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27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 23:06
Antic Agri à Longages

Antic Agri à Longages.

 

 

 

 

 

La deuxième manifestation phare de la région après Autrefois le Couserans, c'est Antic Agri à Longages les 9 et 10 septembre.

On se souvient qu'en 2016 le thème Mc Cormick Deering Case IH avait fait vibrer l'atmosphère. Le succès avait été d'une ampleur considérable avec le rassemblement de 325 tracteurs et de nombreuses animations sur les immenses terres  accueillantes du Lançon.

Gageons que cette année le thème à l'honneur devrait générer une réussite tout aussi exemplaire. Les marques John Deere Lanz et le matériel forestier seront à l'honneur. Les séquences labour avec les charrues traînées seront parmi les moments forts de ces deux journées.

Là bas, la fièvre monte. Tout le matériel de l'invincible armada pourra t il contenir sur le terrain de la gloire ?

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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 06:25
Le cropmaster David Brown
Le cropmaster David Brown
Le cropmaster David Brown
Le cropmaster David Brown
Le cropmaster David Brown
Le cropmaster David Brown
Le cropmaster David Brown
Le cropmaster David Brown
Le cropmaster David Brown
Le cropmaster David Brown
Le cropmaster David Brown
Le cropmaster David Brown
Le cropmaster David Brown
Le cropmaster David Brown
Le cropmaster David Brown
Le cropmaster David Brown
Le cropmaster David Brown
Le cropmaster David Brown
Le cropmaster David Brown

Le cropmaster David Brown

 

Prestigieuse quatrième édition au lac de la Hierle à Labarthe-Inard

 

 

 

Décidément le lac de la Hierle devient un incontournable de la manifestation de l'association Poulies et Rouages d'Antan.

Il fait très beau ce dimanche 16 juillet. L'importante rosée laisse entrevoir que la journée sera chaude. Elle l'a été, à tous points de vue. Encore une fois les membres de l'association ont fortement travaillé. Tout est en place ; la masse imposante des tracteurs sur la grande prairie, les trois batteuses en parallèle (Rustic, Vendeuvre, Kovarik), le sabotier, le menuisier, les petits moteurs miniatures, le chapelier, le torréfacteur, le producteur de pommes de Pointis- Inard, le charcutier. Bien sur l'intendance est fin prête, l'inscription pour le repas bat son plein. En bordure du champ de blé, un peu chétif cette année, la batteuse, nouvelle, l'énorme Ransomes d'Ispwitch, attend sagement. Son heure de gloire sera pour cet après midi. La non moins grosse presse Brouhot de Vierzon, tout de jaune vêtue sera capable d'engloutir la paille sans souci. Le tout est animé par le valeureux Lanz 9506 de Christian. Cette belle mécanique est parfaitement à la hauteur pour animer cet ensemble de battage.

Tout à côté un petit espace est dédié au petit batteur, au trieur de grain et au tarare ou ventadé en idiome local. La botteleuse Rivierre -Casalis est prévue pour le pressage de la paille de cet atelier, elle est attelée à un petit Massey-Ferguson FF30. Les lieuses Amouroux et Puzenat ainsi que la javeleuse Deering sont fin prêtes. Au fond, contre les arbres, trône un joli Vendeuvre GG dont la calandre rappelle un page de gloire de cette grande marque. A ses côtés, râteau et faneuse à vache complètent le tableau .

La sono de Jean-Michel aussi tonitruante que d'habitude fait courber le feuillage des robiniers qui entourent le site, tellement les ondes sont percutantes !

Les hommes de main de Poulies et Rouages d'Antan s'affairent chacun à leur poste, coiffés de leur inégalable béret.

Les voitures anciennes viennent poser en première position à droite en arrivant ; 203,403 plateau, Alfa Romeo, Austin, coupé SIMCA, B14.

Côté cuisine les maîtres cuistots sont à l'oeuvre. La viande rôtit. Il y aura dans les 500 repas à servir. Les gourmands se pourlèchent les babines.

Déjà au matin, ce sont 44 tracteurs qui sont en place. En fin de matinée l'équipe des Vieux Pistons de Villeneuve de Rivière va débarquer avec les Zetor 25 A , 440, et les Farmall 716 , 816, 966.

Antoine et Mikaël ouvrent les festivités avec la démonstration de la fabrication de sabot. La sabotière, vieille machine en parfait état, est actionnée par le David-Brown à pétrole Cropmaster. Le bois est du tilleul ou du bouleau soigneusement selectionné. Le mouvement est donné par un copieur qui suit en tournant la forme d'un sabot fini et une fraise rotative qui tourne à grande vitesse reproduit la forme sur l'ébauche. Il faut plusieurs heures avant d'arriver à la forme définitive puis le sabot est ensuite creusé au dernier poste par un gouge. C'est un très joli travail à voir. La machine est spectaculaire avec toutes ses poulies et courroies. Affûtages fréquents garantis !

A 10 heures la séquence des petits battages commence. Au programme, batteuse Rustic et SOM 40 H, batteuse Kovarik avec presse John Deere à fil de fer, batteuse Vendeuvre avec tracteur BOB et presse Rivierre-Casalis.

Le monde est arrivé et se groupe autour de l'aire de dépiquage soigneusement délimitée. Il ne s'agirait pas qu'une courroie malgracieuse ait l'envie de sauter sur quelque spectateur. La récolte n'est pas très dense et il y a beaucoup d'herbe. Il faut donc faire passer les gerbes dans le batteur avec prudence pour éviter tout bourrage intempestif. 

Dans le même temps le propriétaire des ânes arrive avec son petit cheptel dont un ânon qui a tout juste huit jours. Les animaux au poil très luisant sont de toute beauté. L'âne attelé au tombereau transporte des passagers heureux de cette petite balade dans ce site reposant.

Les oies, elles aussi, toutes étonnées d'être là, se promènent en liberté sous l'œil vigilant de leur maître qu'elles précèdent nonchalamment tout en cacardant. On ne sait qui est le plus étonné, elles ou le public ?

Vers 11h 30 , alors que la rosée s'est évaporée les lieuses entrent en scène. Le matériel a été bien préparé car tout se passe à merveille . Pas un raté, ni à la coupe ni au liage. Le 137 remorque la Deering avec grâce et aisance. Par endroits, le blé est couché, les cochons sont venus et ont dévoré quelques épis. Allons cette parcelle sera dans les rendements modestes.Une petite bande est laissée pour la moissonneuse automotrice pour cet après midi.

L'heure du repas a sonné. Le chapiteau est plein. Au menu ; charcuterie, haricots et viande grillée, fromage, glace, café. Ce long moment de répit laisse les convives souffler et les discussions aller bon train.

Un peu avant 15 heures, il y a du mouvement autour de la Ransomes. Les hommes du dépiquage s'activent. Les courroies sont vérifiées, le batteur est dégagé, la presse est bien alignée et calée, le fil de fer est prêt, la remorque de gerbe est là. Christian démarre son bijou dans un tonnerre d'applaudissements et de volutes bleues, Lanz oblige ! Gérard place la courroie motrice, Christian recule un peu pour la tendre, le tracteur est bien freiné et va pour un démarrage en douceur. Le public approche, le clou du spectacle, c'est maintenant. L'énorme mécanique aussi lentement qu'un train au démarrage s'élance progressivement. C'est que, au volant du Lanz, Christian le maître de la manœuvre sait ce qu'est embrayer avec minutie. Les hommes sont à leur poste.

Gérard sur la remorque, Antoine à l'arrivée du convoyeur, Pierrot au batteur, Robert au sac, Julien ,Nicolas et Sebastien sont les aiguilleurs. Le régime moteur augmente, la vitesse nominale est atteinte, Pierrot peut enfourner. L'extraordinaire cycle du battage commence. Grain et paille sont séparés par le batteur après une vie commune de plusieurs mois. La paille déliée sort des demoiselles et est engloutie par la presse à tête de cheval, sans surmenage pour aujourd'hui. Le grain commence à couler. Ouf s'écrie le public, le spectre de la famine s'estompe....

Tout à coup dans un bruit assourdissant, le Lanz régule et évacue une fumée plus épaisse. Ce coquin de Pierrot, sourire en coin, a balancé rapidement une grosse gerbe très fournie en herbe dans le batteur. Surpris dans sa quiétude le gros rotor dans un court grondement furieux a transmis sa demande de puissance au gros semi Diesel. Lui n'a pas toussé et la gigantesque courroie brièvement freinée dans son élan a faseyé quelques instants. Pierrot réitère la manœuvre plusieurs fois et son clin d'œil amusé à son voisin semble dire ; attention, ça va déménager !

Brave Ransomes et valeureux dépiqueurs, le baptême du feu est réussi.

Pendant que la batteuse et la presse sont démobilisées, c'est au tour du petit matériel d'entrer en lice. Le moteur CL Conord entraîne le petit batteur, Jacques actionne le trieur, Michel le tarare. Les boulangers veulent du grain propre !

La belle Winterstreiger a l'honneur de faire quelques tours de piste. Animée par son excellent moteur de la coccinelle VW quelques arpents de blé lui sont réservés. Avec la John Deere Gérard presse la paille.

C'est maintenant la séquence des laboureurs. Le 235 de Mikael et le 135 font merveille dans cette terre noire et fertile avec leurs charrues alternatives. Christian déboule avec le 9506 et la charrue traînée a trois socs. Il plante un peu et la grosse cylindrée donne tout son allant pour ce puissant et spectaculaire travail. Il n'est pas de la première jeunesse, cet énorme engin, quelques traînées d'huile s'évadent de ci de là, ainsi que quelques gouttes d'eau presque en surfusion. Le fin mécanicien veille au grain et évite tout surmenage.

Le gros Massey Ferguson 8690 mené par Julien actionne un cover crop porté Amazone. Le tchernoziom devient d'une finesse exquise.

Une petit défilé, il le fallait quand même, vient clore cette journée épique. Le Super FC-D row crop tourne sur place devant les spectateurs émerveillés. Suivent le SOM 40, le SOM 20D, le 411, le Zetor 25A, le Renault 86, le Cub américain, les Farmall 716, 816, 966. Dans un rugissement époustouflant Philippe remonte à grande vitesse le champ cramponné au volant de son rutilant 966 ! Le mythique H , sans sa poulie, fait son apparition. Le beau SIFT plutôt rare est resté dans le pré comme la motofaucheuse Kiva si particulière.

Peu à peu les clameurs se taisent et les décibels retombent. Quelques participants plient leurs bagages, les tractoristes de Villeneuve repartent en convoi. Il n'y a plus qu'a attendre le repas pour clore cette journée radieuse. La buvette est prise d'assaut. Pendant les agapes, préparées ce soir avec brio par les membres de l'association, le très gracieux accordéoniste, comme à midi, va entretenir une ambiance délirante .

Certains, le regard perdu dans le lointain, tout à leur rêve, semblent dire ; quand même tout ce matériel d'antan qui qui a faillé tomber dans les trappes de l'oubli, nous donne bien des moments de bonheur !

 

Gloire à la Hierle et à Poulies et Rouages d'Antan.

 

 

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15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 21:04
Salle sur Garonne, le baroud de l'écurie de Longages
Salle sur Garonne, le baroud de l'écurie de Longages
Salle sur Garonne, le baroud de l'écurie de Longages
Salle sur Garonne, le baroud de l'écurie de Longages
Salle sur Garonne, le baroud de l'écurie de Longages
Salle sur Garonne, le baroud de l'écurie de Longages
Salle sur Garonne, le baroud de l'écurie de Longages
Salle sur Garonne, le baroud de l'écurie de Longages
Salle sur Garonne, le baroud de l'écurie de Longages
Salle sur Garonne, le baroud de l'écurie de Longages
Salle sur Garonne, le baroud de l'écurie de Longages
Salle sur Garonne, le baroud de l'écurie de Longages
Salle sur Garonne, le baroud de l'écurie de Longages
Salle sur Garonne, le baroud de l'écurie de Longages
Salle sur Garonne, le baroud de l'écurie de Longages
Salle sur Garonne, le baroud de l'écurie de Longages

 

Salle sur Garonne, le baroud de l'écurie de Longages.

 

Quelle belle localité que Salle sur Garonne, c'est le pays du président, autant dire que c'est un bon choix. A 9 heures les bolides sont déjà en place, sagement alignés de part et d'autre de la voie. La disposition est différente de l'année dernière. Le coup d’œil en vaut la peine. Pas moins de trente tracteurs paradent et constituent le gros de l'attraction de la fête locale. Ici les marques concurrentes font bon ménage .Dès qu'il s'agit de faire revivre le patrimoine les rivalités d'antan s'estompent. Propriétaires et spectateurs y trouvent leur compte. Une grande étape de la journée est le petit déjeuner. L'appétit est au rendez vous. Charcutailles et fromages sont engloutis avec voracité et un petit canon bien envoyé met du baume au cœur des quelques 23 tractoristes. Certains ont démarré tôt ce matin, tous venus sur leurs montures, qui de Longages, qui de Peyssies, qui du bois de la Pierre, qui de Montesquieu Volvestre, qui de Lavernose, qui de St Elix le Château.

Le panel des couleurs est éblouissant ; du vert, du rouge, de l'orange, du bleu clair, du bleu foncé, du rouge et gris. A part les polycarburants à boule chaude, tous sont des Diesels purs. Pour aujourd’hui il n'y  a pas de moteurs à essence ni de gros moteur industriel.

Après le casse croûte chauffeurs et mécaniciens se rapprochent de leurs machines, un petit tour de l'agglomération est prévu. Comme les moteurs ne sont pas froids, il ne faut guère de temps pour le démarrage de ces extraordinaires mécaniques. Il y a même un Vierzon qui a l'audace de démarrer à l'envers. L'homme de l'art a vite fait de détecter l'anomalie et de relancer le gros monocylindre dans le bon sens. S'était il pris à rêver à l'antique Lanz HL 20 des années 20 qui n'avait pas de marche arrière et que l'opérateur dans un subtil, dosage faisait tourner le moteur à l'envers ce qui conférait la marche arrière le temps de la manœuvre ?

Bernard a amené son Pampa, toujours bien lustré, c'est maintenant un habitué des lieux. Les volutes de fumées bleue , parfois blanchâtre s'ajoutent au spectacle. Il y a une jolie petite chienne noire, Border Collie sans doute, très jeune probablement, qui semble apeurée par ces explosions franches et répétées à cadence soutenue. Elle court de ci de là, se pelotonne dans les jambes de son maître, se réfugie dans la voiture garée devant la mairie. Il se murmure dans les allées que c'est la mascotte de Labour Passion. Ces braves passionnés se trouvent ils un lien avec des sous mariniers de la deuxième guerre mondiale qui eux aussi avaient à bord un petit fox terrier ?

Marie- Hélène fait une arrivée remarquée avec le Massey Ferguson 1150 équipé de son somptueux V8. Quel bruit, c'est une véritable symphonie !

-c'est un moteur Sisu demande un admirateur ?

-oh non lui répond son voisin, pas encore, c'est un Perkins monté sur ce tracteur Canadien.

Peu après le convoi s'étire vers la sortie ; André et son fidèle Utility, un joli V73 aux jantes rouges, le superbe F137 D de Jacques, la cavalerie du Lanz bleu de Philippe, le gros et rare Hanomag de Tony, les Farmall 966 et 716 de l'équipe de Peyssies, le splendide Bautz As 120 d'Audrey, le 37 MF comme sorti d'usine, le 140 MF, le désormais célèbre Pampa, la troupe des Vierzon de Michel, le petit Deutz de Gérard, le Field Marschall, le Som 511 flambant neuf, Le Percheron de Christian*. Eric conduit son SOM 40 attelé à la remorque qui transporte le public.

La jolie place du village retrouve le calme quelques instants. Quelques lointaines combustions résonnent dans le fond, tout au loin et surpassent le rugissement des 6 cylindres de la IH, équipé pour l'un d'eux d'une pompe Roosa Master.

Bientôt l'effervescence est de retour et les Diesels reprennent leur places respectives . Après quelques déchaînements de moteurs pour le spectacle, le calme revient. L'heure du rata a sonné et la troupe se dirige vers le chapiteau. Il sera presque 15 heures quand la café sera servi. Le président tonne : ceux qui veulent labourer, rendez vous au champ de pois à 200m, de l'autre côté de la route! Avant cette phase, c'est l'occasion d'une nouvelle balade dans les allées de la belle Salle sur Garonne. Eric ferme la marche avec son beau SOM 40 et la grande remorque chargée d'au moins 25 personnes. Il conduit avec une douceur extraordinaire. Il n'aurait quand même pas monté une boîte Power Shift sur son SIMCA ?

L'animation se déplace vers le champ de pois . Faute de beau temps les jours précédents, la récolte bien que très mûre, n'a pu être terminé . La grosse CASE IH de 7,6m de coupe, garée sur le côté attend que les degrés remontent pour terminer le champ. La bande à labourer est de 40m de large à peu près sur une bonne longueur. Vierzon, Lanz, Hanomag, Percheron se lancent à la conquête des sillons. Les socs rentrent bien mais que de cailloux dans ces terres d'alluvion ! Elles sont tout de même fertiles et faciles à émietter. Voici une démonstration d' André avec son petit Holder contemporain (de Metzingen) qui remorque le brabant d'Yves puis une jolie charrue 2 socs à timon bois. C'est du beau travail.

Au moins cette année, la journée aura été complète. En 2016 la moisson avait été au programme mais il avait plu la veille et la manœuvre avait été ajournée. Le soir après une après midi ensoleillée 2 moissonneuses batteuses officiaient dans les champs sur la route de Cazères.

Le labour terminé les véhicules rejoignent l'esplanade. Pour eux aujourd'hui leur prestation est terminée. La fête suit son cour avec jeux et trois trapézistes fort gracieux. Le Merlo qui qui les tenait suspendus à son mât télescopique ajoutait une note de romantisme ! Encore quelques bavardages devant les mécaniques puis, vient le moment du repli. Les charrues sont embarquées et sanglées, le semi Diesels sont relancés , les participants s'égaillent pour rejoindre leur repaire après une journée radieuse. Une dernière visite à Eric, le temps de tarer 4 injecteurs et c'est au tour des Saint-Gironnais de revenir vers leur contrée. Ah il y a deux tractoristes qui auraient un peu perdu leurs repaires. Eric envoie une escouade de légionnaires et tout rentre dans l'ordre.

 

Bravo Salle sur Garonne, terre accueillante, journée sympathique.

* Le Percheron, copie du Lanz fabriqué à colombes (92) au titre des dommages de guerre dus par l'Allemagne par la SNCAC ou Société Nationale de Construction Aéronautique du Centre qui fabriquait également les moteurs Hispano Hercules pour les Renault R 7022 et 7023.

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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 23:48
Le fameux tracteur à bouillote.

Le fameux tracteur à bouillote.

L'apparition d'un Allgaier à Labarthe Inard.
L'apparition d'un Allgaier à Labarthe Inard.
L'apparition d'un Allgaier à Labarthe Inard.
L'apparition d'un Allgaier à Labarthe Inard.
L'apparition d'un Allgaier à Labarthe Inard.
L'apparition d'un Allgaier à Labarthe Inard.
L'apparition d'un Allgaier à Labarthe Inard.
L'apparition d'un Allgaier à Labarthe Inard.

 

Apparition d'un Allgaier à Labarthe Inard

 

 

 

 

Georg Allgaier à Uhingen se serait-il douté qu'en construisant ses tracteurs dans les années 50 il déclencherait la passion des collectionneurs plusieurs décades après ? Il en aurait été certainement ravi.

A La Barthe Inard, Thierry lorgnait depuis un moment sur une de ces remarquables mécaniques. Son voisin et ami, Christian, qui en avait un, lui avait suscité l'envie d'en avoir un. Voilà qu'une annonce dans la région d'Albi lui avait permis de réaliser son rêve. Une visite chez le propriétaire l'avait rassuré quand au bon état de l'engin ; moteur tournant, essai préalable, pneus d'origine, bon état de carrosserie, carte grise à l'appui. L'affaire est conclue et le beau tracteur est rapatrié à La Barthe.

L'engin n' a pas croupi dans un recoin, pas du tout. Il est rentré dans la salle d'opération de père Claude, son laboratoire secret où un lifting jusque dans les plus profondes cellules remet à neuf cœur et poumons de l'étonnante mécanique. Tout autour du “ bloc” les autres engins majestueux , sagement remisés, font revivre des heures de gloire et de travail ardent du passé de la ruralité .

Aussitôt pris en main par les chirurgiens de la sidérurgie le R 22 a été mis sur cales, dépouillé des roues, des éléments de carrosserie et de tous ses accessoires. Un ponçage soigneux et une mise en apprêt lui ont donné une nouvelle physionomie. Enfin une belle peinture orange lui ont rendu son aspect flambant neuf. On le croirait sorti d'usine. Le logo Allgaier en fronton du moteur a été soigneusement nettoyé, poli et le fond repeint en rouge comme à l'origine. Thierry y a transpiré une nuit !

Détail insigne, parmi d'autres, le volent est magnifique, pas une brèche, il est comme fabriqué d'hier. Le tracteur n'a vraisemblablement pas souffert.

Pneumatiques et courroies ont été changés, tout le faisceau électrique refait. Ils ne seront pas trop envieux les admirateurs, lors de prochaines fêtes ?

Question mécanique chez Allgaier, il y avait quelques originalités. Tout d'abord le système de refroidissement du moteur culbuté horizontal monocylindre dit à bouillotte. Un gros réservoir d'eau sans pompe laissait l'eau s'évaporer au fur et à mesure de son échauffement. Le conducteur bien sur devait surveiller le niveau, un flotteur muni d'une jauge l'aidait en cela. Le démarrage se faisait à la manivelle, un décompresseur facilitait la rude tâche. Des modèles à option démarreur ont existé avec batterie 6 volt.

Grande particularité, la transmission du moteur à la boîte à vitesses s'effectue au moyen de trois belles courroies trapézoïdales. Elles doivent être du même bain pour avoir la même longueur. Le réglage de la tension s'effectue en avançant le moteur sur le châssis au moyen d'un gros boulon à l'avant. La poulie réceptrice a une petite gorge qui reçoit la courroie de la dynamo placée entre les courroies triplées. Le grand carter de protection ne peut être enlevé qu'après avoir ôté la roue arrière.

Les tracteurs Allgaier ont été construits de 1949 à 1952 à raison de 5000 exemplaires pur les R18 et R 22. Les moteurs étaient dénommés Kaelble parce que Karl Kaelble, motoriste et constructeur de camions, était le beau-père d'Allgaier.

Cet honorable industriel avait travaillé un temps pour Porsche, les tracteurs AP 17 par exemple (Allgaier Porsche) puis Porsche avait volé de ses propres ailes après avoir construit la grande usine de Friedrigshaffen.

A noter les couleurs des Allgaier : les modèles allemands étaient verts et à la demande d'un concessionnaire champenois ils avaient été peints en orange. En effet l'eau calcaire en Champagne faisait par évaporation des coulures de tartre plus visibles sur le vert que sur l'orange.

Thierry prenait soin en prenant le volant d'avoir toujours sous la main un écheveau de coton pour frotter toute trace suspecte sur la belle parure du R22 !

 

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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 15:21
Un très rare FBW .

Un très rare FBW .

Des noms de Diesels rares

 

 

 

 

 

AEC.

AEC pour Associated Equipment Company ou les célèbres 4 roues motrices fabriqués à Southall pendant la guerre et qui se sont illustrés dans l'armée de Montgoméry (dit Monty) sur les plages du débarquement. C'étaient des tracteurs d'artillerie, des grues mobiles, des véhicules pontés et blindés tirés à 9600 exemplaires pour 95 ch, des engins increvables.Deux issus des surplus américains ont fait une brillante carrière aux transports Meric à Saint-Girons des années 50 à 1983. AEC avait aussi fabriqué les célèbres bus Londoniens à impériales et passé un accord avec Willeme pour motoriser un camion français.

cf. Des tracteurs et des wagons du 18/05/2012.

L'odyssée des remorqueurs de wagons à Saint-Girons. 24/01/2014.

Les AEC  de Saint-Girons, les héros de la traction. A droite, c'est un Chenard et Walker.

 

 

 

 

 

Barreiros.

Edouardo Barreiros se lance en 1958 dans la fabrication des tracteurs agricoles motorisés par des moteurs maison sous licence Hanomag. Les tracteurs Renault R 7012 étaient proposés avec une option moteur Barreiros. Barreiros était l'une des trois grandes marques de Poids lourd espagnol à Villaverde avec Dodge et Pegaso.

Les Renault motorisés avec de Diesel sont-ils légion?

 

 

 

 

Bill Harrow.

Ce n'était pas encore un constructeur de Diesel mais cet ingénieur américain de chez Ferguson avait travaillé à la conception d'un moteur Diesel pour le prototype LTX 60 en 1952. Malheureusement lorsque Massey-Harris intègre Ferguson en 1953, le projet de ce prototype fut arrêté : plans, archives et les 6 tracteurs construits furent détruits !

 

Claeys

Bien connu du monde agricole pour ses célèbres moissonneuses batteuses entrées dans le giron de Sperry New-Holland en 1963 englobé à son tour par Ford en 1985, Louis Claeys ( fils de Léon et ami de Rudolf Diesel) avait fabriqué quelques 72 à 75 tracteurs en 2 modèles (NKT 2 cyl. 25ch et NKV 4cyl 60 ch) motorisés en Diesels maison après guerre. Les moissonneuses batteuses recevaient du Ford ou du Deutz.

 

De Dietrich.

Très grosse firme que fut De Dietrich ferroviaire à Reischoffen qui fabriquait du matériel roulant ferroviaire et de magnifiques moteurs Diesel que l'on trouvait sur les autorails 1ère classe Bordeaux Genève via Limoges et Roanne. De Dietrich a été racheté par Alstom en 1995.

 

FBW.

Franz Brozincevic §Cie Wetzinkon, croate d'origine s'installe en Suisse en 1892 et sera connu pour ses camions (le 1er en 1910) et autocars. Les camions équipés du moteur EDU 6 cylindres à plat étaient inconnus en France. La maison est reprise par Saurer en 1982.

Cf. L'incroyable FBW 31/12/2013.

 

 

 

 

 

 

 

Fulgur.

Ce n'était pas un fabricant de moteurs mais c'était la dénomination donnée au moteur SAVIEM monté en position horizontale sur les camions Tancarville et Mondragon. Fulgur pour “foudre” mais le monde du transport eut tôt fait d'appeler ce moteur “fainéant” !

A noter que ce type de montage se retrouvera également sur les camions Büssing et les cars SAVIEM S 45.

 

Henschel.

L'énorme firme de Kassel, l'étoile à 5 branches, qui avait repris l'activité locomotives d'Hanomag déjà avant guerre était un fabricant de Diesel. En agricole il aura motorisé certains tracteurs Normag, fera une timide percée sur les camions JM SAVIEM de 1961 à 1963 puis une remarquable pénétration sur le marché français du poids lourd dans la décennie 1960/1970. Les moteurs de camions étaient à 3 soupapes.

Cf. Les Henschel ne répondent plus. 29/06/2012.

Kaelble.

Carl Kaelble était le beau-père de Georg Allgaier (fils d'Erwin) dont il équipait ses tracteurs des fameux moteurs à bouillotte. Verts en Allemagne, Orange ils devinrent en France à la demande d'un concessionnaire champenois où l'eau très calcaire faisait des traces moins visibles sur l'orange que sur le vert.

Particularité des tracteurs Allgaier : la transmission entre moteur et pont était à courroies trapézoïdales.

 

Krupp.

Énorme firme sidérurgique allemande, était entre autres connue pour ses moteurs Diesel 2 temps dont un entreprise française des années 70, Sabathon dans l'Ardèche, avait une importante flotte de tracteurs routiers Krupp.

 

Laraque.

L'ingénieur Roland Laraque qui travaillait chez MAP (manufacture d'armes de Paris) , maison reprise par SOMECA en 1952, avait monté les moteurs Diesel 2 temps 2 cylindres à 4 pistons opposés sur les MAP. Une voiture MAP Diesel mise au point par Laraque avait participé aux 24 heures du Mans en 1950 mais avait du abandonner au bout de 6 heures à cause d'une malheureuse fuite d'eau !

Le 1er tracteur DA 50 SOMECA a été équipé pendant un an du moteur Laraque-MAP, les suivants ont été motorisés par OM (Officine Meccanicce).

La licence MAP a été revendue à Ansaldo Fossati à Gênes et à Breda Motori à Saronno. Quelques tracteurs Mecavia fabriqués à Autun avaient ce même moteur.

Amouroux de Toulouse, proposait également son tracteur avec cette motorisation.

 

 

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 11:31
Claas, Clayson, Dollé, Massey-Harris, MF, Renault, que de noms illustres!
Claas, Clayson, Dollé, Massey-Harris, MF, Renault, que de noms illustres!
Claas, Clayson, Dollé, Massey-Harris, MF, Renault, que de noms illustres!
Claas, Clayson, Dollé, Massey-Harris, MF, Renault, que de noms illustres!
Claas, Clayson, Dollé, Massey-Harris, MF, Renault, que de noms illustres!
Claas, Clayson, Dollé, Massey-Harris, MF, Renault, que de noms illustres!
Claas, Clayson, Dollé, Massey-Harris, MF, Renault, que de noms illustres!

Claas, Clayson, Dollé, Massey-Harris, MF, Renault, que de noms illustres!

 

 

Merville, après Blagnac, un joli matériel en action.

 

 

 

Pourquoi ne pas aller à Merville par ce chaud dimanche 10 septembre et se délasser après la forte pression de la déferlante de Longages ?

Allez Marcel, en route pour ce joli patelin quelques km après Blagnac, dans la grande plaine. Sitôt la grande avenue bordée de platanes franchie, au 1er rond point à gauche. Le chemin est balisé. La manifestation se tient en plein champ. Un grand parking accueille les visiteurs. Voici l'esplanade entourée des matériels,le bureau d'accueil et le chapiteau de restauration.

Ici point de gigantisme mais du matériel prêt à entrer en action. Ainsi se côtoient moissonneuses batteuses John Deere et Clayson, une fendeuse de bûches à mouvement alternatif, un très beau 7012 attelé à une rare lieuse Dollé, un 168 MF avec une non moins rare botteleuse Claas, un B450 Farmall, une magnifique déchaumeuse lourde Massey-Harris et quelques New-Holland contemporains.

Le champ de blé permet aux machines de s'en donner à cœur joie.

Le MF 168 anime cette curieuse botteleuse Claas grise dont la canal est situé dans l'axe de la machine. Le tout fonctionne à la perfection. L'embrayage à double effet est bien pratique pour stopper l'avancement et avaler les gros paquets de paille.

A midi un excellent repas est servi sous la grande tente et les conversations vont bon train. Mr Bruel de Cazères, grand connaisseur de la ruralité est intarissable.

L'après midi les choses sérieuses continuent. Les moissonneuses Clayson et John Deere exercent leur talent sans difficulté. Au moment de quitter son aire de stationnement la John Deere est stoppée par l'équipe se sécurité :

attention gars, tu as le petit Saint-Gironnais qui fait la sieste à l'ombre de la roue arrière !

Ohé l'ami, prenez la peine de vous déplacer légèrement le mastodonte de Zweibrucken prend le départ, il eut été dommage que vous bloquiez sa roue !

En même temps le Renault 7012 parfaitement lustré, avec quasi tous ses accessoires entraîne la Dollé qui fait gerbe sur gerbe avec une régularité parfaite.

La Massey-Harris monte en scène, plus précisément entre en terre. Cette très belle déchaumeuse, assez lourde donne du fil à retordre au petit MF 140. L'assistant du conducteur relève les disques pour diminuer le patinage excessif.

Les engins modernes font quelques tours de champ. La terre bien que sèche se laisse travailler sans difficulté.

Toute la journée, pendant que ce petit monde s'affairait à ces belles activités, les avions au départ de Blagnac ne cessaient de survoler le site à une cadence soutenue. Finalement le bruit n'avait rien d'excessif.

Une bien belle journée sous un soleil radieux.

Claas : la couleur grise était de mise jusque dans les années 1955 puis est passée au vert forêt et ensuite au vert semis.

Dollé, fabricant de lieuses et de faucheuses à Vesoul . Rappelons que les marques françaises de lieuses étaient Amouroux frères à Toulouse, Heywang à Bourgheim, Puzenat à Bourbon Lancy. Le Canadien Massey-Harris et l'Américain Mc-Cormick fabriquaient respectivement à Marquette les Lille et à Croix.

 

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 21:46
Pas d'erreur possible, c'est bien du tracteur rouge, IH un jour, IH pour toujours!
Pas d'erreur possible, c'est bien du tracteur rouge, IH un jour, IH pour toujours!
Pas d'erreur possible, c'est bien du tracteur rouge, IH un jour, IH pour toujours!

Pas d'erreur possible, c'est bien du tracteur rouge, IH un jour, IH pour toujours!

 

 

Humble et efficace, le Super FC-C Vigneron dit Vineyard.

 

 

 

 

Pour son énième anniversaire, quelle ne fut pas la surprise de Cyrrhus de recevoir une enveloppe d'étrennes et un message ;

Voilà, maintenant tu vas t'acheter un tracteur et assouvir ta passion.

Il avait été observé à son insu et son entourage le voyait sans arrêt tourner autour des vieilles mécaniques et devenir un spectateur assidu du prestigieux défilé d'Autrefois le Couserans à Saint-Girons.

Aussi il n'était plus question de reculer mais de foncer. Puisque appel impérieux de tracteur il y avait, acquisition il fallait faire.

En parlant à bâtons rompus avec son voisin, cousin et ami la conversation dérive sur les tracteurs.

Alors tu en as acheté un ?

Non pas encore.

Tu as une annonce dans le 09, appelle, tu verras bien.

En effet un petit Massey-Ferguson est à vendre à La Hitère, à côté de Sainte-Croix Volvestre.

Bonjour, Monsieur, vous vendez un petit Massey ?

Figurez vous qu'il y a une erreur, il s'agit d'un Mac-Cormick, c'est un super Fc-C.

Ce fut un électrochoc !

Écoutez je viens le voir dans la semaine.

Quelle surprise ! Après un accueil chaleureux, l'hôte des lieux présente le petit vigneron sagement garé dans le vergé, à côté d'un petit Som 20. Il a l'air un peu tristounet mais qu'importe il n' y a pas d'hésitation à avoir, ce sera celui là et pas un autre. Certes c'est un moteur à essence mais le modèle est mimi tout plein, un peu fané mais complet et pas abîmé.

Voyons, je vais vous l'allumer.
Ah il faut le démarrer à la manivelle.

Oui la batterie est un peu faible mais il démarre très bien.

Aïe, il pétarade, le pot d'échappement est fichu. Et combien en voulez vous de cet engin?

2500 F ; j'ai la carte grise mais elle est au nom de l'ancien propriétaire.

Bien , je viendrai le chercher samedi.

En rentrant Cyrrhus se demandait s'il ne pourrait pas le ramener par la route mais ne connaissant pas l'engin, il serait plus prudent de l'embarquer sur un porte voiture.

Christian de Sentaraille prête son Mercédès 608.C'est un samedi matin, il ne faut pas perdre une minute car à midi précises il faut aller chercher les filles à l'école.

Le tracteur est vite chargé et les formalités réglées rapidement. Le trajet du retour sera un peu plus long puisque il aura lieu par Lasserre, Gajan d'en haut, Taurignan-vieux puis l'arrivée au hameau de Bernech. A Taurignan les passants voient débouler d'un œil amusé le joli Vigneron sur le Mercédès et semblent dire ;

tiens il y a du Mac-Cormick dans les parages, c'est plutôt de l'ancien, encore un coup de Cyrrhus !

La progéniture de Saint-Dizier débarquée , la camionnette est ramenée à Sentaraille et à midi pile l'Escort blanche stoppe devant l'école. Les dieux de la IH devaient sans doute surveiller l'opération.

Arrive l'étape décisive, la participation au défilé. La veille au soir du dimanche, le pot d'échappement neuf à peine sorti des forges du carrossier était monté. Le dimanche à 6 heures l'autorisation est demandée à Paul de venir.

Bien sur, répond Paul, pars tout de suite à Taurignan et rejoint nous au pont de Saint-Lizier.

Le super FC-C ne s'est pas fait prier et du haut de ses courtes pattes- à peine 17 km/heure à plein régime- un seul toussotement après Roquelaure et voilà la cité de Saint-Lizier atteinte non sans avoir essuyé un orage à Gajan. Le baptême du feu sans doute...

Au pont le cortège n'est pas encore arrivé et connaissance est faite avec Martial qui vient de l'usine avec son Hanomag et en remorque la batteuse Braud et la presse.

Puis l'immense armada arrive de Lorp, il est un peu plus de 8 heures. L' extraordinaire cortège pérégrine jusqu'à Saint-Girons au boulevard Frédéric Arnaud. L'atmosphère est un peu nimbé de bleu ! Quelle joie !

A 10 heures, après un solide casse croûte et les dernières consignes, le coup d'envoi est donné. Durant tout le défilé le Vineyard n' a pas bronché, son moteur silencieux a fait merveille. Le soir il allait en être tout autrement. Peut-être contrarié de rentrer au garage après une journée de gloire, il n' a cessé de tousser et de s'arrêter.A chaque fois purge du carburateur et nouveau départ. Enfin le port est atteint et l'heureux conducteur de se dire, ça ne recommencera pas. Dès demain, nettoyage complet du circuit d'alimentation.

Ainsi le Vigneron était entré à son tour dans la légende de l'illustre défilé de Saint-Girons. Tantôt attelé à la remorque avec le moteur Bernard et un moulin, tantôt attelé à la botteleuse Garnier licence Guillotin.

Un essai avait même été fait de brancher la batterie comme au Farmall, le positif à la masse. Quelle erreur, le régulateur n'a pas apprécié.C'était pour voir si le démarrage à froid était plus facile vu que le démarreur, pourtant révisé par Bertrand, semblait un peu poussif.

Une petite merveille, ce tracteur, léger, maniable, équipé du relevage trois points double effet et surtout de freins à disques d'une facilité d'entretien remarquable. Pourquoi des modèles ultérieurs n'ont pas été aussi simples de conception?

Il ne restait plus qu'à l'heureux propriétaire d'acquérir une tenue d'apparat pour Autrefois le Couserans. Ce sera chose faite en 2003 et pour corser le spectacle il avait même imprimé une affiche où le nom prestigieux de Mac-Cormik trônait en grosses lettres. Il brandissait ce papier à bout de bras tout le long du trajet.

C' était au cas où on n'aurait eu des doutes qu'il n'eut pas été entiché de la marque des tracteurs rouges !

 

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cf..l'article du 12/02/2008, le Super FC-C vigneron.

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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 19:43
2017 sera

 

 

                                              2017 sera,

 

 

 

 

 

Chères lectrices, chers lecteurs, bonjour,

 

 

 

 

 

Le blog de William Deering fête ses 8 ans. Il doit son activité et sa reconnaissance à ceux qui le lisent. Merci à vous, fidèles lecteurs qui montrez un indéfectible soutien.

Toujours imprégné du machinisme agricole et de l'histoire du Poids Lourds, il apparaît qu'il y a toujours beaucoup à faire. Il ne faut pas hésiter à ouvrir des portes et à découvrir des domaines qui semblaient inconnus. Si le futur est difficile à inventer, l'histoire ne demande qu'à être découverte. Il suffit de s'y pencher et de chercher.

L'année 2017 sera bien entendu très riche en événements.

Foire de Navarrenx, de Barcelone du Gers, de Réalmont, de Flaujac-Nespoujols, de Baraqueville, de Mazères d'Ariège, la journée d'Ondes, la fête à Peyssies.

Deux manifestations phares seront Autrefois le Couserans à Saint-Girons les 4, 5et 6 août pour la 25 ème édition et Antic Agri à Longages les 9 et 10 septembre.

Saint-Girons est à voir absolument. Pendant deux jours la ville vit au rythme d’antan dans une ambiance délirante où plus de 20000 visiteurs viennent voir ce spectacle grandiose. Les mécaniques côtoient les vieux métiers, les groupes folkloriques s'entremêlent avec les attelages bovins et équins.

De multiples thèmes occupent plusieurs places pour relater la vie rurale d'autrefois.

A Longages, 5 semaines après, Antic Agri mettra en exergue cette année, les tracteurs Lanz, John Deere, le matériel forestier et tout ce qui a trait au travail du bois. Le club Lanz y organisera la finale de labour. Si l'on se réfère aux manifestations de ces dernières années qui ont connu un immense succès, gageons qu'il y aura du vent dans les voiles!

N'oublions pas les concours de labour départementaux et régionaux des Jeunes Agriculteurs qui sont aussi de très belles rencontres et des démonstrations de matériels variés.

Caussade pour sa 26 ème édition de Tractomania clôturera la saison avec cet incontournable pèlerinage.

Bien sur il faut avoir un œil assidu sur les parutions littéraires, revues et livres, qui doivent être des documents de chevet.

William Deering vous présente ses meilleurs vœux et beaucoup de réussite familiale et professionnelle dans cette nouvelle année que nous abordons.

 

 

“Accoudé nonchalamment sur le capot de son Farmall , il semblait perdu dans ses réflexions. Il écoutait distraitement le ronronnement de son moteur et regardait éperdument l'inscription gravée sur le bloc moteur “firing order 1 3 4 2.

Ah, pensait il, par quel miracle ces moteurs à pistons alternatifs peuvent-ils fonctionner aussi longtemps alors que secoués par des combustions si tonitruantes !”

 

Les passionnés soulèvent le monde, les sceptiques le laissent retomber. Albert Guidon.

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 19:45
L'énorme cylindre frictionneur en préparation au départ, dans les trente tonnes et son arrivée à la gare de Saint-Girons.
L'énorme cylindre frictionneur en préparation au départ, dans les trente tonnes et son arrivée à la gare de Saint-Girons.
L'énorme cylindre frictionneur en préparation au départ, dans les trente tonnes et son arrivée à la gare de Saint-Girons.
L'énorme cylindre frictionneur en préparation au départ, dans les trente tonnes et son arrivée à la gare de Saint-Girons.

L'énorme cylindre frictionneur en préparation au départ, dans les trente tonnes et son arrivée à la gare de Saint-Girons.

 

 

La rotation pharamineuse du frictionneur,

 

 

En 1966, grand branle bas de combat, la machine III va être modifiée. Berceau de la vénérable fabrique des papiers fins et soyeux, Lorp va connaître une nouvelle épopée.

Qui ne se souvient du grand et intrépide contremaître, Pierre Soum, qui avec un sens aigu de la fabrication avait mené de très longues années la machine qui produisait le papier simili-sulfurisé?

Il en fallait des chiffons, coupés par les femmes à l’étage du dessus, pour ensuite les cuire et les blanchir!

Son successeur, Joseph, allait entamer une longue pérégrination en prise avec les grammages fins et résistants. Désormais il épargnerait encore moins que d’habitude ni son temps, ni sa peine.

Maintenant le papier carbone entrait en lice. Lorp devrait produire le support carbone écru (parfois un peu de pelure blanche) d’abord en 24 grammes au m², puis en 22, puis en 18. Quelques essais timides auront lieu avec le 16 gr.

Les papèteries Bergès n’allaient pas être seules, non, ses concurrents seraient au moins Billerude, Arjomari à Palalda, Bolloré à Thonon les Bains.

Il fallait donc faire un papier frictionné à partir d’une bonne dose de pâte à papier écrue et de vieux papiers. Toujours le rapport qualité prix à rechercher, l’éternelle pierre angulaire. Un cylindre, énorme cylindre de 3.60m de Ø, avait été acheté chez Burhmann aux Pays-Bas . Quel transport en perspective ! Meric, évidemment avait été requis pour l’acheminer à Lorp depuis la gare de Saint-Girons. Le plus dur restait à faire pour le descendre dans la cour pentue et le rentrer dans son logement en tête de la machine III. L’équipe d’enfer et de fer du Pacou, de Guy Rougé, de René Neyron, d’Aristide Dedieu, de Leissig, de Christian Roux, de Claude Soucasse, de Hilaire, de Jean-Marie Larroque  se montrait d’une vaillance extraordinaire et d’une adresse inégalable. Si on lui avait demandé, à coup sur elle aurait été capable de monter le paquebot France sur le“ prat du Ritou”(un terrain de l'usine). 

Néanmoins il a fallu une semaine depuis son transfert de la remorque à wagon, sa descente périlleuse à l'entrée de son nouveau repaire et son placement en tête de machine.

Il en faisait des tours, cet énorme cylindre : 1/3 de tour à la seconde environ (circonférence 3.06mx3.14) à une vitesse machine de 250m/min. Il brillait comme un astre, toujours astiqué comme un sou, sans arrêt raclé par la lame du “docteur” en bronze. Epais de plus de 4 cm, tout en fonte, rempli de vapeur brûlante, il avait pour double fonction de sécher le papier en phase finale et de lui donner une face brillante ou frictionnée d’où le nom de papier frictionné. Il était sur une bonne partie de sa circonférence enveloppé du feutre frictionneur qui prenait en sandwich la feuille de papier. Dès la sortie la noble feuille, sèche à 95% allait s’enrouler sur l’enrouleuse. Ah, la coquine, il lui arrivait souvent de casser en sortie du cylindre. Quel cirque pour la repasser ! Ce n’était pas du tout évident et le sécheur (l'assistant du conducteur de la machine) à certains moments de crise n’était plus sec…

Souvent, en dehors des heures dites normales, la coccinelle 114 CB 09 était garée. Joseph était donc là. Il devait y avoir un problème à la machine. Que de soins requérait-elle, cette brave mécanique ! Tantôt un feutre à changer (leveur ou coucheur ou frictionneur), ou une presse, ou la toile ou encore quelque roulement ou pompe. Quand ce n’étaient pas les problèmes de fabrication: points de colle, casses incessantes, longueur de rupture trop faible, porosité trop forte, grammage irrégulier, points durs, etc.…La conduite de cette remarquable fabrique était un véritable sacerdoce.

Quelques temps plus tard, en 1975, l’increvable coccinelle à été remplacée par la première Golf du Couserans, 795 EW 09, jaune celle-là, plus facile à repérer. La cour de l’usine était son point de stationnement fréquent, dirons-nous.

Ce beau cylindre mythique avait du être rectifié pour lui conserver son aspect glacé. Déjà Burhrmann avait dit qu’il n’était pas loin de la dernière côte de tolérance. L’équipe de la maison Voith débarquait avec force matériel et pendant 5 jours procédait à la délicate et coûteuse rectification. Et c’était reparti pour quelques années. En novembre 1991, alerte ; du côté transmission la feuille est marquée : il y à des traces ternes répétitives. Horreur, le cylindre est abîmé, il faut le rectifier. Les techniciens sertiront même des petites chevilles d’acier dans l’épaisseur de la fonte pour parfaire le travail. Le bureau de vérification de l’APAVE avait dit : dernière rectification, la côte maxi est atteinte.

Les machinistes connaissaient leur maîtresse par cœur :

André, Roland Antras, Claude Degeilh, Louis Jougla, Elie Piquemal, Pierre Sentenac, Gérard Pujol,Christian Descouens, Christian Audoubert,Guy Audoubert.Un peu plus tard Roger Decouens (terriblement happé par la machine le 1er janvier 1982) et Henri Géraud succèderaient à Joseph. Pour eux aussi leur talent exemplaire de domestication des papiers fins pourrait s’exercer à plein….

Les gouverneurs au pulpeur ne chômaient pas : Jean-Marie Cobourg, Maxime Sutra, Roger Piquemal, Louis Crone, Christian Roques.

A la bobineuse, ils ne comptaient plus les Km² : Paul Ajas, Pierre Fort,Patrick Caboss, Marcel Soum.Un mégot était même tombé dans une bobine et avait valu un courrier étonné de Maurice Milloux (le représentant) lorsque Mr Albertini (le client) avait découvert le corps étranger dans une bobine !!! Les caristes virtuoses du Fenwick frétillaient de joie lorsqu’il fallait charger un camion :Jean Sabau, Jean Ajas, Louis Blanc, Claude Morère, les frères Urbain et Gilbert Galy, Claude Rieu. Oh, si, Berga rouspétait bien parfois, pour la forme…

Meric, Limouzy-Mazinter, Blazy, Les grands Bleus (Innocent frères) amenaient les immenses remorques pour les lointaines destinations :

MARI (manufacture Alsacienne des rubans industriels) à Gundershoffen

Perine§Guyot à Blois.

Imprimerie Billon à Saint-Malo.

Delplanque à Bagnolet.

Delplanque à Apprieu.

Copigraph à Malesherbes (siège à Montrouge, Mr Paupardin)

SFPC (société Francaise des papiers carbone, Mr Albertini) à Sorel-Moussel.

STEPA à Louviers.

Représentant pour la France : Mr Maurice Milloux rue du colonel Renard à Paris.

Reuter à Worms.

Molineus à Wulfrath.

Defak à Barmstedt.

Représentant pour la RFA, Mr Alfred Tilk à Saarlouis.

Syriatos à Athènes.

Cotip à Tunis.

Quipac à Arica.

Rafols à Barcelonne.

Cartiere à Milan.

Atimec à Rome.

Les métrages des bobines étaient 18400m ou 20200m pour les plus courants. Mr Rush, le PDG de Mari, n’y allait pas par quatre chemins : il calculait par camion livré, le nombre de bobine x par le métrage x par 18.g/m² x1.02 et tout ce qui dépassait ce tonnage était déduit. Cela pouvait atteindre 300 à 400 kg par camion mais c’était la règle du jeu.

C’étaient presque toujours des camions complets.

Ce n’était pas la route du rhum mais la route du carbone.

De temps en temps, lorsqu’un client se plaignait d’une mauvaise qualité, Joseph ou Philippe partaient en mission diplomatique. Tout rentrait dans l’ordre peu à peu : ajustement des paramètres de qualité et remplacement des marchandises défaillantes étaient les meilleurs arguments.

Dans la petite contrée de Lorp le bruit de la splendide machine résonnait juqu’aux portes du village, à l’entrée de Saint-Lizier même et dans la plaine de Sentaraille.

Savaient-ils, ceux qui parlent tant de carbone aujourd’hui, que là bas à Lorp, en Couserans les maîtres papetiers savaient marier comme nul autre la fibre de cellulose et l’atome graphité ?

 

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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 21:16
Antic Agri 2016, des souvenirs impérissables, des tracteurs de toutes les couleurs. Une gigantesque déferlante de Grands et Petits Rouges!!!
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Antic Agri 2016, des souvenirs impérissables, des tracteurs de toutes les couleurs. Une gigantesque déferlante de Grands et Petits Rouges!!!

 

 

 

 

La déferlante des Grands Rouges

 

 

 

 

 

 

La houle avait grossi de jour en jour. Déjà dans les réunions de préparation de l'extraordinaire manifestation, la liste s'allongeait toujours davantage. Il en venait de partout de ces tracteurs tant attendus.

-allons nous pouvoir les loger tous demandaient les inquiets ?

-le champ n'est pas encore plein répondaient les enthousiastes !

Le programme, l'immense programme était déjà sur les ondes depuis plusieurs semaines et sur le site de labour passion. Les affiches et flyers déjà distribués à tout va eux aussi. Les sigles IH se profilaient partout.

L'organisation avait été méthodique ; une grande allée centrale, les tracteurs en cercles concentriques tout autour, le grand chapiteau en arrivant à gauche. Sous le bosquet, les vieux métiers et sous celui des robiniers, la petite ferme. Le PC toujours au même endroit. Au bord de l'immense champ de maïs l'aire de l' hélicoptère pour les baptêmes de l'air.

Pour les rouges, il était convenu de les classer par pays:US, Angleterre, Allemagne et France. Du Japon et d'Australie il n' y en aurait probablement pas, dommage.

Le président tenait la liste à jour avec un grand soin et même un cahier fort détaillé. La sono de Jean-Paul avait été requise puisqu'il se disait qu'elle était capable d'envoyer les décibels avec grande force.

Le dimanche 28 juillet est le début de la dernière phase d'approche. Une compagnie de légionnaires casqués et gantés s'active au nettoyage du champ de manœuvre. Trois gyros pulvérisent chaume et broussailles. Quelques hallebardiers équipés de leur incontournable “échartous” élaguent les chênes et expédient les quelques dernières ronces récalcitrantes. Le champ qui sera labouré dans 8 jours est même en cours d'arrosage! Durant le reste de la semaine toute la logistique se met en place ; électricité, eau, sanitaires, buvette, chapiteau, traçages au sol. Il faut que jeudi les tracteurs soient en place.

Le jour J. Samedi 3 septembre.

Il n'est pas encore 8 heures. Le soleil commence à éclairer le théâtre. Les couleurs sont magnifiques. La journée comme les précédentes s'annonce torride. Le calme règne encore. Le spectacle est saisissant, époustouflant même. Le rêve s'est concrétisé! L'esplanade est farcie de tracteurs, en majorité des Rouges! Quel rangement et quelle émotion !

En périphérie se trouvent les modernes ; les grands américains, les moissonneuses batteuses, les quad trac, les Case IH. Les plus vieux, Titan, Mogul, MC-Cormick Deering sont au milieu. Sur la portion de droite, les autres marques et les moteurs fixes. A l'entrée du terrain l'immense grue tient en otage amical le petit F 137D de Jacques, un petit Cub est juché sur le podium. Le ton est donné.

Jean-Michel et Baptiste mettent une dernière touche au rangement des géants.

Les modèles allemands sont les moins représentés ; 217, 219, 326, 439, FCN. Les British forment une travée cossue : B450, B250, 634, 414. Quand aux français, ils forment une panoplie impressionnante, du Cub aux 1255 et 1455 il y a de quoi se délecter.

Pour les Case, n'oublions pas que cette marque prestigieuse est aussi à l'honneur, sa représentation est plus modeste mais néanmoins significative : un beau VAK, un fabuleux 15-25 et le magnifique CF 250 attelée à sa superbe moissonneuse batteuse JF.

Les américains, tels de braves pachydermes , étonnent énormément.

Le programme est entamé. Le public arrive peu à peu. Eric ouvre les débats avec une sono qui cette fois ci répercute les ondes au lointain! L'appareillage de Jean-Paul est au top.

Très vite le concours de labour des motoculteurs démarre. Les participants sont peu nombreux. Que faire pour rendre cette épreuve plus attractive?

L'histoire de IH et de Case bat son plein. Comment faire pour coordonner ces deux énormes affaires? Oh, heureusement que les magnifiques engins, 178 quand même,(gris, rouges, Ivoire et Rouge) facilitent énormément la tâche. L'ascension de Mc-Cormick et Deering, leur fusion en 1902, la progression de Case avec les machines à vapeur, les batteuses, les gros tracteurs, le tout parsemé de quelques anecdotes célèbres (l'incendie de Chicago, l'aigle chauve Old Abe à l'origine du logo de Case) et le débat est enflammé. Les interlocuteurs viennent poser des questions, d'autres sont interviewés à brûle pourpoint, les spécialistes du club LTR( les tracteurs rouges) sont de précieux auxiliaires. D'un peu les tracteurs se mettraient à parler durant ce show exceptionnel.

Pour tout raconter sur les gammes , il aurait fallu une journée ! Ils y étaient tous ; du Cub, aux F puis la série Common Market (23-24, 44 etc...). La calandre type gaufre, les pots siffleurs, l'agriomatic, presque tout y est passé, en abrégé. 946, 1046, 1246, 1255, 1455 n'ont laissé personne insensible et ont tracé une page glorieuse de la IH.

Les propriétaires des américains n'y sont pas allés de main morte ; 706, 806, 966,1066,Hydro 100, 1466, 1566, 4586, 5488 et le célèbre et unique en France 2x2 dit Snoopy paradent.

Les mythiques A,B, H, M, BM, BMD (avec leurs poulies), C brillent de tous leurs fanaux. Des visiteurs sont même émus jusqu'à la larme!

Puis la suite de l'histoire est rapidement brossée ; l'adoption du nouveau logo CASE en 1969, l'absorption de la Société Francaise de Vierzon en 1957, celle de Poclain en 1977 et la division matériel agricole d'International par Case Tenneco en 1983. La montée en puissance de Case sur le plan mondial et enfin son entrée dans le groupe Nex-Holland en 1999.

De ci de là les tracteurs circulent avec calme et élégance. Pendant qu'ils manœuvrent les fringants bœufs Salers robe noire de Rémi et François labourent. Ces deux splendides bovins de 4 ans allient force et obéissance.

L'équipe de Guytou officie au battage. La batteuse Société Française , maîtrisée par une équipe de choc fonctionne à la perfection. Ainsi le grain est dépiqué, il y aura farine et pain. Alain et Daniel travaillent la vigne. Comme par miracle des ceps ont poussé pour la circonstance !

A midi, nouveauté, le repas est servi sous le chapiteau. Quelqu'un avait-t-il dit que c'était le cirque ?

Il fait tellement chaud que JEF a eu l'ingénieuse idée d'arroser la toile. La température est délicieuse.

Il est 15 heures lorsqu'il faut se remettre en piste. Quelques propriétaires rejoignent leurs engins et lancent les moteurs.

Malgré la densité du programme, il convient de ne pas éclipser les autres marques qui constituent le noyau dur d'Antic-Agri : Someca, Deutz, FIAT, SAME, Renault (beau panel par rapport à 2015), Energic, Fordson, Ferguson, Massey-Ferguson, Allis-Chalmers, Pampa, Lanz, Vierzon et l'énorme D8 Caterpillar. L'âme de Labour Passion, c'est eux. Les nombreuses charrues attendent sagement leur tour, il y a de l'épreuve dans l'air.

Les gros moteurs fixes des intrépides mécaniciens sont mis en route l'un après l'autre ; le gros 9 cylindres Duvant , le Diesel Industrie, le Sulzer, le Duvant horizontal. Qui d'autre qu'à Longages peut aligner un tel panel? David, Didier, Le Charentais officient et tels les mécaniciens du temps de la vapeur s'affairent autour de leurs leviers, de leurs manettes, de leurs vannes sans aucune fausse note.

Les grands Rouges font des démonstrations de travail du sol. Les Diesels rugissent. Cette terre à force d'être affinée devient certainement sainte... Chaque atelier fait son activité. Le labour à traction humaine attire du monde. Tous ces jeunes ont un tel entrain qu'ils ne s'arrêtent pas en bout de raie et manquent renverser l'énorme Duvant. Oh, s'écrie Didier!

Eric annonce l'arrivée d'un hôte de marque Jean Cointe ancien concessionnaire IH de Gap venu tout exprès à Longages. Quel honneur pour Labour passion. Autre nouvelle de taille ; un camion International Lonestar de Dunkerke est attendu dans la soirée. Cette vague IH, une vraie déferlante!

Le soir un copieux dîner redonne de la force aux attablés après une journée si intense. JEF fait de l'animation pour le plus grand plaisir du public. Aïe le labour nocturne sera un peu retardé et aura lieu à 23h 30.

La soirée s'avance. Les uns regagnent leurs caravanes, d'autres leurs datchas et d'autres encore continuent la fête et s'essaient même à démarrer quelques tonitruants moteurs à boules chaudes. L'écho se propage loin, bien au delà de l'immense champ de maïs. Après tout Antic Agri ce n'est qu'une fois par an.

Dimanche.

L'atmosphère est légèrement embué d'une très fine poussière dorée, celle des astres de la IH.

Le camion International est bien là devant le podium. Son propriétaire raconte son passage à Longages après être passé à Gaillac pour embarquer un 624. Autant faire un détour en Haute Garonne pour se plonger dans cette délicieuse féerie.

Les ondes redémarrent très fort ; dire que samedi panne subite de sono. En fait c'est une panne totale d'électricité, le mutisme complet. David s'écrie ; la génératrice a grillé. En effet il y a un fort dégagement de fumée. Gégé et JEF accourent . Dans les coulisses c'est la consternation. Miracle, quelques minutes après tout redémarre. Fausse alerte un fil de la génératrice avait eu la diabolique idée d'aller se poser sur le pot d'échappement. Pas de pot ! Ampères et décibels reviennent.

Les inscriptions au concours de labour sont ouvertes pour un départ prévu à 9h30. Narcisse est le maître d’œuvre de cet important volet qui est un des fondamentaux de Labour Passion. Les parcelles ont été soigneusement tracées plusieurs jours avant. Seules les charrues traînées sont admises. Vingt participants ont pu mesurer leur talent et faire hésiter les commissaires pour le classement final.

Dans les coursives de l'immense esplanade des tracteurs, l'agitation commence à poindre. Aucun bijou ne manque. Quelques moteurs démarrent. Le magnifique Case 15-25 fait d'incessantes allées et venues. Quel symbole! Le Mogul dans l'allée centrale ne passe pas inaperçu. Plus d'un siècle d'histoire est concentré là.

L' équipe de Guytou est priée de se retrouver au battage, mais elle y est déjà. La magnifique Batteuse Vierzon avale goulûment les gerbes envoyées avec force cadence. Le spectacle est parfait,la mécanique est rodée et les hommes qui la maîtrisent sont des experts. D'aucuns se demandent même si cette mécanique n'a pas une âme?

Vers 10 heures, grande nouveauté, une jeune et belle speakerine s'empare du micro et fait un remarquable exposé sur le Cub devant une assistance médusée. Pendant ces quelques minutes seules les ondes caracolent . Son père de passage devant elle à ce moment là bloque net, surpris et fasciné par ce qu'il entend.

Les bœufs reviennent au labour. Ils ont passé une excellente nuit sous le petit bosquet en compagnie des autres animaux de la petite ferme. Huros et Houblon ont un air un peu farouche mais ce n'est qu'une apparence, leur force n' a d'égale que leur sagesse. On les dirait jumeaux.

Dans le vin la vérité, dit le proverbe . Qui sait ? Toujours est il qu'à Longages, terre de vignes naguère, la démonstration est brillante avec la charrue décavaillonneuse de Daniel et d'Alain entre les plants.

Un petit moment est trouvé, au milieu des intenses explications, pour relater l'extraordinaire histoire de Someca, FIAT, New-Holland et de faire le lien avec Case. Dans l'entourage du président les oreilles se tendent et les sourires s'épanouissent. Rien n'avait pu être dit ou presque en 2015. Voilà qui est corrigé.

Vers 13 heures, rassemblement sous le chapiteau pour ceux qui on réservé. Dans les 540 repas sont servis et quelles agapes ! Bravo au traiteur pour assurer une telle intendance. Côté buvette, c'est un peu la surchauffe devant une telle affluence.

Antic Agri est devenu une terre de pèlerinage !

L'hélico, lui non plus n'arrête pas une minute. Trois passager à bord, 6mn de rotation, la turbine n' a pas le temps de refroidir. Certainement plus de 15h de vol ces deux jours. Pour une première c'est un succès.

Si le samedi matin la dépêche était venu faire un article de presse, ce dimanche un peu avant midi FR3 vient interviewer le président qui brosse une excellente synthèse d'Antic Agri puis un membre de l'association est lui aussi questionné en posant sur le H, mythique parmi les mythiques. Hasard ou préméditation?

Rassemblement des chauffeurs pour le record de labour ! Devant la buvette Eric esquisse un plan de la bataille homérique ; les gars vous vous répartissez par 4 groupes de 7 et chacun dans la raie qui lui est attribuée et pas de bavures. Vous avez compris ? Heu, oui... L'enthousiasme est au zénith. Pendant l'épreuve le chenillard 120 C est heurté par un autre tracteur. Qu'importe, le record 2015 est battu à moins de 10mn. Pari engagé, pari tenu.

Les démonstrations battent leur plein. Les bœufs émerveillent le public massé devant le gros Duvant. Un si jeune bouvier pour les mener s'exclame -t-il !

André étonne avec sa planteuse Mc-Cormick tirée par le F 137D. Quelle mécanique ingénieuse. Les plants n'ont pas d'autre choix que de passer dans la goulotte avant de tomber dans le sillon . Que n'aura pas inventé Mc-Cormick?

Enfin dans le champ expérimental les Grands Rouges s'en donnent à cœur joie. Jean-Claude de Villeneuve met le 1255 sous pression. Cet outil est magnifique et rappelle que 1255 et 1455 ont fait un tirage exceptionnel de 16030 exemplaires pendant 17 ans au catalogue.

Baptiste, Valentin et Guillaume aux commandes de leurs Farmall de Rock Island sont fiers et scellent ces mémorables journées d'images gravées pour la postérité. Un bruit circule dans les allées que l'année prochaine il y aurait peut être un rare 756 4 roues motrices....

Le Quadtrac, relativement silencieux, modernisme oblige, referme la boucle de la sublime histoire du machinisme et des fabuleuses journées d'Antic Agri.

Peu à peu un nouveau brouhaha s'installe ; celui des tracteurs qui repartent, celui des chaînes, des rampes grinçantes, des cliquetis, des manœuvres, des matelots qui se hélent.

Tout est nimbé d'une fine poussière d'or sacrée.

 

Ils connaissaient le tracteur et le champ par cœur. Leurs mains, doigts écartés, se perchaient en papillon sur la boule douce et tiède du levier de vitesse qui leur trans mettait dans le bras, dans l'épaule et jusque dans le dos le clapotement feutré des pignons. Ils goûtaient dans l'harmonie du moteur régulier comme une horloge et du tintamarre inlassable de la transmission, une volupté dont ils gardaient le secret”

Si un homme peut descendre de son IH , IH ne peut sortir de cet homme !

IH un jour, IH pour toujours.

 

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