22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 21:28

                                                                                                                                                           

 

 

 

 

 

                                       Un Farmall obéissant, le Super FC-D

 

C’était en 1954, à la IH à Saint-Dizier la grande écurie s’était lancée dans le Diesel comme la plupart des constructeurs. Le Super FC-D reprend la structure du Super FC-C mais avec un moteur Diesel maison, le FD 123 qui donnera entière satisfaction. Avec son relevage, la prise de force, la poulie c’est encore un Farmall de grande lignée qui plaira et sera méritant. De plus il est économe et fera la transition avec la série F. Curieusement il était proposé en option en Row-Crop ce qui était rare pour un modèle français, d’autant plus que les agriculteurs prisaient peu cette technique. On retrouvait aussi cette configuration optionnelle sur le B 450.

La maison Dijeaux en avait vendu plusieurs et certains se retrouvaient en 2 ème main dans les exploitations de la contrée, en tracteurs d’appoint. Le Pesqué en avait hérité d’un, en prêt, avant qu’il soit revendu ailleurs. A Peillou il en avait été de même.

Très fier dans ses allures le Super FC-D du Pesqué était intact, pas une cabosse, juste si la couleur était un peu passée et avec ça un fonctionnement à merveille. Si seulement les utilisateurs de l’époque avaient su l’engouement qu’ils connaîtraient plusieurs décades après, ils les eurent soigneusement cachés sous les remises. Combien ont du finir à la fonderie, comme tant d’autres ?

A la Mc-Cormick les ingénieurs avaient voulu des moteurs à préchambre de combustion, d’où du préchauffage pour le démarrage. Cette tradition fut longtemps respectée puisqu’elle se retrouvait sur la série des F (265, 267, 240, 270, 235, 135, 137), des D (217, 219, 326, 439,432) et des B. Si l’injection directe était connue dans le mode du Diesel, elle était loin d’être universelle. La gamme européenne avec l’arrivée triomphale du magnifique 624 sera la première à abandonner les bougies de préchauffage.

Qu’il était obéissant ce FC-D ! Après quelques instant d’attente avant que le témoin de chauffage soit porté au rouge vif, le moteur démarrait sans coup férir et s’ébrouait. Sa particularité était qu’il était presque plus bruyant au ralenti qu’au régime. Il claquait ou cognait, c’est selon, puis au fur et à mesure qu’il prenait les tours, les bruits de la combustion s’harmonisaient et les vibrations s’estompaient. Et à chaud ? C’était toujours pareil et sur tous les moteurs, il fallait encore donner du chauffage sinon le démarrage n’avait pas lieu, même en insistant sur le démarreur. Cette honteuse manœuvre, jamais aucun valet des tracteurs rouges ne se la permettait.

Maniable était-il aussi ce bel engin malgré la gymnastique pour accéder au volant. Que devait-il en être s’il fallait quitter le navire en cas de menace de renversement ou de descente périlleuse dans une forte pente. Equipé de sa faucheuse ventrale dont le bâti était peint en bleu, il faisait un travail remarquable.Le porte lame était commandé par le relevage ce qui était un progrès extraordinaire. Combien d’hectares ont été tombés sans aucune difficulté ?

Au Couchou à Taurignan-Vieux il avait fallu faucher le grand pré en pente en face de chez René. Marko, mine de rien, s’en donnait à cœur joie et virevoltait avec sa plus grande insouciance. L’herbe dense et épaisse tombait allègrement. Un petit bourrage ? Une petite marche arrière, dégagement du porte lame et ca repartait. René observait et devait se dire ; il va se foutre en l’air, ce drôle, à faire l’acrobate avec cette sauterelle !!

A la fin c’était bien rare que les derniers andains ne finissent en pointe. Et bien, comme si de rien n’était, la lame coupait, recoupait, on n’y voyait que du feu. Le dernier tour à rebrousse poils, comme si c’était fait avec une tondeuse à moutons ! Quelques jours après, quand le foin fut pressé avec la B 47 et chargé, quelle merveille, on eut dit l’herbe rasée, pas un épi !

Les voisins disaient : mais Rémi, ce pré tu l’as tondu ou quoi, c’est une véritable œuvre d’art ? Le maître répondait : pense tu, la lame coupait bien, elle avait été affûtée par un spécialiste…

A Peillou, un Farmall Diesel avait été prêté pour donner main forte au D 439. Le D pressait, le F chargeait. Dans la pente à Saint-Jacques Patrick menait le beau tracteur, Marko surveillait la manœuvre. La remorque, gravide, avait un léger roulis, les chargeurs piquetaient le fardeau pour l’empêcher de s’éventrer, puis peu à peu le convoi gagnait le plat.

Aux Baudis, Gérard en avait eu un aussi. Il avait tout l’équipement : charrues, faucheuse, bineuse, botteleuse. Il se permettait même le luxe de tracter une grosse remorque basculante issue d’un châssis de camion, modifié. Le vaillant Diesel s’en sortait bien. Tracteur long aux grandes roues arrières et grosse remorque faisaient un bel ensemble.

Il reste dans la région un Row-Crop soigneusement abrité. Les collectionneurs s’en approchent de temps en temps, mais en vain….

Le FCN (N pour Neuss car fabriqués là bas) sont moins courants et étaient fragiles du vilebrequin.

Précisons que la carrosserie de ces tracteurs issus du c américain était due au styliste Raymond Loewy avec la célèbre calandre dotée de 4 rangées de 3 barrettes.

Quelle expressivité dans ces calandres, ne sont elles pas le reflet de  quelque message ?

 

 

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