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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 21:31

 

 

 

Le DOOD et ses valvules mitrales.

 

Alors que le moteur du DOOD avait été débloqué dans le plus profond recueillement ce dimanche 6 janvier, il convenait de le déposer pour voir l’état des pistons et segments. Les ingénieurs de la brillante firme Hispano-Herculès avaient bien conçu leur inégalable mécanique mais pourquoi diable le bloc est-il composé de deux pièces ? Le haut bloc en fonte qui reçoit chemises, pistons, vilebrequin, culasse et le bas bloc en aluminium (déjà) qui reçoit le carter d’huile.

Alors que sur la plupart des tracteurs la dépose du carter donne facilement accès aux bielles et pistons qui sortent par le haut, ici pas question. Le carter d'huile déposé laisse entrevoir à peine l’embiellage. Il y a une cloison.

 Il faut donc tomber le moteur. Oh, il n’y a que quatre boulons qui tiennent sur le magnifique berceau puis la commande d’embrayage et les tubulures de gazole. Le plus difficile est l’accès à la jonction de l’embrayage-boîte. Cela ressemble à un flector, seulement d’apparence, tenu par deux petits boulons. Pour y accéder, pas d’autre solution que d’enlever l’énorme boîtier de commande des poulies. Rien n’est compliqué mais c’est un peu long. Il faut aussi tomber avant le réservoir supporté par l’arceau qui tient en même temps le caisson de la batterie et du tableau de bord. Avant de sortir le boîtier, il faut enlever la plaque de support du graisseur de la butée d’embrayage. A deux costauds ce splendide boîtier sort facilement de sa résidence. Il est centré par deux piges. Le couple conique, l’arbre et les roulements sont dans un état impeccable. Le joint s’est légèrement déchiré, rien de grave.

Dimanche 3 mars.

Un pied droit a été placé sous la poutre qui va devoir supporter le levage du gros bloc. Chaîne, palan et sangles sont mis en place. C’est le levage, tout se passe bien. Il faut maintenant reculer le 7022 qui tout à coup très allégé est poussé d’une chiquenaude respectueuse d’un mètre en arrière. Le moteur complet selon la notice technique pèse 340 kg. L’engin est posé sur deux grosses cales.

Dimanche 10 mars.

Aujourd’hui, si tout va bien, c’est l’examen des valvules mitrales. Pour le coup, le cœur des chirurgiens, quoique fort entraîné, palpite. Le Dood est relevé, trois palettes SNCF sont placées dessous. Il n’y a pas meilleure table d’opération et peut-être d’orientation dans les labyrinthes de la mécanique, qui sait ? Puis il est posé, couché sur le côté filtre à huile.

Dépose du demi-bloc inférieur.

Les boulons, comme s’ils attendaient ce rendez-vous, se desserrent avec une amabilité remarquable. Cette magnifique pièce en aluminium se désolidarise très vite de l’étage supérieur mais est retenue par un boulon ou une pige qui pour l’extraire nécessite de tomber l’embrayage et le volant moteur ! Stupeur et résignation. Que va-t-il rester du Dood lorsque les pistons Herculès seront sortis de leurs chemises ? Pas d’autre issue que de continuer.

L’embrayage est vite déposé. Mécanisme et disque sont légèrement gras mais sans excès. Le disque est en très bon état. Il n’y a apparemment pas de trace de surfaçage sur le mécanisme.

Maintenant le volant moteur. Quatre boulons à défaire. Cette énorme pièce va-t-elle venir facilement ? Deux trous filetés laissent comprendre que l’on peut placer un arrache moyeu. En tapant légèrement avec un gros jet d’aluminium derrière la couronne côté démarreur tout en tournant de quelques degrés, le volant vient facilement. Miracle, il n’est pas claveté mais centré sur deux grosses piges. Très belle conception de la Hispano-Suiza.

Alors ce petit boulon ? Curieux, c’est tout simplement un axe sans tête qui ne semble pas d’origine. Y-a-t-il eu déjà un démontage ?

Maintenant enfin, l’embiellage est bien visible et accessible. Commençons donc par le N° 3. Les boulons de bielle sont très fortement serrés. Les coquilles sont sorties. Le maneton semble très correct. Le piston est un peu récalcitrant. Au démontage de la culasse, c’était la chemise 3 qui avait la plus triste mine. Par petits coups portés avec le jet la tête apparaît hors du plan de culasse. Pour ne pas forcer, il est repoussé dans la chemise qui est nettoyée et baignée de dégrippant. Avec force précautions il sort. Pas moins de 6 segments. Tous sont collés mais aucun n’est cassé. Il y a de la mélasse. Pour les 1, 2, et 4

la mise-bas est sans difficultés. Tous les segments sont à ce stade intacts. Les chemises 2 et 3 sont un peu piquées. Toutes les pièces mobiles sont soigneusement repérées.

Ah, une particularité, un flexible coudé et court va de la pompe à huile au canal qui va irriguer la rampe des culbuteurs. Il est en mauvais état et sera à changer.

Les mécaniciens de la Tracpaco, heureux comme pas deux se demandaient ; aurons-nous vraiment besoin de remonter les quatre pistons ?

Et toi le Dood, maintenant que tes valvules mitrales ont été palpées, que vont nous montrer tes cellules anéroïdes ?

 

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Les quadruplés alternatifs.            L'énorme berceau                         La calandre historique.Les quadruplés alternatifs.            L'énorme berceau                         La calandre historique.Les quadruplés alternatifs.            L'énorme berceau                         La calandre historique.
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commentaires

M
<br /> Comme celles du Seigneur, les voies des ingénieurs sont parfois impénétrables !<br />
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