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14 mars 2018 3 14 /03 /mars /2018 20:47
Une triste épave diraient les pessimistes, un joyau inestimable diraient les optimistes!
Une triste épave diraient les pessimistes, un joyau inestimable diraient les optimistes!
Une triste épave diraient les pessimistes, un joyau inestimable diraient les optimistes!
Une triste épave diraient les pessimistes, un joyau inestimable diraient les optimistes!
Une triste épave diraient les pessimistes, un joyau inestimable diraient les optimistes!
Une triste épave diraient les pessimistes, un joyau inestimable diraient les optimistes!

Une triste épave diraient les pessimistes, un joyau inestimable diraient les optimistes!

Le débarquement après le débarquement.

 

Le lundi 12 février JP téléphone pour demander s'il peut livrer le H mardi après midi.

-pas de problème lui fut il répondu et au moins ne l'abîmez pas au chargement ! N'oubliez pas la magnéto et le démarreur

-c'est bon, nous partons de Toulouse à 13 heures.

Ce mardi après midi JP appelle pour annoncer qu'il aura un léger retard. Le prodige de Louisville a été un peu plus long que prévu à embarquer. Les roues arrières sont bloquées !

Vous ne l'avez pas cabossé en le chargeant ?

Non, ne craigniez rien mais prévoyez une pelle et une brouette. Il y a de la terre qui s'est invitée!

Ah pardi, la IH ne se laisse pas manipuler à la légère. Le bel engin commençait à s'enterrer sérieusement.

A 15h 30 JP et son assistant Gérard sont à la gare avec le petit Renault poly benne. Heureusement que les ridelles sont basses. Le spectacle est éblouissant. Au restaurant l'Ovallie les regards des attablés se détournent à la vue de ce drôle d'engin affublé de son immense faucheuse.

L'escorteur arrive et le petit convoi se dirige vers l'Allée des Tilleuls. Le SAVIEM recule jusqu'au N° 22 et les opérations over lord débutent.

JP est tout sourire.

-Tout y est ?

-Oui.

Allons le “pétrolier” n'a reçu aucun mauvais coup. Avec la somme de travail qu'il va falloir effectuer, il n'aurait plus manqué que ça !

-Mais JP ; la dynamo n'y est pas ?

-Si, si je l'ai à la maison, elle est dans une caisse.

Ouf !

Il faut commencer à dégager la terre qui est sous le pont.

Vous l'avez chargé au godet, ce prototype ?

Il y a plus d'une brouette d'un humus noir, c'est plutôt bon signe, non ?

Allez le super FC-C, en piste. Il faut débarquer ton grand frère, l'Américain. Sur la benne, pas de problème, le tracteur glisse comme sur une patinoire, à peine s'il soubresaute un peu entre la plate forme et la chaussée. Mais, surprise, les roues arrières sont paralysées. Non prévue au programme, cette avanie.

Aujourd'hui ce n'est pas le débarquement de 1944 des péniches sur les célèbres plages normandes le D day, mais le deuxième à Saint-Girons, cette fois- ci.

Alors qu'André se prépare à enlever le restant de terreau, JP dit de le laisser, il le ramène à Toulouse.

Ah bon, tant pis pour le jardin.

-Regardez JP, voici les images, recomptez.

-C'est bon , tout y est. Nous devons repartir illico, le chien de Gérard est seul, il craint la solitude.

Il faut maintenant garer le précieux engin devant le tilleul, bien contre le trottoir. Le beau Farmall trépigne et résiste de toutes ses forces. C'est un baroudeur, un dur à cuire. Un coup en avant avec la barre de remorquage, un coup en arrière en poussée directe au relevage, le super FC-C, grand Farmall lui aussi, range sagement son colistier dans son logement non sans que les roues bloquées aient rayé le macadam public!

Pour aujourd'hui ce sera tout . Encore un petit examen qui ne peut faire que du bien et conforter les éminents chevaliers de la IH dans ce choix des plus judicieux.

Au final beaucoup d'éléments sont bloqués dans cette noble mécanique :

moteur, roues arrières, arbre de prise de force, pompe à eau, volets de radiateur, poulie, commandes du tableau de bord, freins, embrayage, bouchon de réservoir, pivot du lamier, vérin de faucheuse. Il ya de quoi débloquer ! Seules les roues avant, la direction et le pivot du row-crop fonctionnent bien et sans jeu anormal. Sans doute un bon augure car si direction il y a, le cap pourra être maintenu.

Et la plaque constructeur ? La tension est palpable. Le N° apparaît nettement ; 190003. Vite aux archives. Le précieux document donne année de fabrication 1945 pour les numéros de 186123 à 214819. Nom de nom ce tracteur va être dans sa 73ème année. Comme dirait l'autre, il a l'âge de ses artères, trente ans et toutes ses dents !

Cyrrhus était ému aux larmes et n'arrêtait pas de répéter, il est du plan Marshall, il est de 1945 !

Dimanche 18 , lundi après midi 19, mardi 20 février.

Marcel, André, Hugo et Cyrrhus sont à pied d'oeuvre en début d'après midi le 18.

Le dégrippant coule à flot. Les lambeaux de pneus sont décollés, découpés et enlevés ainsi que les chambres à air. La faucheuse est démontée ; l'arbre du bâti n'est pas grippé, la poulie de la prise de force arrière se débloque facilement. La pompe à eau est déposée et dégrippée. Le démarreur est il le bon ? Hugo vérifie. C'est bien le bon. A porter mardi chez Bertrand avec la magnéto pour vérification.

La roue avant gauche est mise en place, auréolée de son joli pneu neuf venu de la Romieu (Gers) le 11. La jante a voyagé, elle vient de Marcilly le Hayer. La droite ne rentre pas, les taquets ont été soudés et ne tombent pas en face des boulons de 12x120 à cause de quelques boursouflures qu'il faudra ébavurer . Le filtre à air est nettoyé, que d' eau ! Le boîtier du thermostat est démonté car fendu, anomalie pas vue au premier examen. La pipe d'échappement est cassée à la base, le contraire eut été trop beau. Le réservoir d'essence qui n'a plus de fond depuis longtemps sans doute est ôté ainsi que le caisson de la batterie atteint des mêmes affres. Hugo vidange le moteur ; le peu de liquide qui en sort a une certaine viscosité et une couleur plutôt rassurante et curieusement il n' y a pas de trace d'eau. La courroie de la dynamo, une relique, est religieusement mise en lieu sûr pour en commander une nouvelle. Le radiateur est presque entièrement démonté après avoir enlevé la colonne de direction qui le traverse. Les magnifiques volets, tous intacts, après avoir goûté au WD 40 commencent à reprendre vie.

Le lundi les jantes sont démontées, brossées le mardi, la balafrée part en soudure chez le couturier, l'autre en montage pneu 12,4 x 38 (provenance d'un Avto de Marcel) chez Saint-Girons pneu. Les pédales de freins sont dégrippées de leur axe, pour les sangles ce sera à la prochaine opération.

Le H est transfiguré. Dans l 'Allée des Tilleuls par ce beau dimanche après midi, les nombreux promeneurs ne manquent pas d'interroger les chirurgiens en combinaison verte et grise sur l'origine de ce qui leur semblait être un prototype vétuste mais si beau tout de même. Et que dire de sa calandre ornée du fabuleux Farmall trônant éternellement sur son fronton ? La IH ne faisait pas les choses à moitié.

Jean Cointe, grand orfèvre des tracteurs rouges, consulté quand à l'année de fabrication avait confirmé que l'outil date bien de 1945 et ajoutait qu'en

1939 10151 exemplaires ont été produits

1940 41733

1941 40849

1942 29352

1943 27660

1944 35871.

A Saint-Girons, l'écho se propageait. Un nouveau Farmall est arrivé, il viendrait des Amériques et aurait débarqué au Plan Marshall. Il se murmure qu'il est de 1945 et a une drôle d'allure avec ses roues jumelées à l'avant, les phares à côté du volant quasi vertical et un style inimitable avec ses grandes roues élégantes, son siège au dessus du vide et sa calandre si expressive. Ce serait un certain Raymond Loewy qui l'aurait dessiné en 1938.

Va-t-il venir au défilé d'Autrefois le Couserans ?

 

 

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