Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 18:03
Un coin secret, un trésor découvert! Un sigle à tomber à le renverse!
Un coin secret, un trésor découvert! Un sigle à tomber à le renverse!
Un coin secret, un trésor découvert! Un sigle à tomber à le renverse!
Un coin secret, un trésor découvert! Un sigle à tomber à le renverse!
Un coin secret, un trésor découvert! Un sigle à tomber à le renverse!

Un coin secret, un trésor découvert! Un sigle à tomber à le renverse!

Le sauvetage du grand Farmall,

Ouf, avait soupiré l'immense Farmall de Rock Island! D'un peu, j'ai cru finir mes jours enseveli sous une épaisse et désagréable végétation de lierre, d'aubépines, d'orties, de ronces, de sureau, de lianes et autres urticacées. Certes je n'étais pas le plus vieux prisonnier du monde mais tout de même cette chlorophylle indésirable commençait à me peser lourd!

L'histoire avait commencé il y a bien des années, un peu moins d'une dizaine. Un soir de réunion Roger avait dit, je connais un Farmall, quasi à l'abandon, dans un bâtiment à l'entrée de la forêt de Brocéliande.

Ah s'était écrié Cyrrhus, de quel modèle s'agit-il?

Je ne sais pas.

Dès le lendemain, discrètement, Cyrrhus alla s'informer d'un peu plus près. Nom de nom, c'est un 756 4 roues! D'un très bel aspect, il manque cependant une durit, la calandre, les phares, le cardan.

Les pneus sont encore gonflés, c'est l'arceau de sécurité qui supporte le plancher qui s'est affaissé. Renseignements pris auprès de son propriétaire résidant à quelques encablures de là, il lui fut répondu après avoir demandé s'il était à vendre;

-faites moi une offre.

L'affaire en est resté là, un long temps. Toutefois le tracteur recevait des visites. René et Philippe, des grands spécialistes de la IH étaient venus le contempler. Le déclic ne s'était pas fait. Trop de travail pour le remettre en route pensaient ils, il va coûter trop cher...

Le 756 semblait dire;

-je ne veux surtout pas tomber entre des mains impies ou celles des marchands et encore moins sombrer dans la végétation sauvage à l'instar du Titanic disparu à jamais sous les flots. Et puis j'en ai marre d'être palpé par des mains profanes.

Il lançait même des appels à son boss pour qu'il lui trouve une écurie convenable.

-ne t'en fais pas lui répondait il, les miracles finissent toujours par arriver.

Octobre 2015.

Dans la contrée, il n'avait échappé à personne que là bas, à Peyssies il y avait une famille de passionnés d'International et notamment des grands Farmall américains.

Tu ne serais pas intéressé par hasard par un 756 4 roues, Michel, lui fut il demandé un soir à Longages? Aussitôt ses pupilles miroitèrent de mille feux!

-Oh si, où faut-il aller le voir?

-dans un coin secret, rendez vous dimanche matin si ça te va.

Dimanche 4 octobre 2015.

Michel débarque avec Baptiste,Valentin, Guillaume et Julien. Le 756 va recevoir du beau monde. A 9h 30 les éclaireurs sont en place. La visite doit être très discrète, par respect des lieux, du propriétaire et pour s'attirer les bonnes grâces de la progéniture d'International(il se dit que la mécanique a une âme?). Les émissaires avancent à pas de loup en contournant la grange. Cyrrhus, l’œil malicieux se tient en arrière. Dépités, les spécialistes s'écrient presque;

-mais il n'y a rien, il n' y a pas plus de tracteur que de lune dans le ciel.

-allons, allons, touchez du regard et regardez avec les mains, le bijou est là!

En effet, désormais quasi enseveli sous les plantes sauvages, les chevrons et les planches qui lui ont tant soit peu abîmé le minois, l'énorme tracteur est toujours là, mais dissimulé. Au moins est-il mieux planqué maintenant.

Ce sont ensuite des instants de bonheur pour examiner l'ossature du bel engin.

D'un peu le 756 parlerait et les visiteurs croient entendre des voix:

-au moins voilà des personnages dignes d'intérêt. Ce sont des passionnés, de grands connaisseurs, des apôtres de la IH, des gentils et tout de velours avec la mécanique. C'est chez eux que je veux aller, j'ai entendu qu'ils avaient d'autres grands rouges dans leur flotte!

Après cette visite éblouissante, il faut maintenant engager les négociations annonce Michel. D'abord demander à Philippe s'il est intéressé.

Cyrrhus de son côté joint Yves qui a fait des travaux de terrassement dans la forêt. Il connaît très bien le propriétaire. A lui d'intercéder en faveur du noble gang.

Peu à peu les pourparlers font leur chemin. Michel reste seul sur les rangs. Si seulement on pouvait exposer cette magnifique construction à Longages sur une remorque décorée!

-oui mais avec des cerbères tout autour, il ne s'agirait pas de se le faire enlever.

Le 18 mai après midi, le cours des événements s'accélère.

-Yves, tu peux relancer le mouvement, Mr Marcel est sûrement rentré, les beaux jours sont là, voyons de quoi il retourne.

-Cyrrhus , appelle Mr Marcel à 17h30. La balle est dans ton camp. A 17h 30 évidemment le coup de téléphone ne pouvait être manqué. Une fois les présentations faites, le sujet cadré, il apparaissait qu'une première offre d'un autre demandeur faite au propriétaire était loin du compte. Nous vous en donnons tant, lui fut-il répondu.

-écoutez je dois en parler à mon frère, rappelez moi demain à 10h30.

Jeudi 19.

Michel avait convenu que nous pourrions monter à peine un peu plus haut que la proposition initiale du précédent prétendant. Après tout , ce n'est pas tous les jours qu'un tracteur pareil, plutôt rare, pourra être sauvé dans des conditions si romanesques même s'il y a beaucoup de travail de remise en état. Quelle joie et quelle passion de renflouer un si beau vaisseau.

-Mr Marcel et son frère annoncent qu'ils en veulent tant.

-C'est d'accord lui signifie son correspondant.

-Confirmez moi votre offre par écrit, je vous donne mon adresse.

-Merci Mr Marcel et à très bientôt.

Aussitôt les téléscripteurs crépitaient ardemment. Tout en gardant la nouvelle ultra secrète, il convenait d'engager sans retard un plan de sauvetage avec une logistique appropriée et de ne pas oublier de prendre maintes notes pour imprimer à jamais un si bel événement.

Samedi 21 mai.

Les associés se sont donnés rendez vous à 18 heures sur le lieu névralgique. La bâtisse quoique dégradée par les affres du temps, évoque un long passé par tous ses interstices. Dire qu'elle abrite un joyau fabriqué à l'usine de Rock Island à Chicago depuis des lustres. Eric, de la partie, manque ne pas voir le beau tracteur rouge. Cette belle couleur d'ordinaire si rutilante est presque complètement masquée par les arbrisseaux et les amas de planches, chevrons et poutres. Eric, Michel, Benjamin, Hugo, André sont ébahis. Tout est passé au peigne fin, de visu. Le pachyderme, bien campé sur ses grandes roues, est très beau et induit un sentiment de grand respect. Il est temps, vraiment temps, de l'extirper de sa prison.

Il susurre le grand américain;

-ah, je savais que les elfes de la William Deering viendraient un jour me délivrer. Parfois inquiet, je savais que les forces de l'espoir sont plus puissantes que celles de l'abandon!

Aussitôt un plan de bataille était lancé:

Venir avec la mini pelle pour dégager le passage de la remise.

Trouver un porte char ( Auzanber ou Souquet) pour amener le 1300 (le remorqueur d'Eric) avec sa poulie pour tirer le 756 (comme la direction assistée “orbitrol” tourne à vide, il faudra riper l'avant train pour le mettre en ligne avec la semi).

Amener une tronçonneuse pour couper sureaux, robiniers et chevrons.

Prendre aussi un “échartou”*

Programmation du convoi exceptionnel le vendredi 3 juin en fin d'après midi.

-commandos, à vos rangs, fixe!

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

*échartou (ou croissant), du verbe français essarter ou couper les ronces.

Partager cet article
Repost0

commentaires