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Lettre au cousin Gringoire
Le défilé de 2007
Mon cher Gringoire,
Comme tu n’es encore jamais venu à notre défilé prestigieux de Saint-Girons, j’ai pensé que ce petit mot te donnerait l’envie de le voir une prochaine année.
Hé bien figure toi que pour un succès ce fut un succès !!! Quel monde et quelle chaleur dès le matin avant 9 heures. Le mercredi et le samedi nous avons transbahuté des charrettes et des chars avec le Farmall et le Fordson. Nous avons lavé ces deux engins à la station à 21h samedi puis après avoir été invités Marcel et moi chez René (qui conduit des cars et fait partie de la Tracpaco) nous sommes rentrés vers minuit. A 5h le réveil sonna, un nouveau grand jour apparaissait. Mercredi j’avais vu Paul et lui avais demandé si je pouvais ajouter un tracteur ; pas de problème me dit il. Ainsi voilà donc le Fordson embarqué avec la botteleuse et conduit par Marcel. Dimanche matin à 6h 50 comme le temps nous manquait pour rejoindre l’équipe de Paul à Lorp, nous l’avons attendue à la gare quelques instants et avons fini d’astiquer les carrosseries, de faire tourner quelques minutes le moteur et son moulin sur la petite remorque bleue qui étaient eux aussi de la partie. Que de beaux moments ! Puis tout à coup nous avons entendu la moto pétaradante de Paul qui précédait le splendide convoi.
Paul eut le temps de nous crier « il y a un peu de retard » (nous avons su dans la journée que un Renault et un Massey n’avaient pu démarrer) O miracle les légendaires engins arrivaient et classés par marque. Qui était devant ? Roger avec son joli petit Varimot. En deuxième position se trouvait Remy sur son magnifique motoculteur Staub et quelle fierté !! Il y avait de quoi. René, lui, avait la petite motofaucheuse que conduisait d’habitude Nicolas. Nous nous sommes glissés dans la troupe et nous nous sommes garés au boulevard Frédéric Arnaud. En fait le stationnement commençait à l’église Saint-Vallier et finissait bien après le pressing. A ce moment là j’ai donné des petites notices historiques que j’avais préparées chez le typographe, à Marcel, Remy, Aurélien, André Rouch et André Anel (qui voulait être en dernier pour faire admire son Fordson rare et parfaitement restauré). Paul lui à accordé d’être avant les Vierzon, et il avait Marcel devant. André avait un magnifique Renaut repeint. Il était très heureux de ce beau résultat, de plus ce tracteur est à lui. Après avoir écouté les consignes de Paul et avoir pris un bon casse croute l’invincible armada s’est mise en route à 10h5. Les voitures Citroën qui faisaient partie du défilé sont passées devant et ont causé à ce moment une petite pagaille devant le vieux fournil puis au foirail sont restées tout à fait à la fin, comme prévu. Il ne me restait plus qu’à rejoindre le monument aux morts (ce jour là il a été bien vivant) à pieds pour me préparer à mon rôle. Le président était là et que ne m’annonce-il pas ? Marko la sono est en panne, je n’ai pas de connexion et la voiture de Zanquer(le propriétaire de la sono) est fermée à clefs. Peux-tu aller le chercher, il est au square Balagué. Nous voilà bien partis me disais-je, enfin nous verrons bien. Heureusement je suis vite arrivé au square et comme cette année je ne m’étais pas senti le courage de mettre les sabots, cette petite marche n’en fut que plus facilitée. Zanguer me passe la clef et me voilà revenu au bout de l’avenue après avoir serré je ne sais combien de mains tellement que la mienne était gonflée comme une baudruche !!! Le président tout content me déclare que c’est bon, ca fonctionne. Parfait. Puis tout à coup nous avons vu débouler tout doucement les tractoristes. La balle était dans mon camp. C’était le moment où jamais de voir si les connaissances glanées depuis des décades pouvaient intéresser le public. Le plus fort c’est que j’ai oublié des anecdotes ou des renseignements historiques. J’ai même oublié de parler de William Deering !!! Nicole, qui était derrière moi à du se demander si le soleil m’avait tapé sur le cassis. Surtout qu’il devait y en avoir un de William Deering ! Il était garé devant le vieux fournil et je lui ai même donné le signal de départ derrière un H suivi d’Aurélien sur son splendide Super FC-C. A mon poste je ne me suis même pas aperçu qu’il n’y était pas et pour cause, il commençait à chauffer et son conducteur à préféré le garer sur le trottoir peu après le foirail. C’est un véhicule de l’écurie d’Hubert Saint-Blancat de Labarthe Inard. Le soir nous sommes allés le chercher avec un collègue et j’étais très fier de me retrouver sur un WD9 de la très célèbre William Deering, un engin à moteur poly carburant s’il vous plaît!! Importé à peine à 867 exemplaires avec le plan Marshall, combien en reste-t-il aujourd’hui,aussi un petit hoquet est bien pardonnable ? En fin de convoi des engins motorisés, devines qui nous trouvons ? Alain et Guillaume avec leur magnifique Latil remorquant une énorme bille de chêne. Quelle émotion !!
Après les tracteurs, sont passés les attelages de chevaux, bœufs, vaches, ânes et mules. Le spectacle était grandiose. Puis les groupes folkloriques et tous les figurants costumés ; boulanger, laitier, écoliers, lavandières, sabotier, vannier, pâtissier, porteurs de foin, gendarmes (déguisés) ménestrels, troubadours, colporteurs, cavaliers. La petite fille de Mr Eychenne montait un très joli cheval et était très belle et très fière...Tout cela était merveilleux ! Et le troupeau de Merens de Simon, une véritable splendeur, j’en avais la larme à l’œil. Le soleil me dardait tellement que je n’osais plus bouger mais je ne lui en voulais pas du tout...
Vers 13h20 nous sommes allés déjeuner au restaurant de la mine place des capots après avoir bu un perrier au bar en face Monoprix avec Remy et René.Le repas fut succulent mais il faisait très chaud sous la tonnelle et j’avais relevé mes jupons. Nous avions belle mine !
Après le repas il y avait le battage avec la machine à vapeur d’Hubert et une grosse et belle batteuse. Avec Marcel et Aurelien nous sommes allés place de la mairie faire tourner les moteurs dont le notre avec les explications données par Paul.
Puis peu à peu la fin du spectacle s’est approchée, l’extraordinaire machine à vapeur s’est arrêtée tout doucement et les petits lutins de l’équipe de Hubert ont balayé les dernières brindilles de paille, ligoté les sacs de froment, détendu les immenses courroies, démonté la grande cheminée de la locomobile Clayton §Suttleworth, nettoyé les grilles de la majestueuse batteuse Merlin et embarqué tout ce beau matériel sur les camions à destination de La Barthe-Inard. Philippe, lui, pendant ce temps chargeait paille et grain sur la remorque de Yves.
Les tracteurs repartaient chacun de leur côté, qui à Lorp, qui aux Baudis, qui à Taurignan, qui à Lasserre, qui à Luzenac, qui à Ustou…
Farmall et Fordson regagnaient leur annexe de Saint-Dizier non sans avoir fait l’objet de quelques questions des derniers curieux attendant leur départ. Le Vierzon de Paul brillamment allumé par les bons soins de Roger de Camarade ne manquait pas d’émerveiller les spectateurs.
Le soir un repas avait lieu sous un petit chapiteau au square Balagué pour ceux qui s’étaient inscrits.
Une belle jeune fille s’approcha de moi et me dit bonsoir Marko.Sur le moment je ne la reconnu point et je lui dis, qui êtes vous ? Alors elle enleva ses lunettes et je vis Marion qui avait trouvé un petit job au restaurant pour les vacances.
Ainsi s’est finie cette inoubliable 15 ème édition d’Autrefois le Couserans.
Bien à toi mon cher Gringoire et à bientôt.
Ton cousin Marko.
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