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17 août 2020 1 17 /08 /août /2020 20:53
Rallye en Volvestre
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Rallye en Volvestre

 

 

Depuis quelques semaines Hugo et Loïc avaient programmé le rallye des tracteurs dans le Couserans. Ils avaient jeté leur dévolu sur une partie du Volvestre. C'était donc décidé pour le dimanche 19 juillet, en fait une grande première car il semble bien qu'une telle sortie n'ait jamais eu lieu si ce ne sont les randonnées chaque année pour la fête du Mas d'Azil fin avril.

Ceux de Lorp s'élançaient à 8h43 de la base secrète; 4 modèles et 3 couleurs; Renault R7013 piloté par Jean-Claude de Bergerat, le géant de Doncaster mené par Marcel, un David Brown 1200 curieusement peint en vert avec Damien (la troisième sortie de ce modèle depuis on entrée dans la confrérie) et le rutilant F137 D, un habitué des sorties avec Aurélien aux commandes. Tous les niveaux ont été vérifiés la veille et encore le matin. Le DB a été soigneusement dégraissé et lavé à l'eau chaude. Il en était transfiguré. A Meltham, sa patrie d'origine, ils devaient se dire, oh là là il y a du voyage dans l'air.

La “Citron” suivait sagement en serre file. Chaque véhicule avait son gyro phare. Tout se passe bien et la première étape est atteinte à Montesquieu -Avantès à 9h19 après 9km. C'est le premier groupe qui se gare sur la jolie place publique. Les moteurs sont éteints, il n'y a plus qu'a attendre les autres coéquipiers. Mme le maire, prévenue de l'évènement fait quelques photos. La mère de Loïc avait pris soin d'envoyer un mail d'information aux maires des communes concernées, question de bienséance et un petit coup de pub ne peut faire de mal. Il s'en sera du vu du monde par cette chaude journée!

Un lointain écho se fait entendre, c'est le poum- poum caractéristique du Vierzon de Hugo. Il a fait fort notre ami le mécanicien averti, spécialiste de Kubota. Il a acquis un très beau 401 qui fonctionne à la perfection. Il est suivi de qui? Devinez ? De Lou son fidèle coéquipier qui aujourd'hui n' a pas pris son 237 de compétition (cf le Rallye de Salles sur Garonne 8 juillet 2019) mais un AS 500 Vendeuvre. Ses pétarades particulières elles aussi, sont éclipsées par celles tonitruantes du gros Vierzon. Son moteur est un 10,360l de cylindrée, un véritable fort des halles.

Peu de temps après, Loïc tout sourire arrive juché sur son beau Deutz D15 suivi de son grand-père Roger sur son Massey-Ferguson 130. Eux aussi sont des habitués du célèbre défilé d'Autrefois le Couserans. Au loin l'écho d'un autre monocylindre gagne la place. C'est JB, s'écrient en cœur tous les comparses. En effet c'est bien lui qui déboule avec son 302 en parfait état de marche. Il a emmené une belle passagère, c'est Annaelle. Quelle troupe, nom de nom! C'est le moment de prendre qui un petit café qui une boisson fraîche.

Ce sont 9 tracteurs qui paradent. Leurs calandres si expressives semblent envoyer des messages, en tout cas elles sont le symbole de grandes histoires.

Deutz D25 de 1964, AS 500 de1959, 302 Vierzon , 401 Vierzon de 1950, 130 Massey-Ferguson de 1965, David Brown de 1967, B450 Mc-Cormick de 1964, F 137D de 1960 et Renault R 7013 de 1953 se côtoient dans la plus grande amitié.

Après les papotages de circonstance, Hugo et JB lancent leurs moteurs. Le départ est imminent, chacun a rejoint son siège. La cohorte s'élance à 10h55 en direction des Gavats par le hameau de Bardies. Devant, Régis et Christelle, les parents de Loïc ouvrent le bal. La colonne ondule comme une grande chenille. Le reporter, à l'arrière, disait à ses passagers, regardez cette chenille, elle me rappelle celle des manèges des fêtes foraines d'antan!

Les chauffeurs sont sages et prudents, rien ne presse ce jour. Seul le moment de détente compte. Le paysage est splendide. Beaucoup de bon foin va se rentrer aujourd'hui. Les prés sont soigneusement fauchés. La départementale D627 est suivie jusqu'à Matillot. Un gentil cycliste qui sort du chemin de Tucau demande si nous allons loin parce qu'il n' a pas envie d'être imprégné de fumée de nos vieux Diesels. Puis guilleret il dépasse tranquillement tout le monde.

De Matillot à Lasserre la côte est prononcée. Les tracteurs grimpent allègrement. L'AS 500 et le 137 s'époumonent en larguant quelques imbrûlés. Les deux temps de la SFMAIV ne sont pas en reste et préfèrent les montées aux descentes. Le 7013 souffre légèrement au démarrage en quatrième, son chauffeur tire un peu sur l'embrayage. Ceux de Montesquieu? Des bicyclettes. Le grand Farmall est un habitué des randonnées, Marcel le maîtrise parfaitement bien. Le DB, marque peu connue dans notre contrée, étonne et par sa couleur et par sa sveltesse. Quand à son refrain dans les reprises, inégalable. Damien a bien pigé le passage des gammes, plutôt compliqué. La durit inférieure laisse entrevoir un léger suintement mais se montrera d'un courage exemplaire pendant cette chaude journée. Où ce caoutchouc indispensable va-t-il pouvoir être déniché?

La compagnie du Couserans, pas celle du Midi, arrive à Poubil et stoppe quelques instants sur le chemin de la Crouzette. Fumée épaisse à bord du 302! Annaelle avait alerté JB; c'est curieux mon ami, ce n'est pas sur le visage et les jambes que j'ai le plus chaud mais sous moi. Que n'avez vous raison, l'aile gauche est en feu! Aussi l'intrépide mécanicien eut tôt fait d'enlever la sangle de frein  pourtant neuve mais sans doute trop ajustée. Nous aurons quand même 50% de freinage, mais grande prudence dans les descentes. La Vierzon avait failli partir en fumée se moquaient gentiment ses copains.

Le train repart, passage à la Crouzette, le bas de Lasserre, direction Joulia et Riberelens. Il est un peu plus de midi. De nombreux indigènes sont sur le pas de leur porte et font des signes amicaux. Sur les conseils de son moniteur Valentin envoie quelques petits coups de trompette. JB ralentit l'allure depuis quelques instants que son engin est devenu dextrogyre, ce n'est pas le moment de capoter dans une descente accentuée. Roger, dernier de la colonne, fait prendre le volant à Valentin. Sur ses bons conseils le conducteur néophyte s'en sort très bien.

Une fois la route de Fabas rejointe, le périple continue vers Barjac. Forte descente et grande montée alternent. Tous les équipages pérégrinent à vitesse modérée. Le Vendeuvre et le 137 sont devant. Ils donnent le là. A Barjac, salutation de Mr Mage, le pape des escargots. En sortant du village, que se passe-t-il? La manette de l'accélérateur du Massey-Ferguson ne répond plus. La rotule de la tringlerie sous le volant s'est déboîtée. Roger a tôt fait de remettre en place l'accessoire indiscipliné. Valentin commençait à se faire du souci. La colonne a attendu sur le plat que le retardataire pointe son museau pour repartir et atteindre la table d'orientation de Gajan d'en haut, but de l'étape du matin et lieu du repas.

Jérôme le père de Hugo était chargé de l'intendance. Outre les victuailles il a amené une grande table pliante. Au menu, melon, charcuterie, saucisse grillée, fromage, crêpes, vin, café. La troupe est ravie. Le maire de Lasserre, prévenu du passage des tractoristes vient faire un passage et se fait expliquer brièvement l'histoire des marques présentes. Il y aura un article dans la Pravda, demande l'élu? Les tracteurs sont sagement garés en épi au bord de la route, il ne pouvait y avoir mieux. Le trio des jeunes turlupins est fort gai et ravi de cette arrêt dans un si beau cadre. Quels bons moments!

A 15h56, les chauffeurs reprennent leurs volants (avec leurs montures!). Les boules chaudes démarrent à la première compression. Le hameau des Baudis est contourné et c'est celui de Grillou qui est approché. Tout à coup dans la légère descente vers chez Dupré, une Polo bleue qui arrive en sens inverse fait une embardée dans un nuage de poussière, bute sur le bas côté et et se couche dans un grand fracas presque sous les yeux de Christelle et Régis. Le conducteur indemne s'extirpe de son cockpit par la porte avant droite. Ma direction a cassé tempête-t-il! L'assemblée pensait tout fort, il a perdu la direction de sa guimbarde, nuance! Toute la troupe s'étant arrêtée, JB d'un coup vigoureux de son vaillant 302 remet la pauvre auto sur ses roues et aide son propriétaire à la sortir de sa fâcheuse position. Était-t-elle bien remise sur les rails? Après ce demi looping, les roues avant semblaient bien réagir aux injonctions du volant.

Cet intermède inattendu passé, les aventuriers du jour reprennent leur itinéraire et aux Gavats recoupent le trajet de ce matin. Ils s'attendaient à apercevoir l'ineffable Jeannot qui n'était sans doute pas chez lui. Sinon une halte s'eut imposée avec un brin d'histoire sur le machinisme. Tu pourrais venir avec nous Jeannot, la prochaine fois, hein?

A Montesquieu, ce sera 17h05 quand le point de départ du matin est rejoint. 29km auront été parcourus, distance tout à fait conforme aux prévisions de Hugo. Bon mécanicien est-il et aussi bon géographe. Encore un moment de détente pour se rafraîchir et évoquer les bons souvenirs de cette journée mémorable. Cybèle en profite pour s'amuser avec les enfants et se vautrer dans l'herbe confortable. Le soir elle est lessivée. Les équipages se dispersent à 18h15 pour rejoindre leurs bercails respectifs.

Le détachement de Lorp arrive à 18h50 après avoir parcouru 48km. Le fil du gyro du Perkins s'est sectionné au passage du capot et l'ampoule de celui du DB n'a plus daigné scintiller. Ceux des rouges sur le 137 devant et sur le B derrière envoyaient leur puissant flash rassurant. Après avoir garé le 7013 et le 137 , DB et B450 rejoignaient leurs pénates à la Coume.

Dites moi, messieurs les constructeurs d'antan naguère si concurrents, vous n'auriez jamais imaginé l'engouement suscité en 2020 chez tant de passionnés, non?

Bravo Hugo et Loïc pour l'organisation sans faille de cette journée lumineuse!

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