Lot, un fidèle de la foire. Chez lui, c'est comme chez le toubib; il faut attendre son tour et marquer sur le cahier ses désirata. Au cas ou, Benjamin demande un contacteur de démarrage pour son 137.

Au bout de l'allée demi tour, c'est probablement celle où il y a la plus de matériel avec la belle place de la mairie. Le carrossier est aguicheur et vante très bien son stick de réparation de rayures sur carrosserie. Une fois acquise, cette magie fonctionne-t-elle vraiment bien?

Un petit Massey Ferguson bien restauré est à côté de la buvette. Ici ce ne sont pas tellement les tracteurs retro mais plutôt les vintage et tout le matériel d' occasion en bon état prêt à resservir.

Curieusement, de toute la journée la troupe ne se séparera pas. Cybèle non plus ne s'égarera pas, tellement heureuse d'être avec ses amis. La samedi, elle s'est frottée sur une remorque en cours de peinture et a quelques touffes de poils bleus. Ça fait beaucoup sourire la foule d'admirateurs.

Maintenant visite dans la cour qui jouxte la salle de sport. Un beau 423 et un 956 XL font vibrer les passionnés de la IH. Les trois colistiers montent à bord et se font prendre en photo.

Passage ensuite dans l'allée centrale qui mène à la mairie. Benjamin demande souvent, on va voir les vieux tracteurs? Oui, nous y allons mais en fait il y aura eu tellement d'étapes qu'ils ne seront vus qu'à 15 heures! Finalement l'heure avançant, l'équipe fait demi tour et rejoint la salle des sports pour casser la croûte. Il est un peu plus de midi. L'attente n'est pas longue. Le délicieux repas est servi par les jeunes du club de basket. Ils sont charmants et attentifs, et chose rare, l'ambiance est calme. Le bruit est feutré, la salle est-elle insonorisée?

Après ce moment de détente, il faut continuer la visite. Il y a encore beaucoup à voir. Ce ne sont pas encore tout à fait les vieux tracteurs bien que la bonne direction soit prise. Il y avait le fameux marchand de chocolat, Monsieur cadeau, que l'on trouve dans toutes les foires de la région. Un as, ce commercial hors pair. Et nos trois gourmands ont bien sur fait leurs emplettes, une grande poche remplie de chocolats pour 10€. Leurs économies ont été vite dilapidées. Ah voici un lunetier. C'est le moment d'acheter une paire pour conduire, l'étourdi a oublié les siennes il ne sait où. Voilà qui est réparé, tout est pour le mieux. Dans le même secteur, dans la courbe, l'ineffable marchand de chaussettes. Ici il y a toujours de quoi trouver chaussant et chaussure à son pied. Quand il voit la troupe des ariegeois débarquer il en a sorti une comme d'habitude; alors papi, on promène la marmaille!

Enfin, voici presque les vieux tracteurs mais il faut encore serrer la main à Serge et Claude de Peyssies, des habitués eux aussi. Au silo, grandes retrouvailles avec David, son père Bernard et Mr Dewamain. Ah, les vieilles mécaniques tant attendues sont là. Le Zetor 25 A tourne. S'y trouvent un Super BMD, un Field Marshall, un Vendeuvre, un 302, un Labourier, un John Deere à chenilles et le MF 835 attelé au corn picker Benac. David fait une démonstration de tronçonnage avec ses grosses et anciennes tronçonneuses. C'est un expert. Il manoeuvre ces outils avec maestria. Quand il y a un tas de sciure, il la fait incurgiter au corn picker en l'enfournant avec la pelle dans l'élévateur à épis. Ça fonctionne très bien, il fallait y penser. Les badauds en sont baba. Benjamin lui demande s'il peut démarrer le Vendeuvre, va pour le Vendeuvre. Puis le Labourier, va pour le Labourier. Bernard et Mr Dewamain démarrent le Field Marshall, c'est pittoresque; allumage d'une mèche d'amadou, vissage d'une cartouche et frappe d'un grand coup de marteau sur le percuteur. Le son est brutal, court, le moteur de Gainsborough démarre sans hésiter un 1/4 de seconde. La mécanique est en bon état et les opérateurs ne sont pas des bleus. Une belle dame surprise de l'explosion demande quelques explications et est heureuse d'apprendre que ce patrimoine qu'elle découvre est entre de bonnes mains. Michel Vincent venu de Preignan assiste à la scène et cause un moment avec toutes ses connaissances.

Après les tracteurs, il ne s'agirait pas d'oublier les bovins qui sont dans le grand hangar? Blondes d'Aquitaine et Gasconnes attendent sagement et se reposent dans leur litière épaisse et confortable. Tiens voilà Marcel qui est sur les lieux. Il reluque un beau camion Mercédès 817 avec sa petite semi en fort bel état mais il n' a pas le permis poids lourd et ne concrétise pas son envie.

La journée serait écornée si l'allée le long des petits canaux était escamotée. Comme c'est un peu étroit les stands ne sont que d'un côté. Il faut marcher pas à pas, la foule est dense. Qu'y a-t-il au fond? Le manège et le trempoline. C'est parti pour un long tour de trempoline et pendant ce temps Cybèle s'amuse au jeu du bâton avec enfants et adultes.

Reste encore la longue allée remplie d 'étalages à parcourir. Bravo à vous, marchands de tous horizons qui inlassablement montrez vos marchandises, les vantez et savez si bien les vendre. Un sage n'avait-il pas dit; la différence entre les commerciaux et les militaires, c'est que les commerciaux sont toujours en guerre? Il est 18 heures et la foule ne diminue pas. Extase devant le fripier qui expose de belles combinaisons, pantalons et blousons. Coïncidence ou hasard? Benjamin veut voir les combinaisons. Qu'avait-il combiné? Mais voilà, il n'a pas de sous. Son envie est contagieuse. Voilà nos trois sbires téléphoner à leurs mères pour savoir s' ils peuvent acheter des habits. L'accord leur est donné bien sur. Le maître avance les sous. Ils ont du goût nos petits, ils prennent des couleurs assorties aux tracteurs! Le vendeur vient de Saint-Lo, il est fabricant, a six couturières dans son entreprise et parcourt toutes les foires de France et de Navarre.

En revenant vers le centre ville, le rue principale est bondée. La marchande de mouchoirs en coton de Saint-Dié est là comme l'année dernière; fallait-il en reprendre? Non pas aujourd'hui , abondance de biens ne nuit pas certes mais il n' y a ni chagrin ni rhume à estomper.

Retour vers les vieux tracteurs. David embarque les tronçonneuses dans sa remorque, les tracteurs sont garés là pour ce soir. Il donne deux rondelles du tronc de sapin découpé à son ami de Saint-Girons qui en fera bon usage. Marcel tourne encore autour du Mercédès que son propriétaire démarre pour le faire apprécier. C'est vrai que l'engin est beau. Marcel a toutefois fait une acquisition; une très belle égreneuse à maïs traînée de marque Richon (fabriquée à Ormes dans le Loiret), bien connue en son temps pour la qualité de ses matériels qui avaient détrôné les petits égrenoirs électriques à faible débit. Dans le même enclos le propriétaire de la scie de chantier Montana à moteur autonome a fait une démonstration. Particularité de la machine, la lame est horizontale et c'est elle qui se déplace sur son charriot et non pas le grume comme on a l'habitude de le voir.

Tout à côté un joli Ford 2000 et un 423 vigneron n'ont pas trouvé preneur. Benjamin demande encore au bonhomme s'il peut lui allumer; oh non, répond-il, la journée a été longue, je vais rentrer. Serait-il en train de se forger une passion durable pour les vieilles mécaniques depuis qu'il est propriétaire de son F137D, notre Benjamin?

Après les adieux chaleureux, le chemin du retour pour rejoindre Berlinette est entamé. La nuit commence à tomber. La “Citron” attend, elle est maintenant seule, tout le monde a déguerpi. Les passagers prennent place à bord, aucun bagage n'a été oublié. Croyez vous qu'ils se seraient endormis pendant le trajet? Non, pas un seul instant. Autant de bruit que ce matin, incroyable! A 21h 15 arrivée à Saint-Girons.

Barcelonne du Gers, tu nous en as mis plein la vue! Combien de marchands et de matériels sont venus? Surement plus d'un millier, et le public? Un paquet de plusieurs milliers.....

Bravo Barcelonne du Gers.

 

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Quelle diversité de produits dans cette foire, la quantité des étalages et de machines est impressionnante:

alimentaire; charcuterie, gâteaux, friandises, chocolats, vins

Livres, revues

vêtements toutes catégories

chaussures

lunettes

ceintures, objets en cuir

bijoux, montres

CD

ustensiles de cuisine

pneus

outillage

jouets, miniatures

stands d'information ( prévention des risques, économie d'énergie)

 

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21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 15:46
Le ballet des motoculteurs
Le ballet des motoculteurs
Le ballet des motoculteurs
Le ballet des motoculteurs
Le ballet des motoculteurs
Le ballet des motoculteurs

 

Le ballet des motoculteurs,

 

Villeneuve de Rivière dimanche 29 juillet 2018.

 

 

C'était tout juste 8 jours après la 5ème édition de Poulies et Rouages d'Antan à Labarthe- Inard. C'est tout à côté Villeneuve de Rivière, côté ouest de Saint-Gaudens. L'association Autrefois Villeneuve en était à sa deuxième édition. Au programme de ce jour; labour des motoculteurs et le traditionnel battage.

Pas moins de 7 motoculteurs ont débarqué par ce chaud matin. La jolie petite place à l'entrée du village bruisse de partout. Une bonne vingtaine de tracteurs, les indigènes du coin, est déjà en place. Ceux de Labarthe arrivent en fanfare sur leurs pneus. On trouve du MF, de l'Allgaier, du IH, du Vierzon, du Lanz, du Renault, du John Deere et le Continental à chenilles amené par Yves depuis Saint-Frajou. Il y a même un Super FC-C Farmall que Claude a eu la gentillesse d'aller chercher à Saint-Girons avec son 4x4 et sa belle remorque. L'incontournable 966 de Philippe est de la partie. Il n'a pas eu long chemin à faire, son gîte c'est la commune d'ici. Philippe ne manquera pas de le faire ronfler à plusieurs reprises. Le Super FC-C n'a écouté que son maître et n'a voulu démarrer qu'avec lui.

Pour les motoculteurs et le battage, c'est dans le champ juste de l'autre côté de la route municipale. On trouve dans les petits engins de labour du Staub, du Ferrari et un inédit petit Energic, haut perché sur ses roues, équipé d' un moteur 2 temps JLO. Il vient de Saint-Girons. Son propriétaire cherche un chauffeur pour faire le concours. C'est la première fois qu'il sort depuis que son voisin Armand lui a donné. Il a un embrayage centrifuge, trois vitesses et une marche arrière. Pour la motricité, les roues se crabotent au moyen de goujons que l'on enclanche dans la flasque centrale de la roue. Un bien bel outil. Il ne pouvait être mieux trouvé qu'Alexandre dit le Pins pour mener ce remarquable outil.

Tous les concurrents sont en place. Il fait très chaud. La terre est dure. Chacun se met à l'oeuvre avec beaucoup d'ardeur et d'application. Sitôt le départ donné, quelques aguerris se détachent vite du peloton notamment un gros Staub qui trace un sillon très droit, profond avec un très léger patinage. Homme et machine sont synchronisés. En bout de raie les spectateurs sont nombreux. Les commentaires vont bon train. L'humour est de mise.

Au N°7, le Pins trime dur, pousse, ahane, redresse sa trajectoire, souffle, transpire mais n'abandonne point. Le propriétaire de l'outil lui prodigue tous ses encouragements. C'est une grande première. Il faut absolument réussir. Sur la tournière exclamations et moqueries amicales alternent et n'entament du tout l'ardeur du Pins!

Alors le Pins, c'est plutôt le motoculteur qui te tire!

Il tourne au kérosène ton engin?

Tu as mis les crabots?

Ta raie est un peu sinueuse!

En plein milieu de sillon, le moteur JLO s'arrête. Simple panne sèche. Pour ce jour un bricolage de fortune avait été fait pour remplacer le réservoir d'origine poreux par un de tondeuse. De même le carburateur perdait tant et plus. Le bidon de mélange 2 temps est sous la main et c'est reparti pour un tour.

Finalement le résultat n'est pas mal du tout. Même si le Pins sera classé dernier, on peut le considérer hors concours avec une machine qui relève presque du prototype.

Encore un petit moment de récréation sur place, le temps d'admirer un rare Citroën artisanal 4 roues motrices et directrices, de faire le tour des multiples mécaniques et c'est l'heure du repas. Dans la grande halle, à l'abri des ardents rayons d'Hélios, les convives papotent tout en dégustant les succulents mets. Quelle ambiance!

Il n'est pas loin de 15 heures quand il faut repartir pour la deuxième étape de la journée.

La batteuse Mavag , presse et tracteur tournent déjà à petite vitesse. La remorque de gerbes est sagement alignée à côté du bel ensemble. Bientôt une fine poussière s'élève de l'aire de battage. La récolte est très sèche et sera vite engloutie. Les hommes réclament à boire et Sebastien se précipite avec des rafraîchissements. Il était temps. Ce fut un dépiquage très chaud!

Une charmante journaliste de la dépêche ne cesse de faire des allées et venues dans l'esplanade et d'interroger divers intervenants.

Les tracteurs se promènent de ci de là et vont jusqu'au village. Le 966 de Philippe ronfle tant et plus, le gros John Deere de Maxime largue toute sa puissance, le Super FC-C fait un petit tour nimbé de son bruit discret.

Ceux de Labarthe-Inard ne vont pas tarder à partir. Ils n'ont pas long à faire. La prochaine rencontre est pour dans 8 jours pour Autrefois le Couserans.

L'Energic est chargé sur sa petite remorque derrière une Clio.

Les bruits s'estompent, la place retrouve son calme coutumier. Villeneuve a connu une bien belle journée. Bravo Villeneuve de Rivière et à toute l'équipe organisatrice.

 

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1 avril 2020 3 01 /04 /avril /2020 10:05
Le retour des champions
Le retour des champions
Le retour des champions
Le retour des champions

Le retour des Champions

 

 

Ce vendredi 30 août le Renault 7013 piloté par Jean-Claude et le géant de Doncaster s'élançaient à la conquête de Longages pour participer à l'immense 18ème édition d'Antic-Agri. Le trajet depuis Lorp via Taurignan-Castet, Fabas, Cazères, Salles sur Garonne, Lefitte-Vigordane, Peyssies et le Lançon avait duré deux heures trente cinq. Il avait fait beau; ce fut une merveille. Alain suivait avec sa voiture, tout n'avait été que paisible ronronnement.

Jeudi 5 septembre.

Au départ à 7h30 de Saint-Girons; Damien, Alain et Jean-Claude. Un bidon de gas oil en sus et en avant pour Longages. Il pleut assez fort à partir de Prat. Damien est vêtu légèrement, aïe. En arrivant au Lançon, le temps se lève. Après la vérification des niveaux, le rajout de carburant, Renault et Mc-Cormick sont prestement démarrés. La clé de contact du B et la caisse à outils ont été oubliées dans la Berlinette! Heureusement qu'il ne s'agissait pas d'un départ à la guerre sinon des galons eurent pu sauter! Quel étourdi ce chef d'équipage. Enfin le convoi quitte l'esplanade de la ferme de Gérard à 11h 45. Nous allons passer au rond point de la sortie 27, prendre la direction de la zone artisanale, le pont au dessus de l'autoroute et rejoindre Salles sur Garonne. C'est beaucoup plus court que de passer par Peyssies et Laffitte Vigordane. Ne vous enfilez surtout pas sur l'A64 avait objurgué le moniteur....

Tout va bien jusqu'à l'embranchement de Salles après le pont autoroutier. En longeant l'autoroute la vitesse constatée au compteur de l'auto tourne autour de 23 à 24km/h. Le B est par conséquent pénard derrière le Renault qu'il talonne presque tout le long du trajet.

Toutefois la première erreur d'aiguillage se situe au croisement de la route de Carbonne et de Salles. Le Renault suivi du grand rouge enfile la direction de Carbonne. La Kangoo passe aussitôt devant et stoppe les deux Diesels au niveau de l'usine à béton. Le Renault distance un peu son coéquipier le temps qu'il fasse demi tour sur la route très fréquentée. Esseulé, ayant perdu de vue l'orange qui prend la bonne route, le deuxième erreur est commise. Il reprend le pont de l'autoroute et file vers Laffitte Vigordane. Nous voilà jolis! Première urgence, le rattraper et lui faire faire demi tour. Le Renault se voyant seul, s'arrêtera et attendra en donnant un coup de fil. Bonne résolution. Le B a déjà fait au moins 1,5 km avant de le dépasser et de le remettre dans le droit chemin. Serait-il arrivé à Rome si nonchalament?

Enfin tout rentre dans l'ordre. Désormais jusqu'à Saint-Girons les trois véhicules ne se quitteront plus d'une semelle, enfin d'un pneu et il n'y aura plus d'arrêts. Cazères est franchie avec le succès que l'on peut imaginer. Si la température est fraîche, le soleil s'est montré et le voyage se passe fort agréablement. Sur ce trajet les seuls ralentissements obligés sont les trois ralentisseurs du Plan et le virage 2 km après Sainte-Croix sur le pont du Volp. Le reste des km à bride abattue, enfin pour le Perkins alors que le grand Farmall fait des grandes enjambées à demi régime. Après Cazères, la Couladère, le Plan, Sainte -Croix, Mérigon, Montardit, les Gavats, Lara, Audinac, Montjoie village, Saint-Lizier, la Basterne et Lorp. Le pont sur le Salat a résisté une fois de plus à la folle chevauchée. Peu de voitures ont été rencontrées, ce fut vraiment une randonnée idyllique!

A Lorp, le compteur indique 62 km moins les deux parcourus en trop avant Salles, ce qui fait une soixantaine de km pour 3 heures. Si la performance n'a rien d'exceptionnel, elle est plutôt dans l'original. Déjà pour l'année prochaine, des idées commencaient à germer; pourquoi ne pas faire un convoi de 7 ou 8 tracteurs et de prendre une remorque pour porter le Pony de Jean-Claude? Damien avait indiqué qu' il trouvait le trajet un peu long. Tu verras lui était-il rétorqué,encore quelques manoeuvres de ce style et tu y prendras goût. Et n'oublie pas que tu avais un siège grand confort.

Bravo les gars, le passage des vitesses a progressé sensiblement. Allons il faudra faire une petite démonstration et tout ira pour le mieux.

Le midi, en cassant la croûte à l'Ovallie à Saint-Girons, les habitués du lieu n'avaient pu s'empêcher dans une joyeuse exclamation de crier; vous venez encore de manipuler quelque tracteur! A croire qu'un bonne réputation se mérite et s'entretient....

 

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18 mars 2020 3 18 /03 /mars /2020 10:49
L'école expérimentale de conduite de la IH.
L'école expérimentale de conduite de la IH.
L'école expérimentale de conduite de la IH.
L'école expérimentale de conduite de la IH.
L'école expérimentale de conduite de la IH.
L'école expérimentale de conduite de la IH.
L'école expérimentale de conduite de la IH.
L'école expérimentale de conduite de la IH.
L'école expérimentale de conduite de la IH.

L'école de conduite expérimentale de la IH.

 

Quel endroit plus agréable que la base de Lorp pour apprendre à conduire aux apprentis. Déjà le mois de juillet 2019 fut rude. Tous les soirs Benjamin qui venait d'acquérir son Farmall F 137 D en redemandait. Le défilé de Saint-Girons approchait, il fallait être prêt. Grâce à sa volonté et à sa passion, plus sa fierté bien sur, les progrès sont allés très vite. Les contrôles préliminaires classiques étaient faits sur le bout des doigts, niveau d'huile, niveau d'eau, niveau de gasoil, vitesse au point mort, préchauffage et démarrage. Le défilé avec les deux comparses Valentin et Marie plus la mascotte Cybèle fut une réussite grandiose.

Courant février, il a fallu remettre les leçons en piste vu que le frère et la soeur membres du trio inséparable et parfois infernal ont voulu essayer de conduire. Pourquoi pas après tout? Il y avait le 137 de la William Deering qui ne demandait que ça. Alors les mercredis après midi et le dimanche matin, en avant la manoeuvre! Le plus dur a été de répartir les conducteurs; Benjamin sur le sien, quasi exclusivement pour affiner sa conduite. Pour Valentin et Marie, ce n'était pas triste. C'est incroyable de voir l'attirance que peut exercer les tracteurs rouges sur les enfants. Il fallait arbitrer le répartition du temps au volant du petit 137 qui semblait sourire d'une telle animation.

Marie a très vite capté la position des vitesses alors que Valentin baissait systématiquement la tête vers le levier de vitesse ce qui occasionnait des vitupérations aïgues du moniteur qui ne cessait de hurler:

-regarde devant, les vitesses sont dans la boîte, pas besoin de regarder entre tes jambes, c'est pas le moment!

Puis c'est le démarrage;

-on embraye avec douceur et on enlève le pied de la pédale d'embrayage dès que le tracteur a démarré.

Il a fallu enquite tenter de rentrer dans la remise de la succursale à la fin des essais. Là, c'était un peu plus dur. D'abord le passage est en pente et il faut rentrer de biais en reculant sinon il y a de fortes chances de toucher avec une roue voire d'encadrer une aile. Benjamin y est très vite arrivé.

Soudain, courant février, une idée a jailli. Pourquoi ne pas sortir le vigneron Super FC-C qui est très commode à conduire et le confier à Marie? Le dessin prenait forme; préparer Valentin sur le Farmall Super FC-C (le jour J le 137 est affecté à la ferme de Suzon), Marie sur le vigneron et Benjamin sur le sien. Ainsi le trio pourrait faire le défilé 2020 d'Autrefois le Couserans.

Le vigneron s'est très bien laissé mené. Il est très pratique sauf qu'il ne faut pas caler car il ne démarre pas au démarreur, il n'aime que la manivelle.

Ce dimanche matin 8 mars, grand branle bas de combat. Toute l'équipe se retrouve à Lorp à 10h. Les trois rouges sont prestement sortis et la ronde commence. D'abors quelques tours dans la cour de l'usine puis direction chez Agnès. Les recommandations fusent:

-tenez les distances, on ne rêve pas en conduisant, il faut s'arrêter assez tôt et ne pas se rentrer dedans, petite vitesse et petit régime.

Les petits moteurs ronronnent, petite halte à l'écurie pour atteler la benette au Massey-Ferguson 1210. Valentin l'essaye et d'un peu le prendrait pour faire le défilé mais ce serait trop facile. Ensuite un petit trot en 4ème pour le vigneron et 5ème pour les deux autres jusqu'à la barrière de Lorp, puis incursion jusqu'à la savonnerie suivie de plusieurs tours de cour.

Les photos de groupe s'imposent dans la cour de l'usine, naguère aire de manoeuvre des grands paquebots qui accostaient au quai pour décharger les marchandises ou embarquer les papiers fins et soyeux vers leurs lointaines destinations.*

Maintenant que tout se passe bien, essais de démarrage en côte, chacun à son tour. Impeccable, la coordination entre embrayage et freins est bonne, le tracteur avance en douceur, sans reculer au démarrage et sans sauter. C'est presque du grand art. Le moniteur de la IH est persuasif ou bon pédagogue, qui sait? A y être, pourquoi ne pas essayer en marche arrière? C'est du pareil au même, c'est réussi pour les trois élèves. Pour ce matin, c'est très bien. Au bercail, d'abord à Marie. Du premier coup, elle l'a rentré son petit outil, chapeau! Pour Valentin, ce n'est pas mal. Il y a encore quelques ajustements à apporter, mais c'est en bonne voie. Benjamin sait le rentrer sans être guidé de puis quelques semaines déjà. Il fait très attention au sabot de la faucheuse qui est montée sur son tracteur et qui est légèrement hors gabarit du côté droit. Le recul est un peu plus compliqué et plus méritoire. Tout est bien qui finit bien ce matin. Reste à trouver deux accompagnateurs adultes (Benjamin a déjà le sien) pour suivre frérot et soeurette.

Dimanche 15 mars, rebelote et mêmes exercices. Il faut préciser qu'à chaque sortie Valentin remorque le vigneron pour le démarrer avec une chaîne très courte. Les deux premières fois, la tension a été un peu brutale, ensuite tout est rentré dans l'ordre après que la tension du moment soit revenue à la normale.

Cet apprentissage de la conduite n'est pas sans rappeler les “tractorettes” qui pendant la guerre étaient initiées à la conduite des Farmall H aux USA par des moniteurs de la International. Elles, c'était pour subvenir aux besoins impérieux de l'agriculure américaine pendant une période tragique, les Couserannais c'est pour maintenir actif le patrimoine du machinisme en prenant un certain plaisir.

Les tracteurs rouge rubis n'en étaient que plus enchantés.
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*cf la rotation pharamineuse du frictionneur 20/11/2016,

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5 mars 2020 4 05 /03 /mars /2020 20:55
L'allée marchande, le Duvant de Bougival (78), la place de la Mairie, un beau Super FC-D row crop, la centrale de graissage du moteur.
L'allée marchande, le Duvant de Bougival (78), la place de la Mairie, un beau Super FC-D row crop, la centrale de graissage du moteur.
L'allée marchande, le Duvant de Bougival (78), la place de la Mairie, un beau Super FC-D row crop, la centrale de graissage du moteur.
L'allée marchande, le Duvant de Bougival (78), la place de la Mairie, un beau Super FC-D row crop, la centrale de graissage du moteur.
L'allée marchande, le Duvant de Bougival (78), la place de la Mairie, un beau Super FC-D row crop, la centrale de graissage du moteur.
L'allée marchande, le Duvant de Bougival (78), la place de la Mairie, un beau Super FC-D row crop, la centrale de graissage du moteur.
L'allée marchande, le Duvant de Bougival (78), la place de la Mairie, un beau Super FC-D row crop, la centrale de graissage du moteur.
L'allée marchande, le Duvant de Bougival (78), la place de la Mairie, un beau Super FC-D row crop, la centrale de graissage du moteur.

L'allée marchande, le Duvant de Bougival (78), la place de la Mairie, un beau Super FC-D row crop, la centrale de graissage du moteur.

 

Si Paris vaut bien une messe, Pau vaut bien une visite et Navarrenx vaut bien le détour.

 

Dimanche 2 février. Départ à 7h15 pour Navarrenx avec Alain, Damien et Cybèle. La première foire de la saison et la quarantième de la jolie cité ne se rate en aucun cas. Le trajet est des plus calmes. Les Pyrénées sont magnifiques mais hélas peu enneigées. A Saint-Girons il n' a plu que 39mm en janvier et seule une petite tombée de neige sur les sommets et la semaine précédente un temps très doux. Le pic du midi est à portée de main, signe que quand les montagnes sont proches, le temps va changer selon son cycle immuable.

Deux heures quinze après, 194 km parcourus Berlinette atterrit et comme enchantement trouve une place au pied des remparts. Le soleil est éclatant; la journée sera chaude.

Au lieu de rentrer par la place des casernes en passant sous le grand porche des magnifiques remparts qui ceinturent la ville, pourquoi ne pas commencer par la visite des chalands?

Le long de la grande allée tous les étalages sont préparés. Aujourd'hui pas de risque que le mauvais temps vienne pertuber la fête. Le monde arrive peu à peu. Direction la vieille usine et la visite du vide grenier à la recherche d'un éventuel livre sur le machinisme agricole. En vain. Tous les stands sont sillonnés. Sous le hangar attenant, une rangée de belles blondes d'Aquitaine qui frémissent à la vue de Cybèle. Elle se tient coi en passant en revue les bovins. Les propriétaires sont en train de les pomponner avant l'arrivée du grand public. Gérard, Marie-Lyne et leurs enfants sont là. Quand Cybèle les voit c'est un moment de frénésie. Elle est contente de retrouver ses amis. Ils sont venus de Longages retrouver Jean-François qui expose un gros moteur Duvant.

Revenons vers le centre ville décident les promeneurs ariegeois et allons voir les moteurs de Jean-François. Comme par hasard le voici qui déboule avec Bernard et Christine pour aller déguster un café. Le moteur est tout à côté, au pied du rempart. Cette année, il n'est pas à la place de la mairie. Le mastodonte a été amené sur la semi porte char de Gérard. Ce sont des tracteurs qui ont eux aussi fait partie du convoi; Fordson F, Massey-Ferguson 1080, Bautz As 120, Allgaier et Lanz. Ils se permettent de faire un petit tour de ville avec ceux du coin, un Super 6D, un 302, un F 235 D row crop et un N72.

Comme il est agréable de folâtrer et de causer qui avec des visiteurs, qui avec des commerçants. L'agro alimentaire est bien représenté: charcuterie, beignets, friandises, viennoiserie, vins de Jurançon. Les autres domaines ne sont pas en reste, marchand de pneus, outillage, taillanderie, rideaux à la coupe, pressoir à pommes, lunettes, ceintures, maroquinerie.

Midi s'annonce tout doucement. Le repas sera pris comme maintenant depuis plusieurs années sous le chapiteau en face du vide grenier. Il est organisé par les jeunes agriculteurs. Au menu, garbure, steak, gratin de pommes de terre, fromage, gâteau. Cybèle s'est invitée sous la table et profite abondamment des restes que lui donnent les convives après avoir joué de son charme.

C'est ensuite le moment de voir tranquillement les différents matériels exposés dont une belle remorque porte char deux essieux. Ah que c'est bien d'avoir un tel engin pour porter des tracteurs.

Arrêt dégustation au stand du Jurançon. Le petit vin liquoreux offert est très agréable à boire. Puis à la buvette, c'est la pause café et quelques instants de repos. Cybèle en profite pour jouer avec des gamins. Elle est inépuisable et fait l'admiration de bien des promeneurs.

Il ne faut surtout pas oublier d'aller admirer les somptueuses carrosseries place de la mairie; 404, tractions, Aronde Montlhéry, 4CV, R8 Gordini, Alfa Sprint, coupé FIAT, Matra, Mercédès AMG, 2CV, R8S se présentent sous leurs plus belles parures. Elles font partie intégrante de la foire de Navarrenx. A l'intérieur de la mairie, c'est la foire du livre. C'est le moment de rencontrer les auteurs et de parler un peu bouquin. Allons, il faut se laisser tenter sachant qu'une journée sans lecture est une journée perdue! Hélas en repassant vers 18 heures pour concrétiser quelque achat, tout le monde a déménagé. Quelle déception suite à cette stupide négligence.

Et place des casernes que se passe-t-il? Rien, il n'y a pas de machines cette année, c'est un peu dommage. Petite balade dans les rues de la ville. En visitant l'église quelques instants auparavant, on découvre sur un panneau explicatif que Navarrenx avait été naguère chef lieu des basses Pyrénées avant que Pau ne le soit. Ceci explique l'existence de la qualité de l'architecture qui reflète un certain passé.

Du côté des gros moteurs, quoi de neuf? Conversation à bâtons rompus avec Jean-François. De nombreux promeneurs s'arrêtent devant l'énorme engin. Jean-François décide de lancer un dernier baroud d'honneur. Mathieu avec le Massey-Ferguson 1080 équipé de sa roue entraîneuse sur le trois points, s'approche du volant moteur du Duvant et lance la mécanique. Jean-François est aux commandes du moteur stationnaire. Dès que la rotation du volant moteur est assez élevée il enclanche la fermeture des soupapes d'échappement et le Diesel démarre après avoir recraché quelques volutes de fumée bleuâtre. C'est impressionnant. La rotation des bielles est bien visible.

Burette en main, le mécanicien graisse avec soin toutes les cames et autres pièces en mouvement à l'air libre. Il n'est pas avare d'explications et le public en redemande. Ce moteur est de 1933, il vient de Versailles et servait à actionner une pompes à eau qui prenait l'eau dans la Seine, il tourne à 275 tours minute, pèse dans les 24 tonnes, c'est un Diesel pur refroidi à eau. L'usine de fabrication était à Valenciennes. Ce matin un promeneur a cru que c'était un moteur à vapeur!

18 heures arrivent. L'alimentation du moteur est coupée. Il court sur son erre quelques secondes avant de s'immobiliser. L'opération préparation de l'embarquement commence.

D'abord vider l'eau du bac de refroidissement, dans les 900 litres! Un tracteur amène la génératrice qui va entraîner le moteur de la cellule hydraulique. Quand tout est branché, les 4 vérins du chassis supportant le moteur sont déployés. Les cales sont enlevées. Gérard recule la semi sous l'ensemble. La manœuvre est délicate. Le moteur doit être posé bien au milieu. Deux assistants guident le recul. Les vérins sont relevés. Le Duvant se pose sur la remorque. Les ressorts à lame de la suspension gémissent un peu mais tout est en ordre. Les flexibles des vérins sont débranchés, leurs gros supports sont démontés et levés à l'aide d'un tracteur muni de sa fourche. Ces pièces sont posées avec la centrale hydraulique à l'arrière de la remorque, soigneusement calées et sanglées. Le moteur est solidement arrimé par 4 chaînes tendues à bloc à chaque angle. Deux rampes avec gyro phares sont installées l'une à l'avant, l'autre à l'arrière de la semi. Tout est prêt. L'opération a duré une heure 10 à 6 bonhommes; Jean-François, Gérard, Mathieu, Clem, Pierrot, Guigui. Ne reste plus qu'a reculer l'ensemble dans la rue de la fontaine et prendre le chemin du retour après des adieux chaleureux.

Les Saint-Gironnais regagnent la voiture et embarquent. A tous les coups nous allons rattraper le convoi se disent-ils. En effet 1km après la sortie voici le beau cargo tous feux allumés qui entame son périple. Nous devons rester derrière, une escorte aussi prestigieuse ne peut s'esquiver. Quelques voitures commencent à s'agglutiner derrière. Malgré la puissance des 500 chevaux du Magnum, les côtes sont raides en Navarre, la vitesse tombe dans les 30km/h. Très adroitement Gérard se serre dans un parking au sommet d'une côte, les automobilistes en profilent pour passer. La “Citron” des ariègeois colle à l'arrière. Jusqu'à Mourenx et Artix la circulation sera fluide. Le grand Duvant, fier de sa deuxième sortie après son retour de Versailles en 2016 ne cessait d'étonner tous ceux qu'il rencontrait. Et de leur dire, nous rentrons à Longages en Haute-Garonne. Venez donc nous voir à Antic-Agri les 1er et deux août.

Après le passage du péage d'Artix tout en douceur l'élégant Magnum prend sa vitesse de croisière. Il est dépassé par la Citron qui reçoit un magistral coup de trompe amical.

Toutes voiles larguées elle rejoint son cher Couserans à 21h30.

Sans aucun doute Navarrenx valait bien le détour!

Bravo Navarrenx.

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23 janvier 2020 4 23 /01 /janvier /2020 19:55
Le site pendant la préparation, le trèfle géant et l'énorme moteur Duvant.
Le site pendant la préparation, le trèfle géant et l'énorme moteur Duvant.
Le site pendant la préparation, le trèfle géant et l'énorme moteur Duvant.
Le site pendant la préparation, le trèfle géant et l'énorme moteur Duvant.
Le site pendant la préparation, le trèfle géant et l'énorme moteur Duvant.
Le site pendant la préparation, le trèfle géant et l'énorme moteur Duvant.
Le site pendant la préparation, le trèfle géant et l'énorme moteur Duvant.
Le site pendant la préparation, le trèfle géant et l'énorme moteur Duvant.

Le site pendant la préparation, le trèfle géant et l'énorme moteur Duvant.

 

Antic-Agri, 18ème édition à Longages.

L'astre vert de la Société Française Vierzon.

 

 

Du lundi 26 au jeudi 29 les préparatifs sur le terrain du grand théâtre d'Antic-Agri avaient été intensifs, qu'on en juge: dès le lundi matin, le grand chapiteau de 800m2 était monté par une équipe de 9 bonhommes. Dans le courant de l'après midi les cinq petits chalets prêtés par Saint-Gaudens étaient montés par une équipe de 4 hallebardiers et placés au bon endroit. Le mardi deux plombiers déroulaient les tuyaux de polyéthylène, dans les 200m, et faisaient les branchements. Pas un raccord n'avait eu l'audace de fuir. Dans le même temps, Daniel et Serge remettaient à neuf les WC, les peintures et les fermetures. Tout le matériel étant soigneusement stocké dans des conteneurs, le travail ne s'en trouvait que plus facilité. Le câble principal d'alimentation électrique posé par Allibert et JEF se repiquait sur la station d'irrigation et traversait la route sous une buse. De ce fait un groupe électrogène servait uniquement de secours et un second pour l'alimentation du chapiteau pour le samedi soir.

Christophe, Jean-Claude et Martine faisaient du repérage pour placer les exposants.

Audrey, Mathieu, Jean-Pierre passaient à tour de rôle le giro-broyeur sur les terrain des exploits avec le 140 MF. Le mercredi ils avaient du passer une vitesse supérieures pour venir à bout de ce chapitre....

Mercredi.

L'évacuation sous l'évier de la sandwicherie est bouché. Que faire? JEF décide de remplacer le tuyau, 20m. La mini pelle menée par David s'occupe du chantier. Avant midi, la tranchée est faite .En milieu d'après midi plus rien n'y paraît après quelque rajout de gravier 0-20 et un magistral coup de mini pelle d'André pour une finition parfaite. Pour être précis, il faut dire que le travail du pelliste à été secondé par un commando de terrassiers aguerris et le percage de l'arrivée du tuyau de pvc pour déboucher dans le puisard avec l'aide d'un perforteur Bosch bleu soumis à rude épreuve.

Dans l'après midi les barnums sont dressés.

Mardi soir, un orage terrible, 60mm en deux heures, s'abat sur Longages et Carbonne. L'eau ruisselle de partout et déborde dans le grand chapiteau dont le sol devient de la boue. La chaleur des jours suivants et un passage du vibreur par André rétablira le bon ordre.

Jeudi la “logistique culinaire” est menée à terme: éviers, chambres froides, tireuses à bière, friteuses, bar. Le Volvo 520 de Gérard, adroitement piloté par Jean-PAul, ramène d'Arabaux en Ariège une magnifique presse Société Française Vierzon petit modèle. Pendant ce temps les électriciens ont quillé les poteaux pour l'éclairage du terrain et pour les hauts parleurs. Pour ce faire Yves est venu avec sa mini pelle équipée de la tarière. Le soir l'éclairage fonctionne. Bernard a donné quelques coups de godet à l'extremité du bosquet des chênes qui a été raviné par le ruissellement de mardi soir. Un peu de gravier par dessus et le tour est joué.

Ainsi tous les décors sont plantés sans oublier la signalétique aux différents ronds points et dans Longages.

Vendredi.

Les traceurs chevronnés, André et Narcisse s'occupent de la délimitation des parcelles pour les différents labours.

C'est aussi l'arrivée des tracteurs tant attendus pour la grande finale. Il en vient d'un peu partout; sur leurs propres pneus pour certains, sur polybennes, sur camions ordinaires ou sur semi remorques. Dans l'après midi, Mathieu, Marie-Hélène, Clément, Audrey et Jean-Pierre font plusieurs convois depuis la ferme du Lançon. Gilles a fort à faire pour les placer sur le pourtour de l'immense trèfle à quatre feuilles de 100m de diamètre. La tige est réservée aux SFV. Le matin à 11h 5, il en est venu deux de Saint-Girons par la route. Il leur a fallu 2h35. Antic-Agri, c'est un peu le Saint-Jacques de Compostelle du tracteur.

C'est aussi la noria des moteurs géants charriés par Guigui, Pierrot, David et Gérard. Le gros Duvant 9 cylindres est amené par Daniel avec le MAN de Chetcutti. Il faut presque deux heures pour monter les quatre angles sur vérins, sortir la semi, caler le bâti du moteur, monter les échelles de coupée et fixer le turbo et les pipes d'admission (qui sont un peu plus grosses que celles d'une 4CV!) . Tout recemment repeint par le majestueux coup de pinceau de Serge il a très belle allure.

Il fait nuit quand le splendide Kenworth de Puechultres de Limeyrac fait une arrivée triomphale attelé de sa semi surbaissée avec le rouleau compresseur Fives -Live équipé de son moteur 3 cylindres Baudoin. Tous feux allumés il signale son arrivée par un magistral coup de corne de brume. Oh non, il ne pouvait passer inaperçu!

Les participants de cette journée dense soupent sous le barnum de la sandwicherie. Ils n'ont pas démérité. Les deux journées phares du thème SFV sont à portée de main.

Samedi 31 août. Le jour J.

Le beau temps est de la partie. Il fera une journée torride sans discontinuer. Des tracteurs arrivent encore. Là haut le long de la tige de l'immense trèfle, Gilles a fait mettre les Vierzon en épi. Quand les visiteurs passent dans cette allée centrale, ils ne peuvent que saluer les Vierzon et être salués par eux. Quasi toute la gamme y est:

H1, H2, H0, FV1, 401, 402, 302, 303, 403D, 201, super 202, 203, Super 204, 551, un très rare 552 qui n'a pas sa calandre d'origine et un non moins extrêmement rare moteur à poste fixe sur charriot à roues fer amené par Lionel du Tarn et Garonne. C'est une belle panoplie, seul le rarissime CGM 141 est absent. Dire qu'il y en a un en Ariège mais coincé dans une grange, le propriétaire très âgé n'a pu le dégager. Il n' y avait apparemment pas de LFV1 fabriqué à l'époque à l'arsenal de Roanne entre 1946 et 1951 à environ 7000 exemplaires. Que trouve-t-on comme autres marques? Les incontournables Someca, un OTO à chenilles et un à pneus (du jamais vu à Longages), du MF, un Cérès, du Renault dont deux 7012, du IH, du Ford, du Ferguson, un magnifique Minneapolis Molines, un Allis-Chalmers français, deux Vendeuvre, l'énorme Caterpillar D9, un beau Latil.

Finalement, le grand trèfle est presque rempli. Vers le centre c'est la place du battage avec bien sur du matériel Société Française. La batteuse Onilllon de Mathieu est à côté. Elle officiera dimanche.

L'agitation monte en puissance. L'esplanade est une véritable ruche. Sous les chênes le vide grenier est au premier étage, au deuxième les vieux métiers dont le très beau matériel de “Mascagne” avec la locomobile Breloux et la sabotière. Pendant ces deux jours, elle ne soufflera guère. Les miniatures occupent 150 m2 sous le barnum à côté du maïs. C'est du très beau matériel qui émerveillera le public d'autant plus que les machines de travaux publics fonctionnent en réel.

En bas, à côté du podium, chapelier, Pyrénées pneus (quand la température monte, les prix baissent!), le fabricant de colliers d'attelage, le marchand de postes à soudure et l'ineffable vendeur de pièces détachées venu du Lot, Patrick Gruel.

Côté buvette et sandwicherie, le staff des membres de l'association est paré. Que le bar est joli, fabriqué avec des grosses planches de platane au bois doré voire légèrement rosé, posées sur des bidons de 200litres. Les frigos sont pleins à craquer. Le stock de bière est impressionnant.

Martine, à l'accueil, dans le joli petit chalet, vend des repas pour le samedi midi , samedi soir et dimanche midi. Des TPE ont même été requis pour faciliter les paiements. Antic-Agri a le sens de la gestion. Le poste est crucial. Malgré son attitude impavide, Martine est sur des charbons ardents.

A côté du chapiteau le concessionnaire Renault de Carbonne a exposé quasi toute la gamme. Devant les contemporaines, les anciennes touchent les tracteurs: Dauphine, Traction, magnifique P60 break aux couleurs de la SFV, une très belle Donnet, une trèfle à restaurer et une Mercédès.

Près de l'accueil, le stand de l'antiquaire de Noe, une première à Antic -Agri et le marchand de bâtons. Sous le bosquet des robiniers, comme d'habitude la petite ferme soigneusement agencée par les bon soins d'André.Toute la basse cour s'y trouve.

Les boeufs attelés deviennent maintenant une figure incontournable d'Antic-Agri. Les Salers robe noire, les Suisses, les jeunes Casta et les deux Aubrac sont menés per François, Pierrot, Francis et Benjamin. Ils viennent de Betchat et de Montardit. Encore une preuve de l'immense rayonnement de Longages!

L'hélicoptère est venu mais peut-être faute de l'avoir suffisamment annoncé au micro, il ne décollera pas du matin. Mais l'après midi et tout le dimanche, il n'arrêtera pas une minute. Avec trois passagers à bord à chaque vol, la turbine est restée constamment à la température optimale.

A 9 heures le président ouvre officiellement les journées Antic-Agri. La première grande épreuve est pour l'après-midi. Le micro est désormais accaparé par le secrétaire de l'association qui trace un rapide historique de la SFV ; l'arrivée de Célestin Gérard à Vierzon en 1848, la première société en 1969 avec 7 actionnaires, la modification des statuts avec l'ajout du I, la SFVMA devenant SFVMAI, I pour industriels. La SFV ayant aussi fabriqué du matériel industriel comme des pompes à eau, des concasseurs à pierres, des gazogènes, des bancs de scie circulaire.

Si Célestin Gérard est très connu puisque fondateur des ateliers de Vierzon, les actionnaires de 1869 le sont moins; Jacques Palotte, Auguste Barthe, Petrus Richarme, Monteil, Lucien Arbel et Louis Gallicher.

Dans cette vénérable entreprise on passe du petit matériel de ferme aux batteurs, aux manèges, aux batteuses, aux locomobiles et aux presses. Pas moins de 10143 locomobiles ont été construites. Vers 1930 la vapeur s'arrête, les tracteurs gagnent peu à peu les campagnes et serviront à entraîner les batteuses. C'est douze ans après Lanz en 1933 que Vierzon se lance dans l'épopée du semi Diesel. La saga va traverser la guerre et s'arrêtera à la commercialisation des derniers 403 D en 1964. Le géant de Racine, Case, a déjà repris l'affaire en octobre 1960. Deux tracteurs vont être produits après la reprise, le CF 250 (CF pour Case France) et le CF 350. De robe rouge et ivoire ces deux tracteurs sont équipés de moteurs Indénor 4 cylindres. Le logo, l'aigle chauve (Old Abe) qui enserre le globe terrestre, trône sur la calandre. Ce n'est qu'en 1969 qu'il disparaîtra.

Pour la Vierzon, tout est passé en revue; l'évolution des cylindrées, la modification du sigle, le changement de couleur et les différentes villes qui ont fabriqué des tracteurs (Le Creusot, Roanne, Lunéville, Bagnères de Bigorre), les quantités produites quand elles sont connues.

Pendant tout ce bla bla, il y a de l'agitation un peu partout. Les visiteurs, épanouis, circulent entre les tracteurs, vont à la petite ferme, au vide grenier, voir la loco et la sabotière, rendre visite aux marchands de pièces et d'outillage, regardent la démonstration de démontage d'une roue de camion par Sebastien de Pyrénées pneus. Et la classe d'antan, quel moment extraordinaire! Elle a lieu entre la buvette et le stand des antiquités. Table et tableau d'époque ont été requis. Le maître, qui, avait exercé à Longages, a fort à faire. Quelques élèves sont dissipés et beaucoup calent au rituel problème du train qui part de Toulouse à 8h, se dirige vers Paris à 85 km/h et a 850km à parcourir. A quelle heure va-t-il arriver? Un fataliste répond; il n'arrivera pas car il n'est pas parti, il y a grève. Eclat de rire général.

Sandwicherie et buvette tournent à plein. Ce sera sans doute bon pour les finances. A midi trente tout le monde se rend sous les chênes pour le repas servi par le traiteur Picotin gourmand. C'est le grand moment de détente, celui des bavardages incessants; des blagues échangées ou encore de quelque rocmabolesque sauvetage de tracteur enfoui dans les ronces. De son côté la sandwicherie ne chôme pas.

A 14 heures il est temps d'annoncer le concours de la demi finale Midi Pyrénées de labour à l'ancienne du Club Lanz. Les concurrents ne sont pas moins de 16. C'est une belle panoplie. Ca se passe en face, de l'autre côté de la route du Lançon. La terre est à point. Au jury, Narcisse, Didier et Norbert le grand maître de Verfeil doivent user de tout leur talent et de leur rigueur pour pointer l'épreuve. Toute la foule a migré là bas, c'est certainement ce qui a déclenché les rotations de l'hélicoptère, les clients sont à portée de pales.

Sur les théâtre principal, le calme relatif règne quelques instants. Une fois la troupe revenue un joyeux brouhaha s'installe.Les magnifiques boeufs sont au travail, trois paires en ligne. L'attelage bovin avait presque disparu en France, mais non, une poignée de passionnés fait revivre cette discipline.

Vient l'heure du battage. Pour la circonstance, il n'y a bien sur que du matériel Société Française; tracteur 401, batteuse et presse. Daniel envoie les gerbes, Alain et Mathieu sont au batteur, Guytou et son frère sont les aiguilleurs et au sacs Bernard et Christian. Paille et grain sont à point. Comme toujours, nombreux sont les spectateurs attirés par ce magnifique matériel et c'est aussi un moment poignant, celui de la récolte du grain nourricier.

Yves avec sa jolie pelle Poclain FC 60 fait une démonstration et c'est l'occasion d'expliquer l'origine du mot Poclain, d'évoquer quelques modèles produits à l'usine du Plessis Belleville dans l'Oise et la reprise par Case un peu vant 1980. Puis en 1983 c'est au tour de la division agricole IH d'être avalée par le gros industriel du Wisconsin.

L'après midi s'avance. C'est le moment d'inviter les propriétaires de tracteurs à venir présenter leurs montures devant le podium. Il en viendra une quinzaine qui sortira temporairement du trèfle géant. C'est encore l'occasion de rappeler un peu d 'histoire. A noter le très rare H0 bien restauré qui remorque un non moins très rare moteur stationnaire sur charriot à roues fer. Antic-Agri peut s'enorgueillir d'avoir fait venir des engins exceptionnels. Pour le thème SFV, c'est un véritable sacre.

Didier appelle maintenant les participants du concours de labour et remet les prix en présence de Norbert. C'est un moment fort sympathique. Il y a des laboureurs très jeunes. Cette discipline plaît beaucoup, c'est bon pour l'avenir.

De l'après midi, la buvette n'a pas désempli. Bravo à toute l'équipe qui a géré ce poste important.

Place maintenant au repas du soir. Le chapiteau se remplit, dans les 480 personnes attablées. Entre deux plats, la jolie chanteuse Fanny du Moulin des Roches fait un tabac. Le moment tant attendu, le clou du spectacle, Jo Arlandis, la voie de Johnny, arrive. C'est vraiment extraordinaire, c'est son double. Tout le répertoire y passe. C'est une ambiance de folie qui règne jusqu'a deux heures. Du jamais vu à Antic-Agri! Les spectateurs déjà ravis du dîner, sont en extase. Le chapiteau va-t-il résister? Il vibre, trépigne, se gonfle, les cordages se tendent à craquer mais il tient le coup. Le chahut bon enfant est impressionnant. Bravo Jo! Le président est sur la piste devant l'estrade; il a droit à une ovation. Il l'a bien méritée. Il en profite pour appeler sur la scène tous ceux qui ont participé à l'élaboration de cette grandiose machinerie. Ils sont acclamés, une ambiance de délire!

La nuit au château.

Quel magnifique site que celui de la Tourette. Cette belle demeure bien dans la tradition des constructions toulousaines en briques, abrite quelques uns de ceux qui sont venus de loin. Le calme est reposant.Vers 4 heures, il se dit qu'il y aurait eu une apparition. Un très léger bruissemant aurait accompagné l'arrivée d'une fée entourée d'un hâlo verdâtre, celui des elfes de la SFV, venus se ponger dans l'atmosphère délicieuse d'Antic-Agri et bercer de beaux rêves les petits lutins de Labour Passion. Ils n'avaient surement pas démérité....

Dimanche premier septembre.

A 8heures le terrain est quasiment désert de toute présence humaine. Si, Martine est déjà là depuis un bon moment et commence à s'inquiéter;

mais que font les membres de l'équipe dirigeante?

Ils sont peut être partis en tournée avec le chanteur?

Enfin, peu à peu, tout se met en place. C'est reparti pour un tour. Quelques jeunes espoirs vont s'essayer au labour. L'hélicoptère a repris ses rotations qui ne cesseront de toute la journée, même pendant le repas.

La Poclain, ah la belle machine de Yves de Saint-Farjoux est bien en vue. Ce spécialiste de la chenille fête aujourdh'ui ses 49 ans de métier dans le TP. Il en connaît un rayon ou plutôt une chenille ce brave Yves. Et d'expliquer les différentes marques qui s'affrontaient sur le marché français puis l'arrivée des japonaises. Il monte à bord de sa machine et aux commandes des leviers “piano”execute des manoeuvres fort adroites. Dire qu'il se faisait du mouron le samedi matin pour savoir s'il serait bien en vue au milieu du terrain. Son voeu sera exaucé.

Les boeufs ne sont pas en reste. Les trois paires sont attelées en ligne et tirent une charrue bisocs, une rareté. Un néophyte de l'élevage bovin clame que les Salers à robe noire vont changer de couleur en prenant de l'âge. Que nenni, s'écrie Benjamin l'agronome averti, leur robe est issue d'un gène recessif. Elle est donc est invariable! D'ailleurs ils ont déjà 7 ans. Avec ces lois de la génétique Mendel que voulez vous y comprendre?

Les tracteurs évoluent dans les allées. A 11h 30 les tractoristes qui ont entendu l'appel viennent se présenter devant le podium. Le très rare H0 refait un passage, le non moins rare 403 D de Daniel d'Eaunes se présente avec un rarissime OTO* à chenilles (cet engin a-til-été importé à l'époque?) suivis du splendide M de Gérard, du géant de Doncaster et du Renault R 7013.

A12h 30, tous ceux qui ont réservé le repas sous les chênes se retrouvent à table. L'endroit est vraiment idéal. C'est quasi plein. Beaucoup d'autres personnes mangent à la sandwicherie. L'équipe de Pierrette, Léon, Christine, Benoît et Didier tourne à plein.

A 14h 15, les concurrents du concours de labour de Labour Passion sont invités à se présenter au podium. Une fois le recensement effectué par Didier, ils partent en face, à côté de l'immense champ de maïs. La foule comme aimantée, les suit; c'est toujours aussi spectaculaire le labour.

Les hommes de la batteuse, cette fois- ci la Onillon de Nantes, se préparent. En fait, c'est une simple formalité. Avec Guytou, c'est du cousu main. Quand le labour est fini, le dépiquage démarre. Une jolie jeune fille est au batteur. Elle semble très à l'aise à ce poste délicat. Les dernières gerbes sont englouties avec frénésie. Il n' y en aura plus cette année. Les hommes de main déposent les courroies, les enroulent, chargent la paille et bâchent la machine.

Les gros moteurs ne sont pas en reste. Sulzer et Duvant sont démarrés par Guigui et Pierrot. Ces gros et braves monstres sont spectaculaires à voir . Les volants moteurs sont impressionnants.

Tout à coup l'énorme Caterpillar D8 entre en lice. Il est remorqué par deux Lanz dans l'allée centrale en remontant vers la buvette. Quelle conquête envisagent-ils? La foule se masse de chaque côté du passage. Les Lanz de Pascal, attelés à une énorme chaîne, rugissent, se débattent, patinent, se cabrent. Le grand jaune se déplace lentement mais vers la fin du parcours, après avoir recraché force flammes et éructé d'énormes pétarades, les tracteurs de Manheim font du surplace et creusent des ornières avec leurs grosses roues motrices emprisonnées.

Les démonstrations continuent de ci de là; les vieux moteurs, les boeufs, la sabotière, la Poclain, la sous soleuse. Le public semble ravi de tous ces divertissements. Là haut, sur la plate forme, l“abreuvoir” a été sous pression pendant deux jours, comme la bière qui a coulé à flots.

Didier remet les prix aux valeureux participants du concours de labour pendant que le concessionnaire Renault de Carbonne effectue un tirage au sort pour offrir un lot suite au jeu qui consitait à trouver un objet caché sur l'une des voitures exposées.

L'après midi passe, trop vite peut-être. Il faut rendre l'antenne. Dèjà quelques tracteurs s'en vont. Le majestueux Kenworth fait ses adieux en envoyant quelques coups de trompe retentissants. Le gros Fives Lille a légèrement patiné pour remonter sur sa remorque, signe du destin qu'il s'était plu à Antic-Agri.

Bientôt, ce ne sont que cris, hèlements, bruits de chaînes dans les écubiers, claquement des verrouillages des plateaux des polybennes, échappement de l'air comprimé des freins Westhingouse, bruits de ferraille des rampes bousculées par les tracteurs qui grimpent dans leurs camions. Un véritable champ de foire.

Quelques retardataires veulent prendre le baptême d' hélicoptère mais le gros oiseau, après une journée bien remplie prend le dernier envol pour rejoindre son nid. Trop tard!

La dixuitième édition vient de se terminer. Les visages un tant soit peu poussiéreux reflètent joie et quiétude. Dans les coursives, un ritournelle revient souvent;

mais que vont-ils inventer pour l'année prochaine?

Le soir, sous les lampions de la terrasse, une soixantaine de joyeux lurons se retrouve pour le souper. C'est un grand moment de décontraction animé par les pitreries hilarantes de Baptiste et de Christian. Il y en même un qui imite le coq à la perfection. Les gallinacés n'ont qu'à bien se tenir!

JEF, fort heureux de ces deux journées sensationnelles remercie l'assemblée et déjà lance quelques idées pour 2020.

 

* OTO; Odero Terni Orlando.

Bravo Antic-Agri.

Cheval vapeur, toi le tracteur

grace à qui l'agriculteur

a revolutionné son secteur

tu as facilité le travail

soulagé le bétail

tes multiples fonctions

sont une révolution

tu es devenu l'artisan

de ce monde paysan.

Pour voir une multitude de photos, se rendre sur la page face book de Labour Passion.

 

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