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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 22:17
L'opiniâtreté dans l'élégance!
L'opiniâtreté dans l'élégance!

Pendant la dernière semaine avant les 1, 2, et 3 août les préparatifs étaient allés bon train. Il suffisait d’observer. Dans tous les recoins du Couserans chacun s’adonnait à sa tâche avec passion et entrain. De Saint-Lary, d’Ustou, de Sentein, de Massat, à La bastide de Sérou, à Saudech, à Lasserre, à Labarthe-Inard, à Salucie, il y avait toujours quelque groupe affairé. C’est qu’une manifestation comme celle là ne se prépare pas à la légère.

Autour de Saint –Girons, point de convergence, c’était comme le réseau hydrographique du Salat. A l’ancienne usine de Lorp, l’équipe de Paul préparait charrettes, tombereaux trinqueballes, râteaux, remorques et les rangeait avant le départ en arc de cercle, comme dans les gares de triage de la valeureuse SNCF à proximité des plaques tournantes. Les convois menés par le FIAT de Paul rejoignaient le foirail pour être prêts à atteler le jour J par les attelages désignés à l’avance. Le mardi matin, les tracteurs quittaient leur repaire de Maubresc garés là depuis 2008 , pour rejoindre Lorp. Paul avait bien annoncé à l’assemblée générale du 27 juillet ; départ de Lorp à 7 heures avec escorte de la gendarmerie !

Vendredi 1 er août.

Le concert de Nadau avait fait carton plein. Depuis le début de la semaine, toutes les places étaient réservées.

Samedi 2 août.

La route de la glace ; une arrivée triomphale. Olivier, avec ses superbes attelages de mules, commémore tous les deux ans le transport des blocs de glace depuis Salau, glace qui naguère voyageait par diligence jusqu’à Toulouse pour les restaurants. Le monde est impressionnant. Un grand bœuf, au grand émerveillement des spectateurs vient se mêler au spectacle, pour faire le sien ! Ah, certes, il n’est pas gascon mais est d’une sagesse étonnante. Merci à Philippe d’avoir fait venir l’inédit bovin et son propriétaire. Il est vrai que cette année, le thème retenu par l’association était le bovin. Ah, le bœuf !

Un petit orage en fin d’après midi n’altèrera en rien le triomphe des trois journées sensationnelles.

Samedi soir.

Nanou avait dit ; le samedi soir, pourquoi ne pas organiser un défilé de vieilles voitures en plus des autres animations ? Nous connaissons dans le Couserans quelques passionnés de vieilles voitures qui se feront un plaisir de faire deux tours de ville. En effet, elles seront 19 à venir au champ de Mars à 21 heures, les belles autos d’antan ; deux 4CV, deux tractions, une Dauphine, une C4, une Floride décapotable, une 202, une Austin Wolseley Hornett, une Cadillac coupé de ville 1956, une 504 Pininfarina, une Simca 1500, un coupé MG, une Steyr 4x4, une DS 19, une 203 coupé, une Panhard 24 BT. Du public ou des conducteurs (la plupart en tenue d’Autrefois le Couserans), qui étaient les plus contents ? Les magnifiques bicyclettes de Claude précédaient les voitures. Saint-Girons la belle méritait bien cet intermède. Paul avait allumé les brûlots place de la mairie et au square Blagué. L’immense fête avait pris une bonne tournure.

Dimanche 3 août.

La journée sera belle, le ciel est dégagé, Hélios n’aura pas faibli un seul instant. Les bruits des moteurs résonnent dans toutes les campagnes, au champ de Mars et au quai du gravier les étalages se montent à grande vitesse, ceux de la ferme à Suzon sont à pied d’œuvre, au foirail, c’est la foire ; le débarquement commence dès 6 heures. A Lorp, c’est une autre écurie qui se démène. A 6h 30 les moteurs commencent à démarrer. Chacun attelle sa pièce. Pourtant il y a quelques retardataires. L’immense convoi rallié par le Latil d’Alain et le détachement des Vierzon du Cap Blanc, ne partira guère avant 8 heures. C’est bien la première fois ! La compagnie de Salucie, 9 véhicules, arrivera la première au Boulevard Frédéric Aranud.

A 9 heures, c’est le traditionnel casse croûte dans le parking de tutti frutti et les dernières recommandations de Paul ; grâce et sourire seront de mise ! Pendant que les ultimes rondelles de saucisson sont avalées, les commentateurs rejoignent discrètement leur poste, qui au Champ de Mars (Guy de Mercenac pour la première fois), qui au monument aux Morts, qui au square Balagué.

A 10 heures précises la gigantesque division motorisée se lance à l’assaut de ce splendide 22 ème défilé.

C’est peu de dire que la foule est plus dense que d’habitude. Le moment est magique, un an de préparatifs pour ces journées de liesse !

A 10h 30 déjà, les premiers engins de la colonne motorisée font leur apparition place des Capots. Un petit nuage bleuté flotte au dessus du convoi. Cependant quelques pétarades violentes sèment un léger émoi. Paul venait à peine d’ouvrir le bal que le Saurer, le magnifique Saurer fait des siennes. Problème de magnéto ou de carburateur, qui sait ? Il ne pourra terminer le parcours et est sagement remisé à côté du monument aux morts. Un hommage vibrant sera rendu à son propriétaire et à l’illustre marque Helvétique.

Les tracteurs déboulent. Quasi tous sont attelés d’une machine ou d’un attelage d’époque. Bravo à tous les participants qui ont fait un gros effort. La majorité est en tenue et cela donne vraiment une note harmonieuse à cette immense parade. La scène se déroule presque trop vite. Il est difficile de tout expliquer, les conducteurs sont tellement heureux, fiers, parfois inquiets d’être distancés par celui qui précède. Au moins ce ne sera pas à cet endroit qu’il pourra être reproché que le défilé se sera étiré pendant le déferlement mécanique. Les marques, soigneusement classées au départ par Roland, se succèdent et chaque tracteur fait un arrêt devant le podium.

Après les mécaniques ce sera la continuité dans l’apothéose. Musiciens et groupes folkloriques mettront une animation hors pair. Tout le monde à très chaud dans les tenues épaisses, notamment les Bethmalais ! Les attelages de chevaux, d’ânes et de mulets, la troupe de brebis (celles du “chef” de Lescure) alternent avec les autres groupes. La jument et sa pouliche (affectées l’après midi à la trépigneuse) de Jean-Bernard de Saint Antonin Noble Val, marchent avec placidité. Les deux cavaliers habillés à la perfection en soldats de 14-18 déposent une gerbe au monument aux morts. L’instant est solennel. L’un d’eux aura eu une rude émotion au départ au foirail, la sangle de la selle (d’époque) a craqué et notre homme s’est flanqué par terre ! Heureusement plus de peur que de mal.

Les juments espagnoles (on dirait des clones) de Kader trépignent. Dans la belle calèche, le vétéran André de Patrac est aux anges. La cavalerie de la Maison Blanche fait un passage émouvant. Voilà maintenant les oies, qui impressionnées par le monde et se sentant admirées se gardent bien de criailler. La foule, heureuse, n’en revient pas. Suzon et Jeannot suivent avec le chien et le cochon qui marchent de pair, comme deux compères. Il faut être à Saint-Girons pour voir un tel spectacle. Le bœuf, l’immense bœuf, sage comme une image, débarque accompagné d’un dromadaire ! Philippe nous en avait réservé une, il a tenu sa promesse. Le brocanteur et la marchande de fourrures font un tohu-bohu inimaginable. Voilà maintenant la laitière qui remorque sa petite carriole chargée de bidons de lait. Un quidam lui crie ;

-laitière, ne tourne pas autour du rond-point, ton lait va tourner !

-hé bé, je ferai mon beurre ! Grand éclat de rire général.

Puis c’est l’arrivée des attelages de bovins. Le programme l’avait annoncé ; Saint-Girons sera la plus grande concentration d’attelages bovins de France ! Pari engagé, pari tenu. Impressionnante et magnifique cohorte que celle des bœufs Casta, Gascons, Lourdais, vaches Aubrac, Mirandaises, Suisses, bouvillons Salers. Des animaux de toute beauté, parfaitement pomponnés pour cette glorieuse journée et menés avec fière passion par leurs maîtres méritants. En serre file, voici Armand, son petit Vendeuvre et les chars qui portent l’incomparable Banda du Bout du Pont. Bonne humeur garantie.

Souvent un membre de l’association regardait l’heure à sa montre à gousset et de se dire, c’est curieux ce défilé est bien plus court que d’habitude. Sa toquante indiquait 12h alors qu’il était 13 heures. Ce brave étourdi avait simplement oublié de la mettre à l’heure d’été ! Oui, il a bien été aussi long que de coutume. Il ne s’agirait pas de perdre les bonnes habitudes.

Place François Camel, c’est fini pour ce matin. Beaucoup rejoignent le Champ de Mars pour assister à l’arrivée triomphale. Michel a compté plus de 800 figurants dans cette 22 ème édition.

Les tractoristes se dirigent vers l’Eden, à la gare, pour le repas. Ils sont 92. Certains garent leur tracteur devant Gamm Vert , sous les platanes. Ainsi, on est encore plus sur que c’est bien Autrefois le Couserans.

Vers 15 heures, alors que ce beau monde est bien rassasié, il faut tout de même penser à regagner les postes pour les différentes animations. C’est alors qu’Hubert demande à Paul

si il a amené le fil de fer pour la presse à paille.

-qué fil s’exclame Paul, je n’en ai pas un brin !

-bons sang de bon soir, nous en avons mais il est à Labarthe.

Paul ; je suis obligé de rejoindre la scie, faites au mieux.

Hubert annonce qu’il envoie son fils chercher des liens, mais il est déjà 15 heures et il faut plus d’une heure pour l’aller et le retour. La foule risque de s’impatienter. C’est alors que Sébastien s’écrie ;

-Ghislain, téléphone donc à ton oncle Yves pour savoir s’il n’aurait pas par hasard un rouleau de fil de clôture. Ca peut faire le lien, Hubert ?

-Oui, ca ira très bien, je rappelle mon fils qu’il revienne.

Le sauveur arrive et quatre gaillards se mettent à l’œuvre. La tréfilerie du Couserans vient de naître, mieux qu’une génération spontanée.

Claude au déroulage, Sébastien à la coupe, René à la confection de l’épissure, Ghislain à l’enroulage. Le public est pantois et rit tout ce qu’il peut. Il faut dire que l’intrépide équipe ne se prive pas de faire force pitreries pour la plus grande joie des spectateurs qui se sont amassés. Tout le rouleau y est passé, voilà Yves endetté mais le lien est assuré ; la moisson est garantie, le fil du rasoir n’est plus qu’un mauvais souvenir.

A 16h 15 la gigantesque machinerie se met en route sous l’œil vigilant du pacha Hubert. La charrette de gerbes menée par les Gasconnes de Souque est là. Toute l’équipe des dépiqueurs de Labarthe est au complet. La rotation de la poulie est sublime et sans aucune variation de régime. Il a du falloir en résoudre des problèmes ardus de physique pour mettre en accord poulies, courroies, vitesses angulaires et vitesses linéaires et que grain et paille finissent par être séparées !

La pharamineuse journée s’étiole. Les estafettes indiquent qu’aucun stand n’a désempli. De l’autre côté, au quai du gravier, la foule était dense. Au Champ De Mars Paul et l’équipe de la scie avaient eu un très grand succès. Place Vaillant Couturier la très rare et belle trépigneuse n’avait pas arrêté un instant de trépigner. La salle de la mairie, où se trouvait la splendide exposition commémorant la guerre de 14-18 n’avait pas désempli. Bravo à l’équipe de Gérard. Les métiers gourmands avaient rendu encore plus gourmand les gourmands. Gloire à Marthe pour l’organisation de ce thème. Le bi petit avait fait une recette exceptionnelle. Fofo et ses acolytes n’avaient eu de cesse de percer des futs de cervoise. Au square Blagué, à la ferme à Suzon, c’était à en pleurer de joie ; une pareille reconstitution ; inégalable !

Rue Villefranche, les moteurs démarrent et les héros du jour, disséminés, commencent à prendre le chemin du retour. JB remorque le rare Hispano-Suiza, qui a bouilli pendant le défilé, à son repaire du Magarat. Paille et grain sont chargés par Yves, Philippe, Ghislain et Alain. Batteuse et presse sont remorquées par un Lanz pour rejoindre le boulodrome. Le gros WD 40 attend sagement, moteur tournant. Cet engin très rare, de 1937 va lui aussi rejoindre le boulodrome mené par le fils d’Hubert.

Chaque équipe dans son coin, plie ses bagages et remet les lieux dans leur configuration initiale. C’est stupéfiant de virevolter le lendemain dans les rues se Saint-Girons et d’imaginer qu’un spectacle aussi inouï ait pu y avoir lieu.

Le soir dernier rendez vous au foirail pour le grand repas de clôture.

Autrefois le Couserans venait de rentrer à nouveau dans la légende…..

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Mécaniques, animaux et groupes se seront succédés pour la plus grande joie du public.
Mécaniques, animaux et groupes se seront succédés pour la plus grande joie du public.
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Mécaniques, animaux et groupes se seront succédés pour la plus grande joie du public.

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