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14 janvier 2020 2 14 /01 /janvier /2020 20:31

2020

 

A minuit ce mardi 31 décembre, alors que tout le monde commençait à se congratuler à l'aube de cette nouvelle année -paire cette fois-ci- un silence inhabituel fit place au vacarme assourdissant des instants précédents.

Que se passe-t-il se demandaient tous les terriens? On dirait que la terre s'arrête de tourner et même qu'elle part dans l'autre sens!

Non, tout simplement le bel astre bleu voulait lui aussi marquer le coup à sa façon. Après tout il a bien ses cycles et pourquoi en cette fin 2019 ne calerait-il pas son nouveau rythme?

Les étoiles n'en perdaient pas une, elles non plus, et scintillaient à tout va.

Allons, disaient les joyeux lurons, tout rentre dans l'ordre,nous venons de voir que la matière a une âme et le soleil voit de loin notre terre inclinée conduire obliquement les signes de l'année.

Les tractoristes après ce moment d'intense émotion reprenaient leus blagues habituelles et après s'être fêté la bonne année de dire; tu ne vois pas que les moteurs de nos engins se soient mis à tourner à l'envers ça en aurait fait du joli!

 

Bonne et heureuse année!

 

Les passionnés soulèvent le monde, les sceptiques le laissent retomber! (Albert Guidon).

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7 janvier 2020 2 07 /01 /janvier /2020 21:06
Le rallye de Salles sur Garonne dimanche 7 juillet 2019
Le rallye de Salles sur Garonne dimanche 7 juillet 2019
Le rallye de Salles sur Garonne dimanche 7 juillet 2019
Le rallye de Salles sur Garonne dimanche 7 juillet 2019
Le rallye de Salles sur Garonne dimanche 7 juillet 2019
Le rallye de Salles sur Garonne dimanche 7 juillet 2019
Le rallye de Salles sur Garonne dimanche 7 juillet 2019
Le rallye de Salles sur Garonne dimanche 7 juillet 2019
Le rallye de Salles sur Garonne dimanche 7 juillet 2019
Le rallye de Salles sur Garonne dimanche 7 juillet 2019

Le rallye de Salles sur Garonne.

 

Depuis plusieurs semaines Eric avait battu le rappel pour le traditionnel rassemblement des tracteurs à Salles sur Garonne pour le 7 juillet.

Quelques Couserannais avaient répondu aussitôt présent et une idée avait germé dans la pensée de Cyrrhus. Pourquoi ne pas y aller en tracteur avait-il cogité? Il y en a un de tout indiqué, c'est le géant de Doncaster. Mais il faut changer de siège pour avoir un peu plus de confort. La Boutique du Tracteur propose ce qu'il faut. Va pour le siège, bleu de surcroît, vite monté sur le B.

Hugo avait dit, j'amène le Vendeuvre BOB 500 sur le Mercédès et Lou conduit le 237. Il n'était pas question de partir sans Cybèle. Il y a bien la benette mais elle n'est pas trop protégée. Philippe, de Lorp, avait une caisse de transport pour les chiens, disponible. Quelle aubaine! Il a suffi de sangler cet équipement et le tour était joué. Vendredi soir, tout était prêt et le magnifique engin garé devant le domicile, tous pleins faits, gyrophare en place, paré au départ. Cybèle était un tant soit peu récalcitrante pour monter à bord du caisson, l'inconnue bien sur, mais a très vite trouvé ses marques.

Samedi soir, première étape.

Saint-Girons Montardit; 30mn pile, à plein régime tout le trajet. Essai concluant.

Dimanche matin.

Retour sur Montardit en voiture après avoir embarqué Aurélien. Café et gâteaux dégusté chez les Grands-parents de Hugo et départ à7h15 précises. Il faisait presque frais mais les montures n'en avaient pas moins de fougue. Hugo avait dit, vous verrez le 237, il drope comme un zèbre. Que n'avait-il raison!

Le 450 constamment à pleine gomme, à peine a-t-il fallu ralentir au virage sur le Volp et à la grande courbe de Contrazy, était à la même vitesse que le petit Utility. Quelle rapidité époustouflante ce petit Mc-Cormick. Voilà comment on peut tenir des bonnes moyennes.

Sur le relevage le nouvel habitat de la mascotte ne dérivait pas d'un pouce. De temps en temps une bosse,ou quelque cliquetis se faisaient entendre mais tout allait bien. Aïe Aïe, de l'eau s'échappe d'on ne sait où du 237. Mais ce n'est qu'une fausse alerte, c'est tout simplement le trop plein du radiateur. C'est que à ce régime le précieux liquide s'est vite dilaté. Lou d'un oeil expert s'est vite rendu compte qu'il n'y a ni fuite ni durit crevé et que la courroie n'a pas cessé sa ronde infernale. A Sainte-Croix, le B passe devant. Lou connaît moins bien l'itinéraire. Il colle le B à la roue. Quel entrain!

Le pilote du B, se sachant observé, n'arrêtait pas de faire des gestes. Montrant ici une vieille mécanique en sommeil sous un bâtiment, là un champ de maïs prometteur, un peu plus loin un grand champ de blé de belle qualité, après le Plan un pré fauché la veille mais sans doute très sec sur pied déjà, un champ de colza irrégulier. Derrière ça riait tant et plus. Sa main faisait des signes comme ceux du plongeur sous marin.

Cazères est vite atteint et franchi à grande vitesse, dans le respect de la limitation. En sortant du magasin de journaux, un lecteur surpris de ce vacarme soudain et de la beauté des engins a laissé tomber sa dépêche qui ce jour là n'avait pas encore eu le temps d'annoncer le passage des bolides.

A la sortie de Cazères, c'est tout droit, Saint-Julien sur Garonne est englouti en trombe et voici Salles sur Garonne. Le régime tombe, il faut faire une arrivée remarquée et élégante. C'est chose faite. Le propriétaire du grand Farmall, malicieux comme pas deux, avait amené sa corne de brume et envoyait force coups de cornet en arrivant sur la jolie place. L'effet a été des plus réussis. Il était exactement 8h 20. Une belle performance pour ce trajet agréable. Tous n'étaient pas encore arrivés. La passagère du compartiment arrière était fort bien, cet intermède lui avait parfaitement réussi.

Le petit déjeuner copieux a suivi cette première manche. Eric semblait heureux d'avoir rassemblé toutes ses vieilles connaissances.

Ce n'étaient pas moins de 19 tracteurs qui avaient répondu à l'appel du comité des fêtes. Vers 10h30, c'est le tour du joli village en convoi. Eric remorque la petite bétaillère avec un SOM 20. Elle est chargée à bloc de passagers très heureux de l'aubaine. C'est vraiment une belle contrée qui est visitée tranquillement sous un soleil chaud et éclatant.

Le long de la voie ferrée, l'auriez vous parié, les équipages croisent le train qui fonce à tombeaux ouverts. C'est la ligne Toulouse Bayonne et ici le profil est plat. Un geste amical du conducteur du grand Farmall a déclenché un fantastique coup de klaxon du conducteur du train! La complémentarité du rail route trouvait encore une fois sa confirmation.

Avant le repas, quelques instants de papotage à l'ombre des arbres devant les tracteurs. Jean, de Cazères, avait amené son magnifique Nuffield 460 et disait, vous y croyez vous au moteur électrique?

Son voisin disait que oui, sans pour autant l'avoir convaincu, compte tenu entre autres de son meilleur rendement....

Jacques, de Mondavezan, surveillait son F137 toujours aussi brillant. Des bruits de couloir disaient qu'il l'avait laissé tomber par mégarde dans une cuve de vernis! Allez savoir. Dans tous les cas ce beau tracteur vivait une existence vernie! Quand au F 237, il intriguait beaucoup, oui vraiment. Au milieu de cette assemblée d'érudits, tout le monde se demandait, comment a-t-il pu suivre le pachyderme de Doncaster pour être venu en 1h 5mn de Montardit?

Il n'était que de voir Hugo, tout silencieux, sourire en coin, oeil malicieux, qui écoutait sans rien dire.

Peut-être qu'il est équipé d'une boîte de tractosaure disait l'un.

-a tous les coups le régime moteur a été augmenté

-ce n'est pas son train de pneus d'origine (encore un problème insoluble de diamètre combiné avec pie ou 2pie D).

-Hugo glissait subrepticement, peut-être est-il équipé d'une pompe HDI Magneti Marelli?

-Il aurait pas un turbo, glissait un autre?

L'énigme était posée et nul ne l'avait résolue ce jour là.

L'élégante traction 15 Six de Michel arrive d'une allure feutrée sur l'esplanade. Quelle belle voiture, dans un parfait état.

Le repas vers 12h30 fut des plus magnifiques et avait de quoi regaillardir mécaniciens et chauffeurs sur le pont depuis l'aube. Salade, entrée, côte de porc et haricots, fromage, salade de fruits, café ont été très appréciés par la joyeuse assemblée.

A 15 heures, petit tour du village à nouveau. Eric, qui habite ici, fait circuler le convoi dans les petites rues et fait découvrir le charme du site, la beauté des bâtisses et villas, la qualité de l'entretien du village. C'est absolument ravissant.

Après le retour à la place de la Mairie, les départs commencent à s'organiser. Yves a embarqué sont petit MF sur son camion, Bernard s'échappe vers Saint-Cristaud avec son illustre Pampa, Jean a enfourché son Nuffield pour rejoindre Cazères, Narcisse et Jean-Louis sont partis avec leurs DA50, Marie-Lyne lance les moteurs pour se diriger vers le Lançon.

Les Saint-Gironnais se préparent à appareiller. Cybéle, conquise par son nouvel appartement, s'y engouffre. Hugo a chargé le Vendeuvre, le 237 trépignant d'impatience, tire sur sa longe. Après les adieux et les remerciements et quelques coups de corne de brume, les Diesel s'élancent. Il est 16h32.

Bernard avait indiqué que pour éviter Cazères, il était possible de passer par Gensac puis Saint-Julien et de retomber au Plan. Va pour cet itinéraire. C'est très joli mais beaucoup plus tortueux. A Gensac au lieu de prendre à droite au stop à la sortie du village, les intrépides virent à gauche. Il faut préciser que dans ce petit patelin il n' y a aucun panneau indicateur. Les tracteurs et le 608 errent dans les parages de Saint-Cristaud et enfin finissent par retomber après La Couladère. C'était un très beau trajet mais qui n'amenait pas d'avantage par rapport à la traversée de Cazères.

Le 237 mène la danse. Il galope comme un zèbre, fume un peu bleu dans les descentes et sur le plat laisse échapper de temps en temps des volutes de fumée. Il n'y aura aucun incident. Sainte-Croix est happée sans coup férir et Montardit est en vue à 17h59. Les moteurs n'ont pas chauffé, le nouveau siège du Farmall a pleinement rempli sa mission.

Lou, tu es vraiment bon; tu as mené ce 237 avec la grâce d'une danseuse et la classe de Jacquy Ickx! Les deux IH ont fait un beau tandem, nous venons de passer des moments merveilleux.

Dernière étape vers Saint-Girons. Aurélien monte sur le siège passager et pile une demi heure après Saint-Girons la belle est atteinte. Avenue de Foix, il faut tomber le régime, le revêtement n'est pas beau du tout. Cybèle a fait un excellent voyage, il faudra juste renforcer la fixation de la porte et mettre un verrou pour empêcher la benette de basculer lors d'un soubresaut inattendu, sait-on jamais.

Aurélien n'avait pas trop de place mais semblait très heureux de cette escapade. Il commençait à être bien impliqué dans ces sorties fantastiques.

Un petit SMS était envoyé à Hugo et Eric; géant de Doncaster arrivé à bon port.stop. mécanique et mécaniciens en parfaite forme.stop. prêts à repartir.stop.

 

Merci Salles sur Garonne.

 

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23 décembre 2019 1 23 /12 /décembre /2019 19:11
A la découverte de la mécanique du SIMAR
A la découverte de la mécanique du SIMAR
A la découverte de la mécanique du SIMAR
A la découverte de la mécanique du SIMAR
A la découverte de la mécanique du SIMAR
A la découverte de la mécanique du SIMAR

A la découverte de la mécanique du SIMAR

 

 

Dès qu'il était revenu de son premier logis d'Allauch le 26 octobre, le SIMAR avait été monté dans son nouveau repaire de la Coume. Son propriéaire s'était pris d'une grande affection pour cet engin bizarre. Aussi le vendredi après midi 1er novembre une équipe de trois bonhommes s'affairait autour de la pièce. Le capot balafré et d'un, vite déposé pour être soudé au Tig par le couturier Olivier. La roue droite, tombée après avoir calé l'outil, puisque à Allauch il était sérieusement enlisé jusqu'au moyeu. Pour sur il avait bien failli être englouti comme l'Atlantide. Un écrou, celui qui était enterré s'est montré fort récalcitrant mais avec une dose généreuse de dégrippant il a obtempéré. Restera à porter la roue à Saint-Girons pneus. Ce sera chose faite le vendredi 8, 2 roues de rechange ayant été trouvées la veille. Le moteur n'étant pas bloqué, un miracle après avoir passé au moins 20 ans dehors, est examiné. La courroie de la turbine de ventilation a été tombée. Commandée aussitôt, elle est arrivée le jeudi 7 novembre. Alain a nettoyé la turbine le mercredi 30 octobre. Elle était devenue le refuge d'arachnidés, de iules et d'escargots. Ses ailettes sont soigneusement astiquées. Ce n'était pas du luxe. Sans ce soin indispensable, le joli petit moteur Fichtel&Sachs aurait surement chauffé.

André démonte la pompe d'injection. Rien n'est grippé. Il y a de l'huile dans le carter. L'injecteur donne. Il est à deux trous. Son bruit caractéristique rassure les chirurgiens. Le réservoir d'huile de graissage, puisque graissage séparé il y a, est plein. Surprise, celui de gas oil aussi. Le carburant semble madérisé. Il s'est comme qui dirait vinifié mais qu'en est-il de son indice de cétane? Le gros réservoir en alu contient quelques dépôts mais point de rouille, métal aluminium oblige.

Un essai de démarrage aura quand même lieu sans changer de combustible. Après avoir emprunté quelques cigarettes de démarrage dans la soute de l'Energic de Lorp qui a le même moteur, l'essai est fructueux. Mais ce n'est juste qu'un petit essai. D'abord le combustible arrive mal au filtre qui est démonté pour le nettoyer. Puis c'est au tour du robinet de réservoir de faire des siennes. Il y a des saletés dans le circuit. Le petit circlips qui tient la pièce mobile de cet appendice casse, le tamis est complètement détruit, alors va pour changer ce robinet. C'est un filetage plus petit que du 12x17. Bernard Sébastien à Prat trouvera surement cet accessoire. A y être autant tomber le réservoir, le passer à la vapeur, le rincer et repartir sur une bonne base.

Quand à la pompe à huile, il semble ne pas y avoir d'anomalie. La manette de l'accélérateur est dégrippée par les bons soins d'Alain.

Restera à voir le dégrippage de la commande d'embrayage, de celle de la prise de mouvement de l'inédite fraise (dents en forme de crochets montées sur des ressorts).

Alors beau SIMAR, type 66DDS N° de série 80229, ton identité constitue une énigme à en croire les renseignements donnés sur le site éponyme. En effet pour le type 66DDS les n° de série vont de 80810 à 81165 et pour le N° 80229 il s'agit du type 66B. L'affaire devient compliquée et pourtant la plaque constructeur semble correcte, point du tout frelatée. A moins que les renseignements du site soient incomplets, qui sait, après tout l'usine n'existe plus.

Beau SIMAR, tu auras une nouvelle vie. Désormais tu es bien entouré et tu auras sans doute l'honneur de faire une démonstration de travail du sol.

 

Le 66B a été fabriqué du 9 mai 1958 au 31 mars 1959 à 53 exemplaires alors que le DDS aurait été construit à 145 exemplaires du 22 février 1962 au 18 septembre 1968.

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12 décembre 2019 4 12 /12 /décembre /2019 19:52
Le grand Farmall anglais tracte la petite moissonneuse batteuse de Harsewinkel.
Le grand Farmall anglais tracte la petite moissonneuse batteuse de Harsewinkel.
Le grand Farmall anglais tracte la petite moissonneuse batteuse de Harsewinkel.
Le grand Farmall anglais tracte la petite moissonneuse batteuse de Harsewinkel.
Le grand Farmall anglais tracte la petite moissonneuse batteuse de Harsewinkel.
Le grand Farmall anglais tracte la petite moissonneuse batteuse de Harsewinkel.

Le grand Farmall anglais tracte la petite moissonneuse batteuse de Harsewinkel.

Claas Europa ou le retour de la moisson.

 

Une fois de plus, Hugo avait déniché un oiseau rare, La moissonneuse d'André dit le roi de la plaine. Ce grand mécanicien avait récupéré cette machine chez Roger à Montjoie il y a plusieurs années déjà. Que voulait-il en faire? De plus le moteur avait gelé. Il n'avait pas été difficile d'en trouver un autre. Pour ce modèle la grande maison d'Harsewinkel était allée s'approvisionner chez Perkins de Peterborough. André disait depuis des mois qu'il voulait vendre cette moissonneuse. C'était sans doute une lubie passagère qui l'avait fait saliver un temps. Concours de circonstance faisant, il était allé voir Hugo jusque dans son travail chez Dijeaux et l'entreprenait constamment:

-achète moi cette machine, elle est complète, c'est celle là qu'il te faut.

Diable, il en demandait 1000€!

Hugo de consulter son moniteur qui lui disait, n'y met surtout pas ce prix là, personne n'en veut de ces bécanes.

Le roi de revenir à la charge on ne peut plus souvent. Hugo, fin limier lui rétorquait qu'il allait avoir des ennuis diplomatiques dans son entreprise, en plus c'est une Claas vous vous rendez compte, nous sommes chez Kuboata, ici! Il le laissait mariner entre deux serrages de boulons et finalement la situation se débloque le 4 décembre.

-C'est bon, le prix a baissé. Il faudrait aller la chercher dimanche mais je préfèrerais que nous la prenions en remorque jusqu'à Lorp parce qu'il y a pas mal de travail avant de la remettre en route, les courroies ne sont pas en place , il n'y a pas de batterie, le moteur n'est pas prêt.

-le porte lame est relevé?

-oui, il est même verrouillé avec deux cales.

-les pneus peuvent faire le trajet?

-oui ils sont en bon état et gonflés.

-et la direction ne perd pas le nord?

-non pas de jeu dans les rotules ni dans le boîtier.

-il faut enlever les diviseurs.

-c'est fait; capot moteur, diviseurs, grilles et quelques autres accessoires sont en vrac à charger indépendemment;

-combien pèse la bête?

-un peu moins de 3 tonnes.

-alors, c'est bon, va pour dimanche après midi. C'est le Géant de Doncaster qui aura l'honneur de remorquer la belle Claas. Ce sera en tout d'après midi, les jours sont courts, pas une minute à perdre.

Dimanche 7 décembre.

La veille le programme a été mis au point. Il faut ête à la Coume à 13h30. La batterie du B sera chargée, les niveaux seront faits, le giro sera en place.

-je viendrai avec le Mercédès pour charger le vieux moteur , Lou sera avec moi (cf l'article le rallye de Salles sur Garonne).

-Marcel sera aussi des nôtres pour escorter le convoi.

Le beau soleil va bien aider la fringante équipe qui se retrouve au complet à la Coume à 13h40.

Hugo embarque la barre de remorquage et une sangle.

Le B selon sa grande habitude galope à grandes enjambées vers Eycheil. Du plus loin que la vue porte, que voit-on? Le roi au bord de la route à côté du rond point de la boulangerie et qui alerté par le bruit fantastique du beau moteur International, est aux aguets.

-bonjour, André où se trouve donc cette vieillerie?

-tout à côté , ici dans le hangar.

-ah mais nom de nom, elle n'est pas en position de départ!

-bah, ce n'est rien à faire, tu vas la prendre par l'essieu arrière, l'amener sur la place et la reprendre par devant.

-le porte lame est bien verrouillé en position haute?

-dame oui,regarde, il y a une grosse cale de chaque côté.

-le pneu arrière droit est un peu sous gonflé.

-hé, c'est une machine qui sort des ateliers du roi de la plaine, pas des usines Claas.

-ah, je me disais aussi....

Comment allons nous l'atteler par devant? La barre sera trop courte. Alors, Hugo, avec la sangle tu vas la passer à l'essieu et la barre viendra ensuite. Ce n'est pas l'idéal mais il n'y a guère d'autre solution.

La sortie du hangar est un jeu d'enfant. Le B remorque la petite verte comme une trotinette, Hugo ressemble à un professionnel aguerri avec sa salopette bleue typique. Sur la place, les promeneurs se massent autour des véhicules peu courants. Martine et Claudine, d'anciennes connaissances viennent faire la causette. Maguy bloquée quelques secondes avec sa voiture patiente gentiment. André la rassure et lui dit que c'est le gang des moissonneurs qui opère.

Sangle et barre sont arrimées. Le remorqueur se place devant la Claas. Rouge devant Vert n'est pas habituel mais c'est pittoresque.

-Hugo, il y a du frein dans cette mécanique?

-oui, ils répondent.

Nous devons faire gaffe car avec cet attelage qui n'est pas rigide il ne faudrait pas que tu viennes bousculer l'International dans une décélération. Nous ne sommes pas trop dans les normes pour faire la route.

C'est le départ.

André se place au centre de la route pour ouvrir la voie aux curieux engins. Alain a rejoint les équipages et avec sa Kangoo se met en serre file. Marcel est devant avec sa jeep ornée de deux gyro phares puissants.

Tout de suite il appert que l'ensemble est très roulant. Pas de bruit de quincaillerie du côté de la Claas et le Doncaster est heureux de déplacer un peu de poids pour une fois. Il va leur en remontrer!

Lou est avec le pilote. Il a pour mission de transmettre les informations entre remorqueur et remorqué et de signaler les baisses de tension éventuelles du jeune conducteur de la MB. Le B prend la quatrième à petit régime. L'ensemble est fluide, il n' y a pas d'à coups. Hugo tient bien sa droite bien que la machine ne soit qu'à deux mètres hors tout. C'est un petit modèle l'Europa, ne l'oublions pas!

Au rond point de Carrefour la quatrième est conservée mais à tout petit régime. La petite côte de l'Arial est gravie tranquillement. Deuxième rond point au relais de Guzet, Hugo maintient la tension en freinant légèrement. Lou, le radio en fait, surveille machinerie et conducteurs et donne quelques indications , tu peux accélérer un peu, au rond point pas trop vite, Hugo se sent moins sur.

Troisème rond point à la pharmacie Talobre. Il y a bien longtemps que la petite Europa ne s'était payée une telle sortie. Beaucoup d'automobilistes regardent ces engins tantôt avec des yeux incrédules, tantôt avec des yeux rieurs. De son trot allègre l'attelage frémissant avance lentement mais surement. Marcel se gare à plusieurs reprises pour laisser passer les voitures. Il sait convoyer, ça se voit et ça rassure.

La portion le long du Salat est abordée prudemment, il y a quelques autos qui dépassent dans un bruit de moteur rageur. Pourquoi être pressé, c'est dimanche après tout?

Voici la petite côte avant le pont de Saint-Lizier. Le Maire occupé à décorer le terrain en bordure de route, salue gentiment les fous du tracteur.

C'est tout juste si le moteur BD 264 régule avant d'arriver au rond point. Il lui en faut davantage pour le secouer à ce pachyderme. De temps en temps dans les décélérations inévitables la barre et la sangle se détendent. La barre racle le goudron mais les pilotes rétablissent vite la situation et les aussières se retendent en douceur. Hugo manipule les freins avec maestria. Il a du travailler chez Brembo!

Dernière petite descente derrière Intermarché et c'est la grande ligne droite avant l'usine de Lorp où la mécanique verte sera garée le temps d'être remise en route dans la base secrète d'Autrefois le Couserans.

Sous le hangar de Lorp, la mythique écluse de Panama, le ronflement du B rappelle que pendant des décennies les immenses semi-remorques ont franchi ce détroit terrifiant pas à pas. Murs et charpente résonnent encore du lointain echo des grands maxi codes qui allaient charger des papiers fins et soyeux ou amener des matières premières.

Encore deux enjambées et l'Europa est remisée sur le terre plein en surélévation au bord du Salat. Là, elle recevra bientôt les premiers soins et gagnera très prochainement Montardit par ses propres moyens. Encore un petit folklore en perspective.

Tout le matériel d'arrimage est embarqué par Marcel et Alain. Pour le retour du B, Lou est invité à le piloter. Il en bavait d'envie. Il est un habitué des Rallyes à grande vitesse. La Coume est vite gagnée et le géant de Doncaster regagne son repaire. Il s'est amusé comme jamais le bougre, les convoyeurs, n'en parlons pas.

Alors Claas, avec tes moissonneuses batteuses d'abord tractées de l'après guerre puis automotrices, tu es devenue très vite la firme spécialiste du matériel de récolte en Europe. Tes innombrables machines, Junior, SB, Huckepack, Columbus, Europa, Consul, Matador, Mercator, Senator parmi d'autres sont entrées dans la légende sous l'oeil bienveillant de Cérès qui veille au grain.

 

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2 décembre 2019 1 02 /12 /décembre /2019 12:07
Tractomania à Caussade ou la 29 ème édition du pélerinage incontournable.
Tractomania à Caussade ou la 29 ème édition du pélerinage incontournable.
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Tractomania à Caussade ou la 29 ème édition du pélerinage incontournable.
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Tractomania à Caussade ou la 29 ème édition du pélerinage incontournable.
Tractomania à Caussade ou la 29 ème édition du pélerinage incontournable.

Tractomania à Caussade ou la 29ème édition du pélerinage incontournable.

 

 

Le dimanche 20 octobre est une date réservée longtemps à l'avance.

A 7h15 les colistiers Jean-Claude et Alain sont à l'allée des Tilleuls. Pour aujourdh'ui le trajet se fera en kangoo et grrande première, Cybèle est à bord. Autant elle est habituée aux bains de foule (Réalmont, Barcelonne du Gers, Navarrenx) autant elle n'a jamais connu une densité humaine comme à Caussade.

A 8h 5 Marcel est embarqué à Montsaunès et le bel esquif fonce toutes voiles dehors à Caussade qui est atteinte à 9h35. Le temps est gris, va-t-il tenir toute la journée?

En arrivant à la foire,il est convenu de se séparer et de se retrouver à11h devant la halle Bonnière. La foule n'est pas encore très dense. Premier arrêt au stand Massey Ferguson saluer Michel et voir s'il n' y a pas quelque littérature à grapiller. Il y en aura eu une multitude d'arrêts tout ce jour. Tous de suite après, précipitation au panneau d'affichage où est rencontré Yves de Saint-Farjoux. Là une annonce de recherche de la fameuse botteleuse Claas est posée. Il reste une petite place. Il y a pléthore de ven,tes et de recherches.

Tant qu'il ne pleut pas, va pour voir les “ferrailles”. Tiens, au stand des pneus Chatras, José de Villeneuve de Rivière cause avec son homologue et néanmoins concurrent. C'est le monde du caoutchouc!

La liste des pièces à rechercher avait été préparée au cas où un oubli se ferait. Allons saluer Pascal de Verfeil et là miracle, la poulie tant recherchée du H, tendait les bras.

Tu veux être payé en image demande l'heureux récipiendaire à Pascal?

Oui, autant que possible.

J'irai tirer des sous et viendrai la prendre dans l'après-midi.

D'accord, je te la mets de côté.

A quelques mètres de là, l'ineffable JP de Villeneuve lès Bouloc est affairé dans son bazar.

Tu n'aurais pas des joues de Renault 7012 par hasard, JP, et une chandelle de relevage?

Non pas pour le moment.

Regarde cette photo d'une très rare botteleuse que je recherche.

Je pense à presque 100% en connaître une. Laisse moi la photo et dans deux semaines je te rendrai la réponse.

Ça serait bien étonnant mais sait-on jamais?

Et chez Hubert Terrier, n'y aurait-il pas quelque livre en mal de nouveau propriétaire? Non, rien dans l'étalage. La même question est posée à ce grand connaisseur. La photo lui est montrée et là aussi chou blanc. Mais comme avait dit un penseur, tant que le doute subsiste, l'espoir persiste. Cybéle profite de cet instant d'intense discussion pour divaguer. Le voisin de JP croît qu'elle est égarée mais elle a tôt fait de retrouver son maître.

Un groupe de visiteurs de Longages, les baroudeurs de Labour Passion est en grande discussion devant le stand de l'amicale Vendeuvre. Encore quelques poignées de main et à samedi 26 pour la soirée photos à Longages.

Sous le chapiteau, une maison à voir; Restom, le fabricant de résines de calfeutrage des réservoirs de carburant. Aïe que c'est cher, plus de 60 € pour un réservoir de 66 litres.

C'est le moment de revenir devant la halle pour voir l'exposition des Deutz puique cette année c'est le thème de la marque. Maintenant le public est dense. Jean-Pierre Noret est juché sur un Someca pour prendre des photos du Deutz MTZ en cours de démarrage. FR3 est également présente et interviewe le propriétaire du magnifique tracteur qu'il a restauré. Il vient de la Corrèze. Le démarrage est tout un cérémonial. Il faut un homme de chaque côté du moteur équipé de deux manivelles pour le lancer. Au premier essai la vitesse n'est pas assez élevée; la compression fait reculer les gabiers. Au troisième essai, c'est le bon; le gros moteur s'exprime. La presse n'en perd pas une. Le bruit est très agréable, vraiment une belle sonorité presque ouatée.

Gérard Barrié avec son talent coutumier, explique toute la gamme des tracteurs de Cologne. Il est intarissable sur les origines; les puissances, le nom des propriétaires, les particularités techniques. La Deutz au temps de son apogée était un empire industriel (Magirus Klockner Humboldt Deutz) et un des tous premiers protagonistes du moteur à explosion ( Eugène Langen et Nicolas Otto). C'était le XIX ème, l'époque de MAN et de Rudolf Diesel.

Bravo Tractomania, c'est bien de faire un thème annuel. Alors que les officiels arrivent à la tribune de la Halle en vue de quelques mots d'accueil et de l'apéritif, les Saint-Gironnais migrent vers le restaurant routier (l'Auvergne, à deux pas de la foire). C'est maintenant une tradition d'aller s'y restaurer. Le lieu est sympa, le repas délicieux et le parking abrite les camions qui viennent rafler des tracteurs dans la région. La pluie en profite pour tomber dru, elle ne peut mieux choisir son moment.

Pourrait-on passer par le petit tunnel sous la voie ferrée? Que nenni, c'eut été trop beau. Alors va pour revenir en ville, une place est vite trouvée dans la même rue que le matin. Maintenant il faut monter à la grande place. C'est là que va démarrer le défilé et il y a l'équipe de JEF qui est affairé avec ses hommes de main autour des gros moteurs. Ce sont eux aussi des habitués de la fête.

Pt'it Louis, le Corrézien, avec sa verve coutumière, harangue les troupes. Les tracteurs sont en place sur la grande allée, 23, suivis des magnifiques cars Citroën, des locos de Bruno Marcanet, de vieilles voitures, encore quelques tracteurs et vers la fin l'énorme rouleau Richier de Mascagne attelé à une remorque pleine de monde. Ce brave Bernard tourne à toute vitesse son volant de direction pour se mettre en ligne en sortant de son parking. La bête pèse dans les 14 tonnes! En serre file un gros Lanz à roues fer qui tourne comme une montre. Il est patiné, sans doute verni au rustol. Ce beau cortège fait deux tours de ville. La grosse loco Knapp de Bruno est vraiment un engin spectaculaire. Les spectateurs semblent ravis, il y a de quoi.

Sur la grande place arborée se tiennent de nombreuses animations: une loco qui entraîne une pompe à eau, la saboteuse menée par une jeune fille, la batteuse spéciale sorgho qui ne passe pas la paille dans le batteur – laquelle paille sert à fabriquer les balais “paille de riz”, le stand des chapeliers -spécialité de Caussade-, François Barral grand spécialiste des moteurs à poste fixe et producteur de livres, les vieilles voitures (Hotchkiss, DS, Panhard, Simca grand large, 2CV en bois).

Que de rencontres encore, JEF, Gérard, Michel. Quel après midi splendide et heureux.

Il faut redescendre, l'intérieur de la halle n'est pas visité et il faut récupérer la poulie.Tractorama n'est dopnc pas là? C'est une faute. Il n' y aura donc que Tracteur Passion Collection. Ah et la boutique du tracteur; voyons voir s'il n' y a pas de promotion. Alors quand faites vous fabriquer des phares de 7012? Ce n'est pas impossible mais le fabricant va imposer un quota. Il est disert, Jean Dougnac, le tenancier de la boutique. Il connaît bien l'Ariège et se passionne pour l'arbre généalogique de sa famille.

Hé, hasard ou coïncidence? Un nouveau stand de produits de traitement des réservoirs. L'arrêt s'impose. Il s'agit de la maison Philosec. Un nom bien trouvé! La résine est bien moins chère que celle de Restom; alors va pour un essai. Pour le réservoir du H, il faut un litre plus le catalyseur. Décidément, ce dimanche 20 octobre est une journée terriblement coûteuse. A cet instant Pascal carillonne. Il s'apprête à mettre les voiles et demande d'aller chercher la poulie. JP la garde le temps de finir la foire. Lui aussi plie boutique et a embarqué l'appendice du H.

Tu passes chez moi, demande-t-il aux Ariegeois?

Oui nous partons et faisons un crochet par Villeneuve.

Oui nous partons et faisons un crochet par Villeneuve.

La pluie commence à tomber. Encore un petit arrêt devant un beau Super 6 et la voiture est regagnée. Il était temps.

Direction Toulouse et à Saint-Jory, bifurcation vers Villeneuve lès Bouloc. Il fait nuit. JP est arrivé depuis un bon moment. En passant par l'ex N20, il a gagné du temps alors qu'au péage de Montauban, c'était encore la foire, comme chaque dimanche soir.

La bétaillère, dénichée en juillet, est embarquée dans la remorque de la Kangoo, mais à l'envers, pour rentrer entre les ridelles. Par dessus le marché, un transpalette est posé entre les roues de la bétaillère. Le tout est sanglé, la dette est épongée, les salutations cordiales échangées et cap sur Saint-Girons. A Saint-Jory, vérification des tensions des sangles, arrêt pour un casse croûte léger au relais du Volvestre. La belle cité Couserannaise est atteint à 22h30 après avoir largué Marcel à Montsaunès.

Une bien belle 29ème édition et quelques menues dépenses en sus! Les mécaniques d'Antan ne le méritent-elles pas?

 

 

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21 novembre 2019 4 21 /11 /novembre /2019 22:42
Cap sur Allauch
Cap sur Allauch
Cap sur Allauch
Cap sur Allauch
Cap sur Allauch
Cap sur Allauch
Cap sur Allauch

 Cap sur Allauch,

 

 

 

Pour la deuxième fois en moins d'un an, la direction D'Allauch était à nouveau prise par ce beau dimanche matin 27 octobre. Il s'agissait de ramener un motoculteur plutôt rare à savoir un SIMAR Diesel équipé d'un moteur Fichtel § Sachs. Les coéquipiers; André, Bernard, Alain avec sa Kangoo et sa remorque.

Départ à 5h 12. La nuit avait été courte car la veille au soir, c'était la soirée repas photos à Longages en souvenir de la célèbre fête d'Antic-Agri.

Tous feux étincelants le bel esquif voguait à bonne allure vers la cité Phocéenne. L'autoroute était prise à Bram, petit arrêt café à la grande aire de Narbonne Vinassan. Le trajet est sans encombre, la circulation fluide, la visibilité excellente, le moral des troupes au top. Oh, André s'est assoupi quelques instants avant Montpellier alors qu'un coup de fil d'Alain venu aux nouvelles, le tire de son sommeil. La Renault est un modèle de douceur, de silence, de puissance. Les moteurs HDI dernière génération sont de grande qualité, économes, conçus pour tourner à bas régime.

Après le péage de Lançon, la prudence impose de mettre le GPS en fonction. Dans cet enchevêtrement de voies rapides à l'approche de l'immense cité, ce serait prendre un risque de s'égarer s'il y avait erreur d'aiguillage. Bernard programme son portable et le pilote se laisse guider par les sages recommandations de l'automate. Attention, ne pas prendre l'Estaque, avait bien précisé Alain comme en décembre 2018; mais la Rose. Au moins est-il souhaitable que celle là n'ait pas d'épines!

La descente est longue, Berre et Marignanne sont dépassés sous un soleil éclatant. Voici la sortie N° 3 qui annonce Allauch. Nous y sommes presque. Dans l'habitacle, les passagers ont l'impression d'être à bord d'un avion qui entame sa longue descente à l'approche de l'atterrissage. Décibels et vitesse chutent alors que l'attention redouble. La voilure est réduite contrairement à celle d'un aéronef qui augmente en phase d'approche. Alain téléphone à nouveau quelques instants auparavant à la sortie du péage. Il est émerveillé de la rapidité du trajet. Il s'agit sans doute d'un équipage de routiers expérimentés!

Dans le bas du quartier d'Allauch, le revêtement du goudron n'est pas de la meilleure qualité. La remorque tressaute, les ridelles font un peu de tapage. Le somptueux portail de la résidence chemin Marius Milon est franchi à 11h 02 pour 447km. Somme toute, ce n'est pas si mal. Après les salutations d'usage, les coéquipiers prennent un petit café. La forme est olympique. Cybèle gambade allègrement dans le beau parc. Le chef de vaisseau indique qu'il est préférable d'embarquer tout de suite. La remorque est approchée du bijou, cet extraordinaire motoculteur qui attend son heure depuis des lustres, dans les 20 ans environ. Les roues sont enterrées, le lierre a envahi les moyeux, plusieurs rameaux de fusain ont poussé à travers la fraise mais le clou de l'affaire, c'est l'olivier. Le jeune arbrisseau a eu la gentillesse de croître contre la roue droite. Alain demande de le sauver. C'est vrai que cet oléanacé est le symbole de la sagesse , de la paix, de l'abondance et de la générosité. Il n'est peut-être pas là par hasard. Où est la colombe? Alors bien sur ce noble végétal est épargné avec précaution. Les fusains sont taillés, le gros engin est levé sur un côté pour glisser une rampe puis idem pour l'autre côté. Les pneus sont regonflés mais le droit souffre d'une grosse hernie inguinale, il est complètement cuit, alors prudence. Six hommes ne sont pas de trop pour lever le mastodonte, ou plutôt l'arracher à son étreinte du sol, le faire pivoter et le pousser dans la remorque après que les vitesses eussent été mises au point mort (un levier de chaque côté) non sans mal. A part le moteur et les roues, quasi tout est bloqué dans cet exemplaire issu de Genève. Une fois logé dans sa barge, l'outil est soigneusement ligoté avec trois sangles à cliquet, une planche bien attachée est mise entre son museau et la ridelle avant de telle façon qu'il ne puisse l'agresser, une vitesse est enclanchée. Il semble impossible que l'animal puisse s'échapper de sa loge où à tout le moins gigoter. C'est que le trajet est long et tout n'est pas que du ruban de velours, loin de là.

Il est midi trente lorsque l'embarquement est terminé. Enfin presque. Alain tient à ce que deux souches de tamaris fassent partie du convoi! Bernard n'en peut plus de rire et de s'exclamer; venir à Marseille pour prendre des souches pour faire du feu et les ramener en Ariège, on aura tout vu! J'en ai du bois à Tourtouse disait-il au commandant, je t'en donnerai tant que tu veux.

Oui, mais là, il s'agit de tamaris, une essence rare et puis deux colis de plus, qu'importe!

Le déjeuner se passe sur la terrasse. Il fait presque une chaleur d'été. C'est un moment délicieux. La mère d'Alain évoque bien des souvenirs de Lasserre. Sa mémoire est prestigieuse.

Vous viendrez bien faire un tour dans le vieux Allauch, implorait Alain?

Très vite alors, car au retour la vitesse sera légèrement inférieure et il y aura beaucoup de circulation. Alors va pour la reconnaissance des lieux. C'est vrai que le patelin est très joli. La colline, les terres de Marcel Pagnol, surplombe Plan de Cuque. Au loin notre Dame de la Garde et la mer scintillante s'aperçoivent. Sur la petite place en haut du village, les trois jolis moulins à vent restaurés, rappellent que les lettres de mon moulin, c'est ici dans la région. Nombreux sont les Allaudiens qui profitent de ce chaud dimanche après midi pour flâner et appécier cet eden.

Il faut redescendre, Alain, l'appel du grand large se fait pressant. Et puis il nous faudra revenir pour prendre le cultivateur et la charrue de l'Energic. C'est fou ce que Allauch est attirant voire alléchant!

Après les aurevoirs émouvants, l'inédit convoi prend le départ. Imaginons du peu, un motoculteur SIMAR quitte Marseille pour rejoindre l'Ariège, du jamais vu. La vaillante Kangoo grimpe avec facilité la longue côte pour s'évader de Massilia. Au péage la tension des haubans est vérifiée. Rien n'a bougé. Il semble bien que le beau SIMAR soit heureux de connaître une nouvelle vie. Il n' a rien d'un fugitif desespéré.

Bernard prend les commandes. Dans le compartiment arrière, les passagers sont quiets. Le GPS a été mis pour la forme. Plus au nord, il faut prendre soin de s'orienter vers Nîmes et de ne pas dériver sur Avignon, quoique tous les chemins mènent à Rome mais le plus court n'est il pas est souvent le plus rapide? La circulation est assez dense, beaucoup plus dans le sens inverse. Les routiers sont à la halte dans les aires de repos. Les quelques frigos qui roulent détournent le regard à la vue de l'étrange véhicule qui les dépasse avec ce non moins étrange engin sur la remorque qui semble bien êter destiné à l'agriculture doivent ils penser. Quelques uns manifestent leur enthousiasme et leur approbation par un bref coup de trombone tonitruant. Les baroudeurs, tout sourire, saluent. Toutes voiles ferlées, le clipper file bon train, cap à l'ouest. André demande, mais il faudrait mettre du gazole, non?

Oh, pense tu, avec ce modèle, au contraire le moteur en fabrique! Le niveau est à peine à moitié alors que le circuit a dépassé la moitié.

Il est 18h 30 à la halte de Narbonne Vinassan. Arrêt gazole et café. Tiens, le monde est petit, dans la cafétéria, deux Saint-Gironnais bien connus, Christian et Anne-Marie, du Bousquet, rentrent de Béziers. C'est bien vrai qu'il n' y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas.

Les gars, vous pouvez manger si vous voulez, c'est offert par la maison, mais en ce qui me concerne, c'est le jeûne, car un estomac qui crie famine tient éveillé sinon c'est le coup de barre et un coup de Trafalgar! Personne ne mange, ce sera pour plus tard.

Le capitaine reprend la barre. SIMAR va bien demande-t-l régulièrement? SIMAR suit, lui répond l'écho. Il n'est que de regarder dans le rétroviseur pour voir l'impérieuse mécanique osciller au gré de la houle dans un silence rassurant.

La côte de Fanjeaux est longue. Mais que cette route est belle. Jusqu'a Mirepoix, c'est du tapis.

Petit à petit, la boucle se referme. Une belle expédition va entrer dans les annales des machinistes du Couserans.

Tout à coup, manière d'entretenir la conversation, le conducteur, un tantinet pince sans rire, demandait, l'anagramme de SIMAR, c'est bien Ramis?

Oui, c'est bien ça, assurait Bernard.

Alors, si on ajoute le A d'Allauch, ça fait Aramis, une histoire de mousquetaires en somme! Jamais à court d'imagination le jeune homme prosaïque.

Tu peux faire aussi maris, surenchérissait André.

Ah effectivement, au moins ne serons nous pas marris, rétorquait Alain.

A Rimont, coup de fil d'Alain pour savoir si le vaisseau est arrivé à bon port. Presque, le rassurait-on, mais à propos, il n' y a pas de fonds secrets au conseil départemental pour la sauvegarde du patrimoine, parceque ce que nous avons derrière, c'est la joconde en mieux!

Saint-Girons, le port d'attache est en vue. Il est 21h06. Route de Foix et avenue René Plaisant, il faut considérablement réduire la voilure tellement le revêtement souffre d'inégalité. Il ne s'agirait pas de renverser le beau SIMAR en touchant au but. Il en était épris de ce SIMAR, ça ne pouvait pas se dire.

L'épilogue de cette histoire, c'est que le réservoir de ce noble motoculteur était plein à ras bord de gas oil et qu'en cas de panne sèche de la Kangoo, il eut suffit de tirer un pipe line entre les deux réservoirs, de quoi rassurer André, mais un quidam avisé aurait-il eu seulement l'idée d'aller y jeter un coup d'oeil dans ce réservoir alors que son contenu n'avait été découvert que trois jours plus tard lors des premières inspections détaillées!!!!

 

 

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15 novembre 2019 5 15 /11 /novembre /2019 19:09
Poulies et Rouages d'Antan 6ème édition dimanche 21 juillet 2019.
Poulies et Rouages d'Antan 6ème édition dimanche 21 juillet 2019.
Poulies et Rouages d'Antan 6ème édition dimanche 21 juillet 2019.

Poulies et Rouages d'Antan

Dimanche 21 juillet 2019. Sixième édition.

 

Cette année, le battage et l'exposition de tracteurs de l'association Poulies et Rouages d'Antan a lieu au village de Labarthe Inard sur la magnifique esplanade de la salle des fêtes. Encore une fois les membres dévoués ont fait fort. Sur le terrain bien tondu, une trentaine de tracteurs sont sagement alignés, le museau tourné vers le centre du ring, prêts à être admirés.

Les exposants du vide grenier sont venus nombreux. Le public, lui aussi, viendra en masse pour cette magnifique journée.

Sur la petite place, à droite de l'entrée, c'est le coeur du spectacle; le battage traditionnel. Deux batteuses sont alignées: la Mavag et la presse Rivierre-Casalis entraînées par le Vendeuvre AS 500, et le long des arbres la grosse Ransomes d'Ispwitch avec son imposante presse à liage à fil de fer Carroy-Giraudon. Le tracteur qui officiera pour l'après midi est un 402 Vierzon. S'y trouvent aussi un E30 Renault, version eessence, associé à un beau corn-picker Idea en parfait état fabriqué dans l'Ohio et une rare petite bartteuse Bourgoin à poste fixe entraînée par un moteur Bernard W112. Il y a comme qui dirait du joli matos à Labarthe!

Les estafettes de Poulies et Rouages d'Antan, coiffées de leur traditionnel béret bleus s'affairent autour du quartier général; buvette, centre de ravitaillement. Les mécaniques sont encore au repos. Le long du parc, quelques modèles sont parqués. Les derniers vont arriver vers 9h 30. Il en viendra de Betchat dont un splendide Hanomag polycarburant .

A 10h30, alors que le terrain baigne dans un brouhaha bruissant, soudain les ondes tonitruantes prennent le dessus. Il s'agirait d'un Saint-Gironnais venu étaler sa prose. Le public reflue vers l'aire du dépiquage. Ce matin ce sera la petite Mavag vendue par les Etablissements Verdier de Toulouse à l'époque, qui officie. Le Vendeuvre donne le coup d'envoi. La mécanique prend son régime et la botteleuse Rivierre-Casalis suit le train. Le 137 a amené la remorque de gerbe: une récolte de seigle magnifique. La paille est propre, il n' y a pas d'herbe. L'enfourneur doit aller lentement et répartir soigneusement la céréale à l'entrée du gros batteur. Il faut un bon moment avant que les premières bottes sortent du canal de la belle Rivierre. Le volume réduit considérablement. Tout semble fonctionner parfaitement. Toutefois une botte, au début, connaît les affres d'une malformation, elle est vrillée à la sortie du canal. Christian, l'orfèvre ce cette indusrie desserrera un peu les vis de réglage de la pression. Tous semble rentrer dans l'ordre.

Le public est dense. Les apparaeils photos mitraillent. Guytou de Martres passe à l'antenne et explique avec force conviction le déroulement des dépiquages d'antan, les multiples marques de batteuses françaises, anglaise, allemandes et toute l'impérieuse logistique nécessaire au déroulement de la corvée.

En une petite heure, le chargement est avalé. Le grain est propre, dur, très sec. Dire que naguère le pain de seigle était celui du “pauvre” et que maintenant il est très prisé. Encore quelques minutes avant le repas et les commentaires vont bon train. Les tracteurs alignés devant l'entrée sont passés en revue ainsi que les marques, les couleurs, les sigles, les signes caractéristiques. Les deux Farmall US ne manquent pas d'attirer l'attention. Dans les tout premiers, personne ne pouvait le manquer, le splendide et rare Hanomag alimente beaucoup les conversations. Il vient de Betchat et a appartenu au Grand-Père de Joël, son actuel propriétaire. Il est revenu au bercail après être passé dans les mains d'un collectionneur de Montréjeau. Une très belle pièce assurément.

Pendant cet interméde, Yves venu de Saint-Farjoux, passionné de traction animale et des pelles Poclain, fait une démonstration avec un rateau à foin de montagne à traction humaine. Cette jolie petite machine ramasse avec une grande précision un billet de 20€ posé à terre pour la circonstance. A défaut de semer à tout vent, je ramasse à pleines dents s'exclame-t-il!

A midi, après avoir remercié l'association, le comité des fêtes, la municipalité, les sponsors nommément cités, l'antenne prend un peu de repos. Le matériel de Jean-Michel, un grand professionnel du câble et du décibel est remarquable. Les tracteurs ont presque soupiré d'aise en entendant leur histoire voguer dans les ondes. Apparemment, il n'y a pas eu de jaloux, peu auront sans doute été passés sous silence par mégarde.

Le coin est vraiment très agréable. Les convives s'installent. La file d'attente de la dsitribution des repas s'allonge jusqu'a 13h au moins. Dans les cuisines, c'est la ruche. Chaque lutin de Poulies et Rouages s'active avec un soin précis.Les mets sont délicieux; entrée, daube, fromage, dessert. Le monde semble très heureux. La journée est des plus agréables.

Le vide grenier.

Rien ne presse après ces agapes pantagruéliques, un repas de dépiquage d'autrefois en somme. Autant aller faire un petit tour au vide grenier réparti sur presque 200m de long. Qui sait il y a peut-être un livre rare à dénicher sur le machinisme agricole. Quoiqu'il en soit, bravo aux exposants, fort exposés aux brûlants rayons d'hélios ce dimanche.

A15h, radio Poulies et Rouages reprend du service. La deuxième démonstration de battage se prépare.Les petits elfes bleus arrivent silencieusement comme si de rien n'était. Christian préfère remplacer le 402 par son Lanz car il y a un risque que la courroie touche la carlingue du Société Française. Il aligne son monocylindre avec une maestria imparable.Le temps de la délicate manoeuvre, son regard concentré tel un laser lui permet de placer le tracteur de Manheim parfaitement dans l'axe de la poulie de la batteuse. L'embrayage de la poulie motrice du Lanz est spectaculaire. Après quelques soubresauts et volutes de fumée bleutée, les rouages prennnent leur élan et atteignent leur vitesse nominale. Derrière, la grosse presse est bien obligée de suivre le train et la fameuse tête de cheval ahanne sans peine. Pierrot commence à enfourner, c'est un habitué cet homme là. Le public est dense, attentif, vidéos et appareils photos sont aux aguets. Quelques instants après, la paille orpheline de son grain sort des demoiselles et est engloutie avec frénésie par le piston de la presse. De temps en temps, Pierrot le coquin envoie une gerbe dans le batteur sans trop la répartir. Le Bulldog d'un mouvement rageur régule et éructe quelques halos de fumée plus dense. Pierrot rit du coin de l'oeil! Son homonyme, le deuxième Pierrot est sur la remorque et envoie les gerbes sur l'élévateur. Quel spectacle! La première balle commence à sortir. L'assistance est médusée de voir le passage du fil de fer recuit dans les immenses aiguilles par l'opérateur aguerri. Beaucoup posent des questions quand à la date de naissance de la batteuse.

Guytou, revenu à l'antenne, donne force explications sur le battage, les marques de matériel, les équipes, qui il a quelques decennies oeuvraient avec opiniâtreté pour la récolte de la sainte céréale. Son coéquipier ne manquait ps de rappeler toute la symbolique du grain sacré. On ne sait ce qui primait, des principes d'agronomie ou de théorèmes sur la mécanique? Ce bavard prétentieux se prenait-il pour un adepte de Sully?

Une fois que les clameurs se taisent et que les courroies détendues ont remisées, après cet épisode grandiose, les spectateurs refluent vers le grand terrain. Qui vont au vide grenier, qui voir les tracteurs, qui à la buvette. “Léon Zitrone” n'est pas en reste et le voilà reparti sur l'histoire du machinisme, les couleurs des tracteurs; les sigles des marques, les lieux de production et des anecdotes succulentes comme celle du rapprochement Ford Ferguson et de leur douloureuse séparation ou encore les péripéties de Fransesco Cassani ou de Léon Claeys.

Petit à petit, ceux qui ne sont pas de l'équipe de Labarthe démarrent leurs montures et s'apprêtent à rejoindre leur base comme Izaourt, Navarrine ou Betchat.

Le vide grenier se vide, les étalagistes rembarquent leurs invendus dans les coffres et remorques. Seuls resteront en place les chapiteaux et les beaux tracteurs des membres de l'association. Sagement parqués sur le gazon encore vert et tondu à la perfection, leurs calandres tellement différentes et si significatives, semblent envoyer des messages....Lundi sera assez tôt pour les remiser dans leurs écuries.

A 18h, stoppez les machines, a vous Cognac-Jay, comme aurait dit Léon, je rends l'antenne!

Avant le dîner à la salle des fêtes, un long moment permet de papoter entre voisins, amis, passionnés des vielilles mécaniques ou tout simplement de ruralité, venus passer une bonne journée dans un si beau cadre.

Le repas, une réussite, agrémenté de la brillante prestation du groupe folklorique, fut un moment de convivialité extraordinaire.

Un quidam, l'oeil pétillant de malice demandait tout à trac;

finalement, ce blé, qui fait tant folier les hommes, il suffirait d'en cultiver un peu plus et il y en aurait pout tout le monde?

Oh, lui répondait son interlocuteur, c'est que même soigneusement engrangé, on n'est pas toujours à l'abri d'être fauché!

Bien à toi, valeureuse association Poulies et Rouages d'Antan, grand merci pour ce dimanche lumineux.

 

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5 novembre 2019 2 05 /11 /novembre /2019 22:33
Les vieux pistons du Girou à Viviers lès Lavaur, dans le Tarn.
Les vieux pistons du Girou à Viviers lès Lavaur, dans le Tarn.
Les vieux pistons du Girou à Viviers lès Lavaur, dans le Tarn.
Les vieux pistons du Girou à Viviers lès Lavaur, dans le Tarn.
Les vieux pistons du Girou à Viviers lès Lavaur, dans le Tarn.
Les vieux pistons du Girou à Viviers lès Lavaur, dans le Tarn.
Les vieux pistons du Girou à Viviers lès Lavaur, dans le Tarn.
Les vieux pistons du Girou à Viviers lès Lavaur, dans le Tarn.
Les vieux pistons du Girou à Viviers lès Lavaur, dans le Tarn.
Les vieux pistons du Girou à Viviers lès Lavaur, dans le Tarn.
Les vieux pistons du Girou à Viviers lès Lavaur, dans le Tarn.

Les Vieux Pistons du Girou,

Dimanche 6 octobre 2019.

 

 

A Longages le premier septembre, Fabien avait annoncé, flyers à l'appui, qu'il organisait une fête à Viviers lès Lavaur les 5 et 6 octobre. Alors ce dimanche matin, va pour Viviers lès Lavaur. C'est tout près de Lavaur, ce patelin mais par où passer après un détour par Graulhet pour livrer une étagère? La première personne interrogée déclare, non je ne connais pas. La jolie fleuriste de l'avenue de Toulouse non plus, mais grace à son portable la direction a été vite trouvée; route de Castres et au deuxième rond-point prendre la D 87. Nous y voilà! Après 9km sur une belle route sinueuse, pentue et bordée de platanes, voici enfin un gros tas de bottes de paille recouvert d'une bâche noire qui annonce le rassemblement. Sur la crête du vallon, une grue tient en otage un Cub suspendu au bout de sa flèche déployée. La même chose avait été faite à Longages en 2016 avec un F 137. Plus de doute, c'est bien ici. Ce ne sont que d'immenses champs dans cette région. C'est déjà le Lauraguais.

Le parking est grand. Tous les camions qui ont transporté les engins sont garés. Le site est très bien. C'est un grand vallon. Il faut descendre à pied, passer devant une rangée de tracteurs et remonter sur l'autre crête pour atteindre le PC; buvette, sandwicherie, chapiteau et l'aire des tracteurs. Pour une première qu'organise Fabien, c'est fort sympathique.

Pascal et Norbert, tous deux de Verfeil sont ici. La belle loco Ransomes est en marche.

Norbert comme on peut l'imaginer a amené du MF; le 1200, le super 90 , le 1080 et le Percheron. Tout ce beau matériel est restauré, les peintures neuves brillent comme des astres. Norbert n'est pas avare d'explications sur ses jouets, il en connaît un rayon.

Ceux de Longages sont venus en renfort, matériel à l'appui; Gilles, Gérard, André, Baptiste, Benoît, Benjamin, Guytou, Loulou. Le gros Caterpillar de Denis est dans le parc à côté du D4 qui s'était illustré à Longages en 2015 alors qu'il remorquait vaillamment l'énorme D8. Le D7 est attelé à deux grosses charrues alternatives commandées par vérin. Une vieille sous soleuse traînée et en bon état ne manque pas d'intriguer. Elle a du faire une démonstration au vu de la raie qui serpente dans le champ. Fonctionnera-t-elle dans l'après midi?

Il est temps de se restaurer. Les réservations sous le chapiteau sont closes, alors va pour la sandwicherie. Avec un petit canon, ça ira très bien. Cybèle, bien sur est dans la troupe et a reçu une ovation de ceux de Longages. Durant tout laprès midi, elle ne cessera de s'amuser avec petits et grands. Viviers lès Lavaur sait accueillir.

Un détachement de tracteurs arrive vers les 12h30. Il était parti faire un tour dans la campagne, histoire de reconnaître les lieux et de marquer le coup pour cette belle première représentation des pistons usés du Girou. D'usé ils n'en ont que le nom parceque tous fonctionnent bien. Ceux qui ne sont pas restaurés sont marqués par les stigmates de l'âge mais ont du tempérment dans les entrailles. Pendant que les troupiers cassent la croûte, un valeureux MF 35 passe le cultipacker dans le labour et gravit la dernière pente, au moins dans les 10% , non sans mal. Le moteur ne faiblit point mais les roues motrices patinent. Enfin dans un dernier sursaut, l'ensemble arrive en haut et recommence quelques instants sa ronde. Cinq personnes sont à bord.

L'entracte est un moment délicieux propice aux causeries, de retrouvailles avec les connaissances habituelles et de nouvelles rencontres. N'oublions pas le club Ferguson et son représentant Michel qui tient le stand. C'est un habitué des fêtes du machinisme, un expert en la matière.

Voilà un visiteur vêtu d'un tee shirt aux couleurs de la SAME. C'est l'occasion de lui demander:

dites moi, d'après vous, SAME a-t-il eu un accord avec Oliver puisqu'il y eu des Delphino peints en vert badgés Oliver?

Oui, il y avait eu un partenariat entre les deux marques mais je n'ai aucun document là dessus.

Et les pompes à injection SPICA*, vous connaissez?

Non? Ah ce fut une histoire remarquable des frères Cassani. Tout est raconté dans le très rare livre SAME, 4 roues en action.

Les laboureurs se mettent en piste. Vers le fond un Lanz oeuvre avec sa charrue traînée. La remontée l'éprouve, il fume noir mais gravit la côte avec succès. Le petit tracteur Bernard à chenilles remorque une charrue traînée puis s'arrête au milieu de la raie. Un SOM 511 entre en lice. Le conducteur est un habitué de la manoeuvre. Il laboure très profond. En descendant, tout va bien. Pour remonter c'est un peu plus dur. Le moteur ne peine pas, oh non, les roues un peu plus, si. Dans le dernier raidillon, le tracteur cabre légèrement mais finit sa trajectoire. Le sifflement caractéristique du moteur OM s'entend des lieues à la ronde. Tout à coup, voici une surprise de taille, le D7 de Denis attaque. La profondeur de labour de la monosoc est impressionnante, dans les 50! Le gros moteur de Peoria n'a aucune difficulté. En descente Denis enclanche une vitesse supérieure. Pour remonter ça va un peu moins vite mais même planté à fond les chenilles tirent allègrement le soc. Il faut voir la terre qui se tasse au passage de la chenille côté labour. Ils en seraient heureux Daniel Best et Benjamin Holt à la vue d'un tel spectacle. En bout de raie Denis manoeuvre avec prudence, les spectateurs admiratifs entourent son énorme attelage. Il en profite pour prendre un passager. Au tour suivant, alors qu'il s'apprête à prendre la raie pour monter, coup de théâtre, l'intrépide SOM attaque la même raie depuis le haut. Ah, la profondeur n'est pas la même mais le tracteur penche tout de même énormément. Le CAT, sans doute peu surpris de la soudaine manoeuvre attend sagement. S'il l'avait voulu, il n'en aurait fait qu'une bouchée de la productionn SIMCA! Le public en redemande. La terre est sèche et dure, mais ici pas un caillou à l'horizon.

Ceux de Peyssies n'étonnent pas moins avec leur numéro. Deux Lanz sont en tandem et font quelques passages en remorquant un gros cultivateur. Sur le labour la manoeuvre n'est pas triste. Norbert ,de son oeil de Lynx ne perd rien des allées et venues des engins. Les gros tracteurs tempêtent, hurlent, crachent, se cabrent mais vont de l'avant.

Dis moi, Norbert, lui demande un de ses collègues; lors d'une journée de travail, combien consommait d'huile un gros monocylindre semi Diesel?

Dans les 4l par jour. Les notices à l'époque étaient très explicites ; les moteurs consommaient de l'huile et les chauffeurs devaient faire l'appoint tous les jours.

Et l'homme de Verfeil, spécialiste des concours de labour, multi champion, de dévoiler quelques unes de ses méthodes, voire des secrets, que la nuit lui porte conseil, qu'il faut beaucoup s'entraîner et prendre des notes.

Pascal a remis la loco en marche. Le foyer en dormance depuis ce matin a été réactivé, la pression était retombée à zéro. Surprenante technologie que celle de la vapeur, le silence en plus.

Au stand MF, un petit coup de vent a dispersé les papiers de Michel. Il n'aurait plus manqué que la littérature sainte soit enlevée par Eole. Tout rentre dans l'ordre. Un visiteur, exploitant de culture bio sur 16 ha, propriétaire d'une moissonneuse batteuse IH 8-63, cherche un moteur FD 123. Celui de sa machine a le bloc fendu. A bon entendeur, salut!

Petit à petit, les tracteurs regagnent le parking et commencent à grimper sur les polybennes, plateaux et remorques. Là haut, pendu à la grue, le Cub balance fièrement mais semble dire, je ne suis pas une girouette.

Les Saint-Gironnais prennent la direction de Verfeil, il faut aller rendre visite à JP à Villeneuve les Bouloc, affaires à traiter en cours.

Merci Fabien et ton équipe, une bien belle journée dans un lieu fort hospitalier

 

*Spica, Société des Pompes à Injection Cassani.

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19 octobre 2019 6 19 /10 /octobre /2019 21:43
Rimont, le message des calandres, dimanche 29 septembre.
Rimont, le message des calandres, dimanche 29 septembre.
Rimont, le message des calandres, dimanche 29 septembre.
Rimont, le message des calandres, dimanche 29 septembre.
Rimont, le message des calandres, dimanche 29 septembre.
Rimont, le message des calandres, dimanche 29 septembre.
Rimont, le message des calandres, dimanche 29 septembre.
Rimont, le message des calandres, dimanche 29 septembre.
Rimont, le message des calandres, dimanche 29 septembre.
Rimont, le message des calandres, dimanche 29 septembre.
Rimont, le message des calandres, dimanche 29 septembre.
Rimont, le message des calandres, dimanche 29 septembre.
Rimont, le message des calandres, dimanche 29 septembre.

 

Rimont, le message des calandres, dimanche 29 septembre 2019.

 

Loïc, de Montesquieu Avantès, un jeune et grand fervent des tracteurs anciens, participant depuis plusieurs années à Autrefois le Couserans, avait lancé l'idée d'aller à la 11ème foire de Rimont. Excellente idée, ami Loïc, c'est dans notre coin et c'est un joli village. C'est une nouvelle occasion de faire sortir les tracteurs. Le projet a vite pris tournure.

Combien serez vous demandait-il?

De la base de Lorp, il y aura 6 engins, 4 de l'usine et 2 d'Aurélien.

Il faut être en place au plus tard à 10 heures. Je m'occupe de l'inscription aux repas.

Bonne nouvelle; Jean-Baptiste vient avec son 302 nouvellement acquis et son Fahr. Son voisin Jérémie vient avec son Utility. Hugo ne pouvait manquer d' être de la partie, il se pointe avec 4 engins. En voilà un qui sait recruter ses chauffeurs.

A 7h 40, les équipages sont à Lorp. Damien a eu une petite panne d'oreiller et quelques minutes se sont envolées. Le temps de sortir les tracteurs de leur repaire, d'ajouter du gas oil au Perkins et au 137, la pendule toque 8h 15. Encore un arrêt à la station essence pour ajouter du combustible au TEA 20 et le périple est entamé. Aurélien et Gaetan ont pris les devants. Avec plus de 20 mn d'avance, la résolution du problème est simple, ils sont irratrapables.

Aux commandes Damien sur le F 137 en pole position, Polo sur son fidèle TEA 20, Jean-Claude sur le Perkins et Marcel sur le géant de Doncaster. En serre file, Berlinette avec à bord Cybèle la mascotte, dans sa loge arrière.

Le journée s'annonce magnifique, elle le sera.

Pour ce matin, il est décidé d'emprunter la D117 vu qu'il n' y aura pas trop de traffic. La prévision sera bonne. Les autos peuvent facilement dépasser. Cette magnifique route, ex RN 117 Bayonne Perpignan, a fait l'objet d'améliorations de grande qualité dans les années 80. Quand on songe qu'il fallait un peu plus d'une heure pour gagner Foix en poid lourd pour une distance de 44km!

A Lescure, Marcel se gare, il y a un peu de fumée qui s'échappe du bouchon de remplissage d'huile moteur. Rien d'anormal. Le B est comme une baleine, de temps en temps il expectore! Damien, ne voyant pas le n° 3 à l'arrière, fait demi tour pour venir aux nouvelles. Du coup, il perd sa place de leader, le B mène la danse, la vitesse moyenne progresse légèrement. Le petit gris tourne à plein régime ce qui n'est pas pour déplaire à Polo qui est on ne peut plus heureux. Le Perkins est à l'aise au milieu du rouge et du gris. Il a trouvé un nouveau maître avec Jean-Claude qui ne veut plus le quitter et qui exulte.

A 9h 15 Rimont est en vue. Au premier croisement il faut virer à droite et prendre la descente vers Combelongue. C'est une arrivée triomphale dans ce site magnifique. Les tracteurs gagnent la pelouse de toute beauté derrière la salle des fêtes. Les stands du vide grenier sont installés ainsi qu'un marchand de chaussures en face de l'entrée. Le cheptel bovin est représenté par des génisses et vaches limousines, premier effectif bovin de l'Ariège depuis de nombreuses années.

Les concessionnaires Deutz-Fahr et Kubota sont présents. Leurs tracteurs font bon ménage avec les anciens. Le public peut admirer les évolutions technologiques.

JB de Lescure est déjà arrivé ainsi que Loïc avec son Deutz et son Fahr. Son grand-père a été requis pour en conduire un. Quelques instants après des pétarades tonitruantes parviennent sur le champ de foire. C'est Hugo et son équipe intrépide qui débarque. Il prend un malin plaisir à faire pétarader son Vendeuvre DD tout ravi de faire sa première sortie en public avec cet outil. Lou sur sa monture de course, le F 237 fait rugir son moteur mais ne peut rivaliser en décibels. Il y a en tout une belle panoplie de 18 tracteurs sagement alignés sur la verte et grasse pelouse. L'accueil est des plus chaleureux.

La matinée passe agréablement. C'est l'occasion de faire les retrouvailles habituelles et de papoter avec le monde rural très attaché à ces rencontres rituelles.

Vers 12h30, après les mots de bienvenue officiels, le repas est servi dans la salle et sous l'auvent monté pour la circonstance devant les tracteurs. C'est un repas pantagruélique qui ravit les convives. Quel moment de détente des plus agréables. Il ne sera pas loin de 15h lorsque le dessert est dégusté. Après tout, rien ne presse aujourdh'ui.

L'après midi, quartier libre. Les visiteurs, heureux de se rencontrer, évoluent de ci de là. Il fait chaud, la buvette ne désemplit pas. Les jolies génisses sont très appréciées du public. Une multitude d'enfants monte sur les tracteurs à l'arrêt. Il faut en aider quelques uns à se jucher sur le Farmall géant de Doncaster.

En bout de ligne, Jérémie de Pobusca a démarré son utility F 235 attelé à une remorque portant un joli brabant Goizin. Ses amis le taquinent et se moquent de son beau Mc-Cormick. Il ne s'en laisse point conter, le jeune propriétaire et de répondre: IH un jour, IH pour toujours!

Hugo fait tourner son Vendeuvre. On ne peut qu'être en admiration en écoutant le son cristallin de l'AS 500 , un modèle glorieux parmi tant d'autres de la célèbre firme de Vendeuvre sur Barse. Damien et Jean-Claude font quelques petites virées à faible allure sur le site.

JB démarre à plusieurs reprises son 302 de la Société Française de Matériel Agricole et Industriel de Vierzon avec une facilité étonnante. C'est qu'il vient de le reconditionner tout recemment. Ce moteur est régulé de manière parfaite.

Insensiblement les rangs du public s'éclaircissent. Ceux du vide grenier plient leurs étalages. Les limousines sont embarquées dans les bétaillères. Les conducteurs sont invités à rejoindre leurs volants. Il faut remorquer l'utility d'Aurélien pour le démarrer et lui envoyer quelques doses discrètes de “ventoline”. Une épaisse fumée bleue est expirée par le brave moteur. Avec Gaetan, il prend les devants et comme ce matin part par la 117. Le groupe des 3 de Montesquieu, des 4 de Saint-Girons et des 4 de Montardit s'élance à la conquête des km du retour à 17h20.

Rimont atteint, c'est la direction de Montesquieu qui est prise. Les Vendeuvre et Fahr sont les moins rapides. Dans les côtes il y a un peu de fumée bleue noire qui s'élève. A Lescure la bétaillère menée par le Kubota dépasse le groupe. A Montesquieu, au Bourch, le premier étage de la fusée se détache, l'équipe de Loïc rejoint son port d'attache, après le lieu dit la Baraque, c'est au tour du détachement de Hugo de prendre vers la droite pour traverser le village, rejoindre le hameau de Seillé et la route de Montardit. Les Saint-Gironnais continuent pépère leur trajet. André est derrière Berlinette. Damien fait parfois mine de s'impatienter et fait des mimiques au volant du B qu'il conduit ce soir. Marcel est en tête et ouvre la route avec prudence et doigté. Polo maîtrise parfaitement le petit gris qui tient son rang. Jean-Claude a des chevaux de reste. Le Perkins est dans sa contrée natale, ici, il est natif de Chateauvert.

Au stop de Monjoie, les vitesses ont craqué sur le B et le Perkins. Allons, il faudra que leur propriétaire fasse une petite séance de passage des vitesses règlementaire.

A Saint-Lizier, la descente de la côte de La Basterne est menée prudemment. Le pente est raide. Polo sait que le Ferguson n'a pas de freins surpuissants et se tient à distance.

A 18h40 la base de Lorp est rejointe, pour 18km, comme ce matin. Le garage est ouvert et les héros du jour regagnent leur niche. Il faudra ausculter le circuit de refroidissement du F 137 qui laisse échapper de l'eau par le bouchon de radiateur.

Bravo Rimont et grand merci d'avoir invité les tracteurs. Pour ceux de Saint-Girons, il semble que ce soit une année record des sorties, c'est une véritable grande vadrouille!

 

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10 octobre 2019 4 10 /10 /octobre /2019 19:54
Braud, Vierzon, Hispano, Carroy-Giraudon et le goûter ce beau dimanche 18 août 2019.
Braud, Vierzon, Hispano, Carroy-Giraudon et le goûter ce beau dimanche 18 août 2019.
Braud, Vierzon, Hispano, Carroy-Giraudon et le goûter ce beau dimanche 18 août 2019.
Braud, Vierzon, Hispano, Carroy-Giraudon et le goûter ce beau dimanche 18 août 2019.

Braud, Vierzon, Hispano, Carroy-Giraudon et le goûter ce beau dimanche 18 août 2019.

Le battage de La Bastide de Sérou.

 

 

Tout est calme encore à 14 heures à la ferme de Rouja par ce beau dimanche après midi 18 août. Le tintamarre ne saurait tarder. Voilà Alain, le maître des lieux, qui est affairé autour de l'Hispano, le célèbre Hispano R 7022, très connu dans la contrée mais qui maintenant est devenu presque une rareté alors que construit à 1999 exemplaires de 1952 à 1955.

Mais où se trouve donc l'aire de battage demandent les visiteurs après une poignée de main cordiale?

En bas à côté du hangar, indique Alain. En effet, passé le grand bâtiment, voici le joli pré, un véritable oasis, l'antre du matériel. Quel régal pour les yeux. Mathieu a bien préparé l'exposition. Au fond la grosse Claas Dominator, une page de l'histoire du machinisme de cette marque. A droite, un beau Farmall F 270, le chou chou de Marie qui le conduit maintenant pour la deuxième année au prestigieux défilé d'Autrefois le Couserans. Au milieu, le vaisseau amiral trône: le 402 Vierzon, la batteuse Braud T 140 et la presse Carroy-Giraudon. Du matériel respectivement fabriqué à l'époque à Vierzon, à Saint-Mars la Jaille en Loire Atlantique et encore à Vierzon. L'ensemble a fière allure. La batteuse à roues pneus est probablement postérieure à 1954, date à laquelle les Ponts et Chaussées avaient imposé aux constructeurs des pneus à la place de roues fer.

Mathieu veut parfaire l'alignement du gros tracteur car la courroie n'est pas suffisamment centrée. Il fait très chaud, tout l'équipage transpire mais la passion et l'enthousiasme sont de mise. Allons, indique rené, voisin et ancien de l'équipe de dépiquage de l'époque avec cette même batteuse et l'Hispano, il faut légèrement creuser sus la roue avant gauche du tracteur sinon le brin inférieur de la courroie va toucher l'essieu. C e sera vite chose réglée mais au premier essai, la T 140 vibre. il faut dégonfler les roues qui touchent le sol, alors que les béquilles ne soulèvent pas assez la machine.

Au bord du hangar, assis sur des grosses balles de paille haute densité, la famille,les voisins et les enfants dont les neveux de Mathieu assistent avec émerveillement au spectacle des réglages. Ils sont venus assez nombreux. Ce n'est pas souvent que le dépiquage, corvée pénible s'il en fut mais tellement importante et chargée de tant de symbole dans nos campagnes, se déroule à la ferme de Rouja. L'écho semble encore se propager dans les environs du bruit du tracteur, de la batteuse et de la presse, cet extraordinaire ensemble qui avait sillonné les campagnes pendant des décennies. René, son frère et Alain revivent avec émotion ces moments palpitants.

Encore un ou deux essais et le 402, bien stabilisé envoie la “gomme” modérément car la presse a une poulie trop grande et il ne faudrait pas qu'une vitesse excessive lui fasse prendre un envol immérité.

Sylvie prend des photos. Le spectacle est inédit.

L'Hispano a approché la remorque de gerbes bien en place à côté de la belle bleue. C'est le Saint-Gironnais qui l'a amené. Mathieu lui a fait ce grand honneur.

D'autres orfèvres du dépiquage qui se sont brillamment illustrés à Saint-Girons le 4 août, se joignent à l'équipe; Jean-François, Jérémy, Benoît. Leurs conseils sont judicieux.

La machinerie est en route. Les premières gerbes sont envoyées par Christophe. Le frère de René est au batteur, l'homme que l'on appelait autrefois l'engreneur, un poste délicat et ingrat. Aux sacs, Alain et

Jérémy. Aux aiguilles, les aiguilleurs, pardi, mais ce ne sont pas ceux du ciel, Mathieu et André! Un poste méticuleux également. Les fils de fer avec leurs torsades habituelles sont prêts. La paille commence à arriver, enfournée par la fameuse tête de cheval et poussée par le va et vient de l'énorme piston. Le convoyeur à barrettes à tendance à patiner mais finalement s'acquittera de sa tâche avec docilité. Les aiguilles, tout un art; placées à un moment précis quand le piston recule, après avoir débrayé le convoyeur grâce à l'embrayage à crabots. Puis le fil peut être glissé dans ce que l'on pourrait appeler le chas mais qui sont en fait des glissières creuses dans le montant de l'aiguille rectangulaire. Un simple liage des fils à la main suffit. Quand la balle sort du canal, libérée de sa forte étreinte, la tension se fait tout seule.

Combien a-t-on envoyé de gerbes demande Mathieu au passeur? Nous n'en dépiquons que 60 ce jour, le reste est pour le battage du mois d'octobre à la fête de La Barguillière. Là haut, au batteur, Yves répartit avec précaution la gerbe dont Jérôme a coupé la fameuse ficelle sisal. Même si le batteur fait 1,4 m de large la répartition de la récolte avec soin est très importante pour une alimentation régulière afin d'éviter les bourrages. Il y a un peu trop de menue paille dans les balles, en bas sous la machine en sortie de la ventilation basse.

C'est la pause. Mathieu ralentit l'énorme monocylindre et débraye la poulie. La splendide mécanique court sur son erre quelques instants. La joyeuse confrérie se retrouve autour des grosses balles pour se rafraîchir et déguster beignets et gâteaux délicieux confectionnés par les cuisinières.

La fête continue. Les techniciens décident pour la deuxième étape d'ouvrir un peu plus le contre batteur. La paille est très cassante et ce petit réglage ne pourrait faire que du bien.

Mathieu envoie la vapeur. Chacun reprend son poste dans l'allégresse. Il y a du mieux, le grain est assez propre, sec, sans casse excessive, tous les épis sont bien dépiqués et pas de grain résiduel dans les balles. Pour un coup d'essai, c'est plutôt réussi.

Les dé-piqueurs n'auront pas été à la peine. L'important n'était-il pas de préparer et mette au point le matériel ? Après quelques 60 gerbes englouties, le sifflet du maître de manœuvre retentit : stoppez les machines ! Une fois les poulies au point mort, le Vierzon avance un peu, toutes les courroies sont enlevées, enroulées et ficelées . Il y a trois demi sacs de blé, trois bottes de paille. Le canal de la Carroy est vidé. Presse et batteuse sont décalées, les timons mis en position, les roues gonflées avec le gros compresseur Indénor entraîné par le Landini, puis tout l'ensemble soufflé à l'air comprimé. Mathieu gare la presse. Marie se charge de reculer la belle Braud sous le hangar avec son F 2370. L'Hispano ramène la remorque de gerbes à l'abri.

Peu à peu le monde disparaît presque comma par enchantement, les adieux se font de ci de là. Un bien bel après midi vient de passer dans la commémoration sans doute d'une des plus belles fêtes de nos contrées rurales ; le dépiquage du blé, cette céréale adorée au travers des siècles.

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