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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 21:17
La TX 62, digne héritière des illustres Clayson.
La grande jaune à l'oeuvre, une campagne de battage 2015 exceptionnelle.
La grande jaune à l'oeuvre, une campagne de battage 2015 exceptionnelle.
La grande jaune à l'oeuvre, une campagne de battage 2015 exceptionnelle.
La grande jaune à l'oeuvre, une campagne de battage 2015 exceptionnelle.
La grande jaune à l'oeuvre, une campagne de battage 2015 exceptionnelle.
La grande jaune à l'oeuvre, une campagne de battage 2015 exceptionnelle.
La grande jaune à l'oeuvre, une campagne de battage 2015 exceptionnelle.
La grande jaune à l'oeuvre, une campagne de battage 2015 exceptionnelle.
La grande jaune à l'oeuvre, une campagne de battage 2015 exceptionnelle.

La grande jaune à l'oeuvre, une campagne de battage 2015 exceptionnelle.

La New-Holland TX 62, la grande héritière des illustres Clayson.

Achetée neuve en 1997 la splendide grande jaune n'en était pas à son premier battage. Menée de main de maître par l'intrépide et excellent mécanicien Jean de Lasserre, assisté lors de précédentes campagnes de Jean-Marc, la moissonneuse sillonnait le Couserans et au delà, de long en large. Depuis plus de 50 ans Jean était connu comme le loup blanc dans la contrée, aucune ferme ni aucun champ n'avaient de secrets pour lui. Dans les folles années, après la disparition progressive des batteuses, les entrepreneurs s'étaient convertis à la machine automotrice. Ainsi Marcel à Gajan tournait avec Massey-Ferguson, Icarol à Escoulis avait été un des pionniers avec Massey-Harris, Roujat dit Pattès affectionnait les grandes bleues puiqu'il en avait eu deux ainsi que Pierrot à Betchat avec la scintillante Braud 505, Penin à Betchat avec Clayson, Dufour à Cerizols, Rouch de Serres équipé lui de Someca, Bagens également avec Someca, Dufour à Sainte-Croix hameau de Richou avec Massey-Harris à sacs puis Claas.

Bref les grandes usines ambulantes foisonnaient. Chaque entrepreneur avait ses clients, les céréales étaient dépiquées avec grand soin. Jean affectionnait particulièrement les grandes jaunes pour avoir commençé bien entendu avec les Clayson de Zedelgem.Sa carrière avait même débuté avec une Weimar. Les machines lui obéissaient au doigt et à l'oeil. Non seulement chauffeur hors pair, parcelles et chemins sont souvent exigues dans nos contrées, si elles ne lui laissaient aucun répit étaient non seulement connues dans les moindres détails mais encore vite remises sur les rails lors des incidents. Changer un piston, rude besogne, sur un splendide moteur Ford, était une tâche menée avec expertise et réussite, entrailles ouvertes en plein champ. Comme beaucoup d'entrepreneurs de travaux agricoles, après le répit de la moisson estivale brûlante, la saison continuait avec la récolte du maïs en épi. Il n'était pas rare, les années tardives de ramasser cette belle graminée en décembre voir en janvier. Cette céréale, séchée en cribbs, ne souffrait aucunement d'un taux d'humidité élevé à la récolte. Le Fordson Major équipé de sa Benac portée se jouait des terrains spongieux. Le Bourgoin automoteur avait remplaçé cet attelage. La TX 62, dotée de son inébranlable moteur Ford 250 ch, de ses 3,5m de coupe et de sa boîte hydraulique, dans un bel état de conservation en remontrait à tout le pays. D'aucuns disaient parfois; oh Jean va bientôt arrêter. Qui de lui ou de la moissonneuse est le plus solide? En 2013 une roue directionnelle a eu la malchance de quitter l'arrière train: bagatelle! Il en aurait fallu beaucoup plus pour stopper notre meneur hors-pair. Impertubable, le gros scarabée jaune continue son cheminement. Ce lundi 13 juillet, alerte, la grande jaune est aperçue dans la traversée de Saint-Girons avec son porte lame en remorque sur le chariot. Quel convoi! La circulation est dense à cette heure ci. Il est à peine 17 heures. Toutes les têtes se tournent vers le scintillant vaisseau. Le bruit magistral du gros moteur perché sur la plateforme arrière ne peut laisser indifférent. Mais où peut donc aller le majestueux vaisseau? Lorp, Sentaraille, Caumont sont déjà dépiquées. Où est la machine?

-allô Jean, où tu te trouves?

-à Laynat, je viens de monter la coupe.

-j'arrive, je suis à Caumont!

Quelle chance inouïe. Par ce bel après midi une des dernières grandes jaunes héroïques pourra enfin être vue à l'oeuvre. Le site est magnifique. Alain, Georges, Aymé contemplent la descendance lointaine de Abbe Zimmerman*. Jean, toujours égal à lui même, démarre tout juste. Cyrrhus, dans sa joie effrénée, n'a même pas fermé la vitre de sa Goelette qui engrange dès le premier tour un fantastique nuage de poussière. Q'importe, c'est de la poussière d'or bénie de la déesse de la moisson. Tout le monde rit à gorge déployée! Le plein régime est lançé, la mécanique fonctionne à merveille. Seul un bruit de saccade anormal provient de la coupe. Le spectacle, courant peut-être, est et restera toujours émouvant. C'est celui de la récolte nourriçière tant attendue qui est engrangée et à l'abri. La belle New-Holland dévore très vite le champ de triticale de presque un hectare. La coupe est parfaite, assez courte pour récupérer un maximum de paille. Le 6 cylindres de la grande écurie Américaine anime “l'usine” sans coup férir. C'est que, bien rôdé et fortement entraîné il blêmirait de honte s'il venait à défaillir. Puis vient la vidange dans la petite remorque attelée au Super 3. Coupe et batteurs sont debrayés. Le régime du moteur baisse et stoppe. C'est fini pour aujourdh'ui. Maintenant dans la région, seules les Lexion Claas de la Montespanaise et celle de Moulis viennent engloutir les céréales. Bravo Claeys et les grandes jaunes. Jean, tu peux être fier, dans le Couserans et une partie de la Haute -Garonne, ton sillage est perpétuel !

* New-Holland, petite ville de Pennsylvanie où Abbe Zimermann a fondé son entreprise au début du 20ème siècle. New-Holland, Clayson, Ford, Fiat, une très grande histoire.,,,,

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