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10 mai 2018 4 10 /05 /mai /2018 21:29
Bouts longs et bouts courts pour le H
Bouts longs et bouts courts pour le H
Bouts longs et bouts courts pour le H
Bouts longs et bouts courts pour le H
Bouts longs et bouts courts pour le H

Bouts longs et bouts courts” pour le H.

 

Il tarde à tout l'entourage d'ouvrir les entrailles du Farmall. Que nenni, ce n'est pas encore le moment. Il a été bien dit dès le départ que ce serait d'abord tous les périphériques qui serainent visités.  Le moment d'ouvrir la culasse ne saurait tarder. Tout vient à point à qui sait attendre. Une fois le moteur réparé le tracteur sera prêt. Tous les autres organes auront été vus. Cette technique en vaut une autre.

Ce dimanche matin,le chantier est préparé. La bâche enlevée, le H apparaît dans toute sa nature candide. La roue arrière droite a été amenée samedi matin. En attendant, quelques projections de dégrippant sur axes et écrous qui ont tellement souffert. Il faut aussi visiter le fameux volet du réchauffeur du carburateur, grippé évidemment. La vis de réglage est pratiquement sertie par la rouille, alors elle est sacrifiée par un coup de scie, il y aura du perçage en perspective. Le volet est bien nettoyé mais se montre très récalcitrant.

En début d'après midi André et Damien sont à pied d'oeuvre. La cloche du frein droit est enlevée après avoir dégrippé assez facilement les pédales de leur axe et là surprise, la sangle sort derechef. Elle est en piteux état et recèle des traces d'eau. Du coup , libérée de son étranglement la poulie tourne, le demi arbre de roue est libre, il n' y a donc pas de blocage du pont, chouette ! Pas de trace d'huile non plus dans le carter de frein.

La roue est vite remontée après que Damien eut nettoyé et brossé les boulons, les taquets et huilé les filetages. Le grand tracteur commence à retrouver une certaine élégance, avec deux roues sur quatre, voilà un bon début.

André travaille sur la pipe d'échappement et pense qu'il vaut mieux la tomber : l'écrou gauche casse . Décidément, dans cette boulonnerie ne vont rester bientôt que des bouts courts ! Le volet du réchauffeur va donner du fil à retordre, qu'importe, rien ne presse.

Le vérin de la faucheuse est vite tombé, aucun axe n'est grippé ; le flexible se dévisse facilement, il y a encore de l'huile à l'intérieur.

Il faut continuer le radiateur mais le contexte est un peu plus difficile que sur le B 450 ou une clé à pipe de 19 attrape facilement les écrous. Ici à cause du train avant row-crop ils sont logés dans la chapelle et ne sont accessibles qu'avec une clé à œil à cliquet de 16. La maison Dijeaux en vendra une au prix renversant de 26 € !

Le tube de vidange, bloqué lui aussi, ne se dévissera qu'avec une grosse clé à griffe et miracle le filetage côté radiateur est impeccable.

Avant cette phase les mécanos s'étaient dit, pourquoi ne pas tomber le train avant, le radiateur sera facilement accessible. Chose dite, chose commencée ; sur 8 boulons, 3 se desserrent, le 4ème casse à ras du chassis et de bout long devient bout court. Il faut renoncer à cette opération car pour sortir le bloc du pivot de son logement, il doit être sérieusement coincé. Le mardi avec la clé à cliquet les écrous se déferont assez facilement et surprise non seulement le filetage est très long mais encore ils sont montés au frein filet! Après avoir enlevé le déflecteur du radiateur, la pompe à eau est sortie. La turbine est très belle, le roulement est un peu granuleux.

Où sont passés ses boulons de fixation ?

Dans une boîte répond André.

Ah plus de ça, chaque boulon et écrou sont remis en place, sinon au remontage c'est la panique !

Enfin le magnifique radiateur tombe. Il est très beau mais sa plaque signalétique est fripée. Il faudra essayer un détergent doux pour déchiffrer les probables hiéroglyphes de son origine. Les volets s'ouvrent très vite après nettoyage et dé grippage des petits axes inférieurs. La mécanique est parfaite. Enfin le système respiratoire du H est rétabli.

Bertrand ; le maître des électrons, a indiqué que le démarreur est en excellent état mais que la magnéto a été bidouillée, on n'entend pas le déclic et il n' y a plus de bobine à l'intérieur. Voilà pourquoi il y en avait une classique qui avait été montée à part.

Ce mardi par grand beau temps mais froid les diverses opérations vont bon train. Les roulements de roues avant sont réglés. Ainsi il n'y a qu'un jeu léger dans l'axe de pivot, alors que le pignon et la vis sans fin de la colonne de direction sont en très bon état.

La jante droite aux taquets soudés est présentée pour vérifier que ce n'est peut être pas la position à égale distance de ces fameux taquets qui est en jeu. Effectivement ce n'est point du tout cela. Seulement quelques boursouflures sur l'anneau central l'empêchent de bien venir se loger à fond sur le voile du moyeu. A la prochaine étape quelques coups de meuleuse devraient rectifier cette disgrâce.

Tout le monde sur le pont.

Cette splendide machinerie n'étant pas bloquée il convient maintenant d'en ôter l'huile qui doit plutôt s'apparenter à de la graisse épaisse qu'à un lubrifiant fluide. C'est bien cela. La barre plate ayant été déviée pour mieux placer le bidon de vidange et après avoir cassé, encore un, un boulon de fixation de l'étrier, la vidange laisse apparaître une pâte noire et visqueuse, un peu d'huile, dans les 15 l au total et heureusement pas d'eau.

Les commandes des poulies sont débloquées facilement. Le filtre à huile est vide et pâteux.

Le robinet (bloqué) du réservoir de pétrole et le bocal de décantation sont enlevés. L'intérieur du reservoir n'est pas très “crouteux” mais il faudra surement faire un petit grattage.

Sous le siège il y a une mini caisse à outils en forme de croissant qui épouse l'arrondi du tube de l'assise ; un bon nettoyage s'impose. Quelques bouts de ferraille croupissaient là dedans depuis des lustres.

Pour clôturer cette belle journée en beauté, les trois boulons neufs de la jante avant gauche sont raccourcis de trois cm. La moindre des élégances est à ce prix. Le H est recouvert de sa belle bâche. Il n'avait pas été habitué à un tel confort depuis très longtemps. Son passé est une énigme, peut-être se résoudra-telle un jour ?

Tu vois, André, ce qu'il y a de bien dans la douce folie que nous connaissons, c'est qu'elle est indolore !

Qu'en pensaient les multiples promeneurs à la vue de cet équipage autour ce vestige?

 

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