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2 décembre 2021 4 02 /12 /décembre /2021 14:19
Allauch, toisième édition
Allauch, toisième édition
Allauch, toisième édition

 

 

Allauch, troisième édition

 

 

La dernière expédition pour rapatrier les accessoires du tracteur Energic * est pour ce dimanche 9 novembre.

Vous ramènerez bien quelques pavés pour faire mon dallage à Lasserre avait demandé Alain plusieurs fois.

-Tout dépendra du poids des ustensiles agricoles. Nous ne pouvons guère dépasser les 400kg de charge utile.

A 5h09 le petit convoi, tous feux scintillants s'élance à la conquête de l'est. Le véhicule tracteur est le Kangoo d'Alain tractant la jolie remorque Lider. André est dans le compartiment passager et Cybèle est dans le coffre. Rouler avec ce genre de voiture moderne, confortable et silencieuse est un plaisir. Les moteurs sont conçus pour tourner à faible régime dit éco d'où faible consommation. L'embrayage est d'une douceur exemplaire et le maniement des 6 vitesses est tellement onctueux que l'on croirait voyager à bord d'une voiture à boîte automatique.

La journée s'annonce belle, le ciel est dégagé et déjà orangé vers le lointain est. A Saint-Girons la température n'est que de 1°, elle montera sensiblement dans la journée puisqu'avant le retour elle arrivera jusqu'à 15° à Massilia.

L'autoroute est engagée à Bram. Par cette heure matinale la circulation est faible. A Nissan les Ensérune c'est la petite halte café. Cybèle se dégourdit les pattes. L'équipage est en pleine forme. Aujourd'hui Eole s'est invitée et de toute la journée soufflera pratiquement tout le long de l'autoroute.

Pourra-t-on atterrir 363 chemin Marius Milo sans se tromper? Aux environs de Nemausus Alain appelle vers 8h10.

-Pour aller chez vous, il ne faut surtout pas aller au vieux port mais où faut-il sortir déjà?

-C'est simple, vous suivez la Rose. Allauch sera indiqué.

-Parfait, une fois sortis de cet immense écheveau de voies, nous retrouverons le chemin.

Et le GPS? Il est bien intégré dans la voiture mais il n'est pas paramétré pour la destination finale. Alain ne sait pas le faire. Le conducteur tente bien quelques réglages à l'arrêt du Lançon de Provence, en vain. Sur le portable, pas de connexion. Alors en avant, il suffite après tout de suivre le fil d'Ariane.

André de demander;

-tu es sûr de pouvoir arriver sans te tromper?

-Oh non, pas du tout. Nous pouvons aussi bien nous trouver à Aubagne où à la Farlède mais avec un peu ce chance atterrir directement chemin Milo. C'est bel et bien ce qui s'est passé. Alors que la circulation est devenue très dense, Berre et Marignanne sont longés et le panneau La Rose finit par apparaitre. Il suffit de se laisser guider. Deux promeneurs pourtant du coin, sont questionnés pour savoir où se trouve le fameux chemin.

-Nous ne savons pas répondent-ils en souriant.

Il ne faut jamais demander son chemin à quiconque, la réponse est toujours la même; je ne suis pas d' ici. Trente mètres après, c'est là, le 363 est atteint. Il est 11h20, 452 km ont été parcourus. La performance n'a rien d'exceptionnel, la radio navigation ( à la boussole comme Charles Lindbergh en 1927) est beaucoup plus classe.

Philippe le cousin d'Alain accueille les voyageurs. Alain, parti voir sa mère, va arriver d'un instant à l'autre. Le soleil est radieux, la température printanière. Cybèle saute comme un cabri, folle de joie en retrouvant une terre connue.

Allons voir le matériel à embarquer disent les baroudeurs, il faut charger tout de suite.

Oh c'est formidable! C'est une charrue trois socs Bourguignonne et une bineuse. C'est mimi tout plein et en bon état. En plus ça rentre à l'aise dans la remorque, 1.5m et 1.3m maxi en longueur.

Sur ces entrefaites Alain arrive et après une cordiale poignée de main;

-vous pourrez emporter quelques pavés?

-Qui sait, vous vous rendez compte, que vont penser les automobilistes en voyant ces gros cailloux dans la remorque. Ils vont être intrigués…

Le matériel est vite embarqué. La charrue est logée en travers à l'avant, puis la bineuse dans le sens de marche (pile poil à la largeur intérieure de la remorque).

Maintenant il faut se résoudre à compléter le chargement. Les pavés sont derrière la maison. Treize y prennent place (comme le n° minéralogique des Bouches du Rhône, coïncidence?). Tout va bien, ce n'est pas la cote d'alerte. Il y a aussi une souche en plus. Ah cette fois ci nous sommes dans l'originalité totale, ce sont les voyages à Allauch qui le veulent.

Tout est bien sanglé. Les pneus de la Lider ne montrent aucun signe d'inquiétude. Alain et le petit Saint-Gironnais partent chercher des pizzas dans le vieux village qui ne manque pas de charme. Le repas sur la terrasse, au soleil, est délicieux. Le moment est fort agréable. Après cette longue matinée les appétits sont voraces.

A 14h 10 il est temps de reprendre la route, vers l'ouest cette fois ci.

-Vous vous y retrouverez demande Alain?

-Oui, sans doute, c'est plus facile au retour qu'à l'aller, il suffit de suivre les aiguillages. Au revoir et merci beaucoup.

André se préoccupe du niveau de gasoil. Il n'est même pas à moitié. Alain assure qu'il y en a assez jusqu'à Saint-Girons.

Le vent de noroît souffle fort et de travers. La vitesse ne pourra pas être élevée, puis il y a beaucoup de circulation. Dans les rafales il faut tenir le cap. Les manches à air sont à l'horizontale, c'est dire. La vigilance s'impose. Derrière, dans la roulante, les objets d'art ne bronchent pas. Le soleil est en pleine face depuis le départ jusqu'à Montpellier. Les poids lourds frigo en majorité, sont plus nombreux que le matin. Beaucoup sont de l'écurie Olano et Permafrio. Une semi savoyarde croisée dans l'autre sens intrigue. Porte-t-elle vraiment des dentées alimentaires ou quelque marchandise pour une usine en rupture d'approvisionnement?

A Bram, c'est la dernière sortie à péage, 241km entre cette sortie et Arles. Fanjeaux, perchée sur son promontoire est visible depuis Villesiscle. La Kangoo monte vaillamment la côte en 4ème puis file en 6ème dès la sortie de la jolie petite bourgade. Alain appelle à ce moment là, nous sommes à Bram. Il n'était pas loin derrière, d'un peu il aurait rattrapé les ariégeois, mais lui continue sur Toulouse.

On fait le plein demande André?

Ce n'est pas la peine dit Alain.

Mais si répond le conducteur, on te doit bien ça. Nous en mettrons à Foix. Finalement à la sortie de Verniolle, ce sera fait à la station Carrefour de la zone commerciale en face du Brico dépôt. Le score s'établit à 6,3l. Ce n'est pas mal, non, compte tenu du poids remorqué et du vent? Il y a 241 km d'autoroute payante entre Bram et Arles et 49km entre Saint-Martin de Crau et Lançon de Provence.

A l'arrivée à Saint-Girons il est 21h20, quasi le même temps de trajet que le matin.

André est déposé à Beauregard, la remorque dételée à l'Allée des Tilleuls. Après un petit moment de bavardage Alain regagne sa base. Il est convenu que les précieux outils seront déchargés lundi soir à 18h30.

Dites moi, Alain, notre journée n'était pavée que de bonnes intentions! Si vous voulez créer une voie Appia à l'entrée de votre Datcha, il faudra affréter un cargo (parce qu'il y en encore quelques tonnes), vous ne risquez pas de battre le pavé, ni d'être sur le pavé, peut-être de tiendrez vous le haut du pavé en tout cas!

* cf. l'article allo Allauch jeudi 31 janvier 2019.

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18 novembre 2021 4 18 /11 /novembre /2021 19:44
Cap sur Rimont
Cap sur Rimont
Cap sur Rimont
Cap sur Rimont

 

Cap sur Rimont

 

Rimont, jolie petite bourgade à l'est de Saint-Girons sur la départementale 117 organise à l'automne une sympathique foire agricole.

Trois semaines avant le jour J – dimanche 10 octobre- Yohan du comité des fêtes lance un appel auprès des tractoristes;

-Vous pouvez amener du matériel pour la foire?

-Que oui, 4 de Saint-Girons. Tu as sans doute JB et Loïc?

-Oui, ils viennent. Ça fera une bonne petite équipe.

Les chauffeurs requis; Damien et André. Il en manque deux. Le vendredi, Alain, des Fustes, annonce qu'il peut en conduire un. Ghislain et Jonathan sont d'accord eux aussi. Damien dit que le H pourrait être de la partie. Mais non, après avoir fait 50m, il s'arrête. C' est vendredi soir, la nuit tombe. Il vaut mieux le rentrer et l'examiner à fond plus tard. Le samedi le David Brown est descendu à Lorp.

-Rendez vous à Lorp à 7h30, les gars. Tout est prêt, niveaux d'huile vérifiés, idem pour les niveaux d'eau, demi plein des carburants (économie, économie), batteries en état, gyros en place. De ce fait, Damien prend le Perkins, Alain le DB, Ghislain le 137 de Benjamin et Jonathan le 137 de la Tracpaco.

André, Mathias, Benjamin, Cyrrhus et Cybèle suivent en voiture. Le départ est donné à 8h 04. Tout se passe bien. Le sympathique convoi prend la grande route et cahin caha roule à 21/22km/ heure. A Baliard le 137 de Jonathan perd le champignon du filtre à air. Il est ramassé. Cet accessoire est d'origine. Il ne s'agirait pas de défigurer un prodige de la IH!

Neuf heures n'ont pas encore sonné que l'abbaye de Combelongue, lieu du rassemblement, est atteint. Il aura fallu parcourir 18km. La jolie petite place bruisse de monde et d'animaux; bovins, ovins, volailles, lapins. Le vide grenier est ouvert et assez densifié. Quelques camelots sont là ainsi que les tracteurs des concessionnaires Deutz et Kubota, mais d'anciens point encore. Les saint-gironnais ont fait fort, les premiers à être arrivés alors que les plus éloignés. Leurs pétarous sont sagement alignés sur le beau gazon tondu depuis peu. Aussitôt les petites fiches techniques sont apposées sur les calandres. Bientôt ceux de Lescure débarquent, JB avec son 302, son père avec le 140 MF récemment restauré de toute beauté, Annaelle sur son Vendeuvre, Jérémie avec son Utility F235. Puis Hugo déboule avec son 201 suivi de Lou sur un Vendeuvre. Bravo Hugo, tu t'es décidé au dernier moment.

Ceux de Montesquieu arrivent en fanfare. Loïc sur Deutz et son copain sur Fahr D 88. C'est malgré tout un beau panel de 11 tracteurs. Le DB est fier, c'est sa deuxième sortie en public (la première fois à Saint-Girons lors du passage du tour de France). Il en étonne plus d'un avec sa belle robe verte (une énigme cette livrée) et de par sa stature.

La matinée va être délicieuse. Papotages et rires vont bon train. C'est l'incontournable ambiance des foires. Quelques tracteurs sont démarrés, histoire de montrer la qualité de leur fonctionnement malgré leur grand âge. La majorité d'entre eux dépasse les 60 ans! JB démarre le 201 et le 302. L'opération attire toujours autant de monde. Le 302 a un ralenti à faire pâlir de jalousie les plus ardents prosélytes de la grande marque concurrente Lanz. Il a été revu de main de maître par son propriétaire mécanicien hors pair. Trois tracteurs vont faire un petit tour dans l'enceinte de la foire.

Les bovins ont trouvé très vite acquéreur. Il est à peine un peu plus de midi qu'ils sont embarqués dans un somptueux M.A.N. bétaillère.

Pour le repas quelques 250 convives sont attablés sous le chapiteau et sont admirablement servis par les jeunes et charmants(tes) membres du comité des fêtes. Aujourd'hui rien ne presse, aussi le repas traîne un peu en longueur. La mascotte n'a pas perdu son temps et a quémandé de ci de là de délicieux restes de viande fournie par la boucherie Sirgant de Saint-Girons et des morceaux de fromage. Ce soir elle aura droit à la diète.

Benjamin ne cesse de réclamer qu'il voudrait conduire.

-Tu le prendras ce soir jusqu'à Rimont, ça sera déjà pas mal mais dans la foire, non.

Toutefois les circonstances ont fait qu'il a pris le volant tout le trajet du retour. En effet Ghislain et Jonathan retenus par leurs occupations déclarent forfait. Alors André prend le 137 avec Mathias sur le siège passager, Damien le Renault, Alain le DB et Benjamin son 137.

A 17h15 les adieux sont faits. La petite colonne traverse sous les acclamations du public encore nombreux (surtout près de la buvette) l'esplanade. Au village Damien guide Benjamin pour traverser la route. La troupe prend la direction de Montesquieu- Avantes par Capet, la Plagne, les Lannes. Dans une petite côte Benjamin passe en cinquième. Alain qui suit d'un peu trop près cale en voulant s'arrêter. L'embrayage a tendance à coller. André mène la barque, Damien se retourne souvent pour surveiller le jeune conducteur. La descente de Montesquieu à Audinac ne pose aucun problème. Après Bergerat direction Jean Dieu. A Monjoie tous les chauffeurs respectent scrupuleusement le stop. Damien fait craquer la 4ème. La boîte du Renault est certainement la plus difficile à manier. Le double pédalage est encore à peaufiner.

Enfin la cité des Consorani est en vue. Benjamin est très prudent dans la descente du Boulant. Au stop de la vigne de l'évêché son tuteur lui indique bien de descendre la côte de la Basterne en 5ème. Mais se dit-il, il vaut mieux que je laisse la voiture après la poste et que je monte avec lui. Ainsi il est rassuré et descend cette côte vertigineuse à la perfection. Le pont de Saint-Lizier est franchi, c'est la traversée du rond point du“ chaouré”et le retour à la base de Lorp par Pourlande. Bravo Benjamin, maintenant nous pouvons te décerner le brevet de conduite sur longue distance de l'écurie IH. Sa mère qui l'attend, emmène en revenant sur Saint-Girons Damien reprendre l'auto restée en haut de la Basterne. Alain remonte le DB à la Coume. Les trois autres héros du jour sont remisés dans leur garage.

Ainsi se finit cet épisode de cette journée inoubliable.

Merci Rimont, merci les tractoristes et à l'année prochaine sans doute.

 

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29 octobre 2021 5 29 /10 /octobre /2021 20:14
Labour Passion; les Pyrénéennes sous chapiteau
Labour Passion; les Pyrénéennes sous chapiteau
Labour Passion; les Pyrénéennes sous chapiteau
Labour Passion; les Pyrénéennes sous chapiteau
Labour Passion; les Pyrénéennes sous chapiteau
Labour Passion; les Pyrénéennes sous chapiteau
Labour Passion; les Pyrénéennes sous chapiteau

Labour Passion; les Pyrénéennes sous chapiteau,

 

 

Il est 9 heures lorsque la voiture des Saint-Gironnais pénètre dans l'immense espace des Pyrénéennes à Villeneuve de Rivière. La journée s'annonce très belle. Au programme le montage du chapiteau de cirque, ce fameux chapiteau qui avait contribué à l'immense renommée d'Antic-Agri 2016 pour le thème IH. Les photos prises d'hélicoptère avec les tracteurs présentés en cercle (dans les 325) avaient fait le tour du monde. Quels souvenirs! Quelques moments de répit permettent de voir les tracteurs(21) et les moteurs (3) amenés ce samedi par JEF et Gérard. Il aura fallu 8 camions.

Arrive un fourgon attelé d'une longue remorque. Pas besoin d'un dessin, c' est le matériel. A bord, Benja, Colette la propriétaire et Anaïs sa fille. Ceux de Longages ne sont pas loin; Gérard, JEF, Théo, Léo, Emilie, Clem. L'équipe est au complet. Une fois les présentations faites, le travail commence.

Première phase: l'implantation des deux mâts distants de 10m, dans l'axe du barnum de 35x10m. Ces deux gros mâts sont montés sur une plate forme articulée fixée au sol au moyen de deux gros pieux. Chacun est équipé de 3 longues élingues et sont reliés entre eux par un câble à leur sommet. Une fois ces haubans tendus, la structure ne peut plus bouger.

Deuxième phase.

Quand Benja a fixé les platines, c'est un habitué et un expert, il prend les mesures pour positionner les pieux extérieurs, pas moins de 28, en marquant d'un petit coup de bombe fluo leur emplacement précis. Précisons que pour qui n'a pas vu le montage d'un chapiteau, c'est très interéssant de le faire et de découvrir les différentes étapes car au début c'est à se demander comment va se goupiller l'affaire.

Troisème phase.

Hissez la mât, les deux en fait. Un jeu d'enfant. A 4 personnes le premier est décollé du sol, posé sur une chèvre puis quillé entièrement au tirefort. Idem pour le second. Avec la triangulation des haubans ils sont maintenus. Benja vérifie l'aplomb, parachève la tension, le tour est joué.

Quatrième phase.

C'est la plantation. Autant Benja par une multitude de coups de masse habiles a planté les piquets des mâts et ceux des haubans (un travail de forçat), autant pour les autres les hommes de l'art ont amené un matériel adéquat. Compresseur et marteau piqueur avec un genre de cloche pour taper sur les sardines (très grosses celles là). Pour ce faire, le tapage est tellement intense qu'ils revêtent les casques anti bruit. Le sol a beau être dur et caillouteux, l'acier rentre lentement mais sûrement.

Pendant ce temps, toute l'équipe n'étant pas besoin à l'esplanade, JEF en profite avec quelques acolytes pour préparer le bar et la salle de restauration sous le barnum.

Cinquième phase.

Envoyez les couleurs. C'est le moment le plus palpitant. Toute l'équipe amène la remorque à la main entre les deux mâts. Elle y rentre juste. Ce n'est pas un hasard. Benja accroche au câble qui descend de chaque mât la traverse en acier qui ressemble à un trapèze. Cet ensemble supporte le grand treillis métallique recouvert par la toile. C'est une pièce maîtresse. Les assistants prennent à bras le corps la toile qui est enroulée de chaque côté de la remorque et déplient tout cet ensemble. Le pliage a donc une importance fondamentale pour éviter une pagaille indescriptible au montage. Ça ne s'est jamais vu. Le levage commence. Deux monteurs se relaient à chaque tirefort. Ils tirent vraiment fort ces engins. La magnifique tente s'élève progressivement mais sûrement. Vu le poids les haubans sont tendus. Plus question de reculer maintenant.

Les sangles à cliquet peuvent être enfilées à chaque pieu ( de la taille d'une barre à mine) et légèrement tendues.

Sixième phase.

Levez les piquets! Légers, longs de 4 m ils sont positionnés tout le tour, en bordure de la toile, un œillet est prévu pour chacun d'entre eux. Ils vont donner la pente et la forme définitive du monument. Après cette opération, les sangles sont tendues assez fortement. C'est quasi fini. Plus rien ne peut et ne doit bouger.

Après le repas, reste une manœuvre; attacher les deux rebords qui partent du haut jusqu'à la bordure inférieure. A quoi servent ces ouvertures? Au pliage pardi, si elles n'existaient pas il serait beaucoup plus compliqué et au dépliage ce serait une galère. Il y a aussi les cheminées d'aération qui se manœuvrent d'en haut. Benja et Anaïs sont montés sur la toile avec une échelle et referment soigneusement ces deux coutures, l'étanchéité est totale.

JEF décide de monter deux projecteurs. Bien qu'en principe les festivités se finissent à 19 heures, on ne sait jamais. Théo se glisse prudemment avec le Merlo sous le toit et JEF positionne deux gros projecteurs à Led. Quelques tracteurs sont placés en arc de cercle devant le chapiteau. C'est un essai pour voir le rendu de la perspective. Tout le petit matériel est rangé, l'équipe a bien travaillé dans une ambiance fort agréable.

Le cirque est fini, du moins le premier épisode, le prochain sera à partir du jeudi 16 jusqu'au dimanche 19.

Ce beau chapiteau à l'entrée du parc en jette vraiment, cette multitude de vieux tracteurs va certainement attirer du monde. Labour Passion a réalisé une belle étape, reste à transformer l'essai.

 

 

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13 octobre 2021 3 13 /10 /octobre /2021 19:11
Salles sur Garonne, comme en 2019.
Salles sur Garonne, comme en 2019.
Salles sur Garonne, comme en 2019.
Salles sur Garonne, comme en 2019.

Salles sur Garonne, comme en 2019.

 

A 7h04 le Perkins piloté par Damien quitte l'allée des Tilleuls et s'élance sur la départementale vers Sainte-Croix. La pluie est dense et durera jusqu'après 10heures. Damien n' a pas souhaité endosser le ciré-oh mer impérieuse- et ne pouvant passer entre les gouttes, sera trempé comme un canard. Au moins les pneus du tracteur se seront bien lavés. Derrière, la “Citron” suit silencieusement avec les jeunes passagers Benjamin, Marie et son frère Valentin. Bien sûr, la mascotte est dans son compartiment arrière.

Sitôt la cahoteuse avenue René Plaisant franchie, le Renault tourne à plein régime. La vitesse s'établit aux alentours de 23/24 km/h. Avant d'arriver à Sainte-Croix il n' y a qu'un seul ralentissement au feu rouge à l'endroit des travaux après Montardit. A Sainte-Croix, c'est la moitié du trajet 23km, très légère baisse de régime à la sortie puis au dos d'âne du Plan, et aux ronds points à la sortie de Cazères. Après deux heures 4mn de trajet voici Salles sur Garonne. Ce sera le 22 -ème tracteur arrivé. Il y en aura en tout 25.

Après les salutations d'usage la joyeuse troupe ingurgite un somptueux petit déjeuner préparé par maître Eric. C'est la même équipe qui se retrouve après plus d'un an sans sorties ou foires agricoles.  

Peu après 10 heures, le temps s'est levé, Eric invite les participants à faire un tour du village en tracteur. Son petit SOM 20 et sa jolie bétaillère ouvrent le bal. Les autres suivent le guide et devinez qui escorte le convoi de son trot inaltérable? La mascotte Cybèle qui pendant plus d'une heure sans le moindre signe de fatigue ne perd pas de vue son maître et se charge de faire ralentir les automobilistes. Les trois jeunes lascars ont pris place sur un 137, un Fiat et le Renault. Le Cub de Jean-François ( c'est une des rares fois que l'on en voit dans les sorties) fait de son mieux, est distancé plusieurs fois par ses congénères et finalement petit à petit rattrape le peloton. L'histoire du lièvre et de la tortue ne se réédite-t-elle pas?

Après le retour, encore quelques instants de papotage aurour des beaux matériels et vient l'heure du repas.

Le comité des fêtes accueille bien. Désormais la fête de début juillet semble inscrite dans les faits, c'est aussi celle des tractoristes.

Un bon moment après le dessert, Eric invite ceux qui le désirent à faire un deuxième tour du village. Tout le monde suivra. Le patelin est vraiment mimi tout plein. Les maisons sont belles, bien fleuries et la plupart des habitants ravis de voir une si sympathique assemblée juchée sur ces matériels d'antan, sourient, prennent des photos et applaudissent.

Regardez, chuchote à ses passagers le conducteur du 7012; je vais faire le test de l'embrayage: appui sur les freins au maximum et forte accélération. Le moteur régule, rugit et fume mais ne cale pas. L'embrayage tient bon. L'assistance ébahie, se retourne vers l'engin orange. Quelques uns se demandent s'ils ne viennent pas d'assister à un test du Nebraska! Fabuleux, non?

Bientôt, lorsque la place de la mairie est regagnée les tracteurs vont rejoindre leur logis. Yves embarque son magnifique Same Saturno attelée à une rare charrue Naud sur son camion. Les autres sont venus par la route, de Saint-Michel, de Saint-Elix, de Longages, de Beaumont sur Lèze, de Mondavezan, de Saint-Cristaud, de Peyssies, de Martres Tolosanne et de Saint-Girons.

Guytou lève l'ancre, Jacques et son colistier de même avec leurs superbes F137 et 37 MF, André au volant de son Bolinder, Jean-Marc Casonato et son Som 511 comme neuf, Didier fidèle à son Someca.

Après des aurevoirs chaleureux les Saint-Gironnais larguent les voiles à 16h59. Fait exprès, le retour est un copié collé du matin. Le vaillant Perkins régulier comme une horloge ne bronche pas.

Damien se tient tout le trajet bien à droite. Le siège n'est pas confortable. Il maîtrise de mieux en mieux le difficile passage des vitesses. Le temps est ensoleillé et doux. Peu avant Cazères, André vient à la rencontre des randonneurs et jusqu'à Saint-Girons surveille le retour. C'est très sympathique. Après Sainte-Croix, dans la grande ligne droite la maréchaussée est en poste avec la jumelle. Pas de risque aujourd'hui de flagrant délit d'excès de vitesse avec les dieselistes.

A 19h 10 c'est l'arrivée à Saint-Girons. Pas une goutte d'huile ni d'eau n'aura été perdue.
Seul le niveau de gas-oil a légèrement baissé dans la soute.

A Audinac, après un chahut de bon aloi, les jeunes se sont endormis.

 

 

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22 septembre 2021 3 22 /09 /septembre /2021 21:09
Autrefois le Couserans, 29ème édition, pari tenu!
Autrefois le Couserans, 29ème édition, pari tenu!
Autrefois le Couserans, 29ème édition, pari tenu!
Autrefois le Couserans, 29ème édition, pari tenu!
Autrefois le Couserans, 29ème édition, pari tenu!

Autrefois le Couserans, 29ème édition, pari tenu!

 

 

Alors que quelques semaines avant les dates fatidiques des 31 juillet et premier août l'incertitude était de mise, la réunion avec les officiels le vendredi juillet levait toutes les hypothèques. La dernière réunion du suivie de celle du conseil d'administration dissipait les dernières ombres. Dans l'opinion c'était plutôt une défiance fréquente teintée d'un certain pessimisme. Cependant tout le programme était lancé; les invitations des groupes extérieurs, la préparation de la revue, l'organisation des repas, les campagnes de presse, les prêts des costumes. L'énorme machinerie bien huilée n'était pour le moment ralentie d'aucun grain de sable. L'assemblée générale au foirail le est totalement enthousiaste. Les troupes sont enhardies et prêtes à en découdre. La dernière réunion du mardi repasse le programme en revue de détail. Les plaquettes sont prêtes à être distribuées. Chacun en prend un paquet. L'année a été beaucoup moins prolifique quand aux rentrées publicitaires mais un bon nombre d'annonceurs a joué le jeu. Ainsi une belle édition de la revue de 26 pages a 10000 exemplaires a pu être réalisée. Énorme travail de préparation d'Eric et du président.

Le jeudi une petite information négative s'oppose à une plus heureuse. En effet le petit Renault gazogène sis à Viella montre quelque essoufflement et ne démarre pas. Par contre, Michel, de Cérisols demande à Philippe le maître équin, si sa belle fille Agathe peut amener la belle jument Percheronne et sa petite mule de deux mois au défilé. Que oui!

Finalement autre bonne nouvelle, Bernard annonce le mercredi 28 qu'il a pu changer le moteur du gazogène, il en avait un de rechange le veinard, et que tout fonctionne au carré. Il viendra le dimanche matin en étant parti de Viella à 3 heures. Quand Saint-Girons attire, rien ne résiste!

Dans les coursives comme d'habitude les équipes s'affairaient à qui mieux mieux. Côté mécanique, forgerons, mécaniciens, menuisiers, ébénistes, serruriers, peintres œuvrent toute l'année plusieurs jours par semaine dans les ateliers d'ALC, tels des abeilles dans une ruche, briefés de main de maître par Paul dans une bonne humeur inégalable.

Là haut dans la salle des vestiaires, naguère salle de remplissage des lessiveurs et de la préparation du collage des papiers fins et soyeux de la vénérable papèterie, les dames de l'association outre l'entretien des costumes, ont confectionné 5000 cocardes à vendre pendant les journées inoubliables. L'équipe Fofo préparait de son côté la taverne du bi petit. Une organisation qui ne doit rien laisser au hasard au niveau des denrées et du matériel pour assurer le service.

Ces journées de fête sont devenues une institution dont l'épine dorsale est constituée d'une immense chaîne dont tous les maillons sont solidaires.

Nanou, la grande prêtresse du défilé, coordonnait la position des groupes et des chars dits à thème. Le matin du grand jour, tous les emplacements sont numérotés au foirail. Gare à celui qui ne trouve pas sa place!

Sabine et Philippe, responsables des bovins et équins, s'assuraient que les attelages et les cavaliers ne feraient pas faux bond. Mais non, Saint-Girons a acquis une telle notoriété que toutes les passions confluent naturellement vers la belle capitale couserannaise. Qui plus est une liste des animaux, de leur race, de leurs prénoms, de leurs propriétaires est préparée à l'avance et remise aux commentateurs. C'est aussi bien qu'aux jeux olympiques, non? En tout cas pratique et agréable.

Le travail de secrétariat, à ne pas négliger. Laure est au front et fait face. Registre des prêts de vêtements, envoi des factures, préparation des cartes d’adhérents, des tickets repas. Tu n’avais pas une ascendance chez Colbert par hasard, Laure ? 

Autre problème épineux : les repas du samedi soir et du dimanche midi. On voyait souvent Laurent, fidèle préposé à l’intendance, parcourir les rues de Saint-Girons. C’est que pardi il visitait les restaurants pour loger les participants. En fin diplomate, il a réussi à caser tout le monde, qui plus est-ce jour là où les appétits sont féroces. 

Question sécurité, dès le jeudi les légionnaires de Louis acheminaient les barrières de sécurité aux endroits stratégiques, transportaient les barnums et les montaient le vendredi. Jean-François qui siégeait aux réunions officielles, chargé de la sécurité, avait recruté de nouveaux éléments venus lui prêter main forte le dimanche. Le samedi matin, un petit groupe parcourait la ville pour placer les affichettes stipulant “masque obligatoire”. Du lundi au jeudi, l’équipe des légionnaires de Paul (Philippe, Roland, Alain, René, Michel, André et Rémi transportent chars, charrettes, remorques au foirail pour le grand jour. Nouveauté, le rouleau Richier repeint à neuf est de sortie. Il est amené en remorque au foirail. Il est prévu tout à fait en queue de convoi. Les irrégularités du sol n’ont qu’à bien se tenir ! 

Le président serein en apparence, tendu en son for intérieur, supervisait constamment chaque tâche. Un travail d’enfer qui a dû occasionner quelques troubles de sommeil. 

Larguez les amarres ! 

Le jeudi soir l’entrée en matière c’est sur le parvis de l’église. 

Vendredi soir. 

Grand concert avec le chanteur basque Olaïzola. C’est un moment inoubliable, chanteur et public sont en symbiose et vivent un véritable enchantement. Le Bi Pétit entre en action, ce lieu fort sympathique et devenu mythique. Les tenanciers sont extrêmement accueillants, les clients du jour consomment avec allégresse. Tout est pour le mieux ! Les bonbonnes vont se vider, la caisse va se remplir. 

 

Samedi 31 juillet. 

Le matin il bruine assez fort, le monde est tout de même assez dense au marché du boulevard Frédéric Arnaud, un peu moins au vide grenier. L’inauguration a lieu au Bi Pétit en présence des officiels. La machine est lancée. Qui pourrait l’arrêter ?  

 

Les vieilles voitures. 

Le champ de mars est libre. Alors que sur la place de la mairie, Paul et ses assistants mettent la scie au point, animé par le gros moteur Baudoin, les belles autos silencieuses et presque furtives se glissent sous les platanes centenaires. Il en viendra douze des environs de Saint-Girons (Simca 1000, 202, tractions, MG, 4 chevaux, 2 chevaux, R16, DS), et le club de Salis qui déboule avec 15 voitures. Leur arrivée sur le pont vieux, bien visible depuis le champ de Mars est des plus belle. Les mobylettes (15) encadrent la troupe. A 15h49 la colonne s’élance pour deux tours de ville. Les voitures sont groupées, le nombreux public est ravi. Depuis 13h la pluie a cessé, pourvu que ça dure. Pendant ce temps la scie a fonctionné. La place est fort animée. Le groupe folklorique des landais, les échassiers, arrive en fanfare et donne une petite aubade devant la mairie. C’est spectaculaire ! Sur la place du palais des Vicomtes, le spectacle équestre de Laurent Galinier fait suite au défilé des vieilles voitures. Peu à peu le monde reflue vers le square Balagué. La rue Jules Desbiaux est envahie. 

La route du bois. 

A 18h, les cavaliers de Lorp ouvrent cet épisode. Hélas, dame pluie s’est invitée et va tomber durant toute la soirée. La température est très fraîche. Les chevaux sont suivis des splendides attelages bovins, des bœufs Salers, Suisses et Aubrac de l’intrépide trio François, Benjamin et Pierrot. Plus spécialiste qu’eux, se mettre à l’œuvre ! L’attelage de François avec le trinque balle atteint presque 18m de long.  

La technique du câble. 

C’est le commando de Robin, Cyril, Mathieu et Pilou qui officie aidé par les bœufs suisses de Benjamin qui tirent le câble. Ce long câble est attaché à un point fixe, l’autre brin passe au-dessus du tronc et à la traction celui-ci roule sur deux plans inclinés jusqu’au char. Les bœufs sont très obéissants et doivent s’arrêter au bon moment au risque de flanquer le tronc du côté opposé au changement. 

La longue manœuvre est effectuée avec brio mais le public a quasi déserté les rangs, animaux et matériels rejoignent le foirail. C’est l’heure du souper, qui à l’Union, qui chez Faur. En soirée, le feu d’artifice sera quand même tiré mais Paul renonce à allumer les brulots. Demain ira mieux.  

 

Dimanche 1er Août. 

Le jour n’est pas encore levé que les machinistes sont à pied d’œuvre au dépôt de Lorp dès 6h10. Même Bernard de Viella, parti à 3h est arrivé dans les tout premiers. Chacun gagne son engin, démarre son moteur et se tient prêt à embrayer. Les deux motards de la brigade sont sur place. Toutes les ardoises sont attachées aux tracteurs. Un inédit H avec André à son volant, un tant soit peu inquiet fait partie de la cohorte. A 7h10, Paul donne le coup d’envoi. Un petit nuage de fumée bleuté surmonte le long serpentin. Marie est très appliquée au volant du petit vigneron. 35 minutes après Saint-Girons accueille la division de la mécanique au boulevard Frédéric Arnaud. Le “P'tit” gris de Polo a cafouillé vers la gare mais arrive finalement et de la journée ne posera plus aucun problème. Jusqu’à 9h c’est le moment d’un petit entracte. Avant le casse-croûte, chacun papote devant son tracteur. Déjà 2 ans que le dernier rassemblement avait eu lieu. Devant chez Dijeaux, le mythique Saurer conduit par Germinal et accompagné de Francis attend le signal du départ. Valentin et Marcel affectés aux remorques des amuse- gueules et du baron Haussmann sont allés atteler au foirail. A 9h Paul juché en hauteur dans la cour de Tutti Frutti, harangue les équipages, souhaite la bienvenue aux conducteurs et passagers, invite ceux qui ne l’ont pas à prendre la carte, indique les restaurants ou doivent aller les différents groupes et souhaite bon appétit à ce brave monde. 

Au foirail, les préparatifs vont bon train. Tous les animaux qui vont s’immiscer dans le défilé se préparent. Groupes et attelages ont un ordre de passage bien précis, c’est la tâche ardue de Nanou, maîtresse en la matière. Daniel se tient à l’entrée du foirail, de son œil infaillible il surveille le bon déroulement des opérations et met la pression sur ceux qui risquent d’avoir un peu de retard. La belle jument Câline est d’une impavidité remarquable. Sa petite mule Licorne ne se doute pas du bain de foule qui l’attend, elle n’était pas dans le secret ! Agathe la meneuse est légèrement inquiète mais tout ira bien. 

Après avoir inspecté l’immenses noria des engins prêts à partir – le départ est donné à 10h précise - le propriétaire de la bicyclette hirondelle rejoint son poste aux monuments au mort. A 10h25, le majestueux camion arrive tranquillement place François Camel. Tout un symbole. L’équipage est radieux. Il y a de quoi ! Avec une telle mise en scène, le public est honoré ! La puissante sono permet d’envoyer un message aux tractoristes, d’évoquer brièvement l’histoire des marques et des différents modèles et de remercier le public. Paul fait une petite apparition et envoie un petit mot de bienvenue avant de rejoindre son poste au square Balagué. 

Le déboulé des tracteurs est somptueux, ils sont correctement espacés. Sans doute un peu moins que d’habitude. Sans exception ils sont tous des habitués. Le petit gazogène Renault de 1942 est là pour la deuxième fois. Il vient de Viella dans le Gers et fonctionne à merveille. Vient ensuite le groupe des ineffables bethmalais suivi des splendides chevaux castillonais de François très élégants dans leur robe brun pangaré. Les arabes de l’écurie de la maison blanche superbement montés maîtrisent à la perfection leur vitalité inépuisable. 

A suivre...

 

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1 septembre 2021 3 01 /09 /septembre /2021 19:16
Premier bain de foule pour le H
Premier bain de foule pour le H
Premier bain de foule pour le H

Premier bain de foule pour le H.

 

 

Dès qu'il avait été mis en route en octobre 2020 le H avait été prédestiné pour faire son premier défilé à Saint-Girons début août.

-C'est toi qui le conduira, André, il te revient et il t'obéira sans problème.

-Ah, ça me fait plaisir.

Les essais étaient de plus en plus concluants. Mais le passage au pétrole était encore prématuré. Le moteur cafouillait et s'arrêtait, alors va pour rester sur le cycle essence. Les collègues de Labarthe- Inard et de Longages propriétaires de H et M assuraient que le tracteur pouvait fonctionner à l'essence s'il n'était pas soumis à forte charge. Quasi chaque dimanche le H a été allumé et a fait des petites sorties dans les alentours de la Coume.

Pourtant, pourtant, il y avait un léger signe d'inquiétude. En fonctionnement sur le grand réservoir qui on s'en souvient avait été soigneusement résiné, le moteur s'arrêtait comme s'il manquait d'alimentation et repartait aussitôt. C'est ce qui s'était passé le jeudi 22 août pendant une balade avec la remorque bleue, occupée par les trois inséparables Valentin, Benjamin , Marie et Cybèle. L'attelage ne manquait pas d'allure.

Le dimanche 25 Damien part faire des essais et à son retour, la question lui est posée;

-alors des ennuis?

-Oui, il s'est arrêté deux fois et est reparti comme si de rien n'était.

L'essence arrive, le filtre à air est propre, rien à suspecter côté allumage. En ouvrant le bouchon du réservoir, tiens grande surprise, une forte dépression se fait sentir. Mais diable, en y regardant de plus près, le trou des évents du bouchon est complètement obstrué! Comment ce détail n'avait-il pas été vu? Quelle négligence. Il a fallu le déboucher avec une vrille mais le verso n'est pas brillant non plus. Le petit canal est bouché par la résine. C'était pourtant bien dit dans la notice de Restom de faire attention aux orifices d'entrée et de sortie du carburant.

Bon, après un nettoyage de l'organe, le moteur est remis en route sans histoire. Ce sera bien pour aujourd'hui.

Nouvel essai lundi 26. Il fait très beau. Descente à Saint-Girons, petit arrêt chez Ajalon, promenade avec majesté dans le lotissement de l'impasse du Couserans et remontée vers la Coume au grand galop. Trop vite peut-être. Avant d'attaquer la dernière côte, nouvel arrêt et redémarrage aussi sec. Dans la montée, deux arrêts à nouveau. Retour au garage. L'analyse? Vient un moment où le moteur n'est pas suffisamment alimenté. Suspect N° un, le bouchon. Pourquoi ne pas mettre celui du B450, c'est le même? Pour ce soir ça ira.

Mercredi 28.

Avec André il est décidé d'amener le H avec la faneuse à Lorp pour le grand jour. Ça passe ou ça casse. Le plein a été fait à ras bord tant et si bien que l'essence s'échappait par le bouchon. Plutôt un bon signe. Miracle et merveille, le H a trotté tout du long comme un élégant Percheron.

André suivait en voiture. Il n'aurait plus manquer que le H s'arrête en bordure de la grande D117. Quel spectacle affligeant c'eût été! A très petit régime, la vitesse montait à 22/23kmh. Derrière, la faneuse suivait sans peine tout en se demandant vers quel destin elle était emmenée à si vive allure. Voilà un trajet qui était de bon augure.

A 6h 40 le dimanche 1er août, le H, tout frétillant, démarre au premier coup de manivelle. Sa batterie a été mise dans son caisson. L'équipement est complet. Il fait frais par ce beau matin. Les moteurs ne chaufferont pas. A 7h10 le gigantesque cortège de 30 tracteurs tous attelés d'une remorque ou d'un outil s'élancent à la conquête de la 29éme édition d'Autrefois le Couserans.

Dans un panache de fumée bleutée la colonne motorisée est reine sur la 117, escortée par les motards de la brigade de Saint-Girons. Les automobilistes déjà nombreux sont coi. Le H mené par son maître attentif poursuit son destin. L'arrivée à Saint-Girons est 40mn après le départ. Tout ce beau monde se gare comme à l'accoutumée tout le long du boulevard Frédéric Arnaud. Le beau row-crop, le seul de l'assemblée, suscite bien des admirations et des commentaires. Seul le petit Renault AFVH gazogène de 1942, venu de Viella, est un peu plus âgé.

Après les consignes de Paul et un solide casse croûte dans la cour de Tutti Frutti les équipages rejoignent leurs véhicules. A 10heures précises le Saurer démarre. L'immense cohorte suit sans qu'un seul maillon ne lâche. Du haut de son immense stature le vénérable H domine la troupe. Au rond point de l'avenue d'Aulot c'est un immense hourvari qui ponctue l'arrivée des célèbres mécaniques. Ensuite le défilé des thèmes s'engage peu à peu dans un ordre parfait à leur suite. Rien n' a été laissé au hasard.

Les tracteurs trottinent et les voici avenue Gallieni accueillis au micro de Jean-Louis Peguillan puis place Vaillant Couturier par Gilbert B. La rue Villefranche bondée est franchie avec grâce, au monument aux morts où dans un ordre impeccable, à petit pas et petit régime, sous un soleil radieux, les visages souriants, comme un fleuve tranquille ils passent devant la foule ébahie qui ne peut qu'exulter sa joie.

Le H déboule. S'il porte encore les stigmates d'une longue souffrance qui faillit lui être fatale, lui et son conducteur (soumis à rude épreuve ces dernières semaines) scintillent de toute leur gloire du jour. Sans vanité aucune, ils pouvaient être fiers de leur succès.

Au square Balagué, après avoir traversé le Rubicond, enfin presque, nouvel hommage de la foule et des prestigieux commentateurs. A vrai dire il n' y avait eu qu'une fois un H dans un des tout premiers défilés. Mystère, personne ne se souvient d'où il venait.

Au champ de Mars nouveau passage triomphal sous les brillants commentaires de Louis et de Guy. Pour les mécaniques le défilé tire à sa fin. Les voici garées quelques instants au boulevard Noël Peyrevidal. Un petit moment après ils reviennent prendre leur place traditionnelle rue Villefranche. Tout l'après midi ils pourront se faire admirer par le public.

André descend de son poste surélevé, heureux et détendu. Il fait partie de l'équipe du battage pour l'après-midi qu'un bon repas attend au café Surre.

Vers 16h les jeunes de l'équipe de Benjamin font une démonstration de démarrage à la manivelle. Le beau moteur de 2,5l n'est pas dur à démarrer. Son joli bruit émerveille les touristes intéressés par la manœuvre.

Après le battage, l'Energic qui n'a pas pu démarrer est pris en remorque jusqu'au square Balagué. Dans l'excitation du moment la grande roue du H accroche le feu de gabarit du camion d'Aurélien.

-Repartons André, Hugo va atteler la remorque de la forge. Tu remontes la faneuse à la Coume et nous venons te chercher. En repartant c'est une haie de vivats qui l'acclame. Ce n'est pas tous les jours que Saint-Girons a la chance de voir un Farmall si mythique.

Non mais, quelle élégance ce tracteur de Louisville, le voici qui monte les côtes jusqu'à la succursale IH. Son moteur ronronne comme s'il sortait d'usine et la faneuse Mc-Cormick pas peu fière d'être prise en remorque par son congénère de la même marque.

Quel baptême!

Finalement la mécanique, c'est un peu comme les mathématiques dont la résolution commence par la bonne compréhension du Français, elle, elle commence par la bonne analyse des symptômes.

Bravo André, bravo le H, bravo Autrefois le Couserans!

 

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15 juillet 2021 4 15 /07 /juillet /2021 20:35
Au ski en car.

 

                                   

Au ski en car,

 

Dans la décennie 60 le ski club de Saint-Girons était en plein développement. Pour transporter les élèves du collège du boulevard Frédéric Arnaud qui allaient s'initier à la station de la Trappe au dessus d'Aulus, le car était tout indiqué. Les cars Amiel étaient un des protagonistes de cette épopée pour le plus grand bonheur des collégiens. S'y côtoyaient aussi les transports Denamiel de la vallée d'Ustou. Les sorties étaient les jeudis et samedis après midi, départ à 13 heures place des Capots. Tout ce petit monde était en pleine effervescence, heureuse époque où la découverte du ski procurait une grande joie.

Quelques voitures amenaient les joyeux sportifs au rendez-vous, certains venaient à pied et d'autres à vélo, la paire de skis sur l'épaule. C'était un grand tintamarre que cet embarquement sur la petite place Saint-Gironnaise. Le beau et somptueux car bleu, de marque “Citron” s'il vous plaît attendait sagement depuis quelques minutes. Le répit n'allait plus durer longtemps. Le père Amiel reconnaissable de loin à sa blouse bleue veillait avec un soin jaloux au rangement des skis dans la soute pendant que les passagers prenaient place, les plus jeunes vers l'avant et les plus grands plus en arrière. L'ambiance était des plus merveilleuses. Les uns papotaient tranquillement, les joyeux lurons chahutaient gentiment.

Puis le chauffeur prenait place au poste de conduite après avoir fermé soigneusement la porte du P45 dont la fermeture n'était pas encore automatique de ce temps là. A côté de lui, à sa gauche prenait place un jeune garçon de Saint-Lizier sur le petit strapontin. Aussi rien ne lui échappait de la magie de la route. Oh, le trajet n'était pas bien long, dans les 35 km, mais plus d'une heure pour le parcours avec en finale la montée d'Aulus à la Trappe d'un peu plus de 5km. Avec la mécanique de l'époque, peu de chevaux sous le capot pour des véhicules somme toute assez lourds. La traversée de Saint-Girons et d'Eycheil puis la route de Kercabanac était sans difficulté particulière.

A Kercabanac le petit tunnel existait déjà, la route qui prenait le lit de la voie ferrée ( construite avant les années 20 mais jamais achevée) pour dévier Saint-Sernin n'était pas encore ouverte, le virage dans Saint-Sernin était très prononcé. Guillaume Amiel redoublait d'attention sur la route étroite et à allure très modérée traversait Vic d'Oust puis arrivait à Oust. Après cette petite ville une série de virages avant Ercé ne permettait pas d'aller très vite. Qu'importait? Dans le grand habitacle bavardages, rires et chansons allaient bon train. Le gros moteur Diesel de la firme de Javel donnait tout son allant et obéissait au doigt et à l'œil de son chauffeur expert. Il faut dire qu'il connaissait la route et le véhicule par cœur. Avec une prudence de loup, jamais aucun incident ne fut à déplorer.

A Ercé rien de compliqué, la route est un peu étroite à la sortie et Aulus, surprenante petite cité de par son architecture des multiples hôtels était atteinte. Au fond à droite après la traversée du pont sur le Garbet, la grande montée vers la Trappe mettait à rude épreuve le beau Citroën bleu. La vitesse devait se situer entre 20 et 30 km/heure. Chose remarquable, cette route qui venait d'être créée dans les années 60 était très large et notamment dans les virages ce qui rendait la circulation relativement aisée hormis le pourcentage de pente assez élevé sur certains tronçons.

Pas une fois le moteur n'a chauffé, oh non, le matériel était costaud et bien conçu.

Enfin le célèbre col de la Trappe est atteint. Les passagers frétillaient. Le grand paquebot se garait au niveau du restaurant Maurette, autre célébrité et les jeunes sportifs descendaient, chaussaient leurs skis et commençaient leurs glissades sur la petite piste en pente douce. Quel charivari! Les débutants tombaient plus vite qu'ils ne se relevaient mais l'abbé Jean Fauroux fidèle moniteur de chaque sortie prodiguait ses conseils et tout se passait dans la meilleure humeur. Il n' y avait pas encore le remonte pente pour les néophytes. Les plus enhardis prenaient le grand téléski très raide au départ qui faisait faire un bond stupéfiant quand le perchiste embrayait la canne sur le câble. Beaucoup à la première tentative se cassaient la pipe et il n'était pas rare que l'homme de la manœuvre débraye l'entraînement en attendant que les impétrants reprennent leur “assiette”. C'était d'ailleurs un moteur Berliet qui entraînait cette remarquable mécanique.

L'après midi passait dans une gaie insouciance. Après le goûter pris bien au chaud chez Maurette, Guillaume sonnait le rassemblement d'un magistral coup de klaxon. Les petits elfes se rapprochaient du car et là, attention, chaque passager frottait ses chaussures avec une petite balayette. Pas question d'embarquer des particules de neige et de transformer le sol en flaque, quoique... Une fois le comptage réussi, il y avait parfois des retardataires, les portes du cockpit et des soutes bien refermées, la descente était abordée avec la plus grande prudence. Dans la pente soutenue, le frein moteur ne suffisait pas à ralentir l'énorme carcasse, les freins à air comprimé de type Westhinghouse ne pouvaient être sollicités que par petites touches sous peine de surchauffe. Combien de poids lourds ont périclité dans des côtes vertigineuses abordées à trop grande allure?

Une année la route du col était tellement enneigée que les skieurs sont redescendus en ski pour leur plus grand bonheur. Pour monter le car avait dû sans doute mettre les chaînes. Qui des Saint-Gironnais peut s'en souvenir?

La nuit commençait à tomber. L'assistant de Guillaume, le petit lizérois avait repris sa place sur le strapontin et désembuait copieusement le pare brise. C'est que la joyeuse troupe envoyait force vapeur d'eau après un après midi éprouvant! Au fond, dans les derniers rangs c'était un indescriptible tohu bohu qui ne cessait. De temps en temps Guillaume donnait un coup d'œil sur le rétroviseur intérieur et s'enquerrait de savoir si les chahuteurs ne dépassaient pas les bornes au risque de faire chavirer le bel esquif. Allons, tout allait bien. Le somptueux autocar bleu avalait lentement et prudemment les siennes de bornes! Qui aurait pu dire, lequel était le plus heureux du pilote ou du copilote?

Après avoir abordé et franchi les multiples virages de la départementale D618, le navire arrivait à Saint-Girons vers les 18 heures. Chacun reprenait son matériel, tout ce petit monde s'égaillait et se donnait rendez vous pour samedi.

Les frères et sœurs de Saint-Lizier rejoignaient leur ferme de Peillou à 3 km de là, en bicyclette, skis sur l'épaule, grosses chaussures délacées encore aux pieds. Les bicyclettes avaient elles de l'éclairage, oh plus ou moins, le circulation n'avait rien à voir avec celle d'aujourd'hui.

Demain le car continuerait sa ronde incessante vers Aulus, ses confrères qui vers Massat, qui vers Ustou, qui vers Sentein, qui vers Orgibet, qui vers Foix, qui vers Toulouse.

Saint-Girons la belle venait par une journée comme celle ci d'écrire une nouvelle page de son histoire mémorable.

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1 mai 2021 6 01 /05 /mai /2021 18:25

Descente dans les cryptes hydrauliques du TEA 20.

 

Depuis qu'il était rentré dans l'écurie (cf. le prodige de Harry Ferguson, 18 mai 2008), le petit gris avait donné toute satisfaction et était un habitué du défilé d'Autrefois le Couserans. Freins refaits, joint de culasse changé, dynamo neuve étaient les quelques réparations effectuées. Embrayage, boîte de vitesse, direction, moteur, carrosserie étaient en parfait état ainsi que les pneus. Le système de levage posé sous le tracteur et relié au relevage, brevet Ferguson, avait été trouvé en 2016. Une démonstration lors du défilé de Saint-Girons le 6 août 2017 avait suscité l'admiration de bien des spectateurs.

Toutefois le relevage souffrait d'une petite anomalie, un comble pour un Ferguson dont Harry avait été le précurseur du trois points en 1934. Il ne tenait pas à la hauteur demandée et redescendait tout doucement même avec la prise de force enclanchée qui commande en même temps la pompe hydraulique.

L'homme de l'art, André ancien mécano des Ets Icard à Cazères, avait été consulté. En principe avait il dit, le problème vient des segments du piston de relevage qui sont usés. Rien de compliqué.

Tu enlèves le siège, tu défais le couvercle qui supporte le relevage, mais attention avant de lever, tu dois dévisser un petit boulon de 11 de chaque côté d'un genre de fourchette qui commande la valve hydraulique. Si tu ne fais pas ça tu vas casser cette pièce en levant le couvercle. Tombe un peu d'huile du relevage, sinon en ouvrant les deux trappes rondes latérales tu vas en mettre partout. C'est très simple. Une fois que tu auras posé le couvercle, tu démonte le cylindre tenu par 4 boulons et tu sors le piston. Tu trouveras les segments à la boutique du Tracteur. Un homme précieux cet André. Avec ses explications aussi brillantes de type subliminales, pas besoin d'un éclaté dernier cri! Le schéma est comme tracé dans l'espace.

Ainsi ce dimanche après midi 7 janvier 2018 le “ptit” gris passait en chirurgie légère. Pour être à l'aise, sortons les chandelles et bras de relevage dirent les mécaniciens. Toi, André tu t'occupes du bloc arrière et nous avec Hugo, vidangeons l'huile et ouvrons les trappes latérales.

Bigre il en contient de l'huile dans cet imposant carter. Il faut reconnaître que ce sera une bonne occasion de la changer. Il y a certainement plusieurs décades qu'elle fait son va et vient dans les circuits souterrains. Un peu moins de 10 litres sont écoulés. Le niveau est bien en dessous des trappes de visite. Ah voilà les fameux petits boulons de 11. Evidemment pour faire mieux le premier tombe au fond du carter et disparaît dans la petite mare d'huile trouble. Avec la tige magnétique il est vite repêché. Le second ne subira pas cet injuste sort. Cette fourchette en alu qui coiffe l'arbre de prise de force est bien visible mais comment diable se déboîte -t-elle du petit axe noir sur lequel est fixée la valve? André propose de défaire le couvercle inférieur: en vain, il supporte la pompe hydraulique et le restant d'huile s'échappe.

Pourtant d'après André de la MF il n' a pas parlé de défaire la partie inférieure et c'est très simple avait-il assuré. Appelons le avant de faire une bêtise. Quelle chance; il est là. La situation lui est décrite. Satisfait de la description, il s'écrie;

-vous y êtes nom de nom. Il suffit de déboîter l'axe noir qui est au fond, de chaque côté. La pièce qui est tenue par le boulon de 11 s'écarte, elle fait un peu ressort. Effectivement une légère traction latérale est exercée et le tour est joué.

-c'est bon, André, nous tenons le bon bout. Pour remonter ce n'est pas trop difficile?

-pas du tout.

-tu es un champion, grand merci et à bientôt.

Il n' y a plus qu'à lever le bloc qui sort de son emplacement sans difficulté. Il doit bien peser entre 30 et 40kg. Il est aussitôt mis sur l'établi et le cylindre est déposé. Il est magnifique, pas une rayure, pas une piqûre. Voyons voir le piston. Il sort de sa matrice à petits coups portés sur une cale en bois. Ah ah, il y a le segment du milieu qui est cassé. Voilà qui explique bien des choses. Les deux autres doivent avoir pas mal d'usure. Un jeu neuf remettra d'aplomb le relevage.

Pour ce soir le programme est terminé. Le tracteur est poussé dans son logement et couvert. Le bloc est posé par terre et protégé par un carton. Les outils sont essuyés et rangés. Une fois les segments reçus le système sera vite remonté et fonctionnera sans doute à merveille dès que l'huile neuve se glissera avec volupté dans la cavité et alimentera les pistons alternatifs de la pompe.

 

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20 mars 2021 6 20 /03 /mars /2021 20:36
Petit Dexta cherche famille adoptive!
Petit Dexta cherche famille adoptive!
Petit Dexta cherche famille adoptive!
Petit Dexta cherche famille adoptive!

Petit Dexta cherche famille adoptive!

 

 Bleu comme un Fordson Dexta

 

 

Oui, bleu, “bleu Empire” pour la dénomination officielle de la couleur du petit Dexta, le dernier de la lignée des Fordson.*

Mme Negroni était venue le voir plusieurs fois dans sa quincaillerie pour l'informer que vu le décès de son mari, très connu dans le Saint-Gironnais pour ramasser les palettes perdues avec son J9 gris, elle vendait le Fordson.

-tenez voici mon n° de téléphone, venez le voir, appelez moi avant de venir.

-c'est d'accord.

Le mercredi 17 mars, nouvelle relance et petite bonne nouvelle.

-j'ai la carte grise, me fille s'occupe de la faire transférer à mon nom. Tenez mon n° au cas où vous ne l'auriez pas noté.

-ça tombe bien, demain jeudi je suis de repos, je passe dans la matinée.

Jeudi matin 10 heures la “Citron Berlingo” se gare en silence à la sortie du joli petit village d'Alas, côté direction Castillon. La propriétaire arrive. L'antre secrète se trouve à 300m de l'ancienne école, au bord du Lez.

Le bleu est sous l'appentis, caché per des palettes de matériaux et une pile de dalles en aggloméré. L'excitation commence à poindre. De quel modèle peut-il s'agir? A peine engagé sous le toit voilà l'engin qui apparait.

Mais c'est un Dexta s'exclame avec heureuse surprise le visiteur! Nom de nom!

L'examen commence aussitôt. Il est équipé de la fourche qui est déposée dans la cour. Le bâti et les vérins sont sur le tracteur. Une cabine artisanale assez bien faite protège le poste de conduite. Plutôt froissé au niveau de la calandre, incomplet au niveau des poignées de fermeture du capot moteur, il inspire le respect et une forte sympathie. N'est pas Dexta qui veut! Les pneus arrières 12,4 x28 sont excellents. On ne peut en dire autant de ceux de l'avant, très usés et le gauche complètement à plat et balafré. Il y a deux roues de rechange montées en 13,6x38 en excellent état.

-Il y a longtemps qu'il n'a pas tourné annonce l'hôtesse des lieux. Le bâtiment est loué, il faut tout dégager, je vends la parcelle.

Et du côté direction, s'il a travaillé avec la fourche, il doit y avoir de la fatigue dans les organes. Le jeu dans le boîtier ne semble pas excessif mais le volant tremble sur la colonne. L'écrou se défait à la main. C'est un montage sur cannelures. A-t-il été démonté? La vitre du compte tours est cassée, dommage. Les vitesses et les gammes ne sont pas bloquées. Pédales d'embrayage et de freins répondent bien aux sollicitations. Le repose pied de la pédale d'embrayage n'est pas usé et il n' y a pas de jeu anormal dans l'axe. Quand au mécanisme seuls des essais une fois le moteur allumé permettront d'en avoir le cœur net. La commande de l'accélérateur répond bien. Allons, le début de l'examen est encourageant.

Le marche pied gauche est à ressouder, l'aile gauche est solidement ancrée. Il n'en est pas de même pour la droite qui est fendue à sa base. Rien de grave. Il y a même un siège passager artisanal bien fait, en parfait état sur le côté droit. Le cliquet du frein à main est bloqué, une broutille. La cabine, qu'en penser? Si le joujou rentre dans l'écurie, hé bien elle restera quelques temps en place. Après tout elle n'a pas de portes , l'accès au poste de conduite en est d'autant plus aisé, le toit est haut, la face avant dotée d 'un grand pare brise en très bon état. Le siège a l'âge de ses artères, l'assise est fendue. Rien d'alarmant là non plus. La partie arrière est complète avec ses bras de relevage et la chape de remorquage. Côté équipement électrique rien ne manque, phares, clignotants, alimentation du démarreur (démarrage à la Fordson au levier manuel placé en bas de la colonne de direction) de la dynamo et du régulateur. Toutefois les phares devront être placés à la calandre si la fourche est enlevée.

Et question moteur? Le tracteur a besoin d'un bon dépoussiérage et dégraissage mais il n'est pas envahi de crasse comme on le voit souvent. Comment sera l'essieu avant notamment le pivot, surement pas à l'état neuf, de l'usure à coup sur mais là encore rien d'irréparable. Il y a de l'huile? Oui le niveau est au maxi mais l'huile est noire. Il n'y a pas d'eau dans le radiateur, la batterie est restée en place et branchée, elle est inerte bien sur. La commande du démarreur agit bien sur le contacteur. Le joli petit trois cylindres est - il bloqué? A la rotation du ventilateur la courroie patine.

En serrant cette dernière d'une main et en faisant tourner le ventilateur de l'autre main, miracle la poulie du vilebrequin tourne. Voilà qui est de bon augure! Allons petit Dexta, on te savait animé d'une dextérité hors pair, c'est bien vrai. La pompe à injection est comme il se doit une Simms (classique sur les Fordson, certains Mc-Cormik anglais, les Nuffield et les David Brown). Après ouverture de la trappe de visite il sera facile de voir si un piston n'est pas bloqué. La fixation du pot d'échappement tremble au raccordement du collecteur, rien d'alarmant.  Le plus gros travail sera en fait la retape de la calandre pour lui redonner un air de jeunesse. Cette pièce est fort expressive et semble envoyer un message. Un tracteur qui n'a pas une jolie bouille est bien triste, n'est-il pas?

Après avoir fait plusieurs fois le tour du petit anglais et l'avoir palpé de moultes fois le visiteur se disait; nom de nom j'en ai le béguin de cet engin. Ses congénères ne sont pas si courants dans la région et sa réputation de fiabilité et de maniabilité n'est pas surfaite. Equipés de moteurs Perkins ces petits trois cylindres étaient une merveille.*

A l'époque au concours agricole de Toulouse le Dexta trônait dans un stand sur les rouleaux homme trainer pour démontrer le brio de la boîte Select o Speed. Le démonstrateur manœuvrait toute la journée avec brio devant un public admiratif, pendant ce temps les pneus laissaient pas mal de gomme.

En revenant à pied vers les voitures le passionné disait à Mme Negroni;

-écoutez, je vais vous dire, le tracteur m'intéresse, nous l'amènerons en remorquage à Saint-Girons, je vous en donne … Réfléchissez, nous nous appellerons dans quelques jours et vous me direz ce que vous en pensez. Il faudra juste écarter les deux palettes qui sont devant pour le sortir.

-on fait comme ça. Bonne journée.

Quelle belle expédition ce remorquage pourrait faire un dimanche de beau temps avec un remorqueur anglais comme le DB ou le géant de Doncaster. Animation garantie! Comme le Dexta serait bien à la Coume!

 

*Encore produits à l'usine Daghenam les Fordson ne connaîtront pas l'usine de Basildon ouverte en 1964.

*Oui les Dexta étaient équipés de moteurs Perkins mais la grande maison Ford a même fabriqué des pièces de fonderie pour Perkins, culasses et blocs moteurs pour ces tracteurs.

 

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20 février 2021 6 20 /02 /février /2021 21:10
Les facéties de la grande sauterelle de Saint-Dizier
Les facéties de la grande sauterelle de Saint-Dizier
Les facéties de la grande sauterelle de Saint-Dizier
Les facéties de la grande sauterelle de Saint-Dizier
Les facéties de la grande sauterelle de Saint-Dizier
Les facéties de la grande sauterelle de Saint-Dizier

Les facéties de la grande sauterelle de Saint-Dizier

 

Ce grand Farmall, le Super FC-C, la grande sauterelle légendaire de Saint-Dizier, le tracteur maigre, était un habitué des sorties historiques. Adepte de multiples défilés à Saint-Girons, routinier des randonnées du Mas d'Azil, remarqué à ses trois présences aux fabuleuses journées d'Antic-Agri à Longages, il suscitait toujours une certaine fascination. C'est vrai qu'il descend du célèbre Farmall C pétrolier et de la même famille que le FC (fabriqué en France à Saint-Dizier) , le Super FC et même du Diesel Super FC-D. Comme il se plaisait dans toutes ces balades! Tantôt conduit par Aurélien, tantôt par Damien il est facile à mener, l'embrayage est doux, les freins excellents, les vitesses certes non synchronisées mais plus maniables qu'au 7012 Perkins. Un petit bémol pour le démarrage, seul son maître en était maître. Quiconque n'en avait point l'habitude avait vite fait de le noyer et de vider la petite batterie 6 volts à force d'insister sur le démarreur. Et pourtant rien de plus facile que de le démarrer: ouvrir l'essence à peine un peu, le volet de starter fermé très peu de temps, gaz à mi régime et hop c'est parti. S'il refuse d'obtempérer, fermer l'essence et relancer la mécanique. Une fois qu'il a daigné s'allumer, ouvrir le robinet.

En 2016 il avait fallu changer le joint spi de sortie de l'arbre du frein gauche. Suite à une fausse manœuvre le boîtier avait cassé et ça avait été une course contre la montre, le défilé de Saint-Girons arrivant à grand pas. La pièce précieuse avait été ramenée de Fajac la Relenque le dimanche 13 juillet.* Remontée aussitôt, le prodige de la IH avait pu participer brillamment au défilé.

Le samedi de l'année suivante pendant les manœuvres de préparation, Aurélien affolé, signalait que même débrayé avec une vitesse enclanchée, le tracteur avance toujours. Zut, la veille de la journée historique, c'est plutôt embêtant. Puis à force de manœuvres la panne est passée. Sans doute le disque qui ne s'était pas décollé. Cet incident ne s'est plus jamais reproduit.

Parmi les belles virées, celles du Mas d'Azil sont mémorables. Le beau Farmall en tête du convoi car le plus lent, imposait son rythme majestueux pendant deux heures de route dans des paysages de rêve. André se demandait à chaque fois s'il ne risquait pas la panne sèche au retour. Le moteur goulu avalait un réservoir complet pour le trajet alors que le plein était fait à ras bord au départ. C'est que, quand il y a des chevaux, il faut les nourrir!

En été, le soir, ce sont souvent des promenades sur les hauteurs de Saudech avec Benjamin tranquillement assis sur le siège passager. Quel bonheur!

Evidemment en septembre 2016 pour les grandes journées d'Antic-Agri (le fabuleux thème IH), le Farmall sur son 31 était sur les terres du Lançon. Amené par camion avec son grand frère le B 450 et le Renault 7013 ce bel équipage avait fait sensation. La photo des 325 tracteurs placés en cercles concentriques avait émerveillé le landernau et ne cessait de faire le tour du monde.

En août 2019, retour à Antic-Agri toujours en semi porte char. Ce ne serait pas infaisable par la route, mais il faudrait prévoir au moins 4 heures et un ravitaillement en vol!

A l'embarquement du retour, ce ne fut pas le même topo.

Si le B 450 et l'Hispano démarraient sans coup férir, le Super FC-C refusa net. Alors va pour le remorquage, rien à faire sur plusieurs centaines de mètres. Il faut préciser que les engins étaient restés plus de trois mois dehors et que, horreur, il n' y avait pas eu de boîte sur les pots d'échappement. De fait Gérard le pousse avec son MF sur le porte char et retour à Saint-Girons.

Un fois dans son antre, l'examen a pu commencer. Changeons l'essence il y a peut être de l'eau mélangée, sait-on jamais? Et du côté de l'allumeur, point d'étincelle. Amené à Bertrand, l'homme fée de l'électricité, il est déclaré défectueux. Heureusement André en a un de rechange. Le calage n'est pas bien compliqué en principe, selon la notice. Sauf que le repère sur le volant moteur pour trouver le décisif point mort haut, le fameux PMH, normalement visible sur le volant moteur après avoir enlevé la trappe de visite sous le ventre, est invisible. Passé à la trappe? Ce n'est pas faute d'avoir fait plusieurs tours de manivelle lentement et même d'avoir gratté soigneusement le volant moteur. Tant pis, contentons nous de caler par rapport à l'arrivée du piston N°1 en fin de course après avoir enlevé la bougie. La tête de l'allumeur est en place, les fils de bougies dans le bon ordre, il y a de l'étincelle. Toujours rien. Jetons un coup d'œil au régulateur, qui sait? Ah, quelle surprise! Le ressort de poussée du pignon d'entraînement des masselottes est cassé, il y a de la rouille et des traces d'eau. Il y a eu de la souffrance dans les parages.

Paul fournit deux ressorts concentriques qui entrent dans le logement creux. Sont ils au bon calibre?

Après remontage, toujours rien. Le Farmall est énigmatique. Cherchez et vous trouverez semble-il dire. Et d'ajouter, si il y a bien un domaine où il n' y a pas de mystère c'est celui de la mécanique.

Et côté carburateur, il faudrait peut être faire un examen détaillé. L'homme au chapeau, de Mazères d'Ariège prête un pointeau. Le flotteur est bon, il flotte, c'est rassurant. A tout hasard, voyons ce que donne ce carburateur monté sur l'autre Super FC-C, le vineyard. Oh là là, le résultat n'est pas terrible. Le moteur régule à faire peur. André se souvient avoir un carburateur d'origine dans ses stocks. Le voilà changé. Tant qu'à faire, trouvons aussi un ressort de régulateur d'origine. Robert est mis à contribution et fournit la pièce idoine. Il y a encore un détail qui ne ravit pas les «experts». La pièce intermédiaire qui vient entre le distributeur et le carter de distribution est boiteuse. Oui, en effet, le boulon de serrage côté moteur est foiré et l'autre est vissé de travers en appui sur une grosse rondelle anachronique. Bien que ça ait fonctionné jusque là, c'est néanmoins du “bidouillage”. Robert encore, ce jeudi 4 février, fournit la pièce de rechange en parfait état.

Ce dimanche 8 février sera enfin le bon. Tout est en place, la batterie 6 volts neuve (celle du H) est bien chargée. L'étincelle est bonne, l'essence arrive, le démarreur envoie.

André, exceptionnellement tu peux envoyer un peu de Ventoline par le filtre à air. Miracle, le moteur démarre. Mais chose curieuse, la manette du régime presque à fond, le moteur est au ralenti. En poussant le levier hors du secteur cranté il prend des tours. Quel est donc encore ce sortilège?

Commençons par régler l'avance. Si tu le veux bien André, tu tournes légèrement l'allumeur vers la droite, moteur allumé. Robert l'a dit, un calage “à l'oreille” réussit souvent très bien. Oui, tout va bien, l'avance est diminuée. Le moteur démarre mieux.

Alerte, crie tout à coup le propriétaire des lieux, le moteur n'est pas en eau. Vite au bidon! Dans l'extase généra le personne ne s'était aperçu de l'impéritie. Le premier bidon attrapé allait-il être le bon? Que nenni, c'est de l'huile usagée. Allons un peu de discernement! Marcel tient l'entonnoir et moteur tournant le précieux liquide, cette fois ci le bon, est lampé avec avidité par le radiateur qui n'avait pas encore eu le temps de chauffer.

Le dernier détail vient des tringleries entre sélecteur et régulateur et entre régulateur et carburateur. Rien n'a été changé de ce côté là. Par contre à la base du sélecteur il y a deux trous dans un desquels vient se loger la tringle qui va au régulateur. Là, on peut raccourcir la distance en modifiant le réglage. La goupille n'est pas d'origine, il y a déjà eu du démontage. Chose dite, chose faite. Le moteur est relancé, tout va pour le mieux. Cependant après un essai le jeudi 11 février le moteur a des ratés au bout de quelques minutes. Le dimanche 14 le carburateur d'origine est remis. C'est nettement mieux.

Ouf, s'écriaient les participants, André, Marcel, Damien, Benjamin, l'esprit de la IH a insufflé son énergie dans la base secrète de la Coume. Le Super FC-C tourne dans l'allégresse.

Dis moi, le beau Farmall, tu étais pourtant bien dans ton séjour au Lançon, mais tu as voulu montrer à ceux qui te chérissent que tu préfères être dans ton écurie, près des tiens.

 

 

*cf. L'article, Fajac la Relenque un oasis de pièces détachées dans un océan de céréales. Jeudi 6 décembre 2012.

 

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