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Cervoline Fleurine dimanche 30 janvier2011
Le super FC-C dans toute sa splendeur.
La descendance du C
Quelle lignée, que celle des Farmall A, B, C, M, H, MD et Cub ! Tous produits au départ dans l’usine de Chicago à partir de 1937 pour les premiers.
Le C est haut sur pattes, tracteur maigre dit-on à l’époque ou aussi affublé du sobriquet de sauterelle. Il est à essence, allumage par magnéto, 1850 cm³ de cylindrée pour 21 chevaux à la poulie. Il va faire une entrée magistrale en France grâce au plan Marshall. Au total pas loin de 80000 exemplaires seront produits. En 1951, son frère le FC, F pour France sera assemblé à l’usine Mc-Cormick de Saint-Dizier. Seule différence l’allumage sera à allumeur rotatif communément appelé DELCO (Dayton Electrical Laboratory and Co). Démarreur, poulie, ailes arrières et prise de force font partie de l’équipement de série. Suivront les Super FC (1952 1953, cylindrée augmentée à 2010 cm³, refroidissement par pompe à eau) et Super FC-C : le deuxième C pour carbureted (carburateur), fabriqué de 1952 à 1957. Cette fois ci le moteur FC 123 est fabriqué à Sain-Dizier. Avec leurs grandes roues motrices ils auront une adhérence extraordinaire et une robustesse honorable. Très typiques les bras de relevage ne sont pas à l’arrière comme sur la plupart des tracteurs mais à l’avant du poste de conduite. Ils sont reliés au mécanisme arrière par deux longues tringles. Elles en font leur charme inédit et requièrent une certaine dose d’acrobatie pour se loger au poste de conduite. N’est pas conducteur de Farmall qui veut ! La grille des vitesses est également inhabituelle car la première ne se trouve pas en haut à gauche mais au milieu. Enfin, dernière originalité, le branchement de la batterie est à l’Américaine ; le plus à la masse, le moins au démarreur alors que sur le vigneron de même génération c’est le branchement à la Française. Suivront enfin les Diesel super FC-D et FCN ( N pour Neuss)
Gabiers et tracteur en tenue d'apparat.
Un beau jour de février 2005 Rémi annonce : il faut aller voir un McCormick à Castelnau Durban, il est à vendre.
-de quel modèle s’agit-il ?
-je n’en sais rien...
- bon, allons-y mercredi prochain.
Encore un jour de neige. Le beau Farmall est dans la cour, derrière les maisons du hameau des Gardesse. Il est bien sur ses aplombs, assez bien chaussé, repeint sauf les inscriptions sur le capot, le pot d’échappement est de guingois.
-ce n’est pas un C (il aurait eu les roues avant en row-crop avec de fortes chances), s’écrient les visiteurs mais un FC !
-presque mais c’est un Super FC-C.
-vous n’avez pas repeint les jantes comme à l’origine,
-c’est vrai, je n’ai pas respecté la teinte initiale. Si nous faisons affaire je vous repeindrai le capot, il me reste encore de la peinture. Je vais vous l’allumer.
Sans histoire le moteur FC 123 démarre et ronronne tranquillement.
-il manque tout le système de relevage ! Ca lui enlève beaucoup de cachet.
-exact, ces pièces je ne les ai pas. J’ai acheté le tracteur dans cet état, il est originaire de la région de Daumazan. Par contre, j’ai une deuxième barre plate qui peut toujours vous servir pour un autre modèle. J’ai la carte grise. L’engin est convenable. Allez, pour 600 dollars je vous le laisse.
-bon, c’est d’accord, nous viendrons le chercher dans les jours qui viennent et l’amènerons par la route.
-c’est entendu.
Le jour j fixé était le lundi de pâques : beau temps, belle mer. Farmall en route, Rémi au volant. Tout le monde se quitte bien content mais sitôt la descente après le hameau entamée, voilà que le moteur hoquette, puis repart
-p….n, les vis platinées qui d…….t, j’aurais du les changer.
-Hm, Hm pas du tout sur que ce soient les vis vu les symptômes de l’essoufflement.
Rémi continue et tout le long du trajet, plus de deux heures tout de même, ce ne furent que d’incessants arrêts, démarrages. Mieux qu’un banc d’essai des démarreurs Ducellier ou Lucas….
-nous allons y laisser le démarreur, Rémi ! Voyons si quelque corps étranger n’obstrue pas les voies respiratoires. Mais non ; le pilote voulait continuer. Enfin la plaine de Lorp finit par être en vue.
-dimanche le professeur va jeter un coup d’œil à ce moteur endothermique. C’est dans la carburation que ca se passe. Dès qu’il est chaud, il s’arrête et se rallume très bien après quelques instants. L’allumage n’a rien à voir là dedans.
Quand André vit le Farmall : qu’il est beau, nom de nom, c’est un français ! (quel connaisseur !). Voyons les poumons.
Au bout de quelques minutes à peine, un cri de joie faillit renverser la sauterelle de Saint-Dizier. Mais regardez : vous avez failli perdre le carburateur, un boulon desserré, l’autre foiré. Prise d’air additionnelle, Messieurs ! Méfiez vous toujours des joints Klingerit dans les vieilles mécaniques. Comment voulez vous que l’ajutage d’automaticité remplisse son rôle s’il y à un apport d’oxygène intempestif. C’est comme un poisson hors de l’eau, trop c’est trop.
Ah, cette dynamique des gaz, pas si compliquée que ça, à condition d’être dans le bon tuyau.
Du coup le Farmall respirait très bien, de beaux jours l’attendaient.
Après un petit séjour provisoire dans le pré de la plaine, il rejoignit le Hangar de la Tracpaco.
Son pot d’échappement changé mais légèrement plus petit en Ø que l’original il était devenu rouge vif un soir de remorquage dans la côte de Saudech. Aurélien et Ghislain en étaient éberlués.
- il va fondre ou prendre feu ?
- non, mais arrivés là haut il faudra laisser ventiler le moteur en marche et tout rentrera dans l’ordre.
Courant juillet les tringles de relevage avaient été ramenées de chez un collectionneur de l’Essonne par un camion des grands Bleus, puis les marquages du capot refaits.
Il était quasi complet et prêt pour les défilés et autres promenades, beau comme à sa sortie d’usine.
Quel public, regardez moi cette calandre, elle en dit long!!
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