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20 février 2021 6 20 /02 /février /2021 21:10
Les facéties de la grande sauterelle de Saint-Dizier
Les facéties de la grande sauterelle de Saint-Dizier
Les facéties de la grande sauterelle de Saint-Dizier
Les facéties de la grande sauterelle de Saint-Dizier
Les facéties de la grande sauterelle de Saint-Dizier
Les facéties de la grande sauterelle de Saint-Dizier

Les facéties de la grande sauterelle de Saint-Dizier

 

Ce grand Farmall, le Super FC-C, la grande sauterelle légendaire de Saint-Dizier, le tracteur maigre, était un habitué des sorties historiques. Adepte de multiples défilés à Saint-Girons, routinier des randonnées du Mas d'Azil, remarqué à ses trois présences aux fabuleuses journées d'Antic-Agri à Longages, il suscitait toujours une certaine fascination. C'est vrai qu'il descend du célèbre Farmall C pétrolier et de la même famille que le FC (fabriqué en France à Saint-Dizier) , le Super FC et même du Diesel Super FC-D. Comme il se plaisait dans toutes ces balades! Tantôt conduit par Aurélien, tantôt par Damien il est facile à mener, l'embrayage est doux, les freins excellents, les vitesses certes non synchronisées mais plus maniables qu'au 7012 Perkins. Un petit bémol pour le démarrage, seul son maître en était maître. Quiconque n'en avait point l'habitude avait vite fait de le noyer et de vider la petite batterie 6 volts à force d'insister sur le démarreur. Et pourtant rien de plus facile que de le démarrer: ouvrir l'essence à peine un peu, le volet de starter fermé très peu de temps, gaz à mi régime et hop c'est parti. S'il refuse d'obtempérer, fermer l'essence et relancer la mécanique. Une fois qu'il a daigné s'allumer, ouvrir le robinet.

En 2016 il avait fallu changer le joint spy de sortie de l'arbre du frein gauche. Suite à une fausse manœuvre le boîtier avait cassé et ça avait été une course contre la montre, le défilé de Saint-Girons arrivant à grand pas. La pièce précieuse avait été ramenée de Fajac la Relenque le dimanche 13 juillet.* Remontée aussitôt, le prodige de la IH avait pu participer brillamment au défilé.

Le samedi de l'année suivante pendant les manœuvres de préparation, Aurélien affolé, signalait que même débrayé avec une vitesse enclanchée, le tracteur avance toujours. Zut, la veille de la journée historique, c'est plutôt embêtant. Puis à force de manœuvres la panne est passée. Sans doute le disque qui ne s'était pas décollé. Cet incident ne s'est plus jamais reproduit.

Parmi les belles virées, celles du Mas d'Azil sont mémorables. Le beau Farmall en tête du convoi car le plus lent, imposait son rythme majestueux pendant deux heures de route dans des paysages de rêve. André se demandait à chaque fois s'il ne risquait pas la panne sèche au retour. Le moteur goulu avalait un réservoir complet pour le trajet alors que le plein était fait à ras bord au départ. C'est que, quand il y a des chevaux, il faut les nourrir!

En été, le soir, ce sont souvent des promenades sur les hauteurs de Saudech avec Benjamin tranquillement assis sur le siège passager. Quel bonheur!

Evidemment en septembre 2016 pour les grandes journées d'Antic-Agri, le Farmall sur son 31 était sur les terres du Lançon. Amené par camion avec son grand frère le B 450 et le Renault 7013 ce bel équipage avait fait sensation. La photo des 325 tracteurs placés en cercles concentriques avait émerveillé le landernau et ne cessait de faire le tour du monde.

En août 2019, retour à Antic-Agri toujours en semi porte char. Ce ne serait pas infaisable par la route, mais il faudrait prévoir au moins 4 heures et un ravitaillement en vol!

A l'embarquement du retour, ce ne fut pas le même topo.

Si le B 450 et l'Hispano démarraient sans coup férir, le Super FC-C refusa net. Alors va pour le remorquage, rien à faire sur plusieurs centaines de mètres. Il faut préciser que les engins étaient restés plus de trois mois dehors et que, horreur, il n' y avait pas eu de boîte sur les pots d'échappement. De fait Gérard le pousse avec son MF sur le porte char et retour à Saint-Girons.

Un fois dans son antre, l'examen a pu commencer. Changeons l'essence il y a peut être de l'eau mélangée, sait-on jamais? Et du côté de l'allumeur, point d'étincelle. Amené à Bertrand, l'homme fée de l'électricité, il est déclaré défectueux. Heureusement André en a un de rechange. Le calage n'est pas bien compliqué en principe, selon la notice. Sauf que le repère sur le volant moteur pour trouver le décisif point mort haut, le fameux PMH, normalement visible sur le volant moteur après avoir enlevé la trappe de visite sous le ventre, est invisible. Passé à la trappe? Ce n'est pas faute d'avoir fait plusieurs tours de manivelle lentement et même d'avoir gratté soigneusement le volant moteur. Tant pis, contentons nous de caler par rapport à l'arrivée du piston N°1 en fin de course après avoir enlevé la bougie. La tête de l'allumeur est en place, les fils de bougies dans le bon ordre, il y a de l'étincelle. Toujours rien. Jetons un coup d'œil au régulateur, qui sait? Ah, quelle surprise! Le ressort de poussée du pignon d'entraînement des masselottes est cassé, il y a de la rouille et des traces d'eau. Il y a eu de la souffrance dans les parages.

Paul fournit deux ressorts concentriques qui entrent dans le logement creux. Sont ils au bon calibre?

Après remontage, toujours rien. Le Farmall est énigmatique. Cherchez et vous trouverez semble-il dire. Et d'ajouter, si il y a bien un domaine où il n' y a pas de mystère c'est celui de la mécanique.

Et côté carburateur, il faudrait peut être faire un examen détaillé. L'homme au chapeau, de Mazères d'Ariège prête un pointeau. Le flotteur est bon, il flotte, c'est rassurant. A tout hasard, voyons ce que donne ce carburateur monté sur l'autre Super FC-C, le vineyard. Oh là là, le résultat n'est pas terrible. Le moteur régule à faire peur. André se souvient avoir un carburateur d'origine dans ses stocks. Le voilà changé. Tant qu'à faire, trouvons aussi un ressort de régulateur d'origine. Robert est mis à contribution et fournit la pièce idoine. Il y a encore un détail qui ne ravit pas les «experts». La pièce intermédiaire qui vient entre le distributeur et le carter de distribution est boiteuse. Oui, en effet, le boulon de serrage côté moteur est foiré et l'autre est vissé de travers en appui sur une grosse rondelle anachronique. Bien que ça ait fonctionné jusque là, c'est néanmoins du “bidouillage”. Robert encore, ce jeudi 4 février, fournit la pièce de rechange en parfait état.

Ce dimanche 8 février sera enfin le bon. Tout est en place, la batterie 6 volts neuve (celle du H) est bien chargée. L'étincelle est bonne, l'essence arrive, le démarreur envoie.

André, exceptionnellement tu peux envoyer un peu de Ventoline par le filtre à air. Miracle, le moteur démarre. Mais chose curieuse, la manette du régime presque à fond, le moteur est au ralenti. En poussant le levier hors du secteur cranté il prend des tours. Quel est donc encore ce sortilège?

Commençons par régler l'avance. Si tu le veux bien André, tu tournes légèrement l'allumeur vers la droite, moteur allumé. Robert l'a dit, un calage “à l'oreille” réussit souvent très bien. Oui, tout va bien, l'avance est diminuée. Le moteur démarre mieux.

Alerte, crie tout à coup le propriétaire des lieux, le moteur n'est pas en eau. Vite au bidon! Dans l'extase généra le personne ne s'était aperçu de l'impéritie. Le premier bidon attrapé allait-il être le bon? Que nenni, c'est de l'huile usagée. Allons un peu de discernement! Marcel tient l'entonnoir et moteur tournant le précieux liquide, cette fois ci le bon, est lampé avec avidité par le radiateur qui n'avait pas encore eu le temps de chauffer.

Le dernier détail vient des tringleries entre sélecteur et régulateur et entre régulateur et carburateur. Rien n'a été changé de ce côté là. Par contre à la base du sélecteur il y a deux trous dans un desquels vient se loger la tringle qui va au régulateur. Là, on peut raccourcir la distance en modifiant le réglage. La goupille n'est pas d'origine, il y a déjà eu du démontage. Chose dite, chose faite. Le moteur est relancé, tout va pour le mieux. Cependant après un essai le jeudi 11 février le moteur a des ratés au bout de quelques minutes. Le dimanche 14 le carburateur d'origine est remis. C'est nettement mieux.

Ouf, s'écriaient les participants, André, Marcel, Damien, Benjamin, l'esprit de la IH a insufflé son énergie dans la base secrète de la Coume. Le Super FC-C tourne dans l'allégresse.

Dis moi, le beau Farmall, tu étais pourtant bien dans ton séjour au Lançon, mais tu as voulu montrer à ceux qui te chérissent que tu préfères être dans ton écurie, près des tiens.

 

 

*cf. L'article, Fajac la Relenque un oasis de pièces détachées dans un océan de céréales. Jeudi 6 décembre 2012.

 

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24 janvier 2021 7 24 /01 /janvier /2021 18:48
Carrière§Guyot, la charrue carcassonnaise
Carrière§Guyot, la charrue carcassonnaise
Carrière§Guyot, la charrue carcassonnaise
Carrière§Guyot, la charrue carcassonnaise
Carrière§Guyot, la charrue carcassonnaise

Carrière§Guyot, la charrue carcassonnaise

 

 

Aperçue il y a trois ou quatre ans dans une ferme du Couserans chez Bernard, cachée sous les orties et autres adventices, l'énorme Carrière§Guyot avait suscitée bien des interrogations. Bernard et son frère, honorables éleveurs laitier au beau troupeau de Montbéliardes avaient gentiment évoqué son histoire. Leur père était venu de la région de Carcassonne pour s'installer en Ariège et avait emmené dans ses bagages la charrue et le tracteur à chenilles. Le tracteur avait été revendu et la charrue avait sagement attendu. Pour tout dire, ce n'est pas le genre d'araire utilisé dans les cultures du Couserans. Son but premier est le labour très profond jusqu'à 60 cm pour arracher les vignes qui au début du siècle dernier avaient été décimées par le phylloxera, ce qui nécessitait leur destruction complète pour enrayer le fléau. C'est le type de charrue balance tirée depuis le tracteur avec un câble, devenue si pittoresque de nos jours. Sympathie avait été nouée avec Bernard mais l'heure n'était pas encore venue pour la grosse machine de changer de main. Il faut donner le temps au temps. En septembre, Bernard annonce qu'il est prêt à céder l'engin. Si vous vous en séparez soyez assuré qu'elle restera dans les locaux d'Autrefois le Couserans lui fut il indiqué. Nous aurons certainement l'occasion un jour ou l'autre de faire mordre la terre à ses immenses socs. Certes, ce ne sont ni un Pony ni un Cub qui pourront se charger de la rude et noble besogne!

Alors Paul, il faut aller chercher la Carrière§Guyot. Avec ton petit camion Renault, l'affaire ne devrait pas poser de problème. Va pour le jeudi après- midi 29 octobre. On se souvient que le matin avait été celui de l'escapade du Massey-Ferguson venu de Longages à Camarade chez Alain, un magnifique périple.

Un peu avant quinze heures les acolytes sont sur place à Rimont. Du gang de la charrue auraient ils pu être qualifiés. Le frère de Bernard est aux commandes du Kubota pour lever la charrue au moyen d'une sangle. Bigre que l'engin est long, plus que la benne! Le frère conduit son tracteur avec dextérité et obéit aux injonctions du chef de la manœuvre. Pendue au bout de la fourche, la machine est impressionnante. Il ne s'agirait pas maintenant de fausser les ridelles suite à un coup de volant impromptu. Mais non, elle est délicatement posée sur le plateau, des grosses cales en bois glissées sous les roues pour éviter tout ripage intempestif. Pneus et suspensions du petit utilitaire accusent la charge. Puis trois sangles à cliquet à l'avant, autour de l'essieu et à l'arrière la bâillonnent solidement. Elle est arrimée on ne peut mieux et s'apprête à rejoindre son nouveau repère. Il ne s'agirait tout de même pas qu'elle ait des velléités de s'échapper de sa diligence et qu'elle dégringole sur le bitume de la départementale 117. Les escorteurs d'Autrefois le Couserans auraient belle mine.

Tiens voilà le laitier qui arrive avec sa semi remorque citerne. Dans une manœuvre aussi sûre qu'habituelle il tourne dans le virage en contrebas de la ferme, monte à reculons et vient sagement accoster à côté du local des tanks à lait. En quelques secondes époustouflantes les 600l de lait sont aspirés dans l'immense cuve inox. Destination Sodiaal à Jurançon, le lait n'aura pas le temps de tourner, la camion si.

Revenir à Lorp par ce magnifique après midi ensoleillé est un moment de plaisir. A l'arrivée c'est le Fiat 80 DT qui officie pour décharger le précieux paquet qu'Alain guide soigneusement avant qu'il ne soit posé dans son nouveau logis. Elle est en bon état, la belle, même si les différents commandes des réglages sont grippées. Avec patience, foi et onguents tout rentrera dans l'ordre.

Carrière§Guyot.

Encore un des multiples exemples du machinisme agricole où les entreprises étaient souvent des affaires de famille; par exemple Protte et Gigault pour Vendeuvre, Gregoire et Besson à Montigné- Montfaucon, Amouroux frères à Toulouse.*

Mr Guyot se lance en 1902 à La Redorte (région de Capendu dans l'Aude) dans la construction de grosses charrues à balance. Son gendre Joseph Carrière le rejoindra. Début 1915 l'entreprise est requise pour fabriquer des obus de 75, des machines pour sertir les balles et des pièces de canon de 120 et 135. En 1961 la maison Huard englobe Carrière§Guyot et Fondeur dans le groupe Huard UCF (union charrue France). Plus tard, c'est Kuhn de Saverne qui reprend le groupe Huard UCF.

Nul doute qu'à Lorp la belle création des grands industriels de ces mécaniques typiques se plaira beaucoup. Les admirateurs se demandaient; cette charrue a -t -elle un âge? Elle a sûrement fait une belle carrière!

 

*cf. l'article Les parentèles dans l'industrie du machinisme agricole, du poids lourd et de l'automobile, paru le 20 décembre 2017 dans le blog du tracteur.

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13 janvier 2021 3 13 /01 /janvier /2021 20:07
2021

2021

 

Déjà 20 ans que le siècle a changé, déjà 19 ans que l'euro est entré en application et fort heureusement la terre continue de tourner. Ceux qui ont connu trois républiques et trois monnaies (le centime, le franc à partir de 1959 dit franc lourd et l'Euro) sont considérés comme les sages ou les aînés. Dans le fond, qu'importe l'âge, chacun porte ses fruits, il faut savoir les cueillir.

Et les tracteurs au milieu des avatars de 2020?

S'ils ont moins roulé que d'habitude ils ont fait néanmoins quelques sorties;

Navarrenx le 2 février

Barcelonne du Gers le 9 février

Le rallye du Volvestre le 19 juillet

Le labour à Longages le 26 juillet

Le dépiquage à Lorp le premier août.

Dans bien des régions, les revues l'ont relaté, quelques fêtes ont eu lieu.

Dans les garages la mécanique est allée bon train. Les programmes festifs ayant été fort allégés rien ne pouvait empêcher les baroudeurs de la mécanique de se mettre à jour et d'entamer de nouvelles opérations dans leurs antres secrètes.

A Saint-Girons la pluviométrie a atteint 1077mm en 2020 malgré deux mois très secs de juillet et d'août. Un beau résultat, merci dame nature.

Que sera 2021?

Bien malin ou présomptueux celui qui pourrait le prédire. Que faire si ce n'est croire aux forces de l'espoir plus puissantes que celles de l'abandon.

Bonne année à tous dans la convivialité, la fraternité et l'amitié.

 

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30 décembre 2020 3 30 /12 /décembre /2020 21:08
L'alunissage des tracteurs de la William Deering
L'alunissage des tracteurs de la William Deering
L'alunissage des tracteurs de la William Deering
L'alunissage des tracteurs de la William Deering
L'alunissage des tracteurs de la William Deering
L'alunissage des tracteurs de la William Deering
L'alunissage des tracteurs de la William Deering
L'alunissage des tracteurs de la William Deering
L'alunissage des tracteurs de la William Deering
L'alunissage des tracteurs de la William Deering
L'alunissage des tracteurs de la William Deering
L'alunissage des tracteurs de la William Deering
L'alunissage des tracteurs de la William Deering
L'alunissage des tracteurs de la William Deering
L'alunissage des tracteurs de la William Deering
L'alunissage des tracteurs de la William Deering

L'alunissage des tracteurs de la William Deering

 

 

Alunissage ? Après tout pourquoi pas ? Son entourage n'arrêtait pas de lui dire, tu es toujours dans la lune, Cyrrhus. Au moins si je la rate, répondait-il du tac au tac, je serai toujours dans les étoiles !

Le premier à arriver à Taurignan-Vieux (son domicile de l'époque) fut le Super FC-C Vineyard reçu en étrennes de ses frères et sœurs à l'occasion d'un de ses anniversaires. Alors ce petit tracteur, il est allé le chercher avec le Mercédès 618 de Mazard&Co à La Hitère, dégoté dans une annonce du journal le 09. Elle était libellée, vends tracteur MF mais le propriétaire confus s'exclamait, non c'est un Mc-Cormik. Que demander de plus ? C'était en novembre 2001 et son premier défilé en août 2002. Son moteur fonctionnait remarquablement bien et se trouvait doté d'un appétit vorace. Après Taurignan le vigneron a migré à Lorp où il est toujours dans la salle dite de la succursale IH, local de l'ancienne papeterie.

Le Farmall Super FC-C.

Le hasard faisant bien les choses, il manquait un grand frère au Vineyard. Voilà la providence qui tombe à point. Rémi, le génial carrossier annonce : il faut aller voir un tracteur à Castelnau Durban. Ce jour de mars 2005 il neige à gros flocons. La carrosserie du grand rouge brille. Mr Bardis allume l'outil qui démarre impeccablement. L'affaire est conclue. La sauterelle est ramenée par la route en avril. Ce fut une épopée. Il est d'abord allé chez Rémi, puis à Saint-Lizier et enfin à la Coume, la base secrète.

La perle rare du haut plateau.

Du B 450 il en avait le béguin. Celui de Gérard, quoique en mauvais état, était lorgné depuis longtemps. Après d'amicales tractations il est enfin sorti de son repaire. Il a été remorqué par le Renault 551 S de Rémi avec l'assistance d'André jusqu'à Lorp. Tout le pays en a parlé. L'obtention de sa carte grise a été une véritable odyssée. Il a été rapatrié en 2007, d'abord à Lorp puis à la Coume. Il a été cédé à un collectionneur de l'Aveyron en remplacement de celui déniché à Chalabre.

Le DB.

D'aucuns penseraient la division blindée de Leclerc. Que nenni... C'est tout simplement le David Brown 1200. Il a trôné un temps chez Angel à Bagert. En le croisant inopinément pas loin de son patelin, ce brave homme annonce qu'il le vend. Heureuse nouvelle. Le DB en parfait état est venu à la Coume par ses propres moyens, sans son capot ce qui a fait dire à la rumeur, tiens la William Deering sort avec un mulet aujourd'hui ! A part des initiés qui aurait pu reconnaître la marque ? Et pourtant.. Curieusement il est peint en vert. Son histoire reste encore à découvrir. Son relevage ne fonctionne pas. Ce serait à entendre plusieurs spécialistes de cette marque un symptôme courant des tracteurs de Meltham.

Le “p'tit” gris.

Eut il été pensable de ne pas acquérir un tracteur aussi légendaire, mythique en fait ? Non, bien sûr. Paul, le gersois d'Hauterrive près d'Auch, issu du monde rural fur chargé du recrutement. De passage à la quincaillerie (encore une occasion de faire du hors sujet) il lui annonce qu'il en connaît un à vendre dans son village. L'entremetteur était le regretté Mr Coueille. L'affaire fut rondement menée et le p'tit gris s'en vint à Lorp sur le remorque jaune de l'association en août 2006, convoyé par Marcel. Il sort souvent à de maintes occasions et à chaque défilé à Saint-Girons. Son premier domicile a été Saint-Lizier puis il s'est installé à la succursale de Lorp. En 2019 la pelle à terre trouvée chez l'ineffable JP à Villeneuve lès Bouloc, fabriquée par Scotish Manufacturing Ltd pour Ferguson, lui va désormais comme un gant. Lors du défilé de cette même année le petit Lény confortablement installé dans cet accessoire a émerveillé le public.

Le Pony Simca.

Un Pony, il le fallait absolument. Ce petit tracteur célèbre au même titre que le Cub était très courant dans nos campagnes et avait tracé son sillon. Celui-ci venait de Lescure, bien à l'abri dans l'étable. Les bâtiments étaient à vendre et il fallait sortir les occupants. Complet, qu'il était l'engin ; charrues, faucheuse, bien chaussé et avec carte grise. Amené sur la remorque jaune, il a d'abord fait un séjour à la Coume puis est à demeuré à Lorp.

Le Perkins.

Les Perkins sont légion me direz vous. Certes. Mais en l’occurrence quand le Renault R 7012 est sorti en 1951, les agriculteurs écarquillaient les yeux. C'était un modèle beaucoup plus prestigieux et aussi beaucoup plus cher que le 3042 qui n'avait pas démérité. Alors va pour un Perkins. Marcel, incomparable rabatteur, l'avait indiqué. Complet était-il celui qui allait devenir un bel engin une fois décrotté et son injection révisée. Il a d'abord aluni en août 2006 à Saint-Girons, puis à la Coume dehors quelque temps et enfin à la succursale. Son maître redoute les conducteurs qui ne maîtrisent pas sa boîte d'un maniement très difficile il est vrai.

Vint ensuite le Fordson Power Major. Pour avoir bien connu ce remarquable tracteur chez les forçats de la mécanique à Belloc, commune de Montjoie, et considérant que la sonorité de ce splendide Diesel était digne d'entrer au Panthéon de l'acoustique, il s'était dit, il me faut un Fordson.

Ce fut encore une annonce dans le 09 qui fit que le grand bleu rentra dans l'écurie par la route depuis les Issarts à côté de Rieucros en janvier 2007. Il est venu faire un petit séjour à Saint-Girons, un essai non concluant pour rentrer dans la succursale, et enfin à Saint-Lizier. Avec regrets il a été cédé par manque de place puisque la propriété de Saint-Lizier ayant été vendue il fallait restituer les locaux. Ce fut un déchirement.

Le DB d'Oust.

En faisant une virée avec André des Baudis à Seix pour voir un compresseur Spiros Baudoin, quelle surprise de voir planqué sous les feuillages vers Oust un engin qui de loin ressemblait à un Mc-Cormick. Que non, il s'agissait d'un David Brown 990. La cession a été rondement menée. Il est arrivé en remorque à la Coume en mars 2007. André semblait intéressé un temps, finalement il a été cédé à un collectionneur de la région de Foix.

Un Mc-Cormick en Saône et Loire.

Pour le FU 235 D il s'agissait d'un tracteur de famille, le premier de Dédé (l'oncle maternel) acheté d'occasion lorsqu'il avait repris la ferme de ses beaux-parents. Arrêté depuis longtemps, il était sagement calfeutré. Sa tante Yvette lui avait dit, si tu le veux, il est à toi, viens le chercher. Bigre, c'est à 650 km. Alors ce jeudi 15 août l'expédition est lancée. Le 4x4 d'Agnès, la remorque deux essieux louée à AMB, Marcel et René comme copilotes. Ce jour là le 4x4 a été plus gourmand en consommation de gazole que l' Utility qui n'avait pas vu l'air depuis des lustres et n'avait jamais fait un aussi grand voyage. Sa demeure est à Lorp, comme il y est bien!

Encore un Farmall.

Pour le F 137 D ce fut rocambolesque. Après avoir quitté son repaire d'Ardichen, commune de Soulan la brave petite mécanique de Saint-Dizier n' a pas perdu au change. Lui aussi complet, charrues, faucheuse, très belle carrosserie. C'est un de ceux qui sert le plus. Pour faucher, c'est une merveille. Les agriculteurs à l'époque n'étaient pas fauchés avec ce bijou, et la boîte, quel agrément ! Ses hôtels ont été successivement Saint-Girons puis la succursale.

Toujours du IH.

Le FU 235 D venait de Caumont de chez Guy. Marcel l'avait amené sur la célèbre remorque jaune de l'association le mercredi 5 septembre 2007. Pressenti un temps pour servir de banque de pièces pour celui de Melay, quel dommage c'eut été de le dépouiller. Alors la bonne décision a été de le céder à un collectionneur du Tarn et de garder celui de famille, quand même !

Le géant de Doncaster.

Encore un coup de génie de Marcel : en livrant la Jeep à Chalabre, dans une ferme sur la colline, j'ai vu un B 450 Farmall qui semble à l'abandon.

La suite, on la connaît, le géant en question a quitté sa base (première main vendue par le concessionnaire Daunat à Saverdun) transporté sur le camion de Momo. Le samedi 4 juillet 2009, il a démarré le soir même de son arrivée à Lorp, où il a passé quelques mois mais dans un autre bâtiment que la succursale au porche trop étroit pour son essieu large, puis à Saint-Lizier et enfin à la Coume. C'est un incontournable.

Le Master II.

Lorsqu'il vivait à Peillou, le Master de Rougeat des Bayles l'émerveillait. Rémi lui disait souvent : il y a un tracteur à aller chercher chez mon cousin à Bessan dans l'Hérault. Ce sera chose faite le jeudi 9 décembre 2010 en camion avec Christian et André. Posé à Saint-Girons, il sera ensuite transféré en remorquage à la Coume. Pas en très bon état, il eut fallu le garder. Quelle bêtise de l'avoir cédé, il s'en mord les doigts. Pourquoi Renault avait nommé ce tracteur 385 ? Tout simplement parce qu'il s'agit de la puissance en chevaux (55 x par la puissance en kW arrondie à 0,7, qui multiplié par 10 donne 385).

Le Perkins de Peillou.

Enfin arrivé ! Depuis des années il était lorgné ce célèbre tracteur, ce sera un magnifique remorquage le 14 juillet 2015 par une belle et chaude journée. Il a été remis en état de marche et est abrité à la Coume. C'est un de ses chouchous et aussi son véritable premier volant.

Ferguson TEF20.

Thierry à Montesquieu Avantès ne savait quoi faire de ce petit diesel de famille. Amène-le, lui fût-il dit, plutôt que de le mettre à la ferraille. En triste état, le moteur fonctionnait bien tout de même. Par manque de place, il a été cédé à un grand ami en mars 2020, Bernard à Vielha dans le Gers.

Finalement tous ces tracteurs, comme lui faisait observer son entourage coquin, c'est un peu comme Obélix qui tout petit est tombé dans la soupe ; lui il faisait corps avec eux depuis sa plus tendre enfance.

 

 

 

 

 

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14 décembre 2020 1 14 /12 /décembre /2020 19:04
La résurrection du gigantesque moteur Duvant de Bougival.
La résurrection du gigantesque moteur Duvant de Bougival.

 

Résurrection du gigantesque moteur Duvant de Bougival.

 

 

Ce jeudi 15 août 2017 avait été prévu pour la traditionnelle partie de labour au Lançon, réservée aux adhérents de Labour Passion. Une journée tranquille en somme, amicale, manière de se retrouver pour passer un bon moment, de faire travailler les mécaniques et aussi un entraînement pour le somptueux labour annuel d'Antic- Agri de début septembre.

Ce qui était beaucoup plus inédit cette fois ci, c'était l'équipe des légionnaires de Jean-François qui travaillait dans le plus grand secret sur le moteur titanesque issu à l'époque des usines Duvant à Valenciennes. Le démarrage de ce véritable pachyderme était prévu pour l'après midi de ce 15 août après des journées de labeur acharné. On se souvient que ce géant avait été récupéré à Bougival dans les Yvelines début 2016 avec son jumeau et les dynamos. cf.. les articles dans les numéros 57,58,59,60 de Tractorama d'avril-mai à octobre-novembre 2016.

Démonté en pièces détachées et rapatriés sur les camions de Gérard, ces deux beaux engins avaient retrouvé un nouveau domaine. Le bâtiment de Bougival était resté en l'état, interdiction d'y toucher vu son classement. Tout avait été calculé au cm près pour sortir les énormes pièces de leur gangue où elles avaient fourni des décennies de travail remarquable. L'emplacement des deux industries géantes avait été bétonnées avec des granulats amenés de la Haute-Garonne!

La première phase étant terminée après ce retour grandiose, la deuxième et non la moindre consistait à fabriquer un socle pour poser la bête. Imaginons du peu; 6 cylindres à plat, un immense volant moteur au milieu représentent un poids de plus de 40 tonnes et une largeur de 5m. JEF dut faire des calculs précis pour déterminer la taille des poutres IPN. Dans les 80 cm de hauteur! Les morceaux ont été savamment soudés par le roi de la baguette, Monmon. De plus une plate forme a été fabriquée et montée sur tout le pourtour de la colossale mécanique pour que les visiteurs puissent contempler de visu son fonctionnement. Et ce n'est pas fini, un ajout majeur a été greffé. Comme la plupart de ces gros moteurs industriels démarraient à l'air comprimé, ici les ingénieurs du site ont choisi de loger un moteur auxiliaire Perkins – de 75 ch quand même- sous le châssis, solidement fixé. Ce moteur entraîne une pompe hydraulique qui envoie à son tour son énergie sur une roue de fourgon qui vient s'appuyer sur le volant moteur pour lancer le 6 cylindres au démarrage.

Ce jeudi pendant que les laboureurs s'adonnaient à cœur joie à retourner la terre du champ du Lançon à côté de la maison de Gérard et Marie-Lyne, les mécaniciens eux, donnaient une dernière touche à la préparation du Duvant.

N'oublions pas qu'une fois le châssis fabriqué, il fallait y poser le moteur: les deux blocs, les deux vilebrequins, le volant moteur, les pistons, les bielles, les culasses, les régulateurs, le vireur, l'échappement, la pompe à eau, la pompe à huile, les tubulures de graissage et la pompe à injection. C'est une conception plutôt atypique mais si belle.

Démarrer, il devrait démarrer certes. Tout avait été remonté dans les règles de l'art, ajusté, calé, lubrifié (200 l d'huile dans les carters!), serré au couple. Les pistons glissaient bien dans leurs chemises, le volant moteur n'avait aucun balourd, pompes et injecteurs ne présentaient aucune anomalie. Mais après tout personne ne l'avait vu fonctionner ce mammouth et des témoins à Bougival il y a belle lurette qu'il n' y en avait plus. Toutefois les génies de l' Association des Vieux Moteurs n'en étaient pas à leur premier coup d'essai ( le Duvant 9 cylindres, les monocylindres; le Diesel Industrie, le Blackstone, le Sulzer, le Crossley), aussi le moral était au zénith.

Vers 19 heures, la troupe des laboureurs une fois son matériel remisé et embarqué se déplaçait devant le vieux poulailler, théâtre de l'exploit du jour. Le moment était solennel, grave et heureux en même temps. Les assistants, André, David, Bernard, Clément, Rémi, Philippe, Henri, Jean-Rémi, tels des garçons de cirque sveltes et méthodiques s'affairaient aux derniers réglages. Jean-François était épanoui. Il dira plus tard qu'il entendait les battements de son cœur sourdre dans sa poitrine. Un évènement comme celui là relève d'une émotion intense. Les hommes étaient fatigués? Ils n'en donnaient pas l'impression mais heureux étaient-ils, oui.

Avant le bouquet final, le matériel est rangé, clés, escabeaux, échelles et cales sont soigneusement remisés sur les côtés. Les gabiers sont à leur poste, ceux du graissage, ceux de l'injection, ceux des décompresseurs, JEF et André au poste de commande. Le moteur de démarrage va t- il être à la hauteur?

Le silence est total, un peu comme au bord de l'océan lorsque la vague se retire en douceur avant que la suivante déboule dans un fracas assourdissant.

Contact: démarrage du Perkins. Tel le pur sang il ne se fait pas prier pour hennir et bondir de joie. Accélération, OK, la roue d'entraînement prend de la vitesse. Le moteur est lancé à fond, la roue vient en appui grâce à un vérin sur l'immense couronne. Le pneu patine dans un chuintement déchirant, le moteur de Peterborough perd considérablement du régime, c'est à peine si le Duvant s'ébroue! L'assistance retient son souffle. Eric a enclanché une vidéo. Le moment est historique. Alors JEF, stoïque, relance la manœuvre, redonne du souffle au moteur anglais, lui insuffle son régime paroxysmal, le pneu vient en appui progressivement sur le gigantesque volant qui finit par enfin obtempérer. De la fumée sort des entrailles de la bâtisse. Le bibendum soumis à une charge terrifiante va t-il sortir glorieux de cette joute extraordinaire? Pourtant oui, malgré un patinage fantastique, la vitesse s'accroit. Lorsque JEF juge qu'elle est suffisante, il ordonne d'une voix tonitruante aux décompresseurs “enclanchez”!

Le bruit de succion des gros pistons change; les premières explosions se font, la fumée sort des grosses tuyères d'échappement, le Perkins après son effort incommensurable est débrayé. C'est un succès colossal; les compagnons se congratulent, s'embrassent, se donnent de grandes claques dans le dos et envoient voltiger à tout va bérets et casquettes. Il y en a même un qui fait un signe de croix en trempant ses doigts dans l'huile moteur bénite. La plate forme jusque là réservée aux matelots de service, accueille la petite foule des admirateurs. Le splendide Duvant, tel le sphinx qui renaît de ses cendres, vient de sortir d'une longue léthargie. Il exprime tout son allant par son bruit de succion si caractéristique de ses 6 pistons qui vont et viennent dans leurs immenses chemises. Les grosses bielles bien visibles à l'air libre transforment allègrement le mouvement alternatif en mouvement rotatif par le biais des vilebrequins reliés à l'énorme poulie que l'on avait pu croire être récalcitrante au début de l'opération. D'ailleurs elle tourne avec une régularité de métronome et sans faux rond s'il vous plaît. Les bielles barbotent frénétiquement dans l'huile toute neuve et éclaboussent les admirateurs qui s'approchent de très près. Les capots de protection de l'embiellage n'ont pas été remis pour la circonstance exceptionnelle.

Le maître de la manœuvre tente avec succès quelques accélérations. C'est impressionnant et tout se passe bien. Le châssis, largement dimensionné résiste fort bien aux charges statiques et dynamiques. Les ingénieurs ingénieux ont vu juste et les multiples coups de baguette (magique) à souder de Monmon sont d'une résistance à toute épreuve.

Oh, si, si, il y a bien eu quelques larmes qui se sont évadées discrètement de quelques visages émus; mais des larmes de bonheur. Un autre disait, on se croirait sur une plate forme pétrolière!

A peine trois semaines plus tard l'héroïque 6 cylindres Duvant faisait une apparition remarquable le dimanche10 septembre à Antic-Agri, embarqué sur une semi porte char tractée par un Volvo. De loin le public l'a vu arriver à pas de loup depuis la ferme du Lançon puis franchir lentement le passage du terrain des exploits. Comme il avait beaucoup plu les jours d'avant la semi l'avait laissé à l'entrée du terrain sur une aire gravillonnée. C'était son premier baptême en public et un succès retentissant.

A Caussade pour Tractomania l'équipe des intrépides baroudeurs l'avait emmené démonté sur deux camions, remonté là bas, fait fonctionner, démonté le lundi, ramené à Longages et enfin remonté. Quel exploit! Immense bravo à toi et ton équipe JEF!

Mr Duvant, auriez vous imaginé à votre époque que quelques illuminés du sud ouest de la France marcheraient un jour dans votre sillage?

Cf.. l'article du 30 septembre 2017, Labour au Lançon, mardi 15 août 2017.

 

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14 novembre 2020 6 14 /11 /novembre /2020 20:45
Un Massey-Ferguson 65 en cavale.
Un Massey-Ferguson 65 en cavale.
Un Massey-Ferguson 65 en cavale.
Un Massey-Ferguson 65 en cavale.
Un Massey-Ferguson 65 en cavale.
Un Massey-Ferguson 65 en cavale.
Un Massey-Ferguson 65 en cavale.

 

Un Massey-Ferguson 65 en cavale,

 

 

 

Lors de l'une des multiples visites chez JP à Villeneuve Les Bouloc, Alain était tombé en arrêt sur un Massey-Ferguson 65 sous le petit hangar, bien à l'abri. C'était à l'automne 2019. JP, l'œil aux aguets et pas peu fier de sa monture s'était exclamé:

-regarde comme il démarre, mieux qu'au quart de tour, au huitième de tour!

En effet la clé de contact à peine effleurée le beau Perkins AD 4-203 Y démarre comme s'il sortait d'usine. Les observateurs en étaient ébahis. Il y a encore quelque sorcellerie se disaient-t- ils en catimini.

-Que non rétorquait l'exubérant JP, c'est une première main, je sais d'où il sort.

Cependant force est de constater qu'il n'est pas de la première jeunesse. Les pneus arrières sont ratatinés, la calandre a subi les affres de quelques fausse manœuvre.

-Et le relevage, qu'en dis tu JP, lorsque tu as monté le gyro qui est attelé, il y a eu quelques secousses? Pour un MF c'est une provocation, ce n'est pas bon signe.

-Oh, il manque peut-être un peu d'huile et la charge est un peu lourde.

Alain semblait ferré.

-Et comme prix ça va chercher dans les combien?

-Pour toi ce sera ....€

-Nom de nom, ça fait cher du kilo! Il y a la carte grise au moins?

-Non, mais je peux la trouver.

Pour ce jour l'affaire en est resté là. Un peu de réflexion fera évoluer la situation.

Les compères finirent de visiter la grande aire du matériel entreposé en quête de dénicher quelque

oiseau rare.

Que n'ont ils ramené de chez JP: la bénette d'origine du TEA 20, le rare crochet dynamométrique du Renault 7012, une chape d'attelage pour le B 450 alias le géant de Doncaster, la petite bétaillère embarquée le soir de Tractomania 2019, un pneu 6.00x16 quasi neuf pour le H, un grand établi avec étau, des pièces de moteur Bernard, des chaînes et élingues et quoi d'autre encore?

Il fallut encore deux visites supplémentaires pour conclure l'acquisition. Alain était parfois pris de doute. L'engin a été essayé dans les allées du dépôt. Le passage des vitesses, l'embrayage et la direction étaient corrects. Côté frein il y a beaucoup d'usure et un jeu dans les pivots non négligeable.

Une idée avait germé.

-Nous pourrions le ramener sur une remorque jusqu'à Longages et de là par la route jusqu'à Camarade.

-Excellente idée, Gérard nous prêtera sûrement sa remorque et nous emprunterons le 4x4 à Agnès.

-Affaire conclue, JP, je te verse un acompte et je te ferai signe quand nous viendrons l' embarquer. Tu ne me comptera pas de frais de stockage?

-Oh je peux le revendre entre temps répondait en riant l'irrésistible JP..

Transfert du 3 septembre.

La route de Villeneuve Les Bouloc commençait à être bien connue. Arrivé en tout début d'après midi l'équipage n'est reparti qu'à 19 heures. C'est que, comme bien entendu de coutume il convenait de scruter le stock de matériel, sait-on jamais? Si, il y a une charrue Ferguson qui semble bien être celle du TEA 20, à approfondir. Le beau MF, tel un placide pachyderme monte à bord de la remorque deux essieux, c'est qu'il tient toute la largeur le coquin! Une fois bien sanglé, les adieux faits, le bel esquif repart et atteint Longages presque à la nuit tombante. C'était parfait pour la première étape. Gérard semblait très heureux d'héberger un 65 quelque temps d'autant plus que convoyé par un chevalier de la IH! Il faut être éclectique dans la passion!

Quelques jours avant André et Alain étaient allés vidanger le moteur et vérifier si tout allait bien. Les roulements avant avaient été resserrés, ce n'était pas du luxe. Lors d'une précédente visite dans le courant de l'été deux pneus arrières neufs avaient été amenés et JP s'était occupé de les faire monter.

La cavale du jeudi 29 octobre.

Plus belle journée, il ne pouvait y avoir.

A 9h16,7° au départ de Saint-Girons, 13° à l'arrivée, la Kangoo d'escorte se posait au Lançon. Après le bonjour à Marie-Lyne, à Clem et aux mécaniciens affairés sur un cultivateur Razol, le 65 est rejoint. Vérification des niveaux, ajout de gazole, essuyage du siège non éjectable trempé de rosée et lancez les rotors. Le Diesel démarre à la perfection. André s'installe au volant. Bien que la température soit clémente, il a prévu plusieurs épaisseurs de vêtements pour se prémunir d'un éventuel refroidissement vu la longueur du trajet. Le tracteur de Beauvais prend son envol. Au deuxième dos d'âne du Lançon, petit arrêt pour ficeler correctement le gyro qui ne pensait qu'à s'évader malgré son aimant puissant qui glissait sur l'aile ronde. Encore une incompréhensible histoire de magnétisme.

C'est reparti. Au rond-point à côté de l'autoroute direction la déchetterie puis Carbone. A l'entrée de la ville, bifurcation sur la droite. Ainsi le bourg est évité. La vitesse s'élève à 22km/h. Elle sera toujours maintenue à cette valeur. Dans la grande ligne droite de Cazères il ne manque plus que des ailes au tracteur pour qu'il s'envole. Son moteur, un bruit de batteuse, une merveille! Le pilote le mène au régime nominal. Il apparaît que le Perkins fume un peu. C'est encore plus flagrant dans les côtes. Peut-être faudra-t-il voir le tarage des injecteurs. La tenue de cap, elle, est irréprochable. Les pneus arrières ont un léger faux rond. Peut-être est ce du au fait qu'ils sont neufs et pas parfaitement en place? Dans les freinages en fin de course la roue arrière droite à tendance à bloquer.

La Kangoo suit de son petit trot allègre en troisième sans toucher à l'accélérateur. Ses deux occupants ne cessent de dialoguer, trop heureux de cette sortie tranquille.

A Cazères, André connaît tous les détours et contours par cœur, le centre ville est évité et la route de La Couladère en longeant la Garonne est vite rejointe.

Après La Couladère, ce n'est pas la côte vermeille mais la route vermeille. A la sortie du Plan, les escorteurs font stopper André.

-Veux tu que je prenne le volant lui demande le conducteur de la Renault?

-Oh non, ça va très bien, je me régale et je n'ai pas froid.

-Tout fonctionne bien, pression d'huile et température?

-Les paramètres sont stables.

Le compteur journalier de la voiture est mis à zéro. Quel oubli de ne pas l'avoir fait au départ. Enfin quand même, il faut tout noter!

Le petit convoi repart. Il n' y aura plus d'arrêt jusqu'à la destination finale. Sainte-Croix est traversée dans la plus grande quiétude. La circulation est beaucoup plus calme. Les automobilistes aujourd'hui n'ont eu aucun signe d'impatience. Hé, c'est qu'un tracteur -prestigieux de 60 ans- étonne plutôt et attire une attention teintée d'admiration.

A Mérigon, bifurcation à gauche pour grimper sur le plateau de Mauvezin de Sainte-Croix. Un peu avant la fin de la grande ligne droite la route se rétrécit. Que le paysage est beau dans toute cette région. La forêt est magnifique, bariolée des couleurs de son feuillage d'automne. La splendide luminosité ne fait qu'ajouter au pittoresque du tableau.

Les terres de Camarade sont en vue. Ah, l'ami Alain est heureux de regagner ses pénates. Camarade, c'est un des multiples villages de l'Ariège profonde, 182 habitants, 27,68km² et comme il dit avec humour, né à Camarade, enterré à Clermont. Après la ferme de Gorry la route est un peu plus tourmentée, quelques passages étroits dans la forêt précèdent l'arrivée sur le plateau. La vue est époustouflante.

Ici c'est une région d'élevage, les prés sont entretenus avec un soin jaloux et les fermes tenues comme des bijoux. Les magnifiques vaches gasconnes broutent avec gourmandise le regain riche en unités fourragères. Ce n'est pas souvent qu'elles reverront un Massey-Ferguson débouler à l'improviste dans leur paysage. Si, peut-être quand Alain fera quelque randonnée. Du coup, sentant la piste d'atterrissage proche, il téléphone à Madame:

-nous arrivons dans 10mn, nous sommes sur le plateau.

Le dernier carrefour avant la vertigineuse descente vers les Fustes est franchi. André laisse l'engin en 6ème, le frein moteur est excellent, le hameau est en vue. Le 65 arrive triomphalement dans son nouveau territoire, il prend place à côté de l'Avto. Ainsi ils ne s'ennuieront probablement pas. Ils auront bien des histoires sensationnelles à se raconter.

-Alors, Mr le pilote, lui demandent les assistants: satisfait?

-Oh que oui, déroulement du plan de vol sans anicroche, comportement de la mécanique impeccable. Le filtre à carburant sera à changer et il faudra faire un tarage des injecteurs. Nous avons fait une belle cavale, c'était le jour ou jamais.

Après un repas succulent sur la terrasse par cette chaude journée il était temps de rejoindre Saint-Girons et Lorp ou un autre transport était prévu pour l'après midi. (une grosse et rare charrue à balance)

 

Le Massey-Ferguson 65. type 65 8 produit de 1959 à 1965 à plus de 6000 exemplaires à Beauvais et à plus de 114000 dans l'usine anglaise de Coventry, motorisé en Perkins A D 4-203 et AD 4-203 Y (injection directe pour les Mark II à partir de 1962. Il sera suivi du 165.

Modèle SNDMY; S pour Standard, N pour diesel, D pour injection directe, M pour embrayage double effet, Y pour blocage de différentiel.

 

 

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25 octobre 2020 7 25 /10 /octobre /2020 10:27
Sortie de grange pour le H. Dimanche 27 septembre 2020.
Sortie de grange pour le H. Dimanche 27 septembre 2020.
Sortie de grange pour le H. Dimanche 27 septembre 2020.
Sortie de grange pour le H. Dimanche 27 septembre 2020.

Depuis quand cet illustre Farmall ne s'était pas déplacé par ses propres moyens ? Nul ne sait. Même son précédent propriétaire Jean-Pierre Bosc à Sesquières l'ignorait. Qu'importe. Ce dimanche 27 septembre était prévu pour lui faire faire son premier tour. A 14 heures tous les acolytes sont présents au repaire IH de la Coume ; André, Hugo, Marcel, Alain, Damien.

Tous les ingrédients sont en place. André a vérifié les vis platinées. Le moteur démarre au 1/4 de tour. Un petit réglage de la vis de richesse du carburateur et il ronronne avec une parfaite régularité. Avant d'allumer, le robinet décanteur a été changé, ainsi il n'y a plus de fuite. Aujourd’hui le programme est de rester sur le cycle essence. Les thèses s'affrontent quand au pétrole à employer. Pétrole pur issu des appareils de chauffage vendu en grande surface, mélange 50/50 avec du super 95 ou 2/3 1/3 ? Ce sera pour plus tard.

C'est une merveille d'entendre le 4 cylindres, pas un cliquetis dans la « culbuterie », à peine un léger bruit de galet du côté de la pompe à eau. Souvenons qu'elle était bloquée, assez corrodée, et qu'une faiblesse est tout à fait excusable. Pas de fuite dans le circuit de refroidissement si ce n'est un léger suintement au niveau du joint de thermostat qui lui aussi était balafré. Il faudra vérifier sa planéité. Le fil de mise à la masse de la magnéto a été rebranché au tableau de bord, c'est ainsi plus commode pour éteindre le moteur. Au bout d'un moment de marche le starter est complètement ouvert, le ralenti tient très bien, les accélérations sont très correctes.

La commande du volet du radiateur est rebranchée, deux contre écrous de 17 du côté de la petite manivelle au tableau de bord verrouillent le système. Damien fait un essai pour passer la première et embraye avec douceur. Le grand rouge réagit très bien. Lorsque le moteur est bien chaud, c'est l'opération détartrage qui est lancée ; quelques pincées de cristaux de soude sont envoyées dans le radiateur.

C'est le moment de sortir, un moment historique ! Tout est dégagé devant le hangar, outillage, bidons de 200l, la piste est libre.

Paré à appareiller ?

Paré.

Larguez les amarres.

Damien est aux commandes, le propriétaire debout derrière sur la barre plate. Le H sort de son antre avec majesté, gravit la petite côte et s'élance vers la descente en direction de Saint-Girons.

Alors Damien, passe maintenant en 2ème, puis en 3ème, teste les freins sans débrayer.

Le tracteur se comporte très bien. Le freinage est très bon.

Découple les freins et teste chaque roue.

Maintenant tu freine en débrayant.

L'engin pile.

Allons tourner au milieu de la côte vers le passage pour aller chez le voisin et sur place. Avec le row crop tu ne dois pas avoir besoin de manœuvrer.

En effet la roue gauche n'avance pratiquement plus.

Maintenant remontée en quatrième.

Le moteur a un couple formidable, même au ralenti il envoie.

Tu vas jusqu'au Magarat, tu mets du régime, tu tourne au hameau et essai de la cinquième. Les vitesses passent presque comme si elles étaient synchronisées. La cinquième est très rapide. L'accélérateur ne tient pas à plein régime, la dent crantée est complètement usée. Le moteur monte bien en température, de l'eau couleur rouille s'échappe du trop plein. Le ventilateur (le capot n'a pas été remis) envoie des gouttelettes piquantes dans la figure des essayeurs. C’est un bain de jouvence.

La roue arrière gauche « clasquège » légèrement par moments. Il faudra revoir son serrage. Le moteur crache encore quelques pites et étincelles, que de messages à envoyer sans doute. Avant de partir, André a vérifié si la pression d'huile arrive bien au manomètre. Elle est excellente, le filtre à huile est neuf. Par contre la jauge de température est inerte. Quoique neuve elle aussi, elle devra pourtant obtempérer un moment ou l'autre.

Le H recule devant son garage puis un deuxième tour est engagé. Il est vraiment agréable à conduire, l'embrayage (un peu trop de garde), direction et freins très doux. La cinquième a craqué, aïe, à la IH ce n'est pas trop apprécié. Le moteur a du coffre mais il faudra revoir la commande de l'accélérateur. A grande vitesse la stabilité est quasi parfaite. Le bel engin regagne son entrepôt et recule sagement dans son paddock attitré. Il redémarre très facilement à la manivelle. Quel succès !

C'est le moment de vidanger radiateurs et bloc moteur. C'est une eau chargé de rouille qui en sort. Cette purge aura fait le plus grand bien. Depuis des lustres aucun courant salutaire n'était venu irriguer le beau radiateur Melrose et le bloc moteur. Pour aujourd'hui la brillante mécanique a droit maintenant à son repos. Tout le matériel est rangé, les outils embarqués, les grandes portes coulissantes refermées avec déférence sur le museau du Farmall qui scintille de bonheur.

Alors ces essais préliminaires ?

Plein succès, bientôt Saint-Girons pourra admirer un inédit row crop arpenter ses rues.

 

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7 octobre 2020 3 07 /10 /octobre /2020 20:39
Le H, allumage dans l'ordre
Le H, allumage dans l'ordre
Le H, allumage dans l'ordre
Le H, allumage dans l'ordre
Le H, allumage dans l'ordre

Le H, allumage dans l'ordre

 

 

Ce beau dimanche très ensoleillé allait-il être décisif pour le démarrage du grand Farmall row crop issu du plan Marshall? Pourquoi pas? La semaine d'avant, pour augmenter les chances de réussite, bobine et condensateur avaient été changés. L'étincelle était très belle. La magnéto avait été soigneusement calée selon les prescriptions de la notice. Le piston n° 1, côté distribution, bougie enlevée, arrivait au point mort haut, le fameux PMH, en parfaite concordance avec le repère sur la poulie du vilebrequin qui tombait juste en face du pointeau fixé sur le carter de distribution. A ce moment là le doigt du distributeur était pile en face de la sortie du fil du cylindre n° 1. Le déclic de la magnéto (H4 International s'il vous plaît) se fait entendre précisément à cet instant. Un petit essai est fait avec la batterie 6V du Super FC-C et miracle quelques combustions se font. Mais il y a une fuite d'essence non négligeable au bocal du décanteur sous le réservoir principal. Ce réservoir, précisons le, a été soigneusement nettoyé sur la roue du géant de Doncaster requis à cet effet. La solidarité des Farmall n'est pas un vain mot. Avec une bonne dose de maillons de chaîne cisaillés au coupe boulon mélangés à de l'alcool à brûler, le résultat n'était pas trop mal. Le plus difficile fut d'enlever les morceaux de métal dont un bon nombre s'était insidieusement glissé derrière la cloison intermédiaire, preuve que le grattage s'était fait partout. Un tige souple aimantée est venue à bout des récalcitrants. Puis un bon rinçage au nettoyeur haute pression à eau chaude et un séchage au décapeur thermique (qui a failli griller suite à un effort intensif dans un espace confiné), la tôle était bien décapée. Le résinage n'a pas posé de problème. Les deux liqueurs épaisses et précieuses de marque Philosec ( un concurrent de Restom rencontré à Tractomania Caussade) bien mélangées au préalable et versées dans l'organe du H, ont mis bien plus de quatre heures pour durcir définitivement. Le réservoir bien entendu a été tourné lentement dans plusieurs positions. La résine est apparue à la sortie du décanteur où un bouchon de papier torsadé a préservé le filetage sinon gare à son durcissement à cet endroit et bonjour les dégâts pour visser le robinet. Ainsi le gros récipient destiné au pétrole pouvait être monté définitivement le dimanche 6 septembre. Le réservoir auxiliaire essence avait été préparé depuis plusieurs mois.

Le jour J.

Sentant venir l'issue des interventions successives, du pétrole avait été amené pour voir si l'engin passerait au second carburant après le démarrage sur le cycle essence. Le professeur, Benjamin et Damien s'affairent autour du grand rouge. La tension est palpable. Un nouveau joint du décanteur est taillé dans un morceau fibreux, une petite fuite est encore perceptible. Deux batteries, une de 6 volts et une de 12 sont en position. Le calage est à nouveau vérifié. Le déclic se fait au bon moment.

Lors de la vérification de la magnéto, André a pris plusieurs fois la haute tension en la tenant sur ses genoux. Il était au courant!

En remettant le doigt du distributeur, bizarre un tout petit bout de bakélite tombe à terre. L'œil exercé des opérateurs ne pouvait pas ne pas le voir. D'où vient cette particule? L'anomalie est vite décelée. Il s'agissait tout simplement de l'ergot du doigt du distributeur qui vient s'encastrer dans une mortaise usinée dans le rotor du distributeur ( DELCO Remy *) qui s'était cassé! Une avanie? Point du tout. Il y a une autre magnéto en réserve sur laquelle a été prélevé le couvercle de la bobine et changé ce jour même. Il suffit d'aller le chercher à Saint-Girons. Quelques instants après le tout est remonté. Attention à l'ordre d'allumage: il est d'ailleurs gravé en toutes lettres sur le bloc; 1, 3, 4, 2. Nous ne sommes pas ici chez David Brown ou Ford ou encore Saurer. Les fils neufs sont placés dans le bon ordre. Peut-être sont-ils désormais rentrés dans les ordres!

Tout est prêt. Le radiateur est rempli. Pour brasser la mécanique quelques coups de manivelle sont envoyés. Les gabiers sont placés à leurs postes. Damien au carburant, le petit réservoir a été rempli à moitié, André au carburateur, Cyrrhus à la batterie. Le volet du radiateur est fermé. Pour les essais le filtre à air est dérivé. L'essence est ouverte, le régime à moitié.

Lancez les rotors!

Le démarreur est alimenté en direct avec la batterie 6 volts. Le moteur démarre! Ô miracle. André bouche quelques instants le côté starter avec la main puis laisse la pleine arrivée d'air. Le bruit si caractéristique du H résonne enfin, celui de la ventilation notamment. Le moment tant attendu est enfin arrivé. Des cris d'allégresse jaillissent dans l'atelier de la succursale. Le ventilateur en léthargie depuis si longtemps aspire fortement l'air à travers le radiateur et vient puissamment irriguer d'un flux bienfaisant le moteur.

Oh il y a bien quelques crépitements de ci de là mais surtout des particules qui voltigent à travers l'espace, venues d'on ne sait où, qui apeurent Benjamin, inquiètent Damien et remplissent de joie le propriétaire de la mécanique. Ce sont des particules saintes, s'écrie-t-il, elles sont bienfaisantes. Il y a même des étincelles qui s'invitent dans ce festival grandiose. Quelques unes s'enfuient par les pipes d'échappement, la plupart par le pot neuf. Tout était corrodé, on s'en souvient, et quoi de plus naturel que les puissantes combustions qui purgent ces surplus planqués dans des recoins obscurs depuis des lustres. Côté pompe à eau, le flux est bon, la turbine envoie. Une petite fuite à signaler au joint du thermostat. Ce précieux organe était fendu par le gel lorsque le héros avait été récupéré. Il faudra revoir le plan de joint peut-être légèrement déformé par la soudure. Une deuxième petite fuite se fait jour au manchon métallique de la durit inférieure. Ce manchon était percé par la corrosion et a été mastiqué à l'époxy. Un serrage un peu plus fort du collier et le tour est joué. C'est que, voyez vous, ce brave H a beaucoup souffert.

Le moteur s'arrête. Par précaution un supplément d'essence est ajouté. Le moteur est redémarré avec la batterie 12 volts (la 6 déjà ancienne est essoufflée) et c'est reparti pour un tour. L'eau monte très vite en température alors que l'aiguille du manomètre pourtant neuf ne décolle pas ou si peu. Il y a quelques retours de flamme au carburateur. Le professeur met un peu d'avance et tout à coup les mécaniciens crient, mais voyons, bougeons le volet du réchauffeur! Que nous n'y avons pas pensé avant! Le moteur est bien chaud. Une fois la petite vis de blocage desserrée, le bruit du moteur change du tout au tout et trouve un nouvel équilibre; il tourne plus rond, il s'est assagi en fait.

Alors passons le au pétrole, s'exclament les intrépides. Damien à la manœuvre; tu ouvre le robinet du pétrole et en même temps tu ferme celui de l'essence. Le mélange qui s'opère se voit bien à travers le bol; le moteur continue puis s'arrête au bout de quelques instants. Le professeur trouve qu'il est bien chaud alors que soumis à une charge nulle. Hé bien ouvrons les volets du radiateur. La commande n'étant pas au point (les lamelles de ce volet bloquées elles aussi à l'époque), un blocage provisoire avec une petite cale convient très bien. Il faut redémarrer mais sur le cycle essence. C'est très commode de purger le carburateur avec la jolie petite vis papillon. Il suffit après un léger écoulement de sentir l'odeur d'essence et c'est reparti. N'est pas tracteur pétrolier qui veut! C'est incroyable ce que le ventilateur envoie, non seulement de l'air pulsé mais aussi des poussières, des atomes divers, des étincelles qui ressortent encore de quelque orifice insoupçonné. Le H respire, s'égosille à pleins poumons, exulte, revit, resplendit, crie sa joie là haut dans le garage de la Coume. Ses cousins le géant de Doncaster et le Farmall de Saint-Dizier sont à la fête et semblent dire, enfin l'oncle Sam est guéri.

Un nouvel essai sur le cycle pétrole est tenté mais ce n'est pas tout fait ça. Le comburant issu des chauffages à pétrole est-il le bon? A vrai dire bien peu de pétroliers tournent avec ce précieux liquide. Le moteur s'arrête à nouveau. Encore un essai fructueux à l'essence et ce sera formidablement bien pour ce jour.

Dans votre excitation, messieurs le baroudeurs, il eut peut-être fallu penser à orienter le volet du réchauffeur en position réchauffement maxi, vers en bas, comme un bas-volet pour retenter un essai. C'eut été une envolée, à la volée, qui n'aurait pas été volée.

Quelle journée, nom de nom! Tout le matériel est soigneusement remisé, le H est calfeutré dans son antre magique. Benjamin aurait bien voulu qu'il sorte mais pas de précipitation, tout vient à point à qui sait attendre.

Finalement le fameux “firing order ” était en ordre, dans le bon ordre!

 

 

DELCO ou Dayton electrical Laboratory and Co est à l'origine un acronyme devenu un nom générique.

 

 

 

Autres articles:

Légendes en marche, le H de Vougy le H, février 2009.

Le débarquement après le débarquement, février 2018.

Le H, boulons et bouts courts, mars 2018.

Retour sur le H, novembre 2018.

 

 

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21 septembre 2020 1 21 /09 /septembre /2020 19:50
Percheron et Tilbury
Percheron et Tilbury
Percheron et Tilbury
Percheron et Tilbury
Percheron et Tilbury
Percheron et Tilbury
Percheron et Tilbury
Percheron et Tilbury

Percheron et Tilbury

 

 

Le trio des intrépides n'avait pas manqué le rendez-vous. La veille au soir il avait été décidé de faire une promenade vers Saudech avec le géant de Doncaster baptisé Balou et la petite remorque bleue, anciennement une bétaillère récupérée en piteux état chez l'ami JP à Villeneuve les Bouloc. Bleue et rouge, quoi de plus symbolique? Rouge IH bien sur et le bleu des bâtis de faucheuses, de semoirs, de bineuses et herses.

A 10h l'équipe est prête et grimpe derechef à la succursale de la Coume non sans avoir embarqué la batterie pour le B. Quand il fait très chaud une 95 ampères suffit, le moteur démarre très facilement. Ainsi sont les lois incompréhensibles de la thermodynamique jointe à celle de Mariote et de Gay Lussac, allez savoir.

A 10h 45 après avoir attelé le “tilbury” à la boule type crochet caravanne vissée à la barre plate, une chaîne de sécurité fixée à la chape de remorquage, un gyro sur l'aile, le fringant attelage s'élance à la conquête du grand piémont de Saudech. Une fois Magarat traversé, la 4 -ème (sans craquement!) est prise et d'un trot allègre le doux et puissant Percheron gravit le dénivelé. Les jeunes caravaniers sont on ne peut plus heureux. La jeune mascotte Cybèle a bondi dans l'esquif au départ de la Coume. Le gros radiateur MEL relayé par les pales du ventilateur envoie de l'air chaud sur les jambes du conducteur sagement assis sur son siège grand confort bleu roi. Il est aussi attentif que pourrait l'être un convoyeur d'un immense train de voyageurs ou d'un paquebot à la conquête de la haute mer.

A la croix de la Gloriette malgré la côte qui se durcit la quatrième est conservée. Le gros moteur de 55 ch se rit de cette épreuve. Peu après il faut se garer pour laisser passer une auto qui est derrière. Il faut repartir en troisième jusqu'au plat du Cap de la Coste. Tout autre chauffeur eut passé la quatrième en force au grand dam du propriétaire de l'International qui se serait écrié. Vous y pensez à l'effort incommensurable sur l'embrayage et sur les dents des pignons?

Jusqu'au petit col de Peille après Horris le trot est maintenu, dans les 14 à 15km/h, à moyen régime. C'est le moment de faire une photo. Nom de nom, cet attelage ne manque pas d'allure, les passagers ont l'air épanoui. Allez, suite du parcours. Le chemin est toujours bien goudronné mais plus étroit. A l'embranchement de Parrat, la quatrième est tombée pour laisser passer une voiture. La troisième sera conservée jusqu'au plat après la ferme de Saudech. La promenade est enchanteresse. Les jeunes Saint-Gironnais sont émerveillés de la beauté des paysages et du calme de la contrée. Dans ce massif calcaire, contrefort de Sourroque, toute l'eau de pluie s'infiltre. Il n'y a pas de rus. Les nombreuses dolines attestent bien du phénomène de l'infiltration. L'endroit est très riche en grottes. Seule la belle cascade de Montfaucon montre bien que l'eau trouve toujours son chemin.

Cette remorque roule à la perfection. Elle est dans la digne tradition d'un élégant tilbury. Après la ferme de Géraud, le beau troupeau de gasconnes rumine tranquillement. Ces jolis bovins à la robe dite gris blaireau rappellent que cette célèbre race locale rustique ( Gers, Aude, Haute-Garonne Ariège) est parfaitement adaptée au territoire et qu'elle atteint désormais un effectif d'environ 30000 têtes. Les petits veaux, chose rare dans l'espèce bovine, naissent de couleur fauve et virent au gris au bout de quelques mois. Ô lois compliquées de la génétique qualitative!

Le conducteur à la vue du magnifique troupeau placide, s'écrie;

Dites donc derrière, vous avez vu les gasconnes?

Une grande prudence s'impose tout au long du trajet. Avant d'atteindre la dernière portion du Cap de la Bouiche, la troisième est reprise puis après chez Suzon; terminus il faut dételer. L'empattement du Farmall est très grand, le tilbury est tourné avec les assistants dans le début du chemin de randonnée qui rejoint le garage. Vous voyez, jeunes marcheurs, pour rejoindre la Coume à pied, il faut 35mn sans relâche. Vous vous en sentez? Pas de volontaires ce jour.

Le retour se passe sans encombres. Presque partout en quatrième sauf au hameau de Saudech. Quelques photos sont prises. Que le regain est beau! Il sera prêt à serrer ce soir et aura une excellente valeur en unité fourragère. Le Landini du propriétaire andaine. Le pré a été tondu et les andains sont au cordeau. Quand on aime, on ne compte pas! C'est Jean Giono qui serait content....

Lorsque la remorque est remisée, le tracteur garé, la batterie posée, il est 12h51. Cette splendide ballade aura duré presque deux heures.

Quelle belle fin de carrière pour les tracteurs d'antan que de se laisser glisser au fil des chemins ruraux, accompagnés de jeunes passagers déjà bien impliqués dans la découverte de nouveaux loisirs.

Les héritiers de la IH, rassurés, se disaient, allons le patrimoine n'est pas en danger.

 

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5 septembre 2020 6 05 /09 /septembre /2020 20:43
Dépiquage à Lorp
Dépiquage à Lorp
Dépiquage à Lorp

Dépiquage à Lorp

 

 

 

Vu les circonstances exceptionnelles de cette année 2020 et que le Maire de Saint-Girons n'avait pas souhaité que le dépiquage ait lieu en ville à Saint-Girons selon le souhait du comité d'Autrefois le Couserans, il ne restait qu'une alternative, organiser le battage dans la cour de l'usine à Lorp. L'opération était prévue pour le samedi 1erAoût. L'énorme convoi était venu de la Bastide de Sérou dans la journée du jeudi. Vendredi les opérateurs mettaient le matériel en ligne, prêt à tourner Samedi 1er Août.

Autant il a fait très chaud dans la semaine, autant il fait gris ce jour et il bruine un tout petit peu. Ouf soupirent les protagonistes, ce ne sera pas plus mal. A 8heures30, les équipages arrivent tranquillement. Celui de Saint Girons a sorti 3 tracteurs pour ajouter au folklore. Toux ceux qui sont affairés au battage sont entretenus. Quel battage! La splendide mécanique est composée du Vierzon FV I de 1948 de Jérémie, la batteuse et la Braud T 140 de Martial ainsi que la presse «tête de cheval» Brouhot. Michel attelle le John Deere à la première charrette de gerbes. Le Farmall 235 en deuxième position remorque le magnifique char à 4 roues. Les gerbes ont été moissonnées le jeudi 16 juillet.

Les membres d'Autrefois le Couserans arrivent. Il y a déjà un nombre impressionnant de voitures et au moins deux reporters dans l'assemblée qui sont facilement repérables à leurs appareils photos haut de gamme. Aux fourneaux les dames et quelques assistants sont en pleine effervescence pour préparer le repas de midi.

Côté machine tout se met en place. Comme presse et batteuse étaient en ligne et calés depuis la veille, restent les courroies à placer sur les poulies et le splendide Vierzon pour entraîner l'énorme industrie. Pour Jérémie, sous l’œil expert de Martial, le réglage est vite réalisé. Cependant la manœuvre est plus délicate qu'il n'y paraît. Avec le gros monocylindre, outre le fait que les poulies doivent être parfaitement alignées, le plus difficile réside dans la tension. Trop de tension surcharge exagérément le palier de la poulie de la batteuse, trop détendue la courroie faseye, perd de son rendement et peut sauter à tout instant. En l'occurrence, elle n'est pas croisée. Le gros tracteur est calé avec le fameux cric batteuse. Tout à fière allure. Le premier essai est lancé. Il n'est pas loin de 11 heures. Lorsqu’il embraye la poulie, le gros FV I change de sonorité et soumis à un gros effort largue un peu de fumée. Le régime moteur est augmenté. Les décibels suivent. La presse, qui était fabriquée elle aussi à Vierzon ne peut qu' obtempérer. Son panneau droit côté goulotte d'arrivée de la paille a été réparé. Les deux premières lettres du nom de la prestigieuses fabrique Brouhot peints sans doute au pochoir à l'époque, n'y figurent plus. Son piston, celui du moteur et les fameuses demoiselles sont au moins les trois organes à avoir un mouvement alternatif.

Sur la remorque deux costauds se chargent d'envoyer les gerbes. L'enfourneur c'est Christian. Aux sacs du précieux grain Jean François et Ludovic. A l'arrière les aiguilleurs Martial et André, en parfaite phase se chargent de passer et de nouer les fils de fer recuit. Jérémie, patron du matériel surveille d'un œil de lynx tout l'ensemble. Roger est à la paille et jette un coup d’œil à la balle. Le Renault et la presse sont en léger retrait de la Brouhot. Dès l'arrivée de la paille en vrac c'est la Mac Cormick qui entre en lice. Philippe a souhaité commencer par faire 20 balles moyenne densité. Le conducteur du Renault embraye avec une douceur remarquée la prise de force. Pour rien au monde il n'aurait voulu faire craquer un pignon. Pendant toute cette phase, il reste sur son siège tourné vers l'arrière, très attentif à la mécanique et au cardan qui comme dans le bon vieux temps n'a pas de protection. Philippe et Roger enfournent la paille dans le pick-up et au coup de piston, le tracteur fait un mouvement de va et vient imprimé par la presse si caractéristique.

Dans l'assistance il se disait; vous avez vu la régie devant la IH?Quel spectacle inédit! Que les temps changent. A l'époque on voyait plutôt du Rivierre-Casalis ou du Garnier derrière Renault. Un autre d'ajouter, vous avez vu la cheville de l'attelage entre le tracteur et la presse? C'est une Ferguson facile à reconnaître avec la goupille. En voilà quelques uns qui ont la foie chevillée au corps et qui ne risquent pas de dégoupiller ! Il en a la larme à l’œil le brave conducteur. Très ému sur le site de l'ancienne usine qu'il aimait tant, en face du quai de chargement des bobines qui partaient dans tous les coins de France et sur son 7013 qui avait été son premier volant et qu'il avait tant conduit ici même. Le régime nominal de la batteuse est atteint mais ne voilà t-il pas que la courroie d'entraînement de l'élévateur à grain à l'audace de sauter. Christian ouvre la fameuse trappe de vidange de l'élévateur qui est engorgé. La courroie est remise, Jérémie embraye la poulie avec doigté -au pied levé pourrait-on dire – le circuit est rétabli.

Alors que l'affaire suit son cours, qu'un nuage de poussière s'élève au dessus de la batteuse, que le public est ravi, Martial intime l'ordre de stopper. Le convoyeur de la Brouhot ne tourne pas, sa courroie d’entraînement a sauté, un gros amas de paille engorge sa goulotte. Avec Roger et André ils remettent en place la courroie croisée, celle là, dégagent la paille entassée et font signe à Jérémie qu'il peut relancer. Raté, la courroie saute à nouveau! C'est alors qu'André s’aperçoit qu'une tôle du convoyeur s'est déformée et bloque une barrette. C'est la courroie qui faisant office de sécurité saute. Les talents de dépanneur se révèlent dans la petite adversité. Avec un gros burin de mécanicien et un marteau, André et Philippe, véritables spécialistes du corroyage obligent la taule à reprendre sa forme arrondie initiale. La barrette du convoyeur un temps comprimée, n'est pas déformée. Le mouvement est libre. L'industrie est relancée, et le reste de la matinée tout marche à merveille. Einstein avait dit que la pratique c'est quand tout fonctionne et personne ne sait pourquoi. Sauf que à Autrefois le Couserans, les petits lutins de la mécanique ont un sens aigu de l'analyse...

L'intendance suit son cours. Michel dégage la remorque vide et avance le char à 4 roues avec le noble Farmall. Fabriqué à Saint-Dizier, ce tracteur de la IH est tout à fait en phase avec l'époque du dépiquage à la batteuse puisque construit de 1957 à 1959. C'était encore le temps des batteuses. Tout de même, le folklore a des règles qui se respectent!

Derrière au stockage, les 20 balles sont finies. Benjamin et Marie se sont acquittés du petit chargement avec aisance. C'est bien pour leur première participation. Marie écarte le 137, il est en face de l'éjection des balles. Il commençait à avoir triste allure le pauvre diable couvert de poussière dorée.

Les aiguilleurs Martial et André entrent en scène. 4 aiguilles sont à leur disposition. Une liasse de fil de fer recuit et torsadé en boucle d'un bout est au pied de Martial. C'est lui le passeur des aiguilles et du fil, André attache. La paille est très sèche, Martial serre la sortie du canal, les balles auront plus de tenue. Il a un repère sur le bâti de la presse pour positionner l'aiguille, ainsi la taille est respectée. Les deux compagnons sont en phase, ils travaillent ensemble souvent. Avec le liage manuel, pas de risque de louper des attaches ou alors il faudrait être alors sacrément négligeant.

Au sac, pas de chômage non plus. Aujourd'hui, c'est jour de fête, pour que les spectateurs profitent de la scène, la cadence est mesurée. Si le tracteur est obligé de tourner à son régime pour que la batteuse, batteurs et ventilation travaillent dans les règles de l'art, les gerbes ne sont pas envoyées trop rapidement. Les sac en jute sont neufs, il y en aura 14 en tout y compris celui des ôtons réservé traditionnellement à la volaille.

En balle de moyenne densité, le décompte s'élève à 20 et pour celle à liage fil de fer à 21. Les remorques ont été chargées de main de maître par les joyeux apprentis Marie et Benjamin, eux aussi des aficionados du défilé d'Autrefois le Couserans.

Il n'est pas loin de 13h lorsque Jérémie, une fois la matière première épuisée, coupe la vapeur. Les décibels diminuent. Les machines tournent sur leurs erre, après que les servants de la batteuse aient renvoyé dans la goulotte de la presse les menues pailles et le dernier vrac tombé de ci de là. Lorsque les poulies ont cessé leur dernier balancement avant l'arrêt définitif, Jérémie détend la courroie motrice et tels des garçons de cirque, les hommes de l'équipe expérimentée démontent le chapiteau. Courroies ôtées et enroulées, cales enlevées, dernières balles sorties du canal, Christian passe tout le matériel au souffleur thermique. C'est une idée de génie pour chasser la poussière. Les sacs sont chargés par Philippe et Jean François. La presse sous une rude poussée des équipiers est sortie de son emplacement et mise derrière le Vierzon. Le convoi routier est formé et prêt à repartir.

Seuls les balles et les petits épis – pas un grain ne s'y trouve, preuve de l'excellent réglage de la Brouhot et de la maturité de la récolte- plusieurs experts ont vérifié, attestent du chantier magistral qui vient de se dérouler. Paul qui n'a cessé de faire le va et vient dans la matinée entre le battage et les fourneaux, invite à venir à l’apéritif dans un retentissant coup de sifflet: c'est l'heure du repas!

Dans les 70 convives se retrouvent dans une joyeuse ambiance. Daniel souhaite la bienvenue et présente Cyril Piron et sa femme, les sarthois, qui ont généreusement offert une magnifique panoplie de 65 landaus de collection en parfaite état. Marinette qui a été l'ambassadrice de cette opération lancée il y a 3 ans, les remercie chaleureusement.

Les tables sont dressées dans l'illustre salle des lessiveurs. Les murs de plus de deux siècles contemplent les adhérent d'Autrefois le Couserans et leurs invités. Au menu salade de tomates au thon, agneau grillé avec haricots verts, croustade et baba au rhum, café. Un peu avant le dessert, Paul lit deux textes de sa plume (Un Couserannais piégé par Louis XIV à Versailles et le retour des Landaus de la Sarthe). Des épisodes rocambolesques qui charment les participants de la cène. Seuls les membres du conseil d'administration avaient eu le loisir d'écouter cette belle prose à base de fait réels et lus avec force humour.

Bravo à ces Dames Huguette, Laure, Cathy, Colette, Eliane, Suzon, pour avoir préparé avec tant de succès ces belles agapes. Les hommes du battage viennent faire leurs adieux, c'est le moment de rapatrier le matériel à la Bastide de Sérou. Pour la circonstance le remorqueur est un magnifique Case. Le Vierzon repart sur un camion comme un pacha. Il faut préserver ses vieux jours.

Pour clôturer cette belle journée, Paul invite ceux qui le veulent à visiter les locaux. La forge d'abord où la fabrication d'une roue de charrette et de son cerclage sont expliqués. Désormais grâce à la transmission de la science de charron de l'ami Rémy de Perrot, il sait faire ce travail. Puis, un tour s'impose à la salle des vestiaires, celle au dessus des anciens lessiveurs lieu de stockage de petit matériel, puis toute les petites machines et ustensiles d’antan (jougs, pulvérisateurs, meules, égreneuses) les fameux landaus et enfin en bas toute la grosse cavalerie, lieuses, charrettes, remorques, tombereaux, pressoirs.

Il est dans les 17h, les rangs se sont éclaircis, les tables et chaises sont rangées, les tracteurs sont rentrés, les clameurs se sont tues pour aujourd'hui!

Bravo Autrefois le Couserans, 28eme édition privée mais quelle gaieté!

 

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