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10 octobre 2019 4 10 /10 /octobre /2019 19:54
Braud, Vierzon, Hispano, Carroy-Giraudon et le goûter ce beau dimanche 18 août 2019.
Braud, Vierzon, Hispano, Carroy-Giraudon et le goûter ce beau dimanche 18 août 2019.
Braud, Vierzon, Hispano, Carroy-Giraudon et le goûter ce beau dimanche 18 août 2019.
Braud, Vierzon, Hispano, Carroy-Giraudon et le goûter ce beau dimanche 18 août 2019.

Braud, Vierzon, Hispano, Carroy-Giraudon et le goûter ce beau dimanche 18 août 2019.

Le battage de La Bastide de Sérou.

 

 

Tout est calme encore à 14 heures à la ferme de Rouja par ce beau dimanche après midi 18 août. Le tintamarre ne saurait tarder. Voilà Alain, le maître des lieux, qui est affairé autour de l'Hispano, le célèbre Hispano R 7022, très connu dans la contrée mais qui maintenant est devenu presque une rareté alors que construit à 1999 exemplaires de 1952 à 1955.

Mais où se trouve donc l'aire de battage demandent les visiteurs après une poignée de main cordiale?

En bas à côté du hangar, indique Alain. En effet, passé le grand bâtiment, voici le joli pré, un véritable oasis, l'antre du matériel. Quel régal pour les yeux. Mathieu a bien préparé l'exposition. Au fond la grosse Claas Dominator, une page de l'histoire du machinisme de cette marque. A droite, un beau Farmall F 270, le chou chou de Marie qui le conduit maintenant pour la deuxième année au prestigieux défilé d'Autrefois le Couserans. Au milieu, le vaisseau amiral trône: le 402 Vierzon, la batteuse Braud T 140 et la presse Carroy-Giraudon. Du matériel respectivement fabriqué à l'époque à Vierzon, à Saint-Mars la Jaille en Loire Atlantique et encore à Vierzon. L'ensemble a fière allure. La batteuse à roues pneus est probablement postérieure à 1954, date à laquelle les Ponts et Chaussées avaient imposé aux constructeurs des pneus à la place de roues fer.

Mathieu veut parfaire l'alignement du gros tracteur car la courroie n'est pas suffisamment centrée. Il fait très chaud, tout l'équipage transpire mais la passion et l'enthousiasme sont de mise. Allons, indique rené, voisin et ancien de l'équipe de dépiquage de l'époque avec cette même batteuse et l'Hispano, il faut légèrement creuser sus la roue avant gauche du tracteur sinon le brin inférieur de la courroie va toucher l'essieu. C e sera vite chose réglée mais au premier essai, la T 140 vibre. il faut dégonfler les roues qui touchent le sol, alors que les béquilles ne soulèvent pas assez la machine.

Au bord du hangar, assis sur des grosses balles de paille haute densité, la famille,les voisins et les enfants dont les neveux de Mathieu assistent avec émerveillement au spectacle des réglages. Ils sont venus assez nombreux. Ce n'est pas souvent que le dépiquage, corvée pénible s'il en fut mais tellement importante et chargée de tant de symbole dans nos campagnes, se déroule à la ferme de Rouja. L'écho semble encore se propager dans les environs du bruit du tracteur, de la batteuse et de la presse, cet extraordinaire ensemble qui avait sillonné les campagnes pendant des décennies. René, son frère et Alain revivent avec émotion ces moments palpitants.

Encore un ou deux essais et le 402, bien stabilisé envoie la “gomme” modérément car la presse a une poulie trop grande et il ne faudrait pas qu'une vitesse excessive lui fasse prendre un envol immérité.

Sylvie prend des photos. Le spectacle est inédit.

L'Hispano a approché la remorque de gerbes bien en place à côté de la belle bleue. C'est le Saint-Gironnais qui l'a amené. Mathieu lui a fait ce grand honneur.

D'autres orfèvres du dépiquage qui se sont brillamment illustrés à Saint-Girons le 4 août, se joignent à l'équipe; Jean-François, Jérémy, Benoît. Leurs conseils sont judicieux.

La machinerie est en route. Les premières gerbes sont envoyées par Christophe. Le frère de René est au batteur, l'homme que l'on appelait autrefois l'engreneur, un poste délicat et ingrat. Aux sacs, Alain et

Jérémy. Aux aiguilles, les aiguilleurs, pardi, mais ce ne sont pas ceux du ciel, Mathieu et André! Un poste méticuleux également. Les fils de fer avec leurs torsades habituelles sont prêts. La paille commence à arriver, enfournée par la fameuse tête de cheval et poussée par le va et vient de l'énorme piston. Le convoyeur à barrettes à tendance à patiner mais finalement s'acquittera de sa tâche avec docilité. Les aiguilles, tout un art; placées à un moment précis quand le piston recule, après avoir débrayé le convoyeur grâce à l'embrayage à crabots. Puis le fil peut être glissé dans ce que l'on pourrait appeler le chas mais qui sont en fait des glissières creuses dans le montant de l'aiguille rectangulaire. Un simple liage des fils à la main suffit. Quand la balle sort du canal, libérée de sa forte étreinte, la tension se fait tout seule.

Combien a-t-on envoyé de gerbes demande Mathieu au passeur? Nous n'en dépiquons que 60 ce jour, le reste est pour le battage du mois d'octobre à la fête de La Barguillière. Là haut, au batteur, Yves répartit avec précaution la gerbe dont Jérôme a coupé la fameuse ficelle sisal. Même si le batteur fait 1,4 m de large la répartition de la récolte avec soin est très importante pour une alimentation régulière afin d'éviter les bourrages. Il y a un peu trop de menue paille dans les balles, en bas sous la machine en sortie de la ventilation basse.

C'est la pause. Mathieu ralentit l'énorme monocylindre et débraye la poulie. La splendide mécanique court sur son erre quelques instants. La joyeuse confrérie se retrouve autour des grosses balles pour se rafraîchir et déguster beignets et gâteaux délicieux confectionnés par les cuisinières.

La fête continue. Les techniciens décident pour la deuxième étape d'ouvrir un peu plus le contre batteur. La paille est très cassante et ce petit réglage ne pourrait faire que du bien.

Mathieu envoie la vapeur. Chacun reprend son poste dans l'allégresse. Il y a du mieux, le grain est assez propre, sec, sans casse excessive, tous les épis sont bien dépiqués et pas de grain résiduel dans les balles. Pour un coup d'essai, c'est plutôt réussi.

Les dé-piqueurs n'auront pas été à la peine. L'important n'était-il pas de préparer et mette au point le matériel ? Après quelques 60 gerbes englouties, le sifflet du maître de manœuvre retentit : stoppez les machines ! Une fois les poulies au point mort, le Vierzon avance un peu, toutes les courroies sont enlevées, enroulées et ficelées . Il y a trois demi sacs de blé, trois bottes de paille. Le canal de la Carroy est vidé. Presse et batteuse sont décalées, les timons mis en position, les roues gonflées avec le gros compresseur Indénor entraîné par le Landini, puis tout l'ensemble soufflé à l'air comprimé. Mathieu gare la presse. Marie se charge de reculer la belle Braud sous le hangar avec son F 2370. L'Hispano ramène la remorque de gerbes à l'abri.

Peu à peu le monde disparaît presque comma par enchantement, les adieux se font de ci de là. Un bien bel après midi vient de passer dans la commémoration sans doute d'une des plus belles fêtes de nos contrées rurales ; le dépiquage du blé, cette céréale adorée au travers des siècles.

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